L ADMISSION DES MALADES ET DES PAUVRES
fession est une pratique habituelle H nV a là aucune tentative de prosélytisme ; se sont des personnes parlant la même langue, ayant la même foi, plus ou moins vive, qui s’entretiennent de leurs intérêts spirituels
(( Il nous paraît intéressant, écrit Brièle, de savoir comment les administrateurs de T Hôtel-Dieu entendent le principe de la liberté de conscience, et, pour cela nous avons recherché dans les registres des délibérations tout ce qui se rapporte à la conversion des malades. Il résulte pour nous de cette étude que, si les anciens administrateurs, imbus des idées de leur temps, ne pratiquent pas la tolérance comme on l’entend de nos jours, du moins ils recommandent au personnel nombreux placé sous leurs ordres de s’abstenir de toute tentative de prosélytisme »
16. Il convient d’insister sur ce point, les malades qui entrent sont en général des catholiques. Sont-ils pratiquants, la confession qu’on leur demande répond à leurs désirs et est conforme à leurs habitudes. Ont-ils abandonné l'usage des sacrements, ils ne peuvent regarder cet abandon que comme une déchéance ; se confesser est pour eux un retour à un état de conscience meilleur, un recouvrement de santé morale. Livrés à eux-mêmes, ils n’auraient peut-être pas eu le courage de revenir aux habitudes de leur vie antérieure, les avertissements qui leur sont donnés fournissent l’occasion de les ramener au bien. Dans ces conditions où est l’abus et la violence ? Ceux qui argumentent sur l’intolérance de ces temps lointains oublient trop souvent que le pauvre, libre penseur de conviction, est rare dans la France même du xviii® siècle. Les règles des hôpitaux ne peuvent statuer que sur les cas habituels. Un poème médical du moyen âge contient une remarque qui ne manque pas de justesse : « L’âme est plus digne que le corps, ainsi son salut est préférable, qu’on avertisse le patient de chercher le salut de l’âme... Si on attend pour l'avertir que le médecin ait examiné les signes ordinaires^ le malade concevra des craintes ; s’imaginant que le médecin désespère il désespérera et le désespoir aggraverale mal... » (D'' Roger, Afédecms, chirurgiens et barbiers., in-8, 1894, p. 18.)
17. Il y a cependant dans cette pratique des mesures à observer, surtout à l’époque ou le protestantisme est venu diviser les citoyens d’un même Pays. Voici ce que nous lisons à ce sujet dans la vie de Saint Vincent de Paul : « ces
dames de charité eurent toute liberté de parcourir les salles de l’Hôtel-Dieu
Elles commencèrent par bannir quelques abus considérables... 11 était d’usage de faire confesser ceux qui y étoient admis, au moment qu’ils y entroient. Ces confessions faites àlahâte par des personnes qui n’étoient ni préparées, ni instruites, ne pouvoient être que très mauvaises. Assez souvent même elles étoient encore sacrilèges par un autre endroit. Il se trouvoit des hommes qui, quoique nourris dans l’hérésie, se confessoient eomme les autres, dans la crainte de n’être pas reçus ou d’être mal traités, .. La suppression de ces désordres fut le premier effet du zèle de la nouvelle Assemblée. Les dames, qui visitoient les malades s'appliquèrent â les instruire, â leur apprendre la manière de bien examiner leurs consciences, à faire naître dans leurs cœurs, avec le secours de la grâce, ces sentimens de douleur et d'humiliation que Dieu n’a jamais rebutés. Tout cela se faisoit dans la plus parfaite simplicité des Enfans de Dieu, comme le saint Prêtre l’a voit très expressément recommandé. . . » (Collet, La vie de Saint Vincent de Pau/, op. et/., t. P", livr. III, p. 236 (Année 1634).
18. Après cette constatation d’un fait certain, l’Archiviste de l’Assistance