Regole e capitoli. Napoli, op. cit
47. Arnould, op. cit., p. 26-27. De Decker, op. cit., p. 92. Au xixe siècle : « tout compte fait des risques comme des avantages concédés, plusieurs hôpitaux français ont reconnu qu’il serait peu équitable de maintenir à toujours une situation qui, en interdisant aux Monts-de-Piété la capitalisation de leurs bénéfices créerait le plus grand obstacle à la réduction du taux de l’intérêt et à l’amélioration du service. » (O. Claveau, Rapport cité, p. 22 à 25.) A Paris, cette grave question forma l’objet d’un différent prolongé entre le Mont-de-Piété et l’Administration de l’Assistance Publique. Ce différent est resté sans solution jusqu’ici.
48. « Breve Sanctissimi D. N. Pauli, divina Providentia Papae Quinti. Quo prohibetur distrahi pecunias Montium Pietatis, in alios quam in usus à primaeva ipsorum erectione destinatos. » MDCXV, in-4°, 2 p. Romae et Bononiae.
Les premiers capitaux dont dispose l’établissement de Cambrai s'élèvent à 395.000 livres tournois (Wilbert, p. 19).
A Madrid, le nombre des prêts augmente durant le xvme siècle : Année 1730 — 4892 prêts. Année 1770 — 7754 prêts. 1740 — 6932 1780 — 10093
(Ramirez, op. cit ., p. 54).
Au Mont-de-Piété d’Avignon, de 1611 à 1790, on voit les opérations monter de 300 à près de 7.000 ( Recueil cité , p. 89 et suivantes).
Dans les dix œuvres fonctionnant aux Pays-Bas de 1760 à 1779 le nombre des engagements est de 9.606.406, soit une moyenne annuelle de 480.321 4<\
Le Mont Parisien, en quinze ans — 1778 à 1792 — prête 247.232.816 liv., ou 16 millions et demi par exercice 50. De 1785 à 1789, écrit Blaize (p. 246-247), sur un mouvement de fonds de 35.890.301 liv., la moyenne par an des bénéfices est de 240.1 18 1.
Cette Institution alors si récente subit le contre-coup des orages révolutionnaires. Les capitalistes qui ont des fonds dans sa caisse sur simples billets, les retirent. Les Maisons clandestines de prêts se rouvrent; les dépréciations successives du papier-monnaie amènent une ruine rapide de l’Etablissement 51.
Bruxelles
Mons
Anvers
Namur
Malines
Gourtrai
Gand
Tournai
Bruges
Ypres
Decker, op. cit., 3ur l’année 1787,
on obtient les résultats suivants :
Bruxelles
Mons
Anvers
Namur
Malines
Courtrai
Gand
Tournai
Bruges
Ypres
(De Decker, op. cit., p. 241).
50. André Gochut, Observations et renseignements complémentaires en réponse au mémoire produit par M. le Directeur de V Assistance publique. In-4°, 1879, p. 18.
51. Beugnot, op. cit., p. 5 et 19. Blaize, op. cit., p. 153. Ed. Duval, op. cit.,
p. XLVII.
LES MONTS-DE-PIÉTÉ (3e PARTIE) 509
Les autres Monts-de-Piété des Provinces ferment également leurs portes, dit Watteville [op . cit., p. 9) et « on voit surgir un essaim de prêteurs sur gages, vils spéculateurs qui exigent jusqu’à 70 et 80 °/0 par an des infortunés soumis à leur rapacité 52 . »
Les Etablissements français ne sont pas seuls à subir un pareil sort. Les œuvres similaires de l’Italie et des Pays-Bas participent à cet état de choses. C’est toujours avec un sentiment de profonde tristesse, qu’à travers les rayons de la gloire militaire, on est amené à constater les ruines de toute nature que les Représentants de la France accumulent sous leurs pas, à la fin du xvme siècle.
A Pavie, 1796, les Caisses du Mont-de-Piété deviennent la proie des vainqueurs ; tous les dépôts précieux disparaissent b3.
Le Mont-de-Piété de Rome subit mille violences ; l’argent disponible est confisqué ; les magasins sont pillés ; les employés meurent de faim 54.
Lorsque le bouleversement de 1798 survient, dit le Comte de Tournon, « toute cette richesse s’écroule ; le crédit du Mont-de- Piété se perd b5 ».
52. Angers. Gosnier, op. cit . ; Tome II, p. 269. Avignon. Recueil cité, pas sim. a Des Maisons de Prêt furent ouvertes à Paris sous les diverses dénominations de Caisse auxiliaire ; Lombard-Lussan; Lomhard-Serilly ; Lombard-Augustin ; etc., etc. et toutes ces maisons en enfantèrent bientôt un nombre si effrayant que, dans certains quartiers, les lanternes qui les annonçaient auraient pu suffire pour éclairer la voie publique et par ce moyen épargner au département la moitié des frais d’illumination » (Document cité par Ed. Du val, op. cit., p. xlvii).
53. « Ma nel fatale saccheggio, che la Cita sofferse l’anno 1796, i pio stabilimento fu invaso e spoliato del denaro, degli arredi preziosi, e di tutti i depositi che possedeva, per cui non gli restô che la casa e qualche tenue censo di capitali mutuati. » (Magenta, Richerche sulle pie fondazioni. In-8. Pavia, 1838. Appendice, p. 74).
54. « Nel tempo, in cui l’Opera pia era giunta a tanta grandezza, soggiacque Roma neir anno 1798, aile note universali calamité. Invaso lo Stato Pontificio, ed usurpatore il Governo, nel rovescio delle pie istituzioni più di tutte ne soffri il Monte di Pietà. Il Banco dei Depositi fu vuotato di denaro, e chiuso : le Gustodie furono spogliate di tutti i Pegni preziosi : le Casse affato esauste : sospese le sue Rendite : e i Ministri lasciati senza soldo dopo di aver incanutito nel servizio, gemevano in una estreme miseria, e nello squallor délia famé... » ( Relazione , 1803, op. cit., prœmio).
55. Études statistiques sur les États Romains. In-8, 1831, tome II, p. 133-134. Le Comte de Tournon énumère les efforts tentés durant l’occupation française pour remédier à cette situation lamentable.
Même situation pour le Mont de Pistoie ; à la première nouvelle que les étrangers envahissent la Toscane, la panique s’empare de tous ceux qui ont des fonds confiés à cet établissement. Plus tard, ordre des Autorités Françaises de restituer gratuitement les gages inférieurs à dix lires ; la Maison présente bientôt un déficit de 269.000 lires 56.
Aux Pays-Bas, mêmes résultats désastreux dus à des causes identiques.
1° Retrait des fonds prêtés par des particuliers ;
2° Remise inconsidérée de nombreux gages ;
3° Incapacité et inexpérience des nouveaux administrateurs ;
4° Création du papier-monnaie et son discrédit rapide 57 .
Ecoutons le Commissaire du Directoire exécutif près le département de la Dyle. Bruxelles, 18 frimaire an 4 (Arch. Nat., F15 263). « Les Lombards et Monts-de-Piété sont presque totalement ruinés : d’abord par l’échange que l’on a fait de leur numéraire contre des assignats, ensuite par les dégagemens d’effets qu’ils ont dû recevoir en assignats pendant plus d’une année, quoique cette monnoie eut successivement perdue la plus forte partie de sa valeur et qu’ils eussent fourni des prêts en numéraire. De plus, les Représentans du peuple voulant pourvoir au soulagement des malheureux, pendant les rigueurs extraordinaires de l’hyver dernier, ont cru devoir ordonner la délivrance gratuite par les monts de piété de tous les effets de première nécessité, tels que le linge, habillemens, ustenciles de ménage, etc., engagés par les indigens.
« Cette délivrance a été aussi étendue aux reconnaissances qui ne s’élevaient pas à plus de vingt livres, et, jusqu’à concurrence
56. Bargiachi, Storia degli istituti di beneficenza in Pistoia, vol. terzo, Firenze, 1884, p. 17-18. « E cosi, conclut cet auteur, il povero si trovi nelle più gravi strettezze, o non avendo ove ricorrere nelle urgenti nécessita, o costretto a cadere nelle mani diquelle sanguisughe, detti ipotecari , che con eccessive usure rendevano più triste la sua condizione. »
57. De Decker, op. cit ., p. 276. Cet auteur poursuit : « A peine les Français furent-ils maîtres de nos provinces, que les représentants du peuple près les armées du Nord et de Sambre-et-Meuse coururent échanger contre du papiermonnaie l’argent qui se trouvait dans les caisses de nos Monts de Piété... A Liège où le capital du Mont au moment de l’émission des assignats était de 493.378 florins, tout fut bientôt englouti; on ne trouva au 30 septembre 1802 que la somme de 33.260 florins. » Voir aussi Blaize,. op. cit., p. 156.
LES MONTS-DE-PIÉTÉ (3e PARTIE) 5 H
de cette somme, à celles n’exédant pas cinquante livres. Le déficit que cette remise gratuite occasionnait aux Monts de piété devait leur être remboursé par les Caisses de la République ; cependant cette restitution n’a pas été faite jusqu’ici, même en assignats, malgré la promesse formelle portée aux arrêtés et les démarches des intéressés.
« Le pis est que les Monts de Piété sont chargés de rentes envers une quantité de particuliers, et envers plusieurs établissements de bienfaisance, rentes qu’ils sont dans l’impossibilité d’acquitter. »
Nous n’avons rien à ajouter à un exposé aussi complet de la situation de ces établissements en l’an 4.
§3. — Conclusions : Les Monts-de-Piété , tels qiïilç se trouvent constitués dans certains Etats du XVIIIe siècle , sont-ils utiles aux classes nécessiteuses ?
D’après tout ce qui précède on peut distinguer trois sortes de Monts-de-Piété : ceux qui, à l’aide de fondations et d’aumônes, peuvent prêter gratuitement sur gages. Les seconds ne possédant pas les mêmes ressources et forcés de limiter la gratuité à des prêts plus ou moins élevés. Les troisièmes, enfin, obligés d’emprunter eux-mêmes à gros intérêts et demandant alors un sacrifice à toute personne venant déposer un nantissement58.
Ces Institutions ne laissent pas que de soulever de vives critiques, en France notamment. Plusieurs cahiers des Etats Généraux demandent leur suppression, ou au moins l’abaissement des intérêts réclamés. Ces établissements paraissent aux yeux d’un certain nombre d’individus présenter plus d’abus que d’avantages 59 .
58. Prévost de Saint-Lucien, Moyens d’extirper l’usure ou projet d'établissement d'une caisse de prêt public. In-8, 260 p. Paris, 1778, p. 31 et suivantes. Cette dernière manière de procéder offre l’avantage d’exiger un effort de la part de celui qui emprunte, « en l’obligeant à rapporter le montant du prix et, par suite, à économiser pour parfaire la somme nécessaire au dégagement » (Th. Beaurain, 2e Congrès nat. d’assistance, Rouen, 1897, tome Ier, p. 349. Voir aussi, De Gérando, tome III, p. 54-55).
59. Clergé. Bail. d’Amiens, tome Ier, p. 733, 2e colonne. — Bail, de Metz, chap. ier, art. 16, tome III, p. 760. Paris, intra-muros, lre partie, art. 25, tome V,
Tous ces Cahiers s’accordent néanmoins pour réclamer impérieusement la répression de l’usure 6('.
Larochefoucauld-Liancourt ne pense point différemment (. Rapp ., 1790, p. 86). « Le Mont-de-Piété de Paris, dit-il, n’est réuni à l’hôpital général que pour augmenter les revenus des pauvres et donner ainsi une intention sainte à un établissement qui, pour quelques malheurs qu’il sert et qu’il prévient, est la source et le moyen d’un beaucoup plus grand nombre qui n’existeroient pas sans lui. »
Cette opinion est loin d’être partagée par tout le monde ; bon nombre d’auteurs constatent que le bien réalisé est immense et se contentent de blâmer l’attribution des bonis aux maisons d’assistance ; ils voudraient voir ces réserves servir à l’abaissement progressif du taux de l’intérêt 61 .
Mais c’est surtout lorsque l’on se trouve privé d’une œuvre que l’on en reconnaît les avantages précieux. Au moment où le Mont-de-Piété Parisien supprimé, se relève lentement avec le concours de banquiers dévoués, Regnauld de Saint-Jean-d’Angély présente au Corps Législatif un rapport des plus nets sur la nécessité de cette Institution; il demande le monopole en sa faveur (6 pluviôse an 12) (Ed. Duval, op. cit ., p. lvii à lix). « Jamais, législateurs, dit-il, vous n’aurez voté une loi plus utile
Noblesse. Prov. d’Artois, tome II, section III, p. 84. — Bail, de Douai, art. 46, tome III, p. 177. — Bail. d’Orléans, art. 16, t. IV, p. 276. — Bail, du Quesnoy, art. 25, § 3, tome V, p. 506.
Tiers-État. Bail, de Cambrai, art. 21, tome II, p. 520. — Ville de Cambrai, même volume, p. 524. — Ville de Douai, art. 15, tome III, p. 187. Bail, de Meaux, chap. iv, art. 10, tome III, p. 731. Paris, extra-mur os. — Ballainvilliers, titre IV, art. 10, tome IV, p. 342. Paris, intra-muros, art. 21, tome V, p. 286. Cahier particulier de la ville de Paris, art. 10, tome V, p. 292 . Voir aussi même volume, p. 297- 310-315, Bail, de Saint-Quentin, tome V, p. 657. Sénéch. de Toulouse, art. 26, tome VI, p. 37. Ville de Valenciennes, art. 20, tome VI, p. 101.
60. Le Tiers-État de la Sénéchaussée du Maine (Titre VI, art. 10, tome III, p. 648) se borne à demander que l’on ne reçoive pas dans ces Monts, « les pièces d’étoffes entières, des grosses parties de marchandises, en raison des abus qui existent de leur facilité actuelle à en recevoir. »
61. « Avec la somme énorme versée aux hospices de Rouen, le Mont-de-Piété aurait pu se créer un fonds de dotation dont le revenu eût permis l’abaissement à 5 °/o de l’intérêt qu’il réclame aux emprunteurs (Th. Beaurain, Rapport cité au Congrès de Rouen, tome Ier, p. 347).
Necker n’est point partisan de l’extension des Monts-de-Piété dans les villes de Province (De L'Adm. des finances , chap. xxn).
LES MONTS-DE-PIÉTÉ (3e PARTIE)
que celle qui fera disparaître un fléau également nuisible et honteux ; en la prononçant vous assurerez une baisse nouvelle de l’intérêt de l’argent ; vous détruirez un trafic infâme qui n’est qu’une usure criminelle, vous aurez bien mérité tout à la fois du commerce, de la morale et de l’infortune. »
Cette conclusion est la nôtre ; que pourrions-nous ajouter? Les Franciscains du xve siècle, le Père Barnabé de Terni en tête, créateurs des Monts-de-Piété italiens, fondent une institution utile, avantageuse aux petits, aux nécessiteux ; on ne peut qu’en constater les heureux résultats à travers le cours des âges.
Pour terminer cette partie de notre ouvrage, disons quelques mots des Monti frumentari ; autre forme de la bienfaisance chrétienne.
§ 4. — Les Monti Frumentari.
Vers la fin du moyen âge la circulation de l’argent est encore rare ; l’agriculture italienne souffre ; les paysans ont souvent besoin de prêts leur facilitant la rude tâche de faire produire à la terre les moissons attendues. Selon toute apparence c’est encore aux Franciscains que revient l’honneur d’organiser les montifrumentari h
Des semences une fois confiées aux laboureurs pauvres, ils doivent, après la récolte, les rendre avec un léger accroissement1 2.
Ce sont les provinces de l’Italie méridionale où cette institution prend le plus de développement, notons : Potenza, Gosenza. Gatanzaro, etc. Là des communes possèdent parfois deux Monts 3.
On rencontre rarement de ces fondations dans les régions du nord ; elles y sont souvent inconnues des populations, ainsi
1. « Pour aider à quelque fondation de notre Bienheureux, divers bienfaiteurs lui avaient apporté des sacs de blé, et peut-être, au lieu de les vendre pour en faire de l’argent, a-t-on prêté tout de suite ce blé en nature » (P. Ludovic de Besse, Le B. Bernardin de Feltre, op. cit ., t. II, p. 280).
2. « Mons frnmentarius a monte pietatis hoc differt, quod, dato pignore, pauperibus non pecunia, sed frumentum (ad serendum præcipue) mutuo datur. Pium hoc opus Benedictus XIII maximopere fovit, qui in synodico diœcesano s. Beneventanæ Ecclesiæ leges Montis frumentarii Beneventani et omnium similium illius diœcesis institutionum earum que statum accurate descripsit (t. II, p. 321-395). * (Gonc. Prov. Avenion. ; a. 1725. Collée. Lacensis, op. cit., I, p. 565, en note.)
3. Consulter : lnchiesta agraria. In-4, vol. IX, fasc. I, p. 40, 102, 183-184.
que le constatent les réponses faites lors de Y enquête agricole italienne à la fin du xixe siècle 4.
Pralormo, en son célèbre rapport au roi de Piémont, nous montre 75 monti-f ruinent arii o granatici , existant seulement dans les possessions de terre ferme du Royaume. Ces Monts exigent tous un intérêt en nature ou en argent5.
Etant données les conditions sociales des Pays du sud ces fondations produisent certainement alors de bons effets ; il faut éviter néanmoins les abus : détournements des semences fournies ; intérêts excessifs exigés des emprunteurs ; mauvaise gestion des administrateurs nommés en général par les municipalités, etc. Aussi les synodes exigent-ils que les évêques veillent avec soin sur ces œuvres et en contrôlent la gestion pour le plus grand bien de tous 6.
Avant notre époque les monti granatici sont les seules institutions de crédit agricole en Italie ; elles en constituent une ébauche : « Forma embrionale del credito agrario 7. » Plus tard
4. Inchiesta agraria , op. cit., vol. V, tom. I, 1882. Monog. délia Provinc. di Verona, p. 227.
5. Monti frumentarii o granatici. Non solo le divisioni de Savoia e d’Aosta ne sono prive... ma eziando quelle de Torino e di Genova. La divisione di Nizza sola ne ha 63, di cui 58 nella sola Provincia. Gli altri 12 sono stabiliti, tre nella Divisione di Cuneo, sette in quella di Alessandria, e due soli in quella di Novara. ...Nessuno di questi Monti è gratuito, ma quai più, quai meno esige un interesse od in natura, od in numerario... » {Di Pralormo. Relazione a S. M. délia situazione degli istituti di carità e di beneficenza dopo l'editto . 24 dicembre 1836. In-4, Torino, 1841, p. 213).
6. Inst. S. Gong. Goncilii Romani pro Episcopis ; a 1725, § VII, n° IV ( Collée . Lacensis , op. cit., I, p. 426). Const. Goncilii prov. Avenionensis, a 1725. ( Collée . Lacensis , I, p. 565-566, Tit. XLI. De montibus pietatis et frumentariis, cap. V « Jam vero, cum Montes Frumentarii, quos in plurimis Parochiis institutos novimus, diversis pro Fundationum diversitate legibus constent ac conditionibus, eas Episcopus quisque in Pastorali sua visitatione diligenter expendat. Videat præsertim an Frumenti distributio, quæ ad Pauperum levamen præcipue a Fundatoribus ordinata est, ex aequo etbono fiat; an adæquetur necessitati subsidium, habita scilicet ratione non inopiæ tantum, sed et numeri et qualitatis egentium ; an demum aliquid causæ sit, cur de fide ac æquitate Dispensatorum merito dubitetur. De caetero cavendum pariter, ne, cum mutuatitium illud Frumentum restituitur, quidquam aliud supra mensuram aut pretium dati mutui exigatur præter certam quamdam accessionem, ab Episcopo in ipsa Montis constitutione approbatam et rectæ Horrei administrationi necessariam. Absurda siquidem res esset et monstro similis, si beneficentia in Pauperes cum usura consisteret. »
7. Rivista délia Beneficenza, ann. VIII, 1880, p. 1378. Consulter dans cette Revue (ann. XXIV, 1896, p. 293 à 307), un très intéressant article du Professeur Santé Gettolini sur les Monti frumentari de la Sardaigne et les avantages immenses qu'ils procurent aux populations de cette île.
LES MONTS-DE-PIÉTÉ (3e PARTIE)
ces œuvres cèdent progressivement la place aux caisses rurales faisant des avances pécuniaires aux agriculteurs, opérations plus simples et moins coûteuses, car elles ne nécessitent pas de vastes magasins, des soins continuels pour la bonne conservation des semences 8.
Antérieurement au xixe siècle il existe en Suisse des greniers d’abondance prêtant des grains (Naville, op. cit ., II, p. 285).
Dans le diocèse d’ Aix nous trouvons des institutions analogues aux établissements italiens et ayant pour but de venir en aide aux paysans qu’atteignent de mauvaises récoltes 9.
Le Mont frumentaire d’Arles est appelé : « Œuvres du prêt charitable de blé de semence pour le secours des pauvres fermiers et propriétaires du territoire de la ville. » Ses débuts remontent à l’année 1699 ; l’archevêque l’approuve ; puis viennent les années d’épreuves, froid, peste (1709-1720). L’institution se relève en 1738.
Pour obtenir un prêt de semences, il faut indiquer la quantité désirée, la situation exacte de la terre à ensemencer ; de plus fournir une caution valable.
Si l’œuvre ne possède pas suffisamment de grains eu égard au nombre des demandes, on tire les parts au sort 10.
L’administration est représentée par 24 recteurs choisis dans
8. En 1880, l’Italie moderne compte environ 1900 Monti frumentari (Ludovic de Besse, op. cit., II, p. 281). Les lois du Gouvernement actuel (17 juillet 1890) laissent subsister ces institutions, se contentant de modifier les détails de leur fonctionnement. Les biens, en cas de suppression, doivent augmenter le patrimoine des opéré pie de la localité. Conférer : Rivista delta beneficenza , op. cit., ann. III, 1875, p. 132-136. Voir aussi Rivista , ann. IV, 1876, p. 1180-1181, deux décisions du Conseil d’État relatives à ce sujet.
9. « A Ventabren, le Mont-de-Pié.té possède 50 charges de blé à distribuer en blé de semences aux pauvres. A Grambois, point de Mont-de-Piété; mais le premier décimateur fait distribuer trois charges de blé par an aux pauvres ; ...Ginnaservis possède, en vertu d’une condamnation du parlement prononcée à son profit, une charge de blé pour semailles. A Saint-Paul-lez-Durance, il y a un fonds renouvelable de 30 charges de seigle à distribuer aux pauvres pour semailles et à faire rentrer à la récolte... » (G. Valran, Misère et charité en Provence , op. cit., in-8, 1899, p. 282-283).
10. « On excluait ceux qui avaient été surpris donnant des noms ou surnoms supposés, ensemençant hors du territoire d’Arles, tout recteur qui était débiteur ou caution de l’œuvre. Afin de pouvoir étendre le secours, on ne devait prêter sur 100 setiers pour tenement que 50 setiers à chaque partie, propriétaire ou fermier... » (Valran, op. cit., p. 313).
tous les Etats : « devant administrer conjointement et charitablement. » « Ils tiennent une assemblée tous les dimanches pendant les mois de juin à octobre sous la présidence de l’archevêque ou, en son absence, du recteur inscrit le premier au tableau sans distinction de rang. Dans l’assemblée de juin on entend les comptes de l’année précédente » (Valran, op. cit ., p. 313).
En Espagne, tandis que Ximenès célèbre les fêtes de Pâques, à Tolède, l’année 1512, réfléchissant à la misère qui naît souvent pour le pauvre peuple de cette cité du coût élevé des vivres, il établit comme un rempart efficace contre l’usure, « un magasin public de grains, à l’exemple de ceux fondés dans les anciens temps par la sagesse des Romains ».
Afin de réaliser cette pieuse pensée le grand Cardinal fait don de 90.000 mesures de froment11.
Plus tard des Institutions de prêts de semences se multiplient sur la terre espagnole 12. Les pôsitos 13 prêtent notamment des grains aux cultivateurs et tiennent une place fort honorable dans Pensembls des œuvres de charité de la péninsule Ibérique. La gestion de ces établissements est confiée à des Juntes choisies par les intéressés ou les municipalités. Ceux de Saragosse, de Malaga, sont célèbres 14.
11. C. J. Héfelé, Le Cardinal Ximénés. Trad. de l’allemand par l’abbé B. In-8, 1856, chap. xxm, p. 493.
12. D. F. H. Iglesias, dans son bel ouvrage si souvent cité (t. I, p. 385 à 397) consacre tout un chapitre (le xxin®) à l'histoire de ces institutions. « El licenciado Castillo de Bobadilla, que escribiô â fines del Siglo xvi, cita les pôsitos espanoles, como creacion de pocos anos atràs. » (Iglesias, p. 388).
13. Los pôsitos, pues, fueronen su origin una instituciôn necesaria, una instituciôn fundada en los sentimientos de la caridad cristiana ; los pueblos mismos los creaban coma para hacer mâs llevadera entresi su penosa situaciôn, y los Monarcas los aceptaron y favorecieron, convencidos de que eran un gran elemento para evitar la ruina de la grandeza del pais. Diccionario de la Administraciôn Espanola. Por D.M.M. Alcubilla, au mot Pôsitos, tom. VII, p. 996.
14. « Los pôsitos, conocidos muchas veces y mâs bien antesque ahora con el nombre de Montes pios, son hijos de un sentimiento de prévision y caridad, y tienen el doble objeto de formai* acopios de los articulos de primera necesidad para remediar la falta de subsistencias, y prestar granos de siembra à los labradores pobres...
« La legislacion vigente, lejos de autorizar la supresion absoluta y definitiva de los pôsitos, se propone darles una organizacion adecuada à los nuevas condiciones y necesidades de la época, y para convertirlos en bancos agricolas, y para reducir à metâlico sus existencias y hacer préstamos en esta forma... (Iglesias, op. cit., p. 385-386).
LES MONTS-DE-PIÉTÉ (3e PARTIE)
Les Rois s’occupent de ces fondations. Un règlement de Charles III (1788) donne aux Corregidores l’inspection des Maisons de cette nature 15.
Telles sont les données rapides concernant ces œuvres qui complètent les Monts-de-Piété et, à certaines périodes de l’histoire, peuvent apporter une réelle et efficace assistance aux travailleurs des campagnes.
Nous venons, dans le présent volume, de terminer l’histoire des Institutions charitables de l’Europe avant le xixe siècle.
Il nous faut maintenant traverser les mers, et étudier ce qui est fait, en faveur des pauvres, des petits, des faibles, dans les colonies des deux Amériques.
Il nous faut examiner, sous ce même rapport, les antiques civilisations de l’Asie ; les prescriptions religieuses des peuples musulmans ; les mœurs des populations barbares de l’Afrique et de l’Océanie.
Nous aurons ainsi un tableau d’ensemble montrant ce que l’humanité souffrante doit aux enseignements divins du Christ.
15. Consulter notamment: Nov. Recop., op. cit , Lib. VII, Tit. XX, Leyes : I (1584); II (1558); III (1735), « Siendo el primer objeto del pôsito socorrer à los labradores con granos, para semblar y empenar las tierras que â esto fin han preparado, y debiendo hacerse el repartimiento con la igualdad posible, con proporcion à las tierras, y à la necesidad que tengan dichos labradores... » (D. Carlos IV, Reglamento para el gobierno de los pôsitos baxo la direccion del consejo. 1792, § 13 (op. ciL, p. 1389).
TABLE DES MATIÈRES