Tuetey, nos 100, 101, 103, juillet-août 1791, 209 à
22. Buivin-Champeaux, Not. hist., sur la Révolution dans le dép. de l'Eure , in-8, 1868, chap. ix, p. 238. Rapp. fait sur la situation de la mendicité , par M. de Liancourt, 30 mai 1790, p. 7. Décret portant que les secours pécuniaires accordés annuellement par le Trésor public aux administrateurs de l’atelier de charité de Bar-le-Duc seront entièrement acquittés (4 décembre 1790. Collection des décrets, t. IX, p. 36). A. Soucaille, Béziers pendant la Révolution , 1789-1800. In-?, 1894, chap. vu, p. 147, janvier 1792.
23. Larochefoucauld-Liancourt. Discours pour faire voter le décret du 30 mai 1790 sur la mendicité. Constituante, séance du 30 mai 1790. Réimpression du Moniteur , IV, p. 497-498.
24. Gosselin, Journal des principaux épisodes de l'époque Révolutionnaire à Rouen , 1789-1795. In-8, Rouen, 1867, p. 50.
« Cette même année, écrit Buchalet [op. cit . , p. 134), les ateliers tendent à disparaître, condamnés par les abus mêmes qu’ils entraînent25 ». Le principe d’assistance par le travail est cependant juste et fécond, tout dépend de l’application.
Lors de l’occupation de la Ville Eternelle par l’armée française, on recourt à deux sortes de mesures pour combattre la mendicité, qu’accroit le malheur des temps. En premier lieu des ateliers sont ouverts sur divers points de la cité ; de 15 à 1.800 ouvriers, de tout sexe et de tout âge, peuvent y trouver une occupation proportionnée à leurs forces et convenablement salariée. L’influence de ces chantiers est si prompte et si heureuse que les pauvres s’habituent au labeur journalier, et que l’on peut bientôt donner à plusieurs d’entre eux du travail à la tâche, ce qui excite singulièrement leur émulation (Cte de Tournon, op. cit., t. II, Liv. IV, ch. vu, p. 137).
§ 4. — Les ateliers de filature 26.
De tout temps, il est reconnu que les travaux de remuements de terre et autres ouvrages analogues ne conviennent nullement aux femmes et aux enfants ; on ne peut les y employer qu’à titre temporaire et exceptionnel.
Dans nombre de localités, on donne du chanvre à filer aux pauvres femmes de la campagne, et cette occupation sédentaire leur procure quelques petits bénéfices 27.
Il existe également, en France et à l’étranger, des maisons de travail « où la jeunesse et la vieillesse trouvent à carder, à filer
25. Cette idée de l’organisation du travail reparaît, platoniquement du reste, dans le décret du 24 vendémiaire an 2, contenant les mesures destinées à éteindre la mendicité. Titre Ier. Des travaux de secours.
26. Consulter les ouvrages précédents et notamment Tuetey, t. II, nos 106 à 355, p. 217 à 643. T. IV, nos 428 à 551, p. 570 à 820.
27. Seine-et-Marne. Supplément à la série H, n° 6. I (1677-1699). « A l’égard des femmes ou des fdles mendiantes, il paroit qu’on peut les employer à la filature des laines et des lins; à tricoter, à faire des dentelles, etc., en leur fournissant les matières qui sont très abondantes dans ces cantons. Ces objets sont faciles à exécuter partout, au moyen d’un Curé ou de quelques administrateurs zélés de chaque paroisse, auxquels on pourroit confier l’achat des toisons nécessaires à cette manutention et qui rendroient compte des ouvrages gratuitement et sans frais... ». Subdélégation d'Avesnes. Mémoire en réponse sur l’extinction de la mendicité, 1775 (?) — . Collections de l’auteur.
ATELIERS DE CHARITÉ
de la laine, des cotons, des chanvres peignés ; à faire de la bonneterie. »
Il est question de ces établissements dans les chapitres précédents et nous n’avons plus à y revenir 28.
A la fin de l’année 1789, nombre de personnes s’offrent à diriger dans la Capitale, des Maisons de filature. « Bailly, maire, de Jussieu, Lieutenant de maire au département des hôpitaux, s’en occupent29. »
C’est au mois de mai 1790 seulement que l’Assemblée Constituante, désirant combattre la mendicité, organise à Paris des travaux pour femmes et enfants30.
Les anciens couvents des Récollets et des Jacobins, faux bourgs Saint-Laurent et Saint-Jacques, se trouvent convertis provisoirement en ateliers ; le 20 juillet les travaux sont en pleine activité, le 10 octobre, ils occupent plus de 1.500 personnes.
L’organisation intérieure comporte : un directeur dans chaque maison, chargé de la police et de l’application des règlements31, des chefs et sous-chefs en nombre égal à celui des divisions de chaque atelier, composées d’au moins 150 ouvrières; divers
28. Commune de Besançon, Arch. Nat., F15 282. « Manufacture de dentelles et de coton, instituée à Rambouillet par le ci-devant Penthiêvre et ses auteurs. » Arch. Nat., F15 260 et 275. « Le Roi a fait établir dans la Ville de Tours une manufacture de couvertures et étoffes de laine pour y occuper tous les pauvres de la ville, et les renfermer dans les dépôts de mendicité, il devient dès lors indispensable de faire usage de ces ouvrages pour le service du Roi et singulièrement pour les dépôts de mendicité. Il y a en ce moment dans cet établissement une certaine quantité de couvertures que je destine à former l’approvisionnement des dépôts de mendicité des différentes provinces du Royaume. Lettre du Contrôleur général Abbé Terray, 17 avril 1771 (Arch. de la Marne. Série C., n° 2026). Conférer Buchalet, op. cit., p. 133. — Bien que les ateliers de filature ouverts à Paris aient de nombreux traits de ressemblance avec les maisons de travail, l’Institut de Munich par exemple, nous n’avons point voulu les séparer des Ateliers de charité parisiens. D’ailleurs, dans la pensée des rédacteurs du décret du 30 mai 1790, il s’agissait non de fondations permanentes, mais d’institutions temporaires répondant aux besoins du moment.