CHAPITRE III
se font pas faute, d’ailleurs, de saisir les barques sans défense qu’ils rencontrent sur leur route.
Les marchés sont nombreux, on y trouve des esclaves de tout âge, de tout sexe, de toute nation. Des négociants avides en transportent sans cesse d’un lieu à un autre, les entassent, comme de vulgaires marchandises, dans les places publiques 41 . A Délos, ce trafic s’exerce sur plusieurs milliers d’hommes par jour, au dire de Strabon (liv. XIY, chap. V, § 2). Après les grands désastres, ces troupeaux humains se vendent à vil prix.
Tous les esclaves ne proviennent pas de la guerre ou de la piraterie ; il y a ceux nés dans la maison du maître 42 ; les enfants trouvés sur la voie publique ou achetés à leurs parents 43 ; les citoyens vendus par leurs créanciers; enfin, les individus mis en vente à la suite de condamnations pour crimes ou délits 44.
En raison de ces facilités à se procurer des esclaves, le nombre en devient hors de toute proportion avec le chiffre des citoyens ; il n’est pas rare de voir des particuliers ayant à leur service 50 esclaves et même plus 45 ; les citoyens pauvres en possèdent souvent au moins un 46.
Ces infortunés privés de liberté à la suite de faits de guerre, de piraterie ou par l’une quelconque des causes énumérées plus haut, constituent un objet de propriété ; ils sont assimilés aux