CHAPITRE P
LES THÉORIES EN MATIÈRE D’ASSISTANCE AU XVU SIÈCLE ET LE CpNCILE DE TRENTE
§ D*’. — Les chefs de la Réforme et le mérite des œuvres.
Lorsqu’en 1520 le moine de Wittemberg brûle la bulle de Léon X et lève l’étendard de la révolte contre LEg-lise romaine, le dogme du mérite des bonnes œuvres féconde depuis seize siècles la charité catholique. L’apôtre Saint Jacques dans son Epître (cap. ii, 13-26) ne dit-il pas : r que la Foi sans les œuvres est morte » Mortua est in semet ipsà. « C’est un corps sans âme. » Sicut enim corpus sine spiritu mortuum est, ita et fides sine operibus mortua est.
Telles ne sont point les doctrines des chefs de la Réforme allemande, ils posent en principe que l’Epître de l’Apôtre n’est pas canonique (Luther la traite déépître de paille) et que la Foi sans les œuvres suffît pour assurer le salut.
Dans la Postille Luther agite cette grave question et répond : « non ce n’est point vrai, non les œuvres ne sont pas nécessaires, non elles ne servent à rien pour la sainteté ; oui la foi suffît réellement à obtenir la vie éternelle. » « Repoussez loin de vous L. Lallemand. — Histoire de la charité. IV. 1