Plutarque, vie de Solon, xxii
5. Suivant Platon ( Rèp ., liv. II, n°371, p. 31), « doivent être commerçants dans les villes bien policées les personnes faibles de corps et peu propres aux autres emplois ».
6. Démosthène, Plaid. Euxithèe contre Euhulide , § 30, p. 687 : « En me diffamant de la sorte (fait-il dire à Euxithèe) Eubulide n'a pas seulement violé les décrets qui régissent le commerce. Il a encore violé les lois aux termes desquelles l’action en diffamation peut être intentée contre quiconque reproche à un Athénien ou à une Athénienne le métier qu'il exerce. » (R. Dareste, trad. citée, t. II. p. 94).
LE CITOYEN GREC ET l’ÉTAT
n’existe point d’artisans libres 7. Tous les métiers manuels sont considérés comme déshonorants, on les réserve aux Périèques, c’est-à-dire aux sujets de la République 8. Les Spartiates, écrit Aristote (. Rhétorique , ch. Ier), ne peuvent concilier la liberté avec le travail des mains. « Dans plusieurs autres États grecs, la qualité de citoyen est incompatible avec l’exercice d’une profession mécanique ; à Epidamne, tous les ouvriers sont esclaves publics (P. Guiraud, op. cit ., ch. IV, p. 39).
Mais ce fait ne saurait être généralisé ; il existe, en Attique notamment, un nombre élevé de citoyens ayant Mercure pour patron 9, se livrant à divers métiers, en dehors de la population vivant à la campagne et empruntant ses ressources aux labeurs champêtres 10. Ce qui n’empêche pas de rencontrer partout des pauvres et des mendiants, car les guerres sont continuelles, les ruines s'accumulent, des cités entières disparaissent, et d’un autre côté la main-d’œuvre servile fait une rude concurrence au travail des hommes libres 11 .
§ 2. — Des secours accidentels dont peuvent bénéficier les pauvres
Sans remonter à ces mendiants dont parle l'Odyssée, qu’Hésiode nous montre plus tard se portant mutuellement envie [Les Trav. et les Jours, v. 26), il se trouve à toutes les époques, à Athènes même, des indigents, des nécessiteux n’ayant aucun moyen de vivre, s’entr 'aidant parfois les uns les autres, car l’apologue de l’Aveugle et du Paralytique est aussi ancienne que l’humanité 12.
7. Plutarque, Inst, de Lacédémone, xli, p. 296; Xénophon, Rép. de Sparte, ch. VII, p. 684-685 ; Claudio Janet, Les institutions sociales et le droit civil à Sparte, in-8, 1880, ch. Ier.