T. R. Fieschi, op. cit.,vo\. IV, p
69. Gapitoli, ordini..., sopra il governo délia compagnia délia Gloriosa Vergine Santa Maria del Barachano *della cità di Bologna e delle povere dongelle di detto hospicio.... in-4, in Bologna, 22 di décembre 1554 (collections de l’auteur).
70. Piano deir orfanotrofio di S. Pietro in Gessate, di Milano, in-4, in Milano,
71. Gomp., istorico dell’ origine.... dell’ospizio degli orfani di S. Filippo Neri di Firenze, in-4, in Firenze, 1808.
72. Félibien, tome II des Preuves^ p. 703. Code de l'hôp. général. Lebeuf (édition Gocheris, fftsL de Paris, tome II, p. 488) : « Les enfants doivent être vestuzet habillez de robbes et vestemens de drap rouge en signe de charité et perpétuellement nommez et appelez les enfants de Dieu ».
L’hôpital du Saint-Esprit-en-Grève, remontant au xiv® siècle, est réuni à l’hôpital général le 21 mars 1680 [Code, op. cit., p. 377-390).
de Paris et faubourg nez en loyal mariage et dont lés père et mère auront esté demourans en la dite ville et fauxbourg trois ans paravant pour le moins » (Arrêt de Parlement, juillet 1S47)
Tenon signale (p. 17), toujours en dehors des maisons de l’hôpital général : L Hôpital Notre-Dame de la Miséricorde ou
des cent filles^ rue Gensier, faubourg Saint-Marceau. Les orphelines admises doivent avoir de six à sept ans au plus, être nées à Paris, de légitime mariage, pauvres, saines d’esprit et de corps. Elles peuvent rester dans la maison jusqu’à vingt-cinq ans. L’hôpital leur accorde une dot si elles viennent à se marier ou à faire profession religieuse
2° La maison des orphelins dits de la mère de Dieu, rue du vieux Colombier, faubourg Saint-Germain'^^.
3® La filature de la paroisse Saint-Sulpice, rue des Vieilles- Tuileries, affectée à seize orphelins.
4° Les orphelines de l’Enfant Jésus et de la Mère de Pureté, Cul sac des vignes, rue des Postes, près l’Estrapade, pour quinze pupilles placés sous la direction des sœurs de Saint-Thomas-de-Villeneuve (1700).
5® L’hospice de M. Beaujon, rue du Faubourg-du-Ro ale, abritant douze orphelins et douze orphelines de la paroisse (1784)''*^.
A Marseille, la maison et hôpital des pauvres filles orphelines
73. L'institution des enfants del'hôp. de la Trinité avec la forme du gouvernement et ordonnance de leur vivre, in-4,139 p., Paris, Veuve Muguet, 1715. Félibien, tome II des Preuves, p. 731. Delamare, Traité de la Police, tome I, livre III, titre II, chap. iii, p. 470. Hurtaut et Magny, Dict. hist. de la ville de Paris, tome II, 1779, p. 242-243. Cette maison renferme alors cent garçons et trente-six filles ; sa suppression remonte à l’année 1789. Les pupilles admis portaient, en raison de leur costume, le nom d'enfants bleus.
74. « Cet asile doit son établissement à la piété et à la libéralité de M. Antoine Séguier, président du Parlement ; il acheta, en 1622, une maison où l’on admit des orphelines de père et de mère trop jeunes pour se procurer les moyens de subsistance. Les Lettres patentes consacrant cette fondation, et lui accordant des privilèges, portent les dates : de janvier 1623, d’août 1656 et avril 1672 » (Jaillot, Ttech. crit,, sur Paris, XVI® quartier, p. 24-25).
75. «: On doit considérer M. Olier, curé de Saint-Sulpice, écrit Jaillot (XIX quartier. Le Luxembourg, p. 33-35), comme le fondateur de cette maison qui a été ouverte pour les orphelins des deux sexes, le nombre des admis a quelquefois été porté à soixante. »
76. Nous ne mentionnons que pour mémoire la fondation de Nicolas Houël qui ne survit pas à son fondateur, ainsi qu’il est dit précédemment. Consulter Félibien, tome II, p. 1134, et tome III des Preuves, p. 5, plus un mémoire de Jules Guiffrey {Société de l'hist. de Paris, mémoires, tome XXV-1898, p. 179 à 270).
sert de retraite aux filles qui n’ont ni père ni mère, nées dans Marseille ou sur son territoire ; « connuës de famille de probité. » Elles sont admises depuis l’âg’e de dix ans jusqu’à seize, « et entretenues tant saines que malades. » « Cette œuvre sert d’azille à la misère de ces pauvres filles et à la séduction dont la plus grande part s’engageroit dans tous les vices. On les instruit de la religion; on les forme au travail de la couture blanche dont presque tout le produit est à leur profit afin qu’elles puissent fournir à leur habillement et se former un trousseau en cas de mariage. Enfin on veille à la conservation de leurs droits et on prend soin de leurs affaires de famille »
11 existe quelquefois des transactions entre divers hôpitaux de la même ville en vue de pourvoir plus efficacement aux besoins constatés. Ainsi à Montpellier, l’hôpital Mage est établi pour recevoir les pauvres malades, recueillir et faire élever les enfants exposés et les orphelins natifs de la ville. L’hôpital général de son côté doit renfermer les mendiants et les jeunes enfants qui, ne pouvant être entretenus par leurs parents, sont destinés à la mendicité.
Ces deux établissements, bien qu’indépendants l’un de l’autre, s’entr’aident mutuellement. L'hôpital Mage reçoit et traite les malades de l’hôpital général ; par compensation, celui-ci le décharge des jeunes enfants âgés de sept ans (Règlement de 1768)78.
Gérando, dans le t. Il de son ouvrage sur la bienfaisance publique (seconde partie, liv. P*", chap. iii, n® 2, t. II, p. 64-84), donne de nombreux et intéressants détails sur les établissements affectés en Allemagne au soulagement de l’enfance. « Dès le milieu du xvii® siècle, dit-il, les règlements relatifs à la maison des orphelins de Francfort-sur-le-Mein sont imprimés par le gouverneur de cette ville libre. Au siècle suivant Herm trace le tableau de la maison de Glaucha et des heureux fruits qu’elle porte sous les rapports religieux moraux et industriels. »
Partout on utilise les lumières de l’économie politique, les en-
77. « Rapport fait en réponse à la demande de renseignements faite par la commission des secours publics »,1792. Arch. Nat., 226.
78. Soucaille, flôp. Saint-Joseph de Montpellier, op. cit., p. 56.
geignements de la morale en faveur de ces asiles, en même temps que des appels chaleureux sont adressés aux chrétiens, aux amis de l'humanité.
Le pasteur Frank fonde tout un ensemble d’institutions destinées à sauver les pauvres enfants de la débauche et de la misère (1695). Vers la même époque le roi de Prusse Guillaume crée l’hospice des orphelins de Lindow, réuni plus tard à celui de Berlin (1726). Une autre maison y est jointe et reçoit les orphelins de la bourgeoisie.
Les établissements similaires du duché de Nassau doivent leur origine à la princesse Henriette Dorothée ; elle organise en 1721 l’Institut de Wiesbaden, aimant à déclarer : « que le devoir de la mère d’un prince est de servir de mère aux orphelins » (Gérando, op. cit.^ p. 75).
A Dresde, les habitants lassés de voir les enfants vagabonder à travers les rues, élèvent d’abord une maison de travail et de correction puis la relient à une manufacture de laine (1685). Les premiers pupilles recueillis sont au nombre de 13 (10 garçons et 3 fdles).
On leur donne un maître d’école les instruisant dans la crainte de Dieu et leur apprenant la lecture et l’écriture. L’asile s’agrandit et peut admettre jusqu’à 50 enfants. Cet accroissement du nombre des administrés amène une division entre les véritables orphelins pauvres et les vagabonds détenus. Le voisinage de ces derniers reste toujours néanmoins un danger pour les autres
En résumé l’histôire de ces institutions allemandes semble, selon de Gérando [op. cit.^ p. 78), comprendre trois périodes distinctes avant 1815. La première — xvii® siècle — les voit naître. La deuxième, de 1700 à 1780 les voit se multiplier de toutes parts.
79. « Plus tard, écrit le même auteur, p. 65, des publications intéressantes font connaître les asiles de Torgan, Prague, Géra, Weyman, Wurtzbaüg, Nuremberg, Berlin, Postdam, etc. «Marie-Thérèse s’intéresse aux orphelins, aux asiles ouverts en leur faveur, notamment à celui créé en 1742 par l’Écolâtre du chapitre Saint- Étienne de Vienne. Le premier directeur de cet établissement est un Père Jésuite Ignace Parhamer. En Pologne la reine Marie, veuve de Ladislas IV, fonde près Varsovie une maison pour les enfants pauvres et la dote généreusement.
80. Bôhmert, op. ciL, Das Armenwesen derStadt Dresden, § 7, sept. 1887, p. 50- 51. A Leipzig, même confusion dans l’hôpital Saint-Georges entre l’orphelinat et la maison de correction. Bôhmert, op. cit.. p. 103.
La troisième, qui commence vers 1780, est marquée par une étude plus approfondie des directions qu’il convient de leur donner ; on discute sur le choix des meilleures méthodes à adopter pour obtenir des résultats satisfaisants .
Plusieurs villes helvétiques ont aussi d^s asiles où les enfants délaissés se trouvent élevés avec soin ; la plupart de ces créations sont dues à des particuliers.
A Londres le Ghrist’s Hospital est destiné à l’éducation et à l’entretien des orphelins des deux sexes nés de citoyens jouissant de leurs droits de boürgeoisie. Du temps d’Edouard VI le chiffre des orphelins admis dépasse déjà 340. Charles II fonde dans cet asile une école de mathématiques pour former des élèves en vue des divers services maritimes. Ces étudiants atteignent le nombre de 80 à la fin du xviii® siècle. Les jeunes filles apprennent à lire et à coudre.
Un auteur écrit, en 1788 [Londres et ses environs^ op. cit., t. p. 247) : « Cet établissement est magnifique, non seulement par la nature, mais par l’étendue de son utilité. ..Les élèves sont tous supposés apprentis, vêtus de longues robes bleues, de bas jaunes, ils ont des bonnets au lieu de chapeaux. Lorsque le temps de leur apprentissage est expiré, on tâche de les placer et on leur donne dix livrés sterling
« Il sort de cet asile une multitude d’excellents sujets dont la plupart font honneur à la marine du Roi... 11 est touchant de voir ces jeunes gens, avec leur apparence d’enfant de charité, se comporter avec une décence rare dans les collèges les plus distingués. » (Voir aussi Higmore, op. cit., p. 56-71.)
Uneautre maison, l’As^Zum, a pour but de soustraire les jeunes filles aux périls de la séduction ; fondé en 1758 au moyen de souscriptions particulières, V Asylum abrite des jeunes filles abandonnées par leurs parents et âgées de moins de douze ans ; elles sont bien tenues, dit le guide de Londres [op. cit., tome I, p. 250).
81. « Their dress is the sameas that used in the time of Edward VI ; a blue cloth coat, or tunic reaching tothe feet, with yellow breeches and stockings, and a round bonnet, or cap, too ‘smallto covert the head, and istherefore most gcnerally taken in their hand. » (Higmore, op. ciL, p. 60).
Quant aux Pays-Bas ils possèdent également de nombreux refuges destinés à l’enfance... A la Haye existent deux orphelinats : celui de la Diaconie et l’établissement civil. Pour entrer dans le premier l’enfant doit être pauvre et privé de l’un au moins de ses parents.
L’établissement civil remonte à l’année 1564, il a pour fondateur Grépin Van Boshuizen, intendant général de Hollande, et son épouse Agnès Pieters. On n’y admet que les enfants des citoyens de la ville, âgés de plus de trois ans. Garçons et filles portent des habits de même couleur avec les lettres G et A brodées sur la manche gauche en souvenir des premiers bienfaiteurs
Grâce à des dons importants de Maria Duyst Van Voorhout, morte en 1749, les orphelins les plus intelligents sont appliqués aux arts et aux sciences. L’année 1756, on construit pour eux, à côté de l’orphelinat proprement dit, un bâtiment destiné à onze enfants susceptibles de recevoir une éducation libérale ; il en sort depuis ce temps des médecins, des ingénieurs, des architectes, etc.
A Rotterdam l’orphelinat civil des Réformés se confond, quant aux origines, avec les anciennes maisons recevant les orphelins dés bourgeois (xvi® siècle) . Un impôt sur la pêche des harengs est établi à son profit et les bâtiments tombant de vétusté sont réédifiés (1579)
En 1597, le Gonseil de ville d'Utrecht affecte à rhôpital Sainte-Elisabeth (fondé l’année 1491) les revenus et les propriétés du couvent des chanoines réguliers. Get hôpital ne tarde pas à devenir un vaste orphelinat administré par une confrérie de trois régents remontant à l’an 1561. Plus tard ces régents sont assistés par un collège de Régentes (1607). De nombreux legs et dons enrichissent l’asilè ; les orphelins admis doivent être légitimes, baptisés selon le rite de l’Eglise réformée. 11 faut qu’un
82. On n’accepte pas les enfants malpropres durant la nuit ; ceux qui souffrent de quelque infirmité, d’une maladie contagieuse, d’épilepsie ou autre affection incurable (Ph. Falkenburg, ’S Gravenhage, op.cit., p. 27-28).
83. Les États de Hollande attribuent à cette institution des rentes provenant de messes que l’Église paroissiale possédait avant la réforme (Ph. Falkenburg, Rotterdam, op. cit.,p. 226).
des parents, au moins, appartienne à ladite Eglise. Les enfants pauvres reçoivent l’éducation qui répond le mieux aux dispositions de chacun. On leur enseigne différents métiers ; font-ils montre des dispositions requises, ils se trouvent dirigés vers les écoles spéciales (H. Smissaert, op. cit.^ Utrecht^ fasc. Il, p. 152- 153).
A Groningen un asile admet des vieillards et des jeunes gens dont les parents font profession de la foi chrétienne évangélique, d’après la formule d’Augsbourg. En 1783, un hospice-orphelinat sert à cette double assistance pour les catholiques (Van Zanten, Groningen, op. cit., p. 122-128).
Des règlements publiés à Amsterdam nous mettent à même de suivre le développement d’une institution ayant un quadruple but, comme l'Hospice Apostolique Saint-Michel de Rome.
Nous ne faisons que résumer ce récit d’une charmante simplicité .
Les conducteurs de LEglise Wallonne décident, avec l’approbation du Vénérable Magistrat, d’établir une maison destinée aux pauvres orphelins Wallons. Ils choisissent une maison dite Laurier-siraat elle est achetée et accommodée avec des
dons et legs faits par de vieux membres de l’Eglise. L’inauguration comporte, dans le nombre des cérémonies, un prêche public.
La première séance s’y tient le 21 mai de ladite année, leyour de l’Ascension ; sont présents deux anciens ou deux diacres, en qualité de Régents, élus par le double Consistoire.
Cette maison progresse [grâce au gain des enfants augmenté des collectes faites parmi tous les membres. I/immeuble devient trop petit, il est vendu et remplacé par un vaste domaine. Le Vénérable Magistrat donne gratuitement le terrain sur le Vysels- Graft. La première pierre de l’édifice est posée le 29 octobre 1669. Le 22 avril 1671 les orphelins quittent la maison du Laurier straat, se rendent à l’église, et une fois consacrés à Dieu, viennent prendre possession de leur nouvelle demeure.
84. Ordres et règlement de la maison des orphelins, des vieillards et des vieilles femmes de l’Église Wallonne d’Amsterdam, avec des prières à l’usage de cette maison, in-4, VIII, 92 p. (7 feuilles contenant les noms des Régents depuis le mois de mai 1631). Il s’agit ici de Calvinistes.
En 1690 on compte 42 garçons et 42 filles, puis une ailes’élève, ce qui permet d’entretenir 32 vieilles femmes.
« Gela ne suffit pas encore ; le 5 mai 1726 les Régents présentent au double Consistoire un projet de joindre l’aile de la maison, du côté du Prince-Graft, au corps de logis et de disposer ce bâtiment et le premier magasin au-dessus de la Boulangerie,, pour y loger 26, et, en cas de besoin, jusqu’à 32 vieillards successivement, pour le soulagement de laDiaconie. »
Ce plan se réalise en Tespacede six mois, « les vieillards entrent dans leur appartement après leur consécration à l’Église Wallonne par un sermon sur : 2, Cor. IX, 14 prononcé par M. Boddens^ fils, à la grande édification d’une assemblée fort nombreuse. » Tel est l’abrégé du simple récit des humbles débuts et de l’accroissement de cette belle œuvre des calvinistes.
Ces asiles sont, on le voit, créés en général au moyen de sacrifices particuliers des différentes églises ; ils empruntent à cette origine leur caractère nettement confessionnel .
§ 5. — Des maisons ouvertes au repentir.
Il existe à toutes les époques de malheureuses filles entraînéesau mal, mais qui désirent ardemment sortir de leur triste condition, revenir à une vie d’honnêteté et de travail. Encore faut-il qu’au moment voulu une main secourable se tende vers elles et les aide à remonter le courant qui les entraîne.
La charité chrétienne ne manque pas ici encore à son devoir et des maisons s’ouvrent afin d’abriter ces infortunées victimes.
Des Lettres patentes de Louis XIV (avril 1665) portent établissement d’un quartier de l’hôpital de la Pitié : « pour l’enfermement des filles et femmes débauchées, envoyées par l’autorité soit du Prévost de Paris et gens tenans le siège présidial au Ghastelet, ou gens tenans la Cour de Parlement... Lesdictes femmes et filles estant employées aux ouvrages convenables à leur con- |
85. Résume de ce chapitre IX: Donner librement et avec joie. Qui sème peu | moissonnera peu. Dieu glorifié dans les aumônes par ceux qui donnent et par ceux I qui reçoivent. f
dition... Lequel lieu doit être appelé la maison de refuge » (Félibien, t. III des Preuves^ p. 201-202).
D’autres femmes incorrigibles sont, à la même époque, renfermées à la Salpêtrière (Lettres pat., avril 1684). Il existe encore à Paris les filles de la Magdeleine (Delamarre, op. cit.^ t. I, p. 530-531).
Tout ceci est insuffisant pour ramener au bien une foule de filles séduites . C’est alors que se fondent les asiles du Bon Pasteur dont il est parlé dans l’introduction de cet ouvrage .
M™® de Miramion décide également d’ouvrir un refuge où les femmes tombées et repentantes puissent se relever sous l’influence de la douceur, d’une indulgence éclairée. Elle loue un immeuble au faubourg Saint-Antoine. Plusieurs de ces personnes ainsi recueillies témoignent d'un repentir sincère et durable ; la généreuse bienfaitrice leur fournit alors les moyens de s’établir honnêtement
En 1 769 il existe à Paris divers établissements de cette nature : Sainte-Pélagie^ faubourg Saint-Marceau ; le Bon Pasteur, rue du Cherche-Midi ; Sainte-V alère , faubourg Saint-Germain (1688) ; le Sauveur, quartier du Temple (1699).
Les règles observées à Sainte- Valère s'appliquent à l’ensemble de ces institutions. « Le premier soin qu’on a, dit l’auteur du tableau de l'humanité [op. cit., p. 190), pour les filles qui entrent dans l’asile, est de les instruire de leur Religion dont certaines ignorent quelquefois les premiers élémens, de leur inspirer le goût de la piété... de les exhorter à expier leur faute par une vie pénitente... Une seconde attention c’est de leur apprendre à travailler, et à se rendre capables d’être utiles à la maison dans laquelle elles trouvent leur subsistance jusqu’à la fin de leur vie si elles veulent y rester, et tous les secours charitables en cas de maladies quelque longues qu’elles puissent être. . .
« On ne retient d’ailleurs personné de force, de même que les sujets admis entrent de bonne volonté »
86. A. Bonneau, de Beauharnais de Miramion, sa vie et ses œuvres charitables, in-8, 1868, chap. viii, § 3, p. 165-166.
87. « Mais avant que de leur donner la liberté de se retirer on leur fait toutes les
A Marseille les historiens notent, dès le xiv® siècle, des vestiges d’asiles en faveur des repenties ; c’est seulement au milieu du XVII® siècle que cette pensée prend une forme définitive. A la suite d’une peste terrible, les Echevins « fondent une maison de refuge pour les pécheresses » et votent un premier fonds de 9000 livres. Le local choisi est presque contigu à la Collégiale de Notre-Dame des Accoules, l’asile prend le nom de ; Maison des filles repenties sous le titre de Sainte-Madeleine . Trois femmes de conduite irréprochable sont placées à la tête de l’établissement sous la surveillance et direction des Echevins
Plus tard arrivent les sœurs du Bon-Pasteur d’Aix. Ce refuge se trouve complété par une maison de force, dite de Saint-Joseph, affectée aux créatures indisciplinées et incorrigibles (1640).
Des âmes généreuses, notamment M"'® la Baronne de Trets (qui donne 18,000 livres en 1685), concourent au développement de l’asile ; il décroît ensuite, et ne se relève qu’après la peste de 1720, grâce à de nouveaux règlements, fort sages, donnés par Mgr de Belzunce (1748)^^.
En Italie le Père Labat, dans ses voyages, constate le soin apporté à l’amendement des femmes débauchées de Florence.
Des prédicateurs « leur font, dit-il, des discours pathétiques pour les porter à la pénitence, et à quitter leur mauvaise vie. Le jeudy-saint est le plus célèbre de ces jours. On les oblige à se trouver dans une Eglise qui leur est marquée, et le Prédicateur, après leur avoir fait une exhortation des plus touchantes, leur présente à toutes, les unes après les autres, un Crucifix. Celles qui le prennent déclarent par là qu’elles sont prêtes à changer
représentations que la charité et la Religion suggèrent en cette occasion, et on a soin de prendre gai’de si leur dégoût n’estpas l’eflét delà légèreté, ou del’amour de la liberté mal entendue, et on leur en représente le danger. Si les remontrances sont inutiles, on les remet entre les mains des personnes qui leur ont procuré cet asile, ou qui ont quelquedroit sur elles ; mais il faut observer ici que quand une fois elles sont sorties de la maison, elles n'y peuvent plus rentrer » [op. cit., p. 188- 189).
88. Les Évêques de Marseille encouragent cette institution et Mgr de Puget dresse les règles et constitutions pour les filles repenties de Sainte-Madeleine de la ville de Marseille (1658).
89. Abbé Payan d’Augery, Le refuge des filles repenties^ not. hist.^ 2« édition, in-8, 71 p. Marseille, 1900.
de vie, et aussitôt on les conduit dans un couvent destiné à recevoir ces sortes de pénitentes, où elles sont entretenuës le reste de leurs jours, et d’où elles ne sortent que quand il se trouve occasion de les marier honnêtement, et pour lors on leur donne une somme pour leur tenir lieu de dot »
A Naples, lors delà grande éruption du Vésuve, en 1794, quelques filles de mauvaise vie, frappées de terreur et rentrant en ellesmêmes, se jettent, dans l’église Saint-Bernard et Marguerite, aux pieds d’une représentation de VEcce Homo^ et font vœu de revenir à une meilleure existence.
Le Recteur de cette paroisse encourage ces bonnes dispositions et avec de pieux concours, leur trouve un asile qui prend le nom de: Retira delV Ecce Homo di Porto^^ .
A Palerme, l’archevêque. Francesco Ferdinando Sanseverino, ému des scandales qu’il constate et reconnaissant que le manque de ressources et d’abri maintient un nombre considérable dé femmes dans une vie de désordres, leur offre un refuge en agrandissant la Casa d'istruzione ed emenda^ existant depuis plusieurs années (1784).
Plusieurs de ces malheureuses, voyant en cette pieuse demeure d’anciennes compagnes, abandonnent leur abominable métier et demandent elles aussi à être admises. L’œuvre ne survit pas malheureusement à son fondateur, mort en 1793
De son côté Londres nous offre une maison affectée aux mêmes institutions charitables et sociales, c’est le Macjdalen Hospital, créé en 1758 : for the réception, maintenance and employment, and with a view to reclaim penitent prostitutes. . . et incorporé onze ans après .
Cet asile peut alors abriter environ 80 pénitentes par an.
90. Voyaffes du P. Labat de l'ordre des Frères Prescheurs en Espagne et en Italie, t. II, 1730, p. 229. Filles pénitentes à Naples, meme ouî^ragre, t. V, p. 352-
91. T. R, Fieschi, op. cit., t. IV, p. 179. Voir aussi : RiïiVo di S. Gaetano ; Ritiro di S.Raffaele a Mater Dei ; Ritiro diS. Antoniello alla vicaria,etc.
92. Lui^i Sampolo, Sugli istituti di entend a délia città di Palermo , dal secolo XVI al XIX, in-8, 59 p. Palermo, 1874. A noter également à Palerme, d’après le même ouvrage :I1 monasterio delle repentite, o di S. Maria délia grazia (1543). Casa e conservatorio delle donne reparate (1624). Altro refugio (1635\ Ritiro delle donne peccatrici... (1685), etc.
4o6 HISTOIRE DE LA CHARITÉ.