‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 151 sur 197 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

dont les membres vêtus d’un sac rouge, image du feu de la charité, se livrent à de multiples actes de dévouement. Les pèlerins sont en général hospitalisés trois jours . Une œuvre semblable se fonde à Naples, 31 ans après celle de Rome, elle lui est agrégée et suit les mêmes règles Des dames associées à la confrérie s’occupent des voyageuses recueillies. Les statuts leur recommandent d’user vis-à-vis d’elles de la plus grande humanité : « Esortiamo poi, e molto caritavimente preghiamo tutte le sorelle délia compagnia a voler usare verso queste la medesima pietà, e carità nel visitarle, servile, o sovvenirle, che s’è detto, che debbono fare i Fratelli presse gli uomini . . . ».

§ 3. — Établissements affectés à l'invalidité et a la vieillesse.

Nous n’avons pas à parler des hôpitaux généraux de France et d’Italie, des Workhouses anglais, il en est question plus haut. Notre but est seulement de montrer que des refuges s’ouvrent de toutes parts aux veuves, à ceux que l’âge rend incapables de se suffire par le travail. Bon nombre de ces asiles continuent simplement les institutions du passé.

Les Pays-Bas nous offrent, en dehors même des Béguinages^', une multitude de petites maisons destinées à un nombre restreint d’hommes, et de femmes ayant perdu leur mari. Tantôt les

39. Staiuti délia ven. archiconf. délia santissima Trinità^ de' PellegrinieConvalescenti diRoma, in-4, 1821. Gard. Morichini, op. cit.^ cap. vu, p. 169 et sqq.

40. T. F. Ravaschieri Fieschi, Storia delle Carità Napoletana^ op. cit,, t. III, Napoli, 1878. La S. Trinità de’ Pellegrini e Gonvalescenti.

41. Statuti délia venerabile archiconf.., délia S. S. Trinità de' Pellegrini e Convalescenti., in-i. Napoli, 1785, p. 96.

42. « L’institution des Béguinages est d’origine essentiellement liégeoise. Au début du XIII® siècle, c’étaient de pieuses associations de filles, vouées au célibat et vivant dans un immeuble commun. Plus tard, l’institution se transforma quelque peu et les Béguinages devinrent, conformément à la volonté des fondateurs ou des bienfaiteurs, des asiles pour les vieilles femmes impotentes ou indigentes. Les beguines y trouvaient un refuge honorable et tranquille et il n’était pas rare de voir les plus valides d’entre elles faire à leur tour œuvre de charité, tenir école ou s’adonner au soulagement des infirmes à domicile. Il existait à Liège, à la fin du XVIII® siècle, une trentaine de ces asiles. En 1800 les béguinages, non aliénés, furent administrés par les commissions des hospices. » (Vicomtesse St-Vincent, La Belgique charitable., nouvelle édition par M“® Gh. Vloeberghs, in-8, Bruxelles, 1904, p. 477).

pensionnaires n’ont droit qu’au logement ; d’autrefois ils reçoivent des allocations en argent ou en nature. Il est de ces maisons où l’on verse une petite somme à l’entrée.

Voici quelques types de ces asiles, choisis parmi ceux créés après le xvi® siècle.

A Louvain, de 1551 à 1757, ouverture de cinq asiles en faveur soit de femmes, soit de filles âgées et pauvres ; la douairière Bernard de Bulloy veut notamment que ces indigentes, au nombre de six « habitent ensemble sa maison nommée le chien bleu, située dans la paroisse Saint-Jacques. »

Suivant la fondation de M. Halvermeylen (1551), les sept femmes admises occupent chacune une petite maisonnette et reçoivent trente sols de Brabant Indépendamment de fondations plus anciennes, des établissements Bruxellois adm^ettent un certain nombre de pensionnaires : « trois femmes indigentes catholiques âgées de plus de 50 ans» (hospice chant d'oiseaux^ 1639) ; (( neuf vieilles filles pauvres et dévotes » (hospice des neuf chœurs des (1656) ; quatre servantes ayant été domestiques dans des familles de tanneurs, etc.

La diaconie de la communauté luthérienne évangélique d’Amsterdam possède au xvii® siècle deux « hofjes » l’un datant de 1668, le second d’origine postérieure; ils sont affectés au logement de femmes, non mariées, ou veuves, de bonnes mœurs, âgées de 40 ans au moins. En cas de maladie, des médecins les soignent gratuitement aux frais delà diaconie.

En 1734, fondation du Van Beeck hofje ; 10 pensionnaires femmes ; tous les quatre mois elles reçoivent 5 florins et une provision de tourbe.

Le Rosenhofje destiné au logement de femmes ayant plus

43. Servranckx, Mém. hist. sur les étab. de bienf. de Louvain, in-8, 1843-1844,

44. Ces petites fondations ont été centralisées en 1830 sous le nom d'hôpitaux réun/s (Vicomtesse St-Vincent, Belgique charitable, op . cit., p. 26).

45. Par Hofje (petit enclos), on entend généralement un bâtiment plus ou moins vaste, d’ordinaire sans étage et comprenant plusieurs habitations, composées d’une ou deux chambres. Ces maisonnettes donnent toutes sur une cour intérieure, partagée par des haies et plusieurs portions de terrain de quelque mètres carrés; chaque habitant a ainsi un petit jardinet à sa disposition (Ph. Falkenburg, Amsterdam, fasc. III, p. 160).

de 60 ans et appartenant aux Eglises Anabaptiste, Réformée ou Luthérienne, est de l’année 1744. Les administrées ont droit à deux pains de froment par semaine ; dix tonneaux de tourbe par an; quelques subsides en argent

Au commencement duxviii® siècle, la Haye possède sept « hofjes » abritant 175 personnes. Dans le a hofje » du seigneur de Hogelande, fondé en 1669, on reçoit les catholiques.

Le plus important de ces asiles est celui que l’on doit à la générosité de Johan de Bruin Van Binten-Weck, seigneur de Nieuwkoop ; on le considère alors comme unique en son genre. Il se compose, en effet, de trente maisonnettes rangées sur les deux côtés d’une cour rectangulaire ; chaque maison comprend deux appartements et une petite cave. Ces bâtiments coûtent 100.000 florins (1661) (Ph. Falkenburg, op. c/L, p. 29-31).

Jacques Frédéric de Bavière, mort en 1724, arrête par son testament, qu’après la mort de sa femme, ses biens seront employés à fonder un hospice pour une trentaine de vieillards, appartenant à la communauté réformée. Les biens laissés sont jugés insuffisants par le bourgmestre de la Haye ; le capital légué une fois placé monte à 266.000 florins en 1764. Les Etats de Hollande donnent alors permission de réaliser le vœu du testateur et y adjoignent 50.500florins provenant delà vente des biens de la corporation du Saint-Sacrement. Les constructions commencent en 1770 (Ph. Falkenburg, même ouvrage^ p. 286- 287).

Nous rencontrons des institutions analogues à Groningen et Utrecht

46. Fondation analogue sous le nom de Fontaine-Hofje, 1753, encore existante et comprenant 14 habitations ; elle est affectée à des femmes qui n’ont pas d’enfants à leur charge et appartiennent à la religion protestante. Logées gratuitement, elles reçoivent des allocations en argent et en tourbe (Falkenburg, op. cit., fasc. ni, p. 308-309).

47. A Groningen, l’hospice « Jean Luitjes », appelé aussi hospice « Jannes Baroldi », est fondé, vers la fin du xvi® siècle, par Jean Luitens et sa femme, sur les instances de leur fils Jean Baroldi, qui, vraisemblablement, était moine. Au commencement, on n’admettait que des femmes âgées catholiques, mais après la reddition de la ville il fut décidé que la moitié de ces femmes devrait désormais être membres de l’Église réformée. Dans la plupart de ces institutions on délivre aux personnes admises de petits subsides en argent et en tourbe. Voir : H. Van Zanten, Groninpen, op. ci'L, p. 181-188 ; H. Smissaert, Utrecht, op. cit., fsisc. U, p. 148-191 à 195.

A Gotha (Allemagne) il existe également des maisons ouvertes aux vieillards et aux incurables ; l’hôpital Marie-Magdeleine qui procure à un certain nombre de personnes âgées (19 hommes et 11 femmes) les secours nécessaires, paraît remonter à Fan 1222 et au Landgrave Louis IV

Le nombre de ces petits refuges est considérable en Angleterre ; ils proviennent comme toujours de l’initiative des particuliers ou des corporations. Ainsi des Alms-houses reçoivent les membres âgés, ou les veuves, de divers collèges : marchands de salaisons, tisserands, brasseurs, merciers, etc. Le Trinity Hospital, à Mile- End est destiné à recevoir 23 maîtres de vaisseaux (ou leurs veuves) ; on leur alloue mensuellement 16 schellings, plus 20 sols par an pour acheter du charbon [Londres et ses environs^ op. cit.^ II, p. 221).

Ces allocations en charbon reviennent constamment dans les statuts des fondations anglaises

L’Emanuel Hospital, ouvert du temps de la reine Elisabeth, grâce aux générosités de Lord Dacre, « for the relief of aged people », assiste, en 1601, dix hommes et dix femmes; ils doivent être célibataires, âgés d’au moins 56 ans, de mœurs honnêtes et tombés dans la misère par suite d’événements imprévus, « N or any common beggar, swearer, dunkard or otherwise debauched in their manners. » Les aveugles, impotents, idiots, ne peuvent être admis (Higmore, op. cit., p. 101).

Guillaume III d’Angleterre jette, en 1695, peut-être à l’exemple de Louis XIV, les fondements du grand établissement de Greenwich pour les vieux marins de son royaume

Passons-nous les monts, nous rencontrons le bel hospice apos-

48. Bôhmert, Bas Armenwesen., in77, deuischenStadten, 31. Das Armenwesen der Stadt Gotha in-f°. Dresden, 1887, p. 192-193. En 1784, les chiffres mentionnés ci-dessus sont portés à 24 pour les deux sexes.

49. The endowed char ities of the city of London, in-8. London, 1829, p. 216, 264, 365, 450 et seqq.

50. 7 and 8 Will. III, cap 21 (1695-1696) « For those who, by âge, wounds, or other accidents, become disabled. « G. Nicholls (A Hist. of Eng. Poor Law, op.

p. 354-355). A mentionner également le « Chelsea Hospital», asile des soldats âgés et infirmes, fondé par Charles II, continué sous Jacques II et que terminé en 1690 Guillaume III. « In subsidium et levamen emeritorum senio, belloque fractorum, condidit Garolus II ; auxit Jacobus II ; perfecêre Gulielmus et Maria, rex et reginaMDCXG » (Londres et ses environs, op. cit., t. II, p. T>7).

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