PROFESSEUR A L ECOLE NATIONALE DES CHARTES
AVANT-PROPOS
L’abondance des matières me force à ne faire paraître aujourd’hui qu’une première partie du tome IV de mon Histoire de la Charité.
En m’occupant de la période des temps moderfles, du XVI® au XIX® siècle, je demeure d’ailleurs fidèle à mon programme primitif : Résumer, d’une manière aussi claire que possible, ce qui a été accompli en faveur des petits et des déshérités. Rester bref sous peine de me perdre au milieu des détails sans nombre du sujet. Ne rien omettre d’important et surtout faire tous mes efforts pour ne commettre aucune erreur grave.
Je n’ai point, je le répète, la pensée d’écrire l’histoire des institutions charitables d’une Nation déterminée, mais bien de retracer, durant ces trois siècles, les grandes lignes du mouvement hospitalier.
J’ai indiqué des centaines de documents imprimés, sans compter les sources manuscrites ; il a fallu là encore savoir me borner et nombre de volumes consultés n’ont pu trouver place dans les notes qui atteignent cependant le chiffre respectable d’environ 1.400. Aussi tel ouvrage français, ou étranger, peut parfaitement avoir été étudié par moi sans qu’il en reste trace dans mon livre. Je ne pouvais tout citer.
AVANT-PROPOS
Il en est de même pour les établissements ; quelques-uns sont mentionnés comme types, alors que d’autres asiles similaires doivent être passés sous silence. C’est une vue d’ensemble que j’offre aux personnes qui veulent bien me lire ; chacune d’entre elles peut y ajouter, par la pensée, des faits particuliers concernant son propre pays ou sa propre ville.
Les Comptes rendus consacrés à mes trois premiers volumes sont pour la plupart extrêmement bienveillants ; que leurs auteurs reçoivent ici mes meilleurs remerciements. Je n’oublie pas, dans l’expression de ma reconnaissance, les amis dévoués auxquels je dois tant d’utiles renseignements, qu’ils continuent à m’envoyer de divers pays d’Europe.
Je ne saurais terminer cet Avant-Propos sans adresser l’hommage de ma respectueuse gratitude au Souverain Pontife Pie X, qui, dès la publication des deux premiers tomes de mon histoire, a trouvé dans son cœur de Père des accents tout particuliers pour bénir mes modestes travaux. (( In banc ætatem, m’écrit l’éminent Secrétaire d’Etat, le Cardinal Merry del Val, quum catholici nominis osores publica instituta ab Ecclesiae rationibus dissociare nituntur, opus tuum, cui titulus Caritatis historiae apte congruenter que cadit. Jus enim Ecclesiae strenue vindicas illud que doces præclare nullum esse institutum, quod quum de civili Societate bene meruerit, idem a christina caritate derivatum non sit. Quam ob rem Summus Pontifex ejusdem historiae volumina a te oblata paternae benignitatis significationibus excepit, effuse gratulatus te christianae caritatis causam ab adversariorum ictibus non integram et invulneratam modo, sed etiam illustriorem reddidisse... » (anno MCMIV).
J’espère continuer à mériter ces précieux encouragements
AVANT-PROPOS
en apportant dans mes écrits une entière et complète sincérité. Pas de citations incomplètes ; d’omissions volontaires ; la recherche de la Vérité, telle qu’elle ressort des textes, doit être l’objet du culte passionné des historiens voulant demeurer dignes de ce nom.
Paris, 13 décembre 1909.
INTRODUCTION