DE L’EXERCICE DE LA BIENFAISANCE
GHEZ LE PEUPLE HÉBREU
Dieu, créateur des hommes, leur prescrit, dès l’origine du monde, de se considérer comme frères ; ils ne doivent pas opprimer leur prochain, le tromper, le haïr, mais bien voir en lui un ami et lui porter une affection égale à» celle qu’ils se portent à eux-mêmes : « Diliges amicum tuum sicut teipsum » (Levit., XIX, 18).
Cet esprit de justice et de charité peut être obscurci souvent par les passions, il n’en reste pas moins la règle universelle, le précepte formel auquel nul ne saurait échapper. Le peuple choisi pour conserver le culte monothéiste, jusqu’à la prédication de l’Evangile, nous offre des lois empreintes de ces principes fondamentaux du droit naturel, protectrices des faibles et des petits, n’oubliant pas le pauvre, lui offrant des secours et les moyens de se relever de sa triste condition.
L’étude de la législation Mosaïque ne saurait être séparée de celle du Code Rabbinique qui, suivant la remarque de M. Dareste, « est à cette loi ce que les écrits de Gaïus et d’Ulpien sont à la loi des douze tables 1 ».
A un autre point de vue, le Talmud ne constitue pas seule-