‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 150 sur 197 · Higmore, op. cit.., p. 142 à · texte numérisé non relu

Higmore, op. cit.., p. 142 à

18. On fait remonter à Sully l’installation des premiers hôpitaux militaires en 1597 (D. Follet, op. cit.., chap. viii, p. 53).

19. » L’hôpital de Malestroit ne recevait pas seulement les pauvres de la ville ; il dut admettre, dès les premières années du xviii® siècle, par ordre de l’Intendant de Bretagne, les soldats malades des compagnies qui la traversaient ou y tenaient garnison, et, ici comme ailleurs, c’était une source de frais qui n’étaient pas toujours remboursés, malgré le recours des administrateurs auprès des officiers de ces compagnies. » (Rosenz-vveig, Bech. arch. du Morbihan, op. cit., Vannes, 1863,

20. « L’hôpital de Vannes sert, dès le commencement du xviii® siècle, d hôpital militaire et, dans ces temps de guerre continuelle, une semblable attribution était loin d’être une sinécure, si l’on songe qu’il était ouvert, non seulement aux blessés mais encore à ceux que la maladie, comme la gale, le scorbut, résultat ordinaire d’une agglomération d’hommes, rendait momentanément impropres au service... r (RosenzAveig, op. cit., Hotel-Dieu de Vannes, 1874, p. 273-274).

à Fhôpital, cinq sous de supplément pour les frais qu’il occasionne (Delmas, op. cit.^ p. 66)

Le 9 mars 1787 les administrateurs de l’Hôtel-Dieu de Ghâlons remercient : 1® de la faveur qui leur est faite de porter la journée de soldat à 15 sols, et 2° de l’allocation de 3000 1. pour création d’une salle de 23 lits

En vue de favoriser la bonne installation des cavaliers, dragons et soldats, venant faire une cure à Bourbonne-les-Bains, le curé établit une maison pour les recevoir (1702). Plus tard Louis XV fait construire, en cette localité, un hôpital militaire (1730) et lui donne un règlement daté du 13 août 1738^3.

Nous ne pouvons terminer ce paragraphe sans dire un mot des hôpitaux nationaux. Il en est déjà parlé dans le tome III de notre histoire, nous n’avons donc qu’à énumérer quelques fondations postérieures à l’an 1500.

A l’époque de la domination de Charles V et de Philippe II dans les Pays-Bas, les Flamands entreprennent d’importantes opérations commerciales en Esjiagne, un asile s’ouvre à Madrid pour la réfection spirituelle et corporelle des voyageurs pauvres, originaires de ces Pays. Il est placé sous le vocable de saint André (1604-1606).

Deux autres établissements, de même nature, sont déjà créés à Séville et à Cadix (xvF siècle)

21. «A Vaucouleurs le Roi accordait 5 sous. En 1783 moyennant un abonnement de 1263 1. 10 sols le régiment de Schomberg (dragons) dut faire soigner tous ses malades fiévreux et blessés . Des suppléments étaient accordés pour les vénériens et les galeux. » F. de Chanteau, Not. hist. sur Vhôp, du Saint-Esprit de Vaucouleurù in-8, 60 p. Nancy, 1881, p. 39).

22. Procès-verbal de réception de cette salle par l’Intendant Rouillé d’Orfeuil : « En juillet 1789 il a été établi dans le centre des salles bourgeoises une salle particulière séparée des premières par une cloison, dans laquelle sont placés vingttrois lits garnis à neuf et suivant les formes et dimensions prescrites par l’ordonnance du 2 mars 1781, avec ses jours et débouchés convenables pour la communication de l’air et facilité du service. Nous avons reçu la déclaration et soumission des administrateurs d’entretenir à perpétuité la ditte salle et les 23 lits garnis pour être spécialement affectés à la réception des soldats malades tant de troupes de passage que de celles de garnison... » (Arch. de la Marne, série C, liasse 1273). Voir aussi, J/ém. sur la province d'Alsace, dressé par Le Pelletier de la Houssaye (année 1702), p. 10, verso (Arch. nat., H 1588, n° 8).

23. A. Lacordaire, Not. hist. sur Vhôp. Roy. milit. de Bourbonnes-les-Bains, in-12,139p., plan. Langres, 1880.

Fond, pieuses et charitabtes des marchands Flamands en Espagne, in-8, 114 p. Bruxelles, 1882, p. 25, 48, 71. R y avait aussi à Lisbonne un hôpital et une

L’année 161 3, un français, naturalisé Espagnol, et chapelain d’honneur du Roi, Henri de Savreulx (mort en 1633), fonde l’hôpital Saint-Louis affecté avec l’église de ce nom à ses anciens compatriotes ^5.

On peut signaler également les asiles suivants : Hospital de San Antonio de los Alenianes vulgo Portugueses (1606) ; Hospital de los Italianos (1598) ; Hospital de S. Firmin de Navanros (1684) ; Hospital de Nuestra sehora de Monserrat destiné aux malades natifs de l’Aragon (1616) ; Hospital de S. Patriciode los Irlandeses (1635) 20.

A Londres, mentionnons encore une fois des Asiles dus à l’initiative privée et affectés : aux « poor French Protestants refugees in Great Britain » (1716j ; aux juifs Portugais et aux juifs allemands (1748-1793) 2".

Quant à la Ville de Rome elle reste le centre des hôpitaux nationaux. Piazza, dans son bel ouvrage publié en 1679, énumère 22 fondations destinées aux étrangers venant visiter la Ville Eternelle [Opéré pie di Roma. Trattato IL Degli spedali nationali), sept seulement de ces asiles sont postérieurs au xv® siècle 28.

chapelle pour les Allemands et les Flamands, dont l’origine remontait au XIII® siècle (Même ouvrage^ p. 109).

25. Les actes de fondation, 1613 et 1622, portent : 1° que l’hôpital est fondé pour les Français sous l’invocation de saint Louis; 2° que le recteur-administrateur devra toujours être un prêtre français ; 3° que l’établissement est placé sous le patronage des rois de France et d’Espagne ; 4® que l’administration est confiée au recteur et à un vicaire, qui sont assistés par un conseil de quatre députes choisis parmi les membres les plus honorables de la colonie française (abbé Humphry, Hist. de Saint-Loiiis-des-Français, in-8, 240 p. Bordeaux, 1854. Fondation de Saint-Loais-des-Français, bases organiques, in-8, 38 p. Madrid, 1881. Etab. de Saint-Louis-des-Français de Madrid. Résumé hist., in-8, 15 p. Madrid,

26. D. Ramonde Mesonero Romanos, JDescrip. de Madrid, 1854, p. 526-528 et Madrid caritativo, 1875.

27 . Beth HoLim. An Hospital or infirmary for receiving the sick, poor, and aged men ad womem, and Lying — in women, ofthe community of Spanish and Portuguese Jews, was instituted by the voluntary contributions of several members of theircongregations, 1748. Hospital ofthe german and dutch Jews. Etablissement dû à l’initiative de MM. Benjamin et Abraham Goldsmid, 1795 (Higmore, op. cit., pp. 254 et 85-88).

28. Voici l’énumération intéressante de ces 22 fondations: Spedale : degl’ Inglesi, di San Guiliano de’ Fiamenghi, de’ Boemi , degl’ Ongari, de’ Gotti, de’ Scotti ô Seozzesi, de’ Lombardi, de Portughesi, de S. Giâcomo de’ Spagnuoli, di S. Girolamo de’ Schiavoni et Illirici, de’ Teutonici, de’ Brittoni, degl’ Indiani overo Abissini, degl’ Armeni, de’ Gatalani,de’ S. S. Bartolomeo et Alessandro de’ Bergamaschi, de’ Polacchi, di S. Luigi de’ Francesi, de’ Genovesi, di S. Claudio

§ 2. — Les asiles de nuit et les maisons recevant les pèlerins.

Mais il ne suffît pas seulement de recueillir les malades ; les Toyageurs, les pèlerins réclament une assistance au moins temporaire. Le moyen âge sème sur toutes les routes des asiles destinés à les abriter durant la nuit. Ces petits refuges disparaissent peu à peu au milieu des guerres et des bouleversements sociaux ^9.

En dehors même des couvents, nombre d’hôpitaux réservent d’ailleurs à ces infortunés piétons des secours proportionnés à leurs besoins.

Les Conciles particuliers s’occupent de cette question. Le synode tenu à Naples en 1699 (tit. V, cap. II, § 5) veut que partout les femmes soient soigneusement séparées des hommes : « ut in xenodochiis feminæ a viris segregatae hospitentur. » [Collect. Lacensisy I, p. 203).

Les évêques doivent veiller à ce que, toutes les fois que ces maisons si utiles font défaut, il soit pourvu aux nécessités des passants par les administrateurs des lieux pies et des confréries ^9.

En France presque toutes les Maisons-Dieu d’une certaine importance possèdent un service distinct pour l’hospitalisation des voyageurs indigents

<le’ Borgognoni, de Fornari ïedeschi, de’ Lucchesi. Consulter également, A.

- Castan, La, confrérie., VEglise et V hôpital de Saint-Claude des Bourguignons à Rome, in-8, 94 p. Paris et Besançon, 1881.

29. Les guerres produisent partout les mêmes ravages ; ainsi au commencement du XVI® siècle on trouve dans la ville de Vienne huit établissements hospitaliers dont quelques-uns remontent au xiii® siècle: à citer notamment l’hôpital des Bourgeois qui peut entretenir &00 personnes cent ans après sa création. Or trois seulement de ces asiles survivent aux luttes sanglantes contre les Turcs. Le péril passé, les établissements revivent, on en compte plus de trente au milieu du XVII® siècle.

30. « Quod si Hospitalia prædicta ob redituum defectum Perigrinis suscipiendis aptae non sint, curent Episcopi, ut ab aliis piorum locorum et confraternitatum administratoribus eleemosynae titulo, ex iis præsertim, quae per Vicarii generalis schedulas (vulgo Bollettini appellatas) pauperibus Peregrinis tribui consuevit, aliquid præstetur » {Const. syn. Prov. Beneventanae a. 1693, tit. XXXI, cap. XI, Coll. Lac., I, p. 63). Mêmes dispositions dans le concile de la Province d’Avignon, a. 1725, tit. XLII, cap. ix, §5, Coll. Lac., I, p. 571).

31. Il existe des fondations anciennes affectées à ce genre d’assistance. A Paris

Les passants reçoivent, en principe, une aumône, puis on leur accorde le logement « si l’heure le requiert, en cas qu’ils soient las et incommodés. «

(( On ne doit recevoir pour les passans que les véritables pèlerins, les pauvres prêtres et ecclésiastiques, matelots, soldats, officiers, esclaves rackettés des infîdelles, garçons ouvriers qui vont chercher de l’ouvrage et femmes non mendiantes »

Il est prescrit de demander aux admis « leurs armes ou bastons, afin d’empescher d’en mal faire quand ils voudroient. » On les leur rend bien entendu au départes.

Le séjour est habituellement de vingt-quatre heures, sauf incident imprévu

« Sont aussi receuz et nourris audit hospital (Saint-Bernard de Troyes) les hommes, pauvres estrangers valides, passans et pèlerins, pour une nuict seulement, si ce n’est qu'ils soyent devenus de maladie, qui requière plus grand et long séjour ; année 1617 » (Babeau, in-8, Troyes, 1906, p. 13)

Lors de la réorganisation de l’hôpital de Montbéliard les règles suivantes sont établies. « IV classe. Des pauvres passans. Tout pauvre passant, de quelque âge, sexe, païs et religion qu’il soit, reçoit en entrant dans Thôpital, un morceau de pain, de la pesanteur d’une demi-livre ; et s’il arrive le soir, il lui est donné de la soupe, avec une demi-livre de pain et la couche. S’il est en état de santé il doit sortir de la maison le lendemain

on compte l’antique maison de Saint-Jacques-aux-Pèlerins, réunie en 1781 aux Enfants trouvés. Pour les femmes il existe les hôpitaux Sainte-Catherine, Sainte- Anastasie et Saint-Gervais (Tenon, op. cit., p 21). L’hôpital Saint-Julien de Lille fonctionne jusqu’à la fin du xvii® siècle ; il loge et nourrit, de la Toussaint 1698 à fin juin 1699, 16.753 personnes (D’' Follet, op. cit., p. 32-36).

32. Pour Thôpital Sainte-Catherine consulter aussi un Précis envoyé le 4 prairial an 2, aux « citoyens composant les Membres du département de Paris» (Arch. nat., 259).

33. Rég. hôp. gén. Saint- Jacques d'Aix, 1742. Du recteur Semainier et du visiteur, art. 22, p. 25.

34. Fondation, etc. des hosp. du Saint-Esprit et de Nostre-Dame de la charité de laville de Dijon, in-4, 1649, chap, v, § 5, Du devoir de la sœur qui reçoit les pauvres estrangers et estrangères passants, p, 49-50.

35. A Thôp. de Rémiremont « pour les passants ou pèlerins deux salles où il y a dix lits ; on leur donne à souper et à coucher; on les garde plusieurs jours, suivant leur santé, les bonnes fêtes et les mauvais temps... » (Bernard Puton, Hôp. de Remiremont, in-8, 45 p. Nancy, 1817, p. 27). Le règlement de 1704 à Coutances autorise quarante-huit heures de séjour (Le Cacheux, op. cit., I, p. 259).

matin, en recevant encore une livre de pain et deux sols en argent ; avec injonction, et sous la promesse expresse, de sortir incontinent de la ville sans s’arrêter dans les ruës pour mendier devant les maisons ^6. »

Ces mesures sont sages ; il importe, en effet, de se mettre en garde contre les ruses des faux pauvres, des faux pèlerins, dont le nombre est considérable, et pour lesquels la visite des lieux saints n’est trop souvent que prétexte à débauche et libertinage

En Espagne la règle « de la muy humilde Hermandad de la Hospitalidad j hospital del senor san Jorge de la Ciudad de Sevilla » (in-4, 1703) consacre son chapitre xvJ à la réception des pèlerins et l’abbé Haristoy, dans son ouvrage sur le pèlerinage de Saint-Jacques de Gompostelle (in-8, Paris, 1900), indique d’après des itinéraires du xviii® siècle, les petits établissements où ces « peregrini » peuvent séjourner à l’aller et au retour. Les lois espagnoles leur interdisent d’errer de côté et d’autres dans le royaume ; ils doivent suivre le chemin ordinaire ; (( sin que anden vagamundos por el Regno » (D. Felipe 11, 1565, Nov, Becop., lib. VII, Tit. XXXIX, ley XIV).

C’est naturellement en Italie que se rencontrent les principa'ux de ces asiles. La Très Sainte Trinité des Pèlerins et des convalescents de Rome remonte à l’année jubilaire 1550 qui amène un concours immense de peuple. Saint Philippe de Neri, pour venir en aide aces pauvres chrétiens, utilise une Confrérie

36. Recueil de règlemens, tant anciens que modernes, concernant Vhôp. de la ville de Montbéliard, in-4, 1758. Il n’est fait exception que pour un garçon de métier « auquel il est permis de chercher de l’ouvrage chez les maîtres. . . »

37. Requête au Roi par les magistrats de Lille, 1701. D’’ Follet, op. cit., p. 40, Denisart^ en son tome III, p. 76, au mot pèlerinages, relève des édits et déclarations ne permettant pas d’en entreprendre hors du royaume, sans une permission expresse contresignée par l’un des secrétaires d’État, sur l’attestation de l’Évêque diocésain. « Les pèlerins qui n’ont point de pareilles attestations et permissions, ne doivent pas être reçus dans les hôpitaux établis pour loger les pèlerins , au contraire les juges doivent les faire arrêter et punir comme vagabonds et gens sans aveu. Denisart cite : édit, août 1671, Déclar., 7 janvier 1686 et 1®"' août 1738 ; ordon., 15 nov. 1717; Lettres pat., 30 janvier 1725. A La Haye, près de l’hospice de Saint-Nicolas se trouvait un bâtiment nommé « Le Bayaart » ou« Bellaert » destiné aux mendiants étrangers, il était défendu aux particuliers de les héberger (Falkenburg, op. cit., p. 7).

38. In-4, 12 fol., 259 p. En casa de Lucas Martin de Hermosilla, 1703, p. 94-98 (collections de l’auteur) .

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