Brièle, Collect. de docum., op. cit., t. II, p
2. En 1679 les administrateurs se plaignent qu’il y a alors neuf enfants couchés
« Qu’on se représente, écrit Ghamousset, une salle où l’on rassemble des malades de toute espèce . .. les mourans et les convalescens accumulés dans un même lieu, les vivans à côté des morts, l’air infecté des exhalaisons qui sortent de cette multitude de corps mal-sains et portant avec elles le germe de maladies, envenimant les maux dont on cherche la guérison »
Les variolés possèdent bien une salle à part, mais on les rassemble jusqu’à quatre et six dans le même lit (Tenon, p. xxiii). Pour arriver à caser ces infortunés, il faut les placer trois à la tête et trois du côté opposé, de sorte que les pieds des uns atteignent la hauteur des épaules de leurs compagnons de misère (Tenon, p. 163).
Dans la salle des accouchées « la tendresse maternelle en porte quelques-unes à passer une partie de la nuit sur le banc qui joint le lit afin d’éviter les froissemens et les pressions qui peuvent nuire à leurs bébés » (Tenon, p. 237).
Notons que la majeure partie des administrés est cantonnée dans les bâtiments qui longent la rue de la Bucherie « de façon que 2.627 malades se trouvent logés sur un emplacement d’environ 970 toises de superficie » (Tenon, p. 138)
Les mémoires publiés après l’incendie de 1772 soulèvent l’opinion publique. La poésie s’en mêle. Théveneau écrit quelques vers sur la construction des hôpitaux^ et ne manque pas de parler des lits recevant plusieurs personnes :
Ciel ! que vois-je ! ma main sent frémir son pinceau !
Tous les maux, les douleurs, les supplices ensemble
ensemble (Husson, sur ies àôp., op. cit., p. 124 en note) « Quand aulcun
mallade sera à l’agonie que les Religieuses l’assistent et ostent ceulx qui sont couchez en mesme lict et les mectent en d’aultres lictz. >>
3. Ghamousset, OEavres complètes, t, I", 1787, p. 135 et suivantes. On trouve tous ces détails horribles dans Tenon et Larochefoucauld, ouvrage et rapports cités. Voir aussi le rapport de l’Académie de médecine du 22 novembre 1786, il y est noté (p. 27) « que la salle Saint-Paul renfermant 88 grands lits et 33 petits, peut se passer de poelesen hiver, la chaleur des malades qui y sont entassés suffit! » Ces grands lits, d'après Tenon (p. 7), « ont six pieds de haut et six piedsde long, quatre pieds quatre pouces de large. »
4. « La position des lits, ajoute cet auteur, p. 156, n’est assujettie à aucunes règles ; en effet, tantôt les petits sont entremêlés avec les grands, tantôt ils en sont séparés. Là, le chevet répond aux murs latéraux ; ici, les lits sont situés de côté sur la longueur des salles, et le pied des uns joint le chevet des autres ; dans certaines files, les uns sont en long et les autres en travers. »
Sur quatre infortunés ce lit seul les rassemble :
L’un fait gémir les airs de ses longs hurlemens,
Interprètes affreux de ses affreux tourmens :
L’autre dans les efforts d’une horrible agonie,
Dispute, mais en vain, les restes de sa vie ;
Celui-ci. . . Dieu î fuyons : mon œil épouvanté Se refuse à l’aspect de ce lit infecté,
De ce lit, triste autel érigé par le crime,
Où la victime même immole la victime,
Où le pauvre, épuisant tout le courroux du sort.
Ne respire, ne voit et n’entend que la mort !
(Gapelle, Nouv. encyc. poétique^ 3® volume, poëmes philosophiques, in-12, Paris, 1819).
Le Roi s’émeut de cette situation, et par un édit du 17 août 1777, nomme une commission chargée d’y apporter remède. Les Lettres patentes du 22 avril 1781 veulent qu’à l’avenir les malades soient couchés seuls.
En attendant la réalisation de cette mesure, on fait séparer certains lits par une cloison intérieure de manière à isoler au moins les patients Les femmes, une fois accouchées, ont leur lit distinct et le conservent jusqu’à la sortie de l’hôpital®.
Louis XVI se préoccupe également des hôpitaux militaires et le règlement général du 2 mai 1781 renferme des dispositions impératives à ce sujet
Pendant des siècles le mode d’assistance à FHôtel-Dieu, en
5. « Le nombre des lits neufs que le Roy a fait faire pour être placés à l’Hôtel- Dieu est de 850, savoir 650 de 3 pieds à une seule place, et 200 de 5 pieds deux pouces pour coucher deux malades, avec une cloison en planches au milieu... » (année 1787, Brièle, Collect.de docum.., op. ciL, II, p. 173).
L’amélioration est lente faute d’espace. L’inspecteur Colombier s’emploie à seconder les intentions royales (Brièle, op. cit., p. 93). C’est seulement sous le Consulat que l’architecte Clavareau peut réaliser cette amélioration si désirable. Voir aussi, Tuetey, L'ass. pub., op. cil., t. I*% n. 42, p. 108-109, t. III, n. 8, p. 24.
6. Brièle, Collect. de docum., op. cit.,t. II, p. 225 (année 1788).
7. « Il ne sera plus permis, excepté dans les cas de foule, de coucher deux malades dans le meme lit; et si l’on y étoit forcé par l’affluence des malades, le doublement devra se faire par les malades qui pourroient être couchés deux à deux avec le moins d'inconvénients. Dans tous les cas les blessés et notamment les blessés de grandes blessures seront toujours couchés seuls, et même en temps de guerre, sur des fournitures entières, autant qu’il sera possible (litre IV, art. 6).
Un règlement porte établissement d'un directeur d’administration et d’un conseil de santé pour les hôpitaux militaires (18 mai 1788) (Isambert, XX’VIIL p. 569).
ce qui concerne le coucher^ est donc déplorable^. Toutefois ces faits sont assez pénibles par eux-mêmes sans que l’on éprouve le besoin de créer encore des légendes, telles que celle qui représente de pauvres patients juchés fréquemmenî sur le ciel des lits^.
Tenon et Larochefoucauld nous donnent également de tristes détails sur l’encombrement des deux grands asiles de Bicêtre et de la Salpêtrière, relevant de l’Hôpital général.
On entasse dans les bâtiments de la première de ces maisons : (( Pauvres hommes, jeunes et vieux, valides ou invalides et malades, fous furieux, imbéciles, épileptiques, paralytiques, aveugles, écrouelleux, incurables de toute espèce, hommes enfin et femmes soumis aux grands remèdes. Il y a de plus des prisonniers » (Tenon, op. cit.^ p. 88)
Aucune infirmerie sérieuse ; il faut transporter à THôtel-Dieu des misérables qui meurent souvent en route.
Larochefoucauld [Rapp. cité,, p. 45) parle « d’enfans scrophuleux, dartreüx, taigneux, imbécilles, confondus dans les mêmes salles, et trois de ces infortunés couchant ensemble en deux petits lits »
8. « Lors des derniers troubles l’Hôtel-Dieu se trouvoit chargé d’une si grande quantité de pauvres gens qu’ils estoient six à huict en chacun lit, et que l’on fut contraint non seulement d’en mettre et remplir le dessus et fonds desdits lits, mais encore de les mettre sur des paillasses à terre... » (Brièle, collect. de docum. op, cit., t. 1"® partie, p. 143, année 1660).
9. Il n’est pas inutile de reproduire la note qui se trouve dans l’ouvrage de Husson, Étud. sur les hôp., p. 76 « On a beaucoup parlé des lits à deux étages ou superposés dans lesquels on aurait eu l’habitude de coucher, à l’Hôtel-Dieu de Paris, jusqu'à 8 et 12 malades. Rien dans les archives hospitalières ne justifie, ne motive même une pareille assertion... Que dans des instants d’encombrement extraordinaire, on ait placé quelques malades jusque sur l’impériale du lit... le fait n’aurait rien de bien surprenant ; mais ce n’a jamais été là'qu’un expédient du moment et il n’a pu se produire, si toutefois il s’est produit, qu’à partir du XVII® siècle, car, auparavant, les lits de l’Hôtel-Dieu étaient dépourvus de ciels... »
10. « Cette maison est à la fois Hospice, Hôtel-Dieu, Pensionnat, Hôpital, Maison de force et de correction » (Larochefoucauld, Rapp. cité., p. 38).
11. Les enfants couchent cependant .seuls en général, ainsi que les paralytiques, épileptiques, gâteux ou idiots :
Lits seuls et brancards. 1.703
Lits à deux à cloison et sans cloisons. 441
Lits à quatre. 114
{Bép. aux questions de M. de Jussieu, 1790 ; Tuetey, Ass. piih., op. cit., I, p. 243).
On s’explique les sombres tableaux tracés par les voyageurs, les pamphlétaires, les faiseurs de projets
A la Salpêtrière, les Administrateurs constatent, en 1754, « que le nombre des pauvres est tellement augmenté, que cette Maison, où à peine 3 à 4.000 pauvres peuvent loger, en contient plus de 7.500 de tous âges, de toute espèce et de tous pays. Ils couchent quatre à cinq dans le même lit. La maison de force en renferme plus de 800. Le scorbut et les autres maladies contagieuses y régnent et exposent Lhopital, comme la ville de Paris même, aux plus grands dangers de contagion
Larochefoucauld [Rapp. cité^ p. 72-74) s’exprime ainsi : « La classe des bons pauvres est la plus considérable de la maison. Quelques genres de maladies sont séparés ; mais si on excepte un petit nombre de grandes divisions, tous les âges, toutes les infirmités sont confusément mêlés dans ce chaos de misères.
(( Une salle contient uniquement des aveugles ; elles couchent deux. Les femmes qui, pour la plupart viennent de l’Hôtel-Dieu, sont censées incurables, on ne tente aucune opération qui puisse les guérir. Les paralytiques couchent seules dans deux dortoirs ; les autres n’offrent plus qu’un mélange dégoûtant d’infirmités de tous genres, et une malpropreté qui soulève le cœur... Dans quelques dortoirs, les femmes couchent quatre et quelquefois cinq dans le même lit. »
Cet auteur ajoute (p. 85) : « L’aspect de Bicêtre est plus horrible, celui de la Salpêtrière plus dégoûtant. »
Cette situation lamentable des trois grands établissements parisiens est indéniable. Elle tient à ce que les administrateurs
12. Howard, État des prisons, op. cit., tome I, p. 375 à 379 ; Mirabeau, Observations d'un voyageur anglois sur la maison de force appelée Bicêtre, 2 vol. in-8; Ducros (chirurgien de l’établissement), Bicêtre ou le tombeau de l'humanité, in-8, 8 p., 1890, p. 2. « Plus de trois cens misérables gisent dans quelques salles, dont les murs vomissent un air pestiféré ; l’on ne peut sans horreur pénétrer dans celle qu’ils nomment la sous-pente. Cet épouvantable séjour contient onze lits, n’en formant qu’un seul par le rapprochement ; près de soixante et dix malheureuses, attaquées de la galle et rongées par la vérole, y déposent leurs infirmités... » Voir aussi : Louis-Michel Musquinet de la Pagne, Bicêtre réformé. Établissement d'une maison de discipline, in-8. Paris, 1784, 31 p.
13. Mémoire des administrateurs. Brièle, Coll, de documents, op. cit., tome I, 2® fascicule, p. 379. Tenon parle déplus de 8.000 administrés entassés par moments dans cet asile {Op. cit., p. 85).
ne savent pas éviter rencombrement et acceptent des individusvenant de toutes les provinces, on peut dire de tous les pays ; ils sont débordés.
Comme conséquence, ces établissements, fort en vue, dont il est constamment parlé, forment un type gravé dans l’esprit desfoules et que l’on ne manque point d’étendre à l’ensemble des asiles hospitaliers.
Pour une quantité de personnes, les hôpitaux de cette période de l’histoire sont, sans exception, de petits Bicêtres et de petits- Hôtels-Dieu renfermant les mêmes horreurs que ces refuges parisiens.
Rien n’est plus inexact. Sans quitter Paris, Tenon et Larochefoucauld nous fournissent une’ longue liste de maisons où lesadministrés couchent seuls.
A l’hôpital de la Charité « on compte au moment, où écrit Tenon (p. 3), deux cent huit petits lits chacun pour une personne. »
L’asile des convalescents de la rue du Bac a vingt-deux petits^ lits, plus des chambres réservées aux pensionnaires.
A Charenton il en est de même. Ces établissements relèvent des Frères Saint-Jean-de-Dieu
L’hôjDital militaire des Gardes françaises ; celui des Protestants, rue de Sèvres ont respectivement, deux cent soixantequatre, et huit, petits lits.
Ces six établissements ne reçoivent que des hommes ; ilspeuvent, selon la remarque de Tenon (p. 5), abriter six cent douze malades couchés séparément
En ce qui concerne les Maisons affectées exclusivement aux
14. Cette maison de Charenton reçoit les individus atteints d’aliénation mentale ; « ils sont soignés et surveillés par les Religieuses ; chacun de ces infortunés est gardé dans une chambre à part » (Larochefou'cauld, Bapp. cité, p. 37),
15. Petit hôpital près l’hôpital delà paroisse Saint-Sulpice, sous la protection» de l’Ambassade de Suède, « Établi originairement par les compagnons selliersallemands et protestans ; entretenu par des étrangers qui souscrivent, en état de santé, à raison de douze sols par mois. Il faut, à moins qu’on ne soit arrivant, avoir paj é deux mois d’avance pour avoir droit d’y être admis. On y est défrayé detout, Les vénériens et galeux n’y sont pas reçus... » (Tenon, op. cil., p. 48).
16. Tenon ajoute : « Bientôt il s’en ouvrira un septième pour la Garde de Paris. L’Ordre en a été donné par le Roi en 1786, sur le rapport fait par M. lebaron de Breteüil . »
femmes, nous pouvons compter les quatre hôpitaux des religieuses hospitalières (rue Mouffetard ; près la place royale ; rue de la Roquette ; à Saint-Mandé), c’est un total de cent un petits lits.
L’hospice du collège de chirurgie est ouvert aux deux sexes, vingt-deux petits lits.
L’établissement de la paroisse Saint-Sulpice et de celle du Gros-Caillou, réorganisé par M'"® Necker, offre aux malades cent vingt petits lits. « Les administrés sont couchés séparément et tout cè qui est nécessaire leur est fourni avec soin, promptitude et propreté » (Larochefoucauld, Rapp. cité, p. 39).
Mentionnons encore Tasile de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, vingt-six petits lits. L’hôpital Saint-Merry offre huit petits lits hommes, six petits lits femmes Celui de Saint-André-des-Arcs (rue Poitevin) dispose de six petits lits.
Dans tous ces asiles, observe Tenon (p. 7), on ne trouve aucun de ces grands lits en usage à TPIôtel-Dieu.
Aux Incurables, 426 personnes des deux sexes sont couchées seules.
Les Petites Maisons abritent des gens âgés logés en chambres, on leur fournit seulement quelques prestations en nature ; s’ils tombent malades, des infirmeries renfermant cent cinquante petits lits leur sont réservées.
Nous ne parlons pas des Orphelinats, des Maisons de retraite. Ces derniers asiles se composent le plus souvent de chambres particulières .
Il ne faut pas craindre de répéter à chaque ligne ces mots : PETITS LITS, afin d’entraîner la conviction du lecteur habitué à lire partout qu’à Paris, avant 1789, les malades couchent quatre ou six dans un même lit. La vérité est tout autre ; pénétronsnous de cette idée qu’en dehors des Asiles de nuit, où l’on admet les passants qui y trouvent un lit de camp grossier et un peu de paille, les Administrateurs ne considèrent nullement comme leur idéal les grands lits ; ils se plaignent de cette situation ;
17. « Chaque malade, dit Larochefoucauld {Suite des rapp. cités, p. 47), est couché séparément, et il nous a paru qu’il seroit difficile de rien ajouter à la bonté du. traitement que l’on reçoit dans cette infirmerie. »
c’est pour eux un mal véritable, tout en ne se croyant pas en mesure de lutter contre l’envahissement excessif de certains asiles.
En prévision de cette extrémité fâcheuse, des règlements prennent mille précautions afin d’en atténuer les effets :
« Lacoucheuse, dit la Règle de Tours [op. cit., p. 182), mènera le malade au lit qu’elle luy aura préparé. En quoy elle usera de grande prudence pour ne pas mettre un galeux avec un net ; mais elle tâchera de les mettre les uns avec les autres, selon la qualité de leurs personnes, et la nature de leurs maladies ; prendra garde qu’aucun ne couche avec un autre contre son cœur; et essayera par toutes voyes raisonnables de les contenter. Elle fera coucher seuls les Prestres, les Religieux, les personnes de qualité, ou ceux qui pourroient estre notablement incommodez, ou beaucoup incommoder les autres, s’ils estoient couchez ensemble. »
Les Conciles s’occupent de cette question, si importante pour l’hygiène, la morale, l’administration des Sacrements. Le synode d’Avignon, 1725 (Tit. XLll, cap. i), fait ressortir les inconvénients multiples de ce système : « Gaveant præterea, ne (quod sæpe quodque dolentes viderunt Patres Goncilii) duo simul in eodem lecto ægrotantes accumbant ; hinc enim bene multa et gravissima oriuntur incommoda. Mutua siquidem aliquando contagione inficiuntur Infîrmi nova que veneni accessione ex sanabili morbo in insanabilem ac mortiferum incidunt : erratur in remediorum atque ciborum dispensatione : quodque pejus est, Pœnitentiæ et Extremæ Unctionis sacramenta frustra fere, ubi nécessitas non urget, interdum administrantur, interdum, ubi præsens periculum est, omnino denegantur...» [Collée. Lacensis., op. cit.^ p. 567).
§ 2. — En principe., dans nombre d' établissements^ de France et de l'étranger., les administrés couchent seuls.
La Province ainsi que Paris offrent des exemples de la situation anormale décrite plus haut. G’est évident.
En 1556, à Lyon, le nombre des lits « de l’hospital Sainct- Martin de la Ghanal » est insuffisant, « eu esg“ard au nombre d’iceulx enfans, qui est tout aultre et plus grand que ne fust oncques et multiplie chacun jour... Ces malheureux sont tropt pressez et jusques à coucher sept en chacun lict... en dangier de tomber en maladie et engendrer quelque pestilence ^^... »
Les deux hôpitaux de Toulouse ne renferment pas un nombre de lits proportionné aux besoins journaliers , quatre à cinq malades couchent parfois ensemble ; « Ton peut voir fréquemment un galeux couché à côté d’un autre malade » (Buchalet, op. cit.^ p. 81-82). Situation analogue : Hôtel-Dieu de Reims hôpital Saint-Jacques, d’Aix ; hôpital de Salers (Auvergne), les seize lits sont souvent insuffisants (Mém., 1792, Arch. nat., 250) ; Maison-Dieu de Parthenay (Arch. nat., 233^); Hôtel-Dieu de Limoges (il/ém., 12 janvier 1791, Arch. nat., F15 260) ; Hôtel-Dieu de Poitiers
L’ Hôtel-Dieu de Bourg n’est pas mieux partagé ; en été et en automne on voit jusqu’à trois patients dans une même couche (D^'Ebrard, op. p. 26). Les lits sont parfois doubles à Saint- Maixent (Lettre. 27 juillet 1792, Arch. nat., F^’^ 233~)23.
18. Aumône générale^ op. cU., tome II, série E, p. 27. En 1694-1695, affluence analogue, tellement « que les enfants adoptifs et les orphelins sont obligez de coucher quatre dans le même lit par suite de l’impuissance de leur faire de nouveaux appartements ».
19. « L’encombrement force générallement de coucher deux personnes dans un même lit, -et quelquefois même jusqu’à trois, excepté les forts blessés et les femmes en couches qu’il est indispensable de mettre seuls » {Mém., 6 mars 1779, Arch. nat., 229.)
20. Règlement de 1742, art. 10, p. 49. «Les infirmières ne couchent jamais deux malades dans un même lit qu’après que tous seront remplis, observant pour lors de les séparer quand l’un d’eux sera à l’extrémité. »
21. Coiffier, op. cit., p. 75. Nous ne pouvons que recommander cet excellent ouvrage fait d’après les documents d’archives, et qui donne une idée très exacte de l’assistance en Auvergne avant la Révolution. C'est une thèse de doctorat très fouillée et très intéressante.
22. « En 1764, il y a ordinairement 97 lits d’entretenus... qu’on augmente ou qu’on diminue suivant la circonstance, ne refusant aucun des malades qui se présentent. Dans ces 97 lits il y en a 25 qui peuvent contenir aisément chacun deux malades » (Delmas, op. ciL, p. 22). 'Voir le même ouvrage, p. 43. Cet auteur indique qu’en 1787 on réduit à trois pieds les lits affectés aux soldats, afin de les coucher seuls (p. 69).
23. « A Auxonne, les soldats malades couchent parfois deux dans le même lit » (Bizouard, op. cit., p. 151).
On rencontre même un règlement de l’orphelinat d’Orchies (Flandres), 1738, prévoyant que les orphelins coucheront à deux l [Inv. somm. arch. d' Or chies ^ op. cit., p. xxet26).
L’hôpital modèle de Montpellier n’échappe point à cet état de choses si regrettable. L’Inspecteur Colombier écrit en octobre 1785 : <( Quant à la tenue des salles, on ne peut que louer les soins des sœurs de Charité, mais il seroit à désirer que les malades fussent toujours couchés seuls. C’est peut-être le cas d’établir un genre de lits qu’on appelle lits doubles à cloison, qui ont réussi dans des cas semblables » (Arch. nat., 226).
A Tours, la plupart des chambres, basses et trop rapprochées, sont encombrées de lits où Ton couche habituellement trois et quatre malades à la fois... La confusion dans la distribution des médicaments, causée par la réunion de plusieurs malades dans le même lit, occasionne souvent des accidents irréparables ^4.
Cette situation pénible et trop fréquente émeut des âmes charitables. Nous voyons au mois d’août 1625, Jacques de la Brosse, prévôt provincial d'Anjou, et sa femme, désirant subvenir « à l’incommodité que reçoipvent les malades de coucher deux en mesmes lits, donner à l’Hôtel-Dieu d’Angers, 50 chaslits; 25 couettes, avec traversins ; 50 paillasses ; 50 linceux et 29 mantes ; le tout neuf pour parfaire le nombre de 60 lits en la chambre des femmes » (Célestin Port, Inv. arch.., in-4, op. cit.^ p. xviii)^^.
L’Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand reçoit en 1710 un legs destiné à la confection de petits lits ; d’ailleurs, dans cet établissement, il est de règle ordinaire de coucher les malades seuls
24. En JT83 et 1788 l’encombrement prend de telles proportions, à la suite d'une violente épidémie, que Mgr l’Archevêque de Conzié offre généreusement les salles les plus spacieuses et les mieux aérées de son palais, où. pendant plus de quatre mois cinq cents pauvres convalescents des deux sexes, alimentés aux frais de ce prélat et soignés par des personnes charitables de la ville, trouvent un prompt rétablissement (Giraudet, op. cit., p. 42).
25. A l’Assemblée générale de la ville d'Angers, 10 août 1789, on se plaint que si des personnes charitables fondent des lits dans l’hôpital des Incurables de la ville, les administrateurs se contentent « de diminuer le nombre de ceux à donner gratuitement » et que par cette manière d’opérer la fondation manque en réalité son but {Un abus à l'hôpital des Incurables d'Angers, in-4, 24 p., Angers, Marne, 1789, p. 17) .
26. Coiffîer, op. cil., p. 75, et Règlement de 1749, in-4, chap. xiv, p. 49.
A Toulouse, M*"® Déjean de Labastide lègue (1782) ses biens évalués 50.000 écus, « à charge de donner à chacun un lit particulier ^7. »
Les Administrateurs de l’hôpital d’Amiens s’adressent au Roi (1787) pour être autorisés à construire dans cette maison une nouvelle salle à l’effet de pouvoir coucher les malades isolément ; le devis estimatif monte à 61.055 1. 9 s. 11 d. Autorisation est accordée par un arrêt du 4 avril 1788 (Arch. nat., 396).
Vers la même époque, au dépôt de mendicité de Rouen, on partage 86 grandes couches « au moyen de planchettes de chêne » (R. de Beaurepaire, Mendicité en Normandie^ op. cit., p. 45).
La grande souscription ouverte à Paris pour la construction de quatre nouveaux hôpitaux, ne laisse pas les Lyonnais indifférents. Tous, sans distinction de classe et de position sociale, se cotisent en vue de fournir les fonds destinés à l’établissement de 300 lits à l’Hôlel-Dieu. La dépense est évaluée à 91.000 1. ; du 14 mars au 25 avril 1787, on recueille 147, 121 1. 3 s. L’ensemble des collectes monte à 153, 243 1., et il est ainsi permis de confectionner 131 lits de plus ^8.
Ici encore il ne faut pas généraliser ; en France, nombre d’établissements hospitaliers, Maisons-Dieu, hôpitaux généraux, orphelinats, ont l’habitude d’assurer un lit aux infortunés qu’ils assistent 29. Dans cette ville de Lyon, dont nous venons de parler,
27. Buchalet ajoute : « Le même état de choses persiste donc jusqu’en 1789 ; sans doute, les différents malades fiévreux, incurables, syphilitiques, femmes et filles du quartier de force et femmes enceintes logent dans des salles spéciales ; on comprend cependant combien les cas de contagion durent être fréquents » {op. cit., p. 81).
28. Le prospectus de souscription., mars 1787, explique que faute de place on ne peut assurer un lit seul qu’aux fous, vénériens, teigneux, femmes en couches. « Le Bureau de l’Hôtel-Dieu croit pouvoir concilier l’esprit d’ordre et d’économie qui le force à mettre des bornes à son zèle, avec le désir unanime de voir les malades couchés seuls, en proposant une souscription dont les fonds seront entièrement et uniquement consacrés à cet objet » {Prospectus, in-4, 7 pages, p. 3 et 5. Voir aussi Dagier, op. cit., 2® volume, p. 325-326).
29. A Montbéliard, les bourgeois malades sont autorisés à apporter leur lit et leur linge, ils les remportent en partant. S’ils meurent, ces objets appartiennent à la maison, à moins que les parents ne les retirent, moyennant indemnité en faveur de rétablissement {Recueil des règlemens concernant Vhôp. de Montbéliard, in-4, 1758).
les statuts de la Charité et Aumône générale (1742, p. 247), indiquent que les administrées se lèvent tous les jours à quatre heures et demie, depuis Pâques jusqu’à la Toussaint, et le reste du temps demi-heure plus tard, qu’elles s’habillent et font leur lit (chap. 1, art. 1-11).
Prescription identique en ce qui concerne les vieilles femmes^ les enfants à bonnet rouge et les filles de Sainte- Anne, reçus à l’hôpital Notre-Dame de Dijon
Le règlement de l’hôpital général de Reims (1686) porte chap. III, art. III et XXI : « A mesure que les enfans entreront dans le dortoir, ils se rangeront auprès de leurs lits, sans qu’il leur soit permis de le changer, puis ils se déshabilleront avec modestie et se coucheront. »
L’hôpital de Nuits (Bourgogne) se borne à placer des lits auxiliaires dans les moments de presse (germinal an 4, Arch. nat., FIS 262).
Tenon constate qu’à Versailles les administrés couchent seuls Le rapport des administrateurs de l’hôpital général Marseillais en date du 28 juin 1790 (Arch. nat., F^s 226) mentionne « que chaque hospitalisé a un lit particulier, en fer, à la distance d’environ trois pieds de l’un à l’autre. »
Ho^vard [Lazai'ets^ 1. Etab. d'hum.^ II, p. 155) décrit en ces termes l’hospice d’Avignon : « Il contient deux salles spacieuses pour les hommes et deux au-dessus pour les femmes. Les malades portent un uniforme, et couchent seuls dans des lits séparés par une distance de huit pieds ou environ. Au pied de chacun de ces lits on voit écrit le nom du malade, le lieu de sa demeure, la
30. « Le maître des enfans fera de tems en tems des visites dans le dortoir pour voir s’ils ne sont pas couchés deux ensemble, auquel cas il punira très sévèrement les coupables » {Abrégé historique..., in-12, 1734, op.cit., p. 81-89-114), Nous sommes loin du règlement d’Orchies cité plus haut. A Béziers, « les garssons au dessus de lage de huit ans coucheront seuls, s’il y a sufiisament de licts et l’œconome couchera dans une cellule au bout du dortoir, dou il puisse leur surveiller pendant la nuict et de mesme la lingère dans le dortoir des filles » (Soucaille, Ilâp. génér. S. Joseph, p. 103. Règlent, de 1664).
31, « L’hôpital de la Charité de Versailles contient cent soixante deux lits à une personne, distribués dans neuf salles... On y trouve trois chambres éloignées du corps de cette maison, pour les maladies contagieuses, une loge en cas de transport et de folie; les salles sont divisées en salles de six, de dix, de quatorze, de dix-huit et de trente lits; il y en aune d’attente, en cas qu’il survienne un plus grand nombre de malades » (op. cit., p. 181-182).
date de son entrée, le régime qu’il suit et les ordonnances du médecin, qui, ainsi que les religieuses, les visitent tous les jours. »
Avignon, terre pontificale, nous conduit en Italie. Là, les administrés couchent seuls en général^'.
A Santa Maria Nuova de Florence, une fois le malade admis, l’infirmier lui assigne un lit vide. Allora l’infirmiere destinera un letto per detto malato in uno dei quartieri dello spedale. Indi preso délia lista de’ letti vuoti, che terra sempre esatta al Banco il numéro... (Req., dei R. spedali, in-4, Firenze, 1789, art. XIII, p. 75) 33.
Au Saint-Esprit-en-Saxe on ajoute, en cas d’encombrement, des lits plus bas, faciles à remuer, appelés carriola et terza. Un texte de l’année 1751 (p. 18 et 19) donne lieu de penser que chaque malade couche seul. Il est question d’une pancarte divisée en trois compartiments et portant des indications relatives aux patients occupant : le lit, letto ; la carriola et la terza. Le texte nous semble établir nettement qu’il s’agit de lits distincts, affectés chacun à un administré 34.
32. « Giascuna fanciulla avrà el propio letto assegnatole dal luogo con una seclia appresso, con proibizione espressa di non dormire mai due insieme, neppur se fossero sorelle carnali ; e neppur dormir mai senza camiscia, ne scoperte. » {Regole conserv., délia città di Fabriano, in-4, 1797, cap. iii, p. 9.)
33. « Il y a en tout 589 lits pour les hommes et 445 lits pour les femmes. Il existe un quartier séparé pour les personnes nobles et un autre en bon air et en agréable situation pour les convalescens, «(Howard, Étab. d'humanité, n° 28, p. 9, t. XVI.) Un rapprochement entre le nombre des lits et le chiffre des malades existant, le 30 juillet 1767, à l’hôpital dei Ceppo de Pistoie peut faire craindre que parfois deux malades n’occupent le même lit (Relaz. dei dott. Manetti. Luigi Bargiacchi, Storia, op. cit., vol. I, p. 225), Même réflexion en ce qui concerne l’hôpital S. Giacomo in Augusta de Rome (Piazza, op. cit., cap. 1°, XII, p. 49).
34. Voici la disposition de la pancarte : Tavoletta per attacarvi i segni per gl’infermi.
Les frères de Saint-Jean-de-Dieu, en Italie aussi bien qu’en France, assurent un lit à chaque malade. Howard écrit [État des prisons y op. cit.y t. I, p. 301) : « l’hôpital de S. Gio. di Dio de Milan annonce la même propreté, les mêmes attentions que cette confrérie a partout ailleurs »
Lorsque Innocent XII réunit les pauvres et les mendiants (1693), il veut qu’ils couchent seuls [La mendicité provedutay op. cit.y p. 31.)
Pour les enfants, cette règle est universelle. « Tous les orphelins, dit le règlement de Vorfanotrofio di S.. Pietro in Gessate di Milano (1778), doivent avoir une couche séparée. »
Les dortoirs sont éclairés la nuit en vue d’assurer la surveillance « § VI. Del Dormir e degli orfani, Dormiranno tutti in Letti separati in camerata nella quale vi dovrà avéré il suo Letto, lino, O più, de’ Fratelli Somaschi, seconde la maggiore, o minore vastità délia medesima a custodia degli orfani, li quali letti de’ custodi avranno il loro riparo in maniera, che possano vedere senza essere veduti. Di notte vi sarà sempre accesa la Lucerna, una, O più, seconde la vastita corne sopra... » [op. cit.,p. 28).
A Saint-Michel de Rome les pupilles couchent dans des cellules en maçonnerie (P. Labat., voyage cité y t. III, p. 97) Précautions analogues au sujet des orphelines de Fabriano
A Malte les assistés ont un lit séparé (Howard, Hist. des
« E perché questa tavoletta possa service pel Letto^ per la Carriola, e per la Terza, divisa viene in tre spartimenti, de’ quali in quelle a destra si pong’ono i segni per l’infermo, che stà nel Letto al mure, in quel di mezzo per l’ammalato, che stà nella Garriola, o seconde letto, e in quelle a sinistra per l’infermo che trovasi nella Terza, che significa il terzo letto. » Évidemment il n’y avait que trois malades pour trois couches, sans cela la pancarte n’aurait servi de rien {Regole, 1751, op. cit., p. 18-19).
35. Dans cette même ville de Milan, Howard, État des prisons, op. cit., t. I, p. 301, nous signale des malades couchés deux dans un lit. « Il y a, dit-il, au centre des salles du grand Hôpital, un rang de lits, et dans chacun deux malades; mais on prend soin de séparer ceux qui sont attaqués de fièvre, de ceux qui n’ont que des blessures ou des maladies chirurgicales. »
36. « Giascheduno vien provveduto del suo letticciuolo, con solo pagliaccio, lenzuoli e copertre soprà tavole sostenute da banchi di ferro » {Relaz., delV Istiiuto pio di S. Michèle, in-i, in Roma, 1779, cap. IV, p. xxix). Gette sage mesure s’applique aussi aux vieillards reçus dans l’asile, p. xi.
37. « De Dormitorii. Vi sono due dormitori nei quali vi si potranno collocare quaranta letti in circa, per altrettante Zitelle » [Regole del conservatorio delle Zitelle or fane délia Città di Fabriano, in-4, in Roma, 1797, cap. iir, p. 9).
Lazarets^ I, p. 170). Il en est ainsi à Madrid (Howard, État des prisons, op. cit., II, p. 13). « A l’hospice royal il n’y a qu’un malade dans chaque lit ; entre deux est un lave-main de marbre. » Tous les patients soignés au grand hôpital de Pampelune ont leurs lits séparés, et cette sage pratique, ajoute notre auteur (p. 26), est générale dans les établissements espagnols.
A la maison de « San Juan de Dios », destinée principalement aux maladies honteuses, les lits se trouvent placés dans des espèces d’alcôves (meme ouvrage, p. 15)
Ce célèbre voyageur et philanthrope nous parle (Hist. des Lazarets, I, p. 195 et suiv.) des établissements hospitaliers de Vienne (Autriche). A l’hôpital général il y a vingt lits dans chaque salle ; « ils sont séparés par des espaces de trois pieds occupés par des tables. » Au fond de l’asile sont douze chambres très propres, et pourvues de tout ce qui est nécessaire aux femmes pour leurs couches ; savoir : un lit, des tiroirs avec une layette blanche; une toilette, des théières, bouilloires, etc., et un lit pour la garde. Ces chambres sont payées un florin par jour
(( Dans le couvent des frères de la Charité, la grande salle a vingt-cinq pieds et demi de large, et contient environ cent quatorze lits à courte-pointes vertes et rideaux de la même couleur, sans ciels, et tous très propres. Le plus grand calme y règne, mais dans toutes les institutions monastiques, les salles sont toujours tenues trop fermées » (p. 198)
La ville de Moscou possède également une maternité fondée
38. Voir aussi : Ordinaciones del Hospital de la Ciudad de Zaragoza^ in-4,,
39. « Il en est d’autres qui contiennent cinq ou six lits et pour lesquelles on donne un demi-florin par jour. On paie huit jours d’avance pour les premières et quatre jours pour les dernières. Il est aussi des chambres pour lesquelles on paie deux creutzers par jour. Tout dans cette partie de l’hôpital est propre, calme et tranquille. Les femmes y sont admises à toute heure par une porte ou un passage particulier, et on ne leur fait aucune question, ni en entrant, ni en sortant >» (p. 196j.
40. « Ce couvent a une maison qui lui appartient, et qui est fournie de lits très propres, de fontaines et de serviettes à l’usage des convalescens. Elle est située hors la ville, et les salles ont vue sur un jardin très agréable. Au moment où les malades entrent dans ces salles, on leur fait laver les pieds, et ils y sont si bien soignés et si bien nourris, qu’en général, ils en sortent en état de reprendre leurs occupations » (p. 199).
par le prince Demidoff (1771) et où l’on ne demande aucun renseignement aux femmes qui se présentent ; cette maison renferme 44 lits. L’hôpital de Catherine II (1772) est composé de salles renfermant chacune six lits ; il existe en tout 80 lits affectés aux hommes et 70 réservés pour les femmes
Au Magdalen house de Londres les filles repenties sont parfaitement entretenues, et possèdent une chambre et un lit où elles couchent seules [Londres et ses environs^ op. cit., I, p. 234).
Dans cette ville des précautions minutieuses sont adoptées à l’égard des malades atteints de la petite vérole (the Small-Pox and inoculation hospitals of London). L’isolement de chaque patient est assuré
Par contre Ho^vard signale qu’au Christ’s Hospital les élèves couchent deux dans un lit [Hist. des Lazarets^ II, p. 28)^^.
Les maisons de retraite et les orphelinats des Pays-Bas ne connaissent point l’usage des lits doubles
On peut donc dire, en résumé, qu'au xviiP siècle l’abus de mettre plusieurs administrés en un même lit n’est pas aussi répandu que certains auteurs veulent le faire croire, et que cette manière de procéder est considérée comme un mal résultant de l’encombrement et du manque de lits disponibles, ce n’est nulle part la conséquence d’un principe.
Ecoutons à ce sujet la réponse des administrateurs de l’hôpital de Carcassonne à l’inspecteur Colombier qui leur reproche de recevoir trop de monde, eu égard aux ressources dont ils disposent, et en conséquence de placer plusieurs malades dans une seule couche. Ces quelques lignes montrent bien les motifs qui guident nombre de Directeurs d’établissements hospitaliers.
41. Le comte de Laveau, Voyage à Moscou, op. cit., p. 295 et 347. Les chambres de l’hôpital Kourakin (1742) contiennent chacune 2 lits (p. 324).
42. « This Hospital was provided for the réception of infected patients, with the casual small-pox, and for inoculation ; where, being separed from the rest of the community, they might enjoy peace and quiet, skill and medicine to promote
their recovery here every necessary confort is also supplied... » (Higmore,
op. cit., p. 273).
43. Cet auteur ne relève rien de semblable en parlant des autres établissements de la cité londonienne ; il s^agit du reste, il ne faut pas l’oublier, d’établissements entretenus au moyen de souscriptions et où l’on ne reçoit, en général, qu’un nombre de malades proportionné aux ressources.
44. Voir notamment le règlement de l’église Wallonne déjà cité.
« Cette résolution, disent-ils, de ne recevoir qu’un nombre limité de personnes, facile à prendre lorsqu’on délibère de sangfroid, souffre bien des difficultés quand on veut la mettre en pratique. Peut-on voir périr de faim et de misère un malheureux qui demande de quoi se substanter ? Un malade va mourir faute de secours, un enfant est perdu si on ne le fait pas allaiter ; assemblés pour exercer la charité devons-nous vouer ces infortunés à la mort ?
« Au reproche d’inhumanité qu’on pourroit nous faire, se joint une raison bien forte, les Citoyens voyant qu’on rejette les pauvres se découragent, les dons se perdent. Une maison publique doit contenter un public dont elle attend les bienfaits et, pour exciter à la générosité, il faut surtout éviter les plaintes... « (Arch. Nat., 226.)
§ 3. — De la nature et de la composition des lits.
Pendant des siècles les lits d’hôpital sont uniformément en bois : chêne, noyer, etc. ; ils deviennent insalubres par suite de l’infection des salles, les punaises y établissent leur demeure. Howard considère comme une merveille d’avoir constaté l’absence de cette vermine dans l’asile de Leeds (Angleterre). « Les lits sont sans punaises ! » s’écrie-t-iU^.
Pour augmenter l’insalubrité ces couches sont parfois à colonnes, avec ciels, et rideaux de couleurs différentes, verts,
45. «Cet hôpital est un des meilleurs du royaume; on a la plus grande attention à la propreté dans les salles hautes de quinze pieds, huit pouces ; six ouvertures ou ventilateurs circulaires donnent sur un corridor large de cinq pieds et demi... » {Lazarets, op. cit., II, p. 200).
46. « Dans la plupart des hôpitaux les lits sont vieux et serrés les uns près des autres contre le mur, de sorte que l’air ne circule pas autour et qu’ils deviennent insalubres par la série des malades qui les occupent successivement. Si la somme qui se dépense tous les ans dans les hôpitaux, pour la destruction des punaises, était employée à aérer, battre et brosser les lits, le but qu’on se propose serait bien mieux rempli » (Howard, Lazarets, op. cit., II, p. 40).
47. Hôtel-Dieu de Paris (Tenon, op. cit., p. liv-168-192). Collect. de docum., op. cit., I, p. 174). Howard {Lazarets, op. cit.,l,p. 235) raconte qu’à l’hôpital des femmes en couches de Dublin « les ciels des lits » étaient enlevés en 1788. A l’infirmerie du comté établi à Navan, « les bois de lits sont vieux et ont des ciels ;
jaunes, etc. L’usage de ces rideaux est si général que des soldats admis à l’hospice de Moulins se plaignent amèrement d’en être privés, alors que les malades civils jouissent de ce privilège ^9.
Voici quelques extraits d’inventaires donnant une idée de ces lits. A V hospice National de Montrouge^ c\-àQYSiiii maison Royale de santé^ on trouve dans la salle des malades : « seize lits à colonnes, montés et garnis de leurs housses et rideaux avec leurs courte-pantes en siamoise bleue et blanc, douze rideaux de pareille siamoise avec leurs tringles servant de cloison entre les lits. Chaque lit est garni d’une paillasse, de deux matelas, un traversin, un oreiller et deux couvertures ; plus un lit de sangle^®. » A Périgueux, V hospice ddiumanité, établi dans la maison Sainte-Claire, renferme — première salle des femmes grosses — (( six châlits à la duchesse, le plafon et dossier de deux en étoffe de flanelle, de trois autres en cotonnade et du sixième en indienne ; les rideaux et tours des six lits d’étolfe mi-laine de
les couvertures sont sales et les draps gris, encore n’en fournit-on qu’un seul par lit » (Howard, Lasarefs, op. cit.^ I, p. 288).
Tenon admet que dans un hôpital comme celui affecté aux marins à Plymouth on peut se passer de rideaux, mais il les croit nécessaires, au point de vue delà décence, dans les établissements recevant des femmes malades {op cit.^ p. liv).
48. « Chaque salle de l’hôtel-Dieu de Dole (1667) contient vingt lits, tendus de rideaux jaunes^ selon la coutume du pays, et bien supérieurs pour la propreté et la qualité aux lits ordinaires des gens que Ton y couche... » (Feuvrier, L'ass. pub. à Dole, in-8, 1897, p. 11).
49. La lettre manuscrite du baron de Besenval fait partie de nos collections^ « A M. le M'= de Ségur Ministre de la guerre. A Nevers, le 15 juilliet 1783. Monseigneur.
... J’ai aussy été à l’hôpital (de Moulins), je n’en ai pas vu un plus aéré, ni plus avantageusement situé, ce sont des frères de la charité qui le déservent, et les cavaliers y sont fort bien, ils éprouvent cependant une mortification, qui dans le fonds n'est qu'une misère, mais qui fait un mauvais effet, c'est que tous les hahitans ont des ridaux a leurs lits, et que les trouppes n'en ont point, ce qui les avilit aux yeux de l'habitant et même dans leur propre idée, chose que je crois essentiel de ne pas laisser s'établire. C'est une bien petite dépense et je crois nécessaire de l'ordonner. »
50. Le mobilier des chambres particulières est très confortable : « Chambre n° 2, la ditte chambre tapissée en papier peint, dans laquelle il y a un lit à alcôve à fond sanglé, garni d’une paillasse, deux matelas, un traversin, un oreiller, une couverture, une chaise longue, deux rideaux de toile d’orange servant à l’alcôve, quatre chaises de paille, un fauteuil, une commode, un trumeau au dessus de la cheminée, un pot à l’eau et une cuvette, un feu complêt, deux rideaux aux fenêtres, une paire de mouchette... » (!“'’ brumaire, l’an III de la Rép. une et indivisible. Arch. Nat.,Fi5 269.)
«différentes couleurs, à demi uzés, huit couvertes dont quatre miuzées et quatre très mauvaises. Cinq paliasses fort uzées, cinq mauvais matelats et cinq traversains à moitiée usage. Un lit de travail à sangles ferrées, une table sur quatre pieds, trois mauv^aises chaizes, le siège de jong, deux chenets à couppe, dont une ■cassée, de fonte de fer.
« Salle des blessés : six bois de lits, sans garnitures ni rideaux, un châlit en quenouille planché par le haut, ainsi que le dossier, les rideaux et tours de lits de vieux rats vert, treize couvertes, .•sept paillasses, huit matelats, sept traversains, très mauvais, plus un banc, une mauvaise petite table et une mauvaise chaize. . . » (6 ventôse, an 4. Arch. Nat., 282).
Ces lits en bois, formés le plus souvent de planches mal ajustées, laissent donc fort à désirer, aussi, lorsque les progrès de l’industrie permettent d’utiliser les couchettes en fer, leurs avantages ne manquent pas d’attirer l’attention des administrateurs. Howard voudrait les voir mettre en service dans tous les asiles
Dès l’année 1664, on s’en sert au Saint-Esprit-de-Rome '(Azzurri, op. cit.^ p. 13)
A Paris il est question un moment (1788) de faire confectionner en Russie 12.000 lits en fer destinés aux quatre nouveaux hôpitaux projetés
Dans un mémoire rédigé le 14 octobre 1790, le greffier de l’hôpital général de Rouen réclame des lits en fer « pour empêcher que le malade soit dans l’été la pâture de la punaise . » C’est en effet l’ennemi que Howard rencontre sous toutes les latitudes
51. « Que les lits soient de fer, que ce fer soit peint ; qu’ils soient montés avec des vis afin qu’ils puissent être démontés, remontes, élevés, abaissés avec facilité. » (Howard, Étât des prisons, op. cil., II, p. 36.)
52. Au dix-huitième siècle leur emploi se généralise dans cet établissement {Notificazione, op. cil., p. 157-159).
53. Correspondance entre M. Foulon, secrétaire de M. le comte de Ségur, Ambassadeur à Saint-Pétersbourg, M. de la Millière et M. le Baron de Breteuil .(Arch. Nat., Pi5 233).
54. Les avantages de ces lits sont si importants et reconnus de tous que, le 12 juillet 1623, un bienfaiteur, François Joulet, fait don àl’hôtel-Dieu de Paris d’une «•ente de 3,000 1. Tourn. dont les arrérages devaient être employés : « en achapt
En 1787, des bienfaiteurs fournissent les fonds nécessaires à l’achat de 120 lits pour les salles de FHôtel-Dieu de Bourg, ils sont plus coûteux que les lits en bois, disent les administrateurs, mais plus propres, et ils durent davantage. La circulaire envoyée à ce sujet par le maire et les recteurs mérite d’être reproduite au moins partiellement. « Placer plusieurs malades dans le même lit (porte ce document curieux) est un usage funeste que la nécessité seule a pu faire tolérer jusqu’ici. Les religieuses hospitalières qui se consacrent avec tant de zèle au service des pauvres, continueront-elles à voir une partie de leurs soins rendus inutiles pour les malades ; seront-elles encore spectatrices d’une réunion déplorable par ses effets ? Laissera-t-on l’infortuné partager les maux d’un autre infortuné ? Ne lui procurera-t-on pas la consolation de ne souffrir que sa propre douleur? Ce n’est pas dans un siècle de lumière, dans une province où des mœurs douces et honnêtes, une sensibilité généreuse font le caractère des habitants, que Ton désespérera de l’exécution d’un projet aussi intéressant » (D^ Ebrard, op. ciL, p. 45).
Avoir des lits de fer c’est parfait, mais encore faut-il les garnir dans des conditions hygiéniques. Tenon déclare [op. cit.^ p. 167) que les paillasses épaisses et pesantes de THôtel-Dieu sont cause d’une trop grande infection pour permettre d’en conserver l'usage ; il en est de même des lits de plumes
Le savant rapporteur propose de remplacer ces fournitures <( par deux matelas de laine, dans certain cas deux matelas de crin par lit, chacun de dix-huit livres pesant, supportés, non par des barres et des traverses, mais par un fond à claire-voie ; ce
de lictz de fer, painctz de vert, capables chacun d’iceulx pour coucher ung seu mallade, affin que les mallades soient garentiz de punaizes et, avec le temps, puissent coucher seul à seul » (Coyecque, Les inscriptions de Vhôp. de la charité. Bulletin Société hist. de Paris, tome XVII, 1890 , p. 16).
55. « On a vu, dit cet auteur (p. 208, 209), que le coucher consistait à l’Hôtel- Dieu en une paillasse et un lit de plume. On retire la paillasse de l’intérieur des salles dans les hôpitaux bien tenus ; on ne les ouvre que dans des cours où l’on brûle la paille; autrefois on portait l’attention à l’hôpital de la Salpêtrière jusqu’à la transférer dans les prés où elle étoit brûlée. A l’IIôtel-Dieu on ouvre ces paillasses dans les salles, on retire la paille à quatre heures du matin; l’infection se répand partovit alors qu’on la porte par charretées à Saint-Louis. » Le rapport cité de l’Académie de médecine s’élève avec vigueur contre de pareilles pratiques.
fond en forte toile, étant bordé à sa circonférence d’un ruban, ou d’un cordon pour en renforcer les bords, et percé de trous ou œillets, destinés à le lacer au cadre du châlit qui doit être en fer »
Howard se prononce également pour les matelas en crin, susceptibles d’être lavés et épurés facilement. 11 ne s’agit malheureusement que de desiderata^ fort louables du reste .
Au dépôt de mendicité de Bordeaux, les pauvres couchent (( sur une paillasse remplie de bonne paille de froment bien sèche et de bonne qualité, laquelle est renouvellée toutes les fois qu’il est jugé nécessaire par le subdélégué » (Arch. nat.,
231, années 1782-1787) 58.
A l’hôpital du Saint-Esprit et de Saint-Jacques-de-Gallice à Marseille, « chaque lit a une paillasse, un matelas, deux draps, deux couvertures et deux garniments, dont l’un pour l’hiver et l’autre pour l’été » (Arch. nat., Pi5 226, année 1790).
L’hôpital d’York possède des lits en fer avec garniture de toile, matelas en crin posé sur une paillasse (Howard, Lazarets^ op. cit.^ p. 215).
A Poitiers (1740) salle des hommes : « vingt-deux lits, garnis chacun d’une paillasse, d’une coète de toille avec une double
5ô. «En quoi, continue Tenon, nous imiterions ce que nous avons vu dans beaucoup d’hôpitaux d’Angleterre.
«... On accordera aussi deux couvertures de laine blanche par lit, avec une conserve verte encore en laine. Les couvertures seront assez amples pour pouvoir border le lit aux pieds et sur les côtés. La conserve est une simple courtepointe plutôt pour recevoir les malpropretés et garantir les couvertures, que pour tenir chaud » (p. 167-168).
57. État des prisons, op. cit., II, p. 36. Cet auteur remarque qu’à la Charité de Paris « chaque lit est garni en vert » nous l’avons déjà indiqué plus haut. Aux Incurables de la rue de Sèvres « la garniture de lit est changée deux fois par an, en hiver elle est de laine verte et en été de toile blanche » (op. cit., I, p. 388- 391). En parlant de l’hôpital d’York, Howard insiste sur ce point {Lazarets, op. cit., II, p. 215). « Le crin, écrit-il, lorsqu’il est lavé, séché et cardé, vaut autant que du neuf. »
Voir dans Brièle {Inventaires, op. ciL, III, n° 2326, p. 181) une description complète de la literie de l’hospice de Saint-Jacques-aux-Pèlerins remontant à l’année 1666.
58. Pour les passants à Orville (Bourgogne) quatre lits garnis de paillasses, matelas, linceul (Huguenin, Til-Châtel.Les seigneurs de Saint-Florent et Saint- Honoré, in-8, 1896, Dijon, p. 27). A Corbeil, en cas de presse, des hottes de paille remplacent les lits, « Année 1620. Il a été payé XV (livres) pour l’achapt de deux cens et demy de feurre (paille) fourny pour changer les couches des’ pauvres... » (Dufour, op. cit., 1891, p. 12).
€oète aussi de toille, un travertier, le tout rempli de plumes ; de deux mantes (couvertures) » (Delmas, op. cit.^ p. 23).
L’aménagement de l’Hôtel-Dieu de Gharlieu (Lyonnais) comporte en 1692 : « quatre lits, bois noyer, garny de leur fond, ciel, tours, rideaux de serge de valence verte, d’une paillasse, matelas et traversains de plume et d’une couverture de bureau rayé » [Hôtel-Dieu de Gharlieu, in-8®, 1897, chap. x, p. 67-69).
A Étampes (1785) les malades doivent « être mis seuls dans des lits de trois pieds de large et de six de long, éloignés les uns des autres de trois pieds, (îomposés seulement d’une paillasse piquée, de deux matelas garnis chacun de dix-huit livres de laine et de six livres de crin, d’un traversin et d’un oreiller garni de plumes, de deux couvertures de laine et de rideaux de toile de gros-fort... »{Ext. des registres du bureau de VHôtel-Dieu, in-i, 1785)59.
Les règlements du Saint-Esprit-in-Sassia (Rome) sont remarquables par les soins de propreté qu’ils exigent. Les lits où un malade est décédé ne doivent servir de nouveau qu’après que les matelas et paillasses ont été au moins exposés à l’air ; si cela est nécessaire, refaits et lavés 90.
Lors d'une inspection faite à Carcassonne en 1785, par Colombier, si soucieux des bonnes mesures d’hygiène, les administrateurs font observer que les salles sont arrosées et balayées avec soin ; peintes et blanchies lorsque besoin est; que les pansements une fois terminés, on brûle des parfums. Qu’ils ne manquent point de faire laver et nettoyer lits, matelas, paillasses. «Les malades, ajoutent-ils, ont souvent du linge blanc, et couchent toujours seuls '» (Arch. nat., F^5 226).
59. Conférer: Villefranche en Beaujolais, Missol, op. cil.., p. 26. Divers petits hôpitaux de Beaumont en Gâtinais ; de Mitry en France, etc. (Inv. Seine-et-Marne supplément, la série H, E, 15. p. 5. E, 22, p. 219, etc.
60. Notificazione, op. ciï. (ann. 1652), in-4, 1815, p. 21 . Begole, in-8, op. c/C,175L p. 8. « I pagliaci, i materassi, i capezzali, le coperte e le lenzuola si mutano ogni quai volta bisogna. » Les matelats, paillasses et couvertures qui auront servi à des maladies contagieuses, ne pourront être placés de nouveau sur les lits, qu’après avoir été mis à l’air, et même lavés si cela est nécessaire pour assurer la désinfection (Règlem. d’Étampes, op. cil., p. 22). Il est fréquemment fait mention dans les inventaires de crachoirs, de « bassins à cracher » en airain jaune (Gharlieu, op. cil., p. 69. Régi, des hôp. du diocèse de Besançon, 1697, p. 33 et 69).
Même à la fin du xviii® siècle, il n’en est pas ainsi partout ; néanmoins la marche en avant devient sensible ; le bois fait place au fer pour la confection des lits ; le crin chasse la plume. Ici comme en toutes choses, les améliorations sont lentes à réaliser, d’autant qu’elles se trouvent subordonnées aux découvertes industrielles et aux progrès de l’art médical.