‹ Histoire de la charité (volume 3)Chapitre 94 sur 149 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

Les ressources des Compagnies étant forcément limitées, Ton ne peut habituellement admettre, dans une même séance, les demandes de plus de deux personnes exerçant la même profession.

Au premier rang des pauvres honteux à assister, figurent, comme on le voit, les Maîtres de métier ; en agissant ainsi ces associations contribuent à soulager des malheurs individuels et à assurer la prospérité du commerce de la cité. Un subside un peu élevé, accordé à propos, empêche, en effet, bien des ruines. « Les compagnies de charité, écrit Léon Cahen, deviennent de bonne heure, pour ne pas dire dès le principe, des sociétés de secours mutuels, ayant un caractère confessionnel et bourgeois ; elles visent à relever les membres de la classe moyenne tombés dans la misère, non à élever à une condition supérieure les pauvres de plus basse origine. »

Ce reproche n’est pas fondé ; les œuvres dont nous nous occupons s’appliquent à soulager une partie des besoins immenses d’une grande ville ; d’autres œuvres se chargent de Avenir en aide à des besoins différents ; ces Compagnies de charité n’ont pas la prétention de suffire à tout.

On peut néanmoins affirmer, ainsi que le fait le même auteur, « que la véritable assistance d’après les règlements de la fin du xvhc et ceux du xviue siècle, c’est l’assistance par le travail. Il convient de procurer aux pauvres les moyens de les occuper dans leur métier, afin de pouvoir y gagner leur vie36. »

Cette constatation est un véritable éloge.

sera aussi donné aucun billet pour les pères et mères dont leurs enfants sont en service et en apprentissage chez des personnes de la Religion prétendue réformée, ni pour ceux qui déguisent leurs noms et supposent des conditions et métiers qu’ils n’ont point, qui dénient les assistances qu’ils ont reçues... Gomme ceux qui font mauvais ménage avec leurs femmes, sauf à pourvoir en particulier aux nécessitez de la femme et des enfans, s’ils en sont jugez dignes » (p. 41-42.)

36. Léon Cahen, Les idées charitables h Paris ail XVIIe et ail XVIIIe siècle d’après les règlements des compagnies paroissiales. Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. II, 2e année, 1900-1901, Paris, 1900. lia été fait un tirage à part de cet article.

LES DISTRIBUTIONS D’AUMONES (4e PARTIE)

Assistances diverses.

En dehors des actes de charité énumérés ci-dessus, les Compagnies paroissiales savent encore utiliser le zèle de leurs membres à des œuvres multiples et d’une incontestable utilité. Nous voyons l’Association de Saint-Sulpice inscrire dans son programme :

La visite des prisons ; la délivrance des prisonniers pour dettes ;

Des secours en forme de prêts absolument gratuits moyennant le dépôt préalable d’un gage 37 ;

La création d’ateliers de filature, broderie, couture en linge ; de travaux divers pour hommes ; de quatre établissements affectés à la jeunesse des deux sexes ; « propres à rassembler tous les enfans de la Paroisse que les parens sont hors d’état de nourrir et d’élever 38. »

Partout les Ecoles de charité forment l’objet de la sollicitude des confréries paroissiales ; quelques-unes de ces écoles sont florissantes 39..

37. Ordre d'admin., op. cit., p. 22-24. « Jamais le Bureau du prêt gratuit ne fera de remise. Ce dernier article est fort important pour maintenir cette bonne œuvre, pour empêcher la paresse, la négligence et pour exciter la vigilance des propriétaires qui ne manqueront pas de travailler avec assiduité, de faire leur commerce avec soin et d’user d’économie, afin de retirer leur gage d’un tiers de valeur en sus de l’argent qu’ils auront à rendre. »

38. « On ne sauroit donner trop d’éloges à l’ordre établi sur la paroisse Saint- Sulpice, pour le soulagement des pauvres. Outre les aumônes pour les layettes, les mois de nourrice, les écoles gratuites ; les apprentissages, les Kabillemens, on a trouvé le moyen de procurer du travail à ceux qui sont en état de travailler, et d’apprendre des métiers à ceux qui n’en savoient pas.

« C’est un bel exemple proposé aux autres paroisses de cette grande capitale cai il ne suffit pas de supprimer la mendicité, il faut y substituer le travail » (Mercier, Tableau de Paris , t. II, chap. cxvn, p. 371-372).

39. « Dans la Paroisse Saint-Sulpice quatre cents enfants reçoivent en 1651 l’instruction gratuite. » (Emm. Brunet, op. cit., chap. vii, p. 101 et suivantes). Conférer: Depping, Correspondance, op. cit., iv, p. 180. Annales de la Compagnie du Saint-Sacrement, op. cit., Ordonnance concernant le respect dû aux maîtres et maîtresses des Écoles de charité établies dans les Paroisses de la Ville et faubourgs de Paris ; du 5 février 1734 (Code de Louis XV, tome V,

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