‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 108 sur 197 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

P II offre (p. 29) de faire obtenir sans frais des lettres du Roi à tous les hôpitaux qui en désirent. IP II fait offre encore de donner gratuitement les règlements de l’hôpital général de Lyon. IIP II fait offre à tous Messeigneurs les Evêques qui lui enverront des mandemens ou visa^ défaire imprimer les dits mandemens, sans frais comme il l’a fait en 1672 à plusieurs et de leur en fournir des exemplaires pour « tous leurs curez, prédicateurs missionnaires, et confesseurs. » IV® Il promet gratuitement aussi certains « mémoires pour faire des bouillons et des potages pour les pauvres, sains et malades, bons et de bon goût qui coûtent peu, qui sont sains et nourrissans, qui peuvent se faire sans heure, graisse, huile, ny viande ; dont les riches même usoient du temps de Gallien et d’Hypocrate ; et dont ils usent encore dans toute la Perse, et dont on peut vivre pour deux ou trois sols par jours »

Mais c'est surtout chez les Pères Jésuites que le Roi trouve des missionnaires infatigables parcourant la France pour propager l’établissement de Bureaux de charité et d’asiles affectés au renfermement des pauvres

Notre travail d’ensemble ne nous permet point de suivre pas à pas ces apôtres dans leur marche triomphale à travers les provinces, si éprouvées à cette époque, et dont la guerre de la succession d’Espagne, jointe aux rigueurs de l’hiver de 1709, va augmenter les souffrances.

10. La série interminable des offres comprend les œuvres de Saint-Charles Borromée ; Vsiumonier médecin ; V aumônier des champs. « Un mémoire d’une police merveilleuse de certains Royaumes d’Orient, que le Pape fait à présent exécuter à Rome pour fournir du bled à prix raisonnable aux pauvres gens, dans les plus grandes stérilités. » Il fait (n°XV) les mômes offres aux curés, missionnaires, villes et communautés, « qui auront établi ces hôpitaux généraux ou confréries de charité et qui lui enverront un autant de l'acte d'établissement, car depuis dix ou douze ans il a distribué inutilement plus de deux ou trois cents mille exemplaires de divers imprimés, à plusieurs, qui promettoient de faire ces établissemens et ne l’ont pas fait. »

11. Consulter : 1° un ouvrage de Père Auguste Carayon ayant pour titre : Morts édifiantes de quelques personnaqes célèbres... In-8. Paris, 1886. Cet ouvrage qui forme le tome XXIII des documents inédits delà Compagnie de Jésus renferme, P 349 à 439, tout ce qui regarde la mission du Père Chaurand dans le Comtat Venaissin. — 2° Charles Joret, Le père Guevarre et les Bureaux de charité auXVIP siècle, in-8, 56 p. Toulouse, 1889. — Du môme auteur * Le Père Gizewarre et la fondation de l'hôpital général d'Auch, in-8, 11 p. Toulouse, 1890. Le savant membre de l’Institut a, on peutle dire sans exagération, épuisé la matière.

LES HÔPITAUX GÉNÉRAUX DE FRANCE 267

Le Souverain soutient ces Pères, il les encourag’e ; les Evêques, les Intendants les appellent.

Les noms de trois d’entre eux appartiennent à l’histoire : ce sont les Pères Ghaurand, Dunod et Guevarre

Le premier né au diocèse de Riez en Provence entre dans la Compagnie en 1636. Son éloquence naturelle est grande, persuasive. La province de Normandie constitue le théâtre de ses premiers succès en matière d’assistance. Puis viennent la Bretagne ; le Gomtat d’Avignon où le réclame avec instance le Prolégat François Nicolini ; fondation des hôpitaux de Valréas, Bollène, Avignon etc. En 1686 nous le trouvons évangélisant le Languedoc sur la demande de l’évêque de Nîm^s (Jacques Séguier) et de l’intendant (Lamoignon de Basville) Le voici ensuite à Marseille, puis à Rome (1693) appelé par Innocent XII. Epuisé après trente ans d’apostolat il se retire au noviciat d’Avignon et meurt en 1697. Cent vingt-six hôpitaux fondés, et que de sages règlements dirigent, forment un témoignage non équivoque des bénédictions accordées à son zèle

Le Père Dunod (ou Dunot), né à Saint-Claude en 1657, vient rejoindre le Père Ghaurand dès l’année 1683 ; il fait avec lui la mission de Normandie et reste ensuite son fidèle coadjuteur.

Nous le voyons à Alby quelques années plus tard. Une délibération des autorités de laville, prise à la suite de ses prédications, porte « que l’on travaille à établir un hôpital général selon les

12. « La guerre déclarée par Louis XIV à la mendicité serait restée en partie sans résultat si ce prince n’avait rencontré le concours le plus actif de la part de plusieurs membres de la Société de Jésus, en particulier du Père Ghaurand et de ses disciples et de ses émules, les P. P. Dunod et Guevarre. » (Ch. Joret, op. ciL, p- 18.)

Page 1