‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 147 sur 197 · AUX VIEILLARDS ET AUX ORPHELINS · texte numérisé non relu

AUX VIEILLARDS ET AUX ORPHELINS

Du XVI® au XIX® siècle des asiles sans nombre continuent à abriter les malheureux atteints par la maladie ou la vieillesse ainsi que les enfants privés de famille. Parmi ces établissements, les uns ne refusent personne en principe; d’autres sont affectés à des genres particuliers d’infortune. Nous allons examiner brièvement ces diverses catégories d’institutions charitables.

§ 1®*’. — Les maisons ouvertes aux malades.

Des Hôtels-Dieu que nous rencontrons déjà au moyen âge exerçant une hospitalité. Ton peut dire mondiale., pratiquent à l’époque qui nous occupe le même mode d’assistance souvent plus généreux que réfléchi.

« Nous avons à Paris, écrit Tenon un hôpital unique en son genre ; cet hôpital est l’Hôtel-Dieu; on y est reçu à toute heure, sans acception d’âge, de sexe, de pays, de religion, les fiévreux, les blessés, les contagieux, les non-contagieux, les fous susceptibles de traitement, les femmes et les filles enceintes, y sont

1. Tenon, Mém. sur les hôpit. de Paris, in-4 avec figures, Paris, 1788, préface, p. I. « L’Hôtel-Dieu est le seul hôpital de Paris où l’on reçoive indistinctement les malades qui se présentent, il est, à ce titre, de la plus grande utilité et la ressource presque unique des étrangers... >> {même ouvrage, p. 170).

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admis, il est donc F hôpital de Fhomme nécessiteux et malade, nous ne disons pas seulement de Paris et de la France, mais du reste de Funivers. Ses portes comme les bras de la Providence sont toujours ouvertes à ceux qui viennent s y réfugier. »

La population qui y est admise (en comprenant son annexe Saint-Louis) monte à un chiffre énorme.

Au janvier 1791 on compte dans ces

deux maisons réunies : 1 .924 individus

admissions 22.690

nouveau-nés 1.330

Total pour une année seulement 25.944 ^

Ce nombre est hors de proportion avec l’importance des deux établissements.

Le 20 septembre 1700, les Recteurs de l’hôpital général du Saint-Esprit de Marseille s’adressent au Contrôleur général pour réclamer des secours. « C’est, disent-ils, l’hôpital le plus ancien et le plus nécessaire. Il est chargé de tous les pauvres malades, non seulement de la ville, mais encore de plusieurs du roj^aume et des pays étrangers qui viennent en cette ville., où toutes les nations abordent. » (De Boislisle, Corr. des Contrôleurs Gén., op. cit., tome II, 1883, n® 197, p. 55.)

Au début du xviii® siècle, l’hôpital Saint-Jacques de Toulouse ne cesse de remplir le but pour lequel il est créé : l’assistance des malades pauvres. En vertu de ses règlements « tout fiévreux ou blessé, à quelque nation qu’il appartienne, y trouve un refuge

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