Platon (Didot), République , liv. IX, § 578, p
46. Bœckh évalue le rapport des hommes libres aux esclaves à 27 sur cent ou à environ un quart ( Économ . polit, des Athéniens , trad. par Laligant, 2 vol. in-8, 1828, t. Ier, p. 61 et suiv. ; Wallon, Hist. de l'esclavage , op. cit., t. Ier, liv. Ier, ch. VIII).
LE CITOYEN GREC CHEF LE FAMILLE 65
biens immobiliers, et cette sorte de propriété est protégée à la fois par la loi civile et par la loi pénale 47.
Lorsqu’un esclave entre dans une maison pour y servir, on l’admet cependant à la religion domestique, on l’approche du foyer ; il reçoit l’eau lustrale ; une sorte de cérémonie religieuse s’accomplit, la maîtresse du logis répand sur la tête de l’arrivant des fruits secs, des noix, des figues 48.
A l’origine, aux temps homériques, l’esclave est un simple serviteur : « Le profond et inébranlable attachement d’Eumæos, le porcher et de Philœtios le bouvier, à la famille et aux intérêts du maître absent, écrit Grote, est un des traits les plus intéressants de l’ancienne épopée 49 ». En général, dans la Grèce légendaire, l’esclavage ne se présente pas sous une forme dure, les serviteurs et les hommes libres ne se trouvent point alors séparés par un abîme ainsi que cela a lieu plus tard 50.
A toutes les époques on voit les esclaves employés aux labeurs domestiques, aux travaux des champs, broyant le grain 51 . Cette occupation, particulièrement pénible, absorbe un grand nombre de bras, car Thucydide (II, lxxviii) constate qu’à Platées, assiégée par les Lacédémoniens et dont les habitants prennent la fuite, on laisse 110 femmes pour faire le pain nécessaire aux 480 guerriers chargés de la défense de la place.
Les nourrices sont habituellement de condition servile, excepté au milieu de certaines crises sociales où des femmes libres se voient réduites à occuper cet emploi afin de se procurer quelques ressources 52.
Des propriétaires se font de fort beaux revenus en louant leurs esclaves pour les travaux des mines 53, en les occupant