Piazza, Le opéré pie di Borna, op. cit., cap. xii, p
Les personnes frappées de maladies contagieuses se voient expulsées deLHôtel-Dieu de Toulouse (Buchalet, op. ciL,p. 33)'^.
Le semainier de Fhôpital Saint-Jacques d’Aix ne reçoit : ni
les filles du refug“e, ni les fous, ni ceux qui sont atteints du mal vénérien et de maladie contagieuse, ni les galeux étrangers ; excepté néanmoins les galeux qui sont en service, ou garçons de boutique dans la ville... Si ces malades ont des écroüelles, on les garde pendant quinze jours pour les renvoyer ensuite s’il n’y a pas d’apparence de guérison »
A Belfort, les personnes se présentant ne peuvent entrer qu’après la visite du médecin ou du chirurgien, parce que les règlements de l’asile interdisent d’hospitaliser les incurables 9.
The London Hospital^ créé en 1740 (incorporé l’année 1759), est destiné au traitement des blessés si nombreux dans les docks : (( The numerous accidents which occured in the eastern parts of the metropolis, without the provision of an hôpital to relieve them, suggested the necessity of establishing one there. » (Higmore, op.cit., p. 137).
Quant à l’hôpital Royal situé à Stonehouse, près des villes de Plymouth et de Plymouth-Dock, il est réservé aux gens de mer, blessés ou infirmes (Howard, op. cit., 11, p. 396).
Nous voyons aussi en Pologne, au xviiP siècle, des hospices
7. Les hôpitaux ruraux polonais sont ouverts par les soins des propriétaires, des curés, des abbés. Le règne d’Étienne Batory (1575) marque le début de ces constructions. Elles s’étendent et prospèrent sous Sigismond III (1587). Les portes en sont ouvertes aux paysans vieillis, aux pauvres, aux malades, les déments ne se trouvent pas exclus.
8. Régi, pour Vhôp. Saint-Jacques d'Aix , in-12. Aix, 1742, p. 21-22. Il en est de même à Nice, hôpital Saint-Roch, Bianchi, Inv. arch., op. cit.., p. 1. A propos de ces écrouelles, il est curieux de noter des lettres Patentes accordées par Henri III (1576) à Jacques Morès, espagnol, l’autorisant « d’establir à Paris un hospital pour les pauvres malades des escrouelles de quelque nation que ce soit. »
« Considérant, dit le roi, l’affluence et multitude des pauvres Espagnols, Italiens, Flamans, Portugais, François et autres nations, qui viennent pour nous trouver afin d’estre par nous touchez, lesquels on faict difficulté et refus de loger ès hospitaux et maisons ordinaires... » (Félibien, t. III des Preuves, p. 299.)
9. Humbrecht, Mém. hist. sur les hôpitaux de Belfort, op. cit., p. 64. A l’hôpital
d’Avon, on n’admet que les malades de la ville de Fontainebleau et des campagnes voisines « affectés de maladies graves, mais qui ont un période connu, comme fractures, playes récentes, etc. » « Les personnes affectées d’ulcères, de
maladies lentes et contagieuses en sont absolument exclues, quelle que soit leur indigence... » (Lemaire, Inv. arch. dép. Seine-et-Marne. Supplémenta la série H. E. p. 19).
spéciaux recevant les vieux soldats, les prêtres malades ou affaiblis par Fâge.
La Santa Casa delta S. S. Anniinciata de Naples n’admet que les fiévreux, les blessés et exclut toutes les maladies chroniques, ainsi que les individus « infetti de mal francese »
En présence de cette exclusion fréquente de nombreuses catégories d’infortunés dans les Maisons-Dieu, il faut que des asiles spéciaux s’ouvrent pour eux. Ils sont dus souvent à l’initiative des habitants ; ainsi, à Clermont-Ferrand, en 1697-1699, projet d’élever un hôpital portant le nom significatif de « Saint-Joseph des abandonnés et affecté aux pauvres atteints de maladies contagieuses, telles que lèpre, charbon, pourpre, dyssenterie, etc.^h » C’est surtout à Londres que ces fondations deviennent nombreuses. Citons de nouveau les asiles destinés à recevoir les femmes en couches, ils s’ouvrent principalement en faveur des femmes mariées à des artisans, soldats, marins, incapables de trouver chez elles les soins nécessaires
Afin que cette assistance n’encourage pas la mauvaise conduite, les filles-mères ne sont plus admises à Westminster Lying-in Hospital en cas de récidive, et demeurent toujours, du reste, séparées des femmes mariées, excepté durant les offices divins.
10. « Ordiniamo che seconde il principale, eproprio istituto del nostro Spedale, non possano in esso riceversi se non se febricitanti, e feriti di recente solamente, nè debbano, essere ammessi, e ricevuti; i tisici, gli etici, gli asmatici, i rognosi, i leprosi, gl’ idoprici, gli oppilati, i quartanaried altri, che fossere infetti del mal francese, o di altri morbi contagiosi, incurabili, ed abituati... »{Regole edistruz,, délia R. Santa Casa, in-fol, in Napoli, 1739, cap. v, p. 84). A remarquer que si cette affection spéciale est désignée en Italie sous le nom de mal français, on lui donne en France la qualification de mal de Naples. Brièle, Collect. de docum., op. cit., t. III, année 1496, p. 89.
11. Guilmoto, Inv. Arch. hosp. de Clermont-Ferrand, 1887, fonds n° V, p. 1. Chamousset aurait voulu voir établir un asile en faveur des servantes malades et hors de condition... {OEiiv., édit. 1787, t. II, p. 53). Joseph II au milieu de ses réformes, parfois un peu radicales, veut que les hôpitaux eommunaux, dans un esprit d'économie, admettent seulement ceux que l’âge a affaiblis corporellement et intellectuellement, àtel point qu’ils sont impropres à tout travailles aveugles, les paralytiques, etc. Il désire que l’on donne à part des soins aux cancéreux et autres personnes atteintes d’affections répugnantes.
12. The British Lying-in Hospital for Married Women (1749). The City of London Lying-in Hospital for Married Women (1750-1751), The Queen’s Lyingin Hospital (1752). Westminster Lying-in Hospital (1765) (Higmore, op. cit., p. 184, 190,194, 209). Gray (op. cit., p. 157) crOit que le premier établissement de cette nature ouvert à Londres est : « The lewish Hospital for Lying-in women », et que The Bristish Lying-in n’a fait que suivre cet exemple.
<( Separate wards are appropiated for the réception of such as are single women, ’who are not allowed to associate with the other patients, except during divine service ; and inorder that this parts of the institution might not be charged as an encouragement to irregularitj, these patients are not admitted a second time » (Higmore, op. cit . ^ p. 210-211).
En France, les usages varient dans la même Province en ce qui concerne les femmes et filles enceintes ; ainsi on les reçoit à r Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand, alors qu’elles sont exclues des hôpitaux de Riom et de Thiers (Goiffier, U Ass. dans la génér . de Riom, op. 72).
L’hôpital Saint-Jacques de Lille, fondé en 1431 à l’usage des pèlerins et u des pauvres femmes gisant d’enfants», continue ce mode d’assistance. Les comptes de l’année 1733 comprennent « la nourriture et gouvernement de cinquante-deux pauvres femmes en couches avec leurs enfants. » Les mères peuvent être gardées environ quinze jours, à moins de complications nécessitant un traitement plus prolongé (Follet, Hôpitaux Lillois disparus, op. cit., p. 9 à 11).
Le 29 floréal, quatrième année républicaine, l’administration centrale du dép. de la Dyle écrit au ministre de l’Intérieur pour lui signaler la triste situation de l’hôpital général Saint-Pierre de Bruxelles, u II mérite toute votre considération, disent les administrateurs, c’est le seul dans les neuf départemens réunis, où l’on admet les vénériens, où la fille enceinte va se retirer pour y faire ses couches et recevoir les secours dont elle a besoin ; où les épouses de nos braves frères d'armes viennent déposer le gstge précieux de leur amour conjugal. » (Arch. nat., F^^ 263).
Dès 1745, on trouve à Londres un asile pour les personnes atteintes de la petite vérole et soumises à Vinoculation, traitement préventif qui précède la vaccination. C’est la première maison de ce genre ouverte en Europe
13. Small-Pox and Inoculation Hospital. « The institution of this usefui and humane establisment which was the first of the kind in Europe » (Higmore, op. cit.., p. 273 à 310). Ce système avait ses partisans et ses détracteurs. On trouve l’analyse d’une longue série d’écrits et d’observations sur ce sujet dans
Les individus atteints de la «grosse vérolle » sont fort mal soignés dans les hôpitaux parisiens Leur situation à Bicêtre est épouvantable, et il faut arriver à l’année 1792 pour trouver un établissement ouvert à leur usage, celui dit «du midi »
Des lettres patentes de Louis XV (2 décembre 1757) autorisent l’établissement à Bordeaux d’une maison de force, destinée à renfermer les femmes de mauvaise vie, avec infirmeries particulières affectées aux hommes atteints du mal dont il vient d’être question (Hervieu, Inv. som. arch. hosp., op. cit.^ série E, VI, E 1, p. 55).
Les fils de saint Jean-de-Dieu n’hésitent pas à venir aux secours de ces malheureux. Le Père Anton Martin, compagnon du Saint, leur ouvre, en 1538, à Madrid, un asile utilisé en même temps pour le traitement des maladies de la peau ^6.
Signalons encore un hôpital créé à Londres en 1746, entretenu par des souscriptions particulières, c’est : « The Lock Hospital having been established for the cure of that disease Nvith which it hath pleased God to chastise this vice, vs^hen numbers through poverty could obtain no effectuai relief...» (Higmore, p. 151).
Répétons d’ailleurs, qu’en pareille circonstance, à côté de
l'Année littéraire de Fréron. Voir notamment : années 1754, t. VI; 1755, t. IV, V, VI, VII, etc, Charles IV d’Espagne prescrit, en 1798, ces inoculations. « Se ponga en prâctica el método de inoculacion de viruelas » dans les hôpitaux, asiles d’enfants trouvés et autres établissements relevant « de la Real munificencia .» {Nov. Recop., op. cit., lib. VII, tit., XXXVIII, ley VIII).
14. D* Pignot, l'Hôp. du Midi et ses origines, in-8, 147 p. Paris, 1885.
15. On les voit précédemment parqués dans des bâtiments insuffisants, rue de Sèvres. Une tentative d’installation a lieu faubourg Saint-Marceau (1559). « Pauvres gens vérolez qui se présentent au bureau des pauvres et à l’Hostel-Dieu de Paris où ils sont couchez ez mesmes licts que d’autres qui ne sont atteincts de cette maladie, seront mis à l’hospital de Lourcynes estant au fauxbourg Saint-Marceau » (Félibien, t. II des Preuves, p. 788). Il ne s’agit pas ici de l’hôpital actuel de Lourcines. Voir D*" Peschaux, Hist. de l'hôp. de Lourcine, in-8, 93 p. Paris, 1890. Un autre établissement fut ouvert à la lin du xviii® siècle à Vaugirard pour les enfants trouvés atteints de ce mal. Conférer : 1° notre Histoire des enf. aband., liv. III, chap. IV, p. 212. —2“ Mémoires et rapports provenant des cartons de M. Colombier, tableau du mouvement de l’établissement, d’août 1780 à janv. 1784 (Arch. Nat. F^s 245).
16. « L’hôpital de San Juan de Dios est principalement destiné aux maladies honteuses. En 1783, on y trouvoit cent soixante-treize hommes et vingt-huit lemmes ; celles-ci sont au rez-de-chaussée ; ceux-là sont logés au-dessus. Les salles des deux sexes y sont plus propres et plus tranquilles que celles de l’hôpital général... » (Howard, op. cit., Il,p. 14-15).
430 mSTOIRE DE LA CHARITÉ. LIVRE III. — CHAPITRE V
coupables il existe d'innocentes victimes auxquelles il est urgent de venir en aide car leur infortune est grande ^^. . .
Les Hôtels-Dieu ont à s'occuper fréquemment des soldats malades et blessés. Sous Louis XIII l’ordonnance de janvier 1629 (dite code Michaud) établit bien (art. 232) « qu’à la suite des armées doivent être entretenus des hôpitaux pour secourir les soldats en leurs blessures ou maladies . .. » (Isambert, op. cit.^ XVI, p. 286), mais il faut arriver au xviii® siècle pour trouver de véritables hôpitaux militaires permanents, rendant d’utiles services Le règlement général les concernant est de janvier 1747.
On est donc forcé de recourir aux hospices civils et movennant un prix de journée, plus ou moins exactement payé, d’hospitaliser, en cas de besoin, les soldats de passage ainsi que ceux tenant garnison dans la localité
Il en résulte parfois un encombrement regrettable et des dépenses entraînant les asiles à contracter d’onéreux emprunts -O.
L’Hôtel-Dieu de Toulouse affecte un quartier entier à ce service et compte une moyenne annuelle de 5700 journées de soldats malades ; le prix est fixé à 8 sols par jour, les administrateurs obtiennent 12 sols, puis 14 sols (1787) (Buchalet, op. cit.^ P- 37).
A Poitiers il s’établit un compte courant entre la direction et le Commissaire des guerres au sujet du remboursement des journées militaires dont le tarif est de 10 sols, savoir : cinq sous de solde réglementaire que l’homme traité abandonne en entrant