‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 153 sur 197 · T. R. Fieschi, op. cit., vol. III, p. 133 et seqq · texte numérisé non relu

T. R. Fieschi, op. cit., vol. III, p. 133 et seqq

53. StatutidelV opéra de Poveri mendicanti délia cita di Rologna, in-f“. Bologna,, 1574, ristampati per Vittorio Benacci MDGIII. Regola del Ven. Spedale de’ Poveri mendicanti di S. Garlo délia città di Bergamo, in-4, in Milano, 1753. Le regole* deir Hospitale délia Pietà detto de Vecchi, in-4, Milano, 1647.

plus de sept ans, sortant de l’hospice Saint-François. Cette maison est agrandie par le roi Amédée II (1715) (De Ville de Travernay, op. cîÏ., p. 24-26).

A Paris, le tableau de V humanité ^ éàiié en 1769, indique les œuvres suivantes : Les Incurables ; les hospitalières ; la communauté des Prêtres, dite de Saint-François de Sales ; à ajouter l’Hôpital du nom de Jésus

Cet asile des Incurables relève de l’administration de l’Hôtel- Dieu Son objet « est de secourir et de soulager ceux despauvres malades qui sont attaqués de maux invétérés » sans espoir de guérison Le nombre des lits fondés est considérable.

La maison des hospitalières de Saint-Mandé « renferme 27 lits réservés à des femmes âgées et infirmes. » « C’est moins, dit Larochefoucauld, un hôpital qu’un lieu de retraite. Des^ 27 lits, 11 seulement se trouvent occupés gratuitement. Cet établissement, ajoute-il, est d’une grande ressource pour les personnes que leur âge et leurs infirmités mettent dans le cas d’y avoir recours, il nous paraît que les religieuses en ont grand soin » [Rapp. cité^ p. 61) »

Terminons cette nomenclature par PHôtel royal des Invalides..

Henri IV, nous l’avons dit, s’intéresse aux soldats devenus inhrmes et cherche à leur assurer une retraite honorable dansl’ancienne maison de la charité chrétienne ou à titre à'oblats^ chez des religieux. Il est réservé à Louis XIV de réaliser complètement cette pensée par les constructions d’un magnifique

54. Ce dernier établissement est celui fondé par saint Vincent de Paul et dont il est parlé à l’occasion de l’hôpital général. En 1787, il renferme 36 personnes, 18 de chaque sexe (Tenon, op. ctf. , p. 20).

55. Félibien, t. II, des Preuves, p. 98 et suivantes. Larochefoucault-Liancourt,, Suite du rapp. fait au nom du comité de mendicité, op. cit., 1790, p. 21. D' Feulard, L'hôp. Laënnec, ancien hospice des Incurables (1634-1884), in-4, Paris, 1884. Brièle, De V origine de l'hosp. des Incurables, P. Joulet de Ghatillon, in-8, 72 p. 1885. Consulter aussi une liasse intéressante relative à cet établissement, . Arch. Nat., F*^ 240 ; et Tuetey, op. cit., I, p. 150-170.

56. « On y reçoit pour paralysies anciennes, tremblement de tout le corps, cancer, nodus goutteux, hydropisies, asthmes, surabondance de pituite, vieux: ulcères, tumeurs d’une grosseur extraordinaire, descentes habituelles et irréductibles, imbécillité, etc. Les maladies contagieuses ne sont pas admises » (Tenon, op. cit., p. 19).

57. Voir aussi; Arch. nat., F^s 258 ; l’hospice Saint-Merri [même rapp., p. 46) renferme également deux places pour les pauvres honteux.

édifice (1674) qui forme encore,' à l’heure actuelle, un des ornements de la capitale

En province, M. l’abbé Agut fonde (1743) à Mâcon un hospice affecté aux incurables sous le nom de la Providence ^9.

Le 26 septembre 1692 le sieur Rudelle, chanoine de l’église Saint-Etienne de Toulouse, lègue à l’hôpital Saint-Jacques une somme de 20.000 livres dont le revenu doit être employé à l’entretien et nourriture des pauvres malades incurables. Cette création est si nécessaire que l’année 1700 le nombre des malheureux occupant cet annexe de l’Hôtel-Dieu est déjà de cinquante (Buchalet, op, cit.^ p. 38).

C’est également un généreux bienfaiteur qui s’occupe à Aix de ces infortunés, André de la Garde, de son vivant Procureur général au Parlement de Provence, laisse par ses testaments, de 1722 et 1728 « dix-huit mille livres pour servir à bâtir un hôpital des Incurables » placé sous l’entière administration et conduite « des recteurs de l’hôpital de Jacques d’Aix » (Lettres patentes^ 18 juin 1734, in-4, 14 p. Aix.)

Dans ses dispositions testamentaires, le fondateur fait allusion à l’hospice de Marseille ; la vieille cité phocéenne possède, en effet, un hôpital des paralytiques, incurables, créé en 1700. On n’y reçoit que des infirmes a de la qualité des pauvres honteux ou de ceux qui ne peuvent travailler, ni se tramer pour mandier ; et doivent les dits pauvres être natifs de Marseille, ou de son terroir, ou y domiciliés depuis dix ans au moins sans interruption. Ne peuvent être reçus les malades atteints de maux vénériens, écrouëlles, playes, chancres, ulcères, tombant du haut mal, en état de démence ou d’imbécilité »

58. Sauvai, op. cit., tome I, p. 536 et suiv., Félibien, tome II des Preuves, p. 28 et suiv. « En 1608, Henri IV avait accordé une place d'oblat dans le prieuré de Saint-Nicolas à Bar-sur- Aube, en faveur d’un ancien capitaine. Les religieux refusèrent de recevoir cet officier, en alléguant que leur prieuré était un hôpital {Règlement de Vhôp. civil de Bar-sur- Aube, in-12, 1828, p. xiii).

59. « Cet établissement a commencé sans autre vue que de soulager les pauvres incurables et les malades étrangers qui ne pouvaient être reçus dans l’hôpital général ni dans l’Hôtel-Dieu de la ville de Mâcon. Plusieurs de ces misérables, destitués de secours, mouraient dans les étables et les écuries où ils se retiraient » (Louis Chaumont, Hist. de M. Aqut, prêtre, in-8, XXIV, 462 p. Lyon, Vitte, 1891, p. 416 et 426).

60. Règlements pour l’administration de l’hôpital des pauvres paralytiquesincurablesde Marseille, in-12, 28 p. Marseille, 1753.

Le nombre des lits et des malades qui les occupent est de 170 en 1792 6i.

Lyon, la ville charitable par excellence, ne peut rester en arrière de ce mouvement. Voici pour la fin du xviii® siècle une courte, mais suggestive nomenclature des œuvres de l’Aumône générale : « Parmi les hôpitaux, monuments de la bienfaisance publique, celui de la Charité tient sans doute le premier rang par son ancienneté et par l’étendue des bienfaits de tous genres qu’il répand sur les citoyens. Dès sa fondation il rassemble toutes les œuvres de bienfaisance fondées ailleurs imparfaitement et lentement : secours abondants aux pauvres, dans leur domicile ; asile, vêtements et nourriture aux indigens sans domicile; travaux et manufactures établis dans l’hôpital pour garantir de l’oisiveté les pauvres de tout sexe et de tout âge; hospice pour les vieillards^ hôpital vénérien, hospice pour les pauvres femmes enceintes, maison de force pour les insensés, vagabonds et gens de mauvaise vie, maison pour les orphelins ; enfin tous les moyens propres à prévenir, à secourir l’indigence, à arracher les malheureux au désespoir sont réunis dans cet hôpital. »

§ 4. — Conservatoires et orphelinats.

Nombre d’asiles offrant un abri aux vieillards, recueillent dans des parties distinctes les jeunes enfants. La transition est donc toute naturelle pour nous occuper des maisons affectées à la jeunesse pauvre et délaissée. Nous ne pouvons songer un instant à dresser une liste interminable de ces institutions. Donnons simplement, comme toujours, des exemples permettant au lecteur de se rendre compte de l’importance que tous les peuples attachent à cette œuvre de préservation sociale.

61. Réponse au questionnaire envoyé par le comité des secours publics, octobre 1792. Arch. Nat., 226. Les administrateurs ajoutent dans leur réponse : « Quant aux moyens d’amélioration qui forment le 7« et dernier article des renseignements demandés, nous vous observerons, Messieurs, qu’ils dépendent uniquement de la charité des personnes qui voudront bien fonder des lits, et de la protection des corps administratifs que mérite un nouvel établissement qui est du plus grand secours pour l’humanité et qui n’est à charge qu’à ses seuls administrateurs. »

Les Pères du concile de Trente désig-nent les évêques comme exécuteurs de toutes les dispositions de piété; ayant droit de visiter tous hôpitaux, collèges, communautés de laïques, celles même que l’on nomme écoles (XXI sess., cap. viii). Le synode d’Avignon (1725) consacre un chapitre aux Conservatoires (Tit. XLll, cap. vi-viii. Collée. Lacensis, op. cit.^ p. 569-570). Il veut que les recteurs de ces établissements fournissent aux évêques les documents de nature à les éclairer sur la gestion de ces asiles ; de manière à permettre d’améliorer les règlements si cela est nécessaire. « Ut, si quidin eispro temporum ratione immutandum fuerit (ubi in eis confirmandis auctoritas Apostolica non intervenerit), mutetur ac reformetur in melius. »

Ces institutions abondent Italie, les règlements prévoient tout ce qui peut contribuer à la préservation morale des enfants. L’entrée des conservatoires de filles est rigoureusement interdite aux hommes ^3.

Un asile de Pavie se trouve désigné sous le nom d’une Eglise appelée : La Colombina ; les pupilles admis sont alors considérés comme de jeunes colombes abritées sous le toit du pieux établissement. « Donde gli orfani dissero poi colombini »

Une congrégation dite, des Sommasques, se donne pour but d’ouvrir des asiles pour les orphelins, si nombreux à la suite des guerres du xvi*^ siècle

En général, un certain âge est fixé au point de vue des admissions; en dehors bien entendu de l’état d’abandon et de pauvreté. On préfère toujours les orphelins aux autres enfants présentés.

62. Piazza énumère dix-sept conservatoires existants à Rome (1679). Trat. III, de' Conservatorii de Zitelle, donne Penitenti e FanciiilU. A Naples on en compte au moins vingt-deux JT. -R. Fieschi, vol. IV).

63. «.... Non debbano permettere l’ingreso in detto conservatorio a verun’ uomo de qualsivoglia grado, e condizione egli sia, e ne anche a Religiosi, e Padre spirituali senza espressa licenzia de’ Signori governadori » {Regole... délia real Santa Casa délia S. S. Annunciata di Napoli, in-fol., inNapoli, 1739, cap. II, art. V, p. 39).

64. Or fan.. San Felice. Magenta, Ricerche... op. cil., Sezione II, p. 21.

65. Approbatio societatis tam ecclesiasticorum quam secularium personarum nuper institutæ ad erigendum hospitalia pro subventione pauperum orphanorum et mulierum convertitarum (Bul., P. Paul III, 5 jun. 1540), Ranke fait l’éloge de cette institution due au sénateur vénitien Girolamo Miani (ou Emiliani) {Hist. de la Papauté pendant les XV P et XVIP siècles., in-8, 2 vol., 1848, tome I®% 2® livre, chapitre unique, § III, p. 183-184).

<( L’ammissione delle fanciulle o giovanette nel convitto, richiede anch’ essa la fede di povertà, l’età non minore di cinque anni, non maggiore di quindici ; si preferisce sempre Vorfana 6®. >> Parmi les principaux asiles on peut citer, en dehors de la Maison de Saint-Michel, l’orphelinat des Quatre saints couronnés de Rome le conservatoire dello Spirito-Santo, Naples®^; l'ospizio delle povere Bologne ^9- Vorfanotrofio di S. Pie-

tro, Milan ^0. fospizio di S. Filippo Neri, Florence

En France ces établissements sont également nombreux. Paris nous offre l’hôpital des Enfants-Dieu (dits Enfants rouges) près du Temple, fondé en 1535 par François P** « pour y élever les pauvres enfans dont les père et mère meurent dans l’Hôtel- Dieu de la dite ville » ; il est réuni à l’administration des enfants trouvés en 1680 et supprimé l’année 1772

Sous le règne du même roi, création de l’hôpital de la Trinité rue Saint-Denis (1545); il occupe un emplacement utilisé primitivement par les confrères de la Passion pour la représentation de leurs mystères et est ouvert : « aux enfans masles des pauvres invalides, et autre enrôliez ez rolles de l’aumosne des dictes ville

66. Napoli, ospizio dei S. S. Pietro e Gennaro (T. R. Fieschi, op. ciL, vol. II,

67. Gard. Morichini, op. cit., lib. II, cap. V, p. 508. Cette fondation des S. S. quattro coronaii, due aux Sommasques, comptait 300 enfants des deux sexes à la fin du xvi® siècle. A noter encore pour la ville Éternelle : la maison de Santa Maria in Aquiro ; le conservatoire de la divine Providence ; celui de Santa Catarina delle rosa dit des Cordiers ; les asiles : de sainte Euphémie, de la très sainte Conception ou delle Viperesche ; de Tor di specchi ; de F. Pasqnale Baylon \ des saints Clément et Grescentinien, dit delle Zoccolette (Piazza; cardinal Morichini ; mon Histoire de la charité à Rome^ troisième partie, chap. viii, p. 412-426 ; et Regole per le Zitelle orfane che stanno sotto V educazione delle monache de' S. S. Quattro Coronati, in-4, Roma, 1769).

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