LE SERVICE MÉDICAL DANS LES MAISONS HOSPITALIÈRES
§ l®*". — Nomination des médecins et chirurgiens.
La lutte entre médecins et chirurgiens occupe pendant plusieurs siècles les annales de la science. Ces derniers restent placés partout au second rang. En France, c’est seulement au xviii® siècle, qu’il se forme une Académie de Chirurgie. Ambroise Paré n’est que barbier-chirurgien lorsqu’il publie ses fameux traités sur les plaies d'armes à feu (1S45-1552) h
Du reste, à force d’exclusions et de prétentions, les Collèges de médecins ne se recrutent pas facilement. Dijon ne compte que deux médecins en 1595 ; la ville de Troyes, un seul (1748) ; Laon est sur le point d’en manquer (1721) ; c’est ce qui arrive à Bourg (1601) (Babeau, La ville^ op. cit..^ p. 440). Les chirurgiens sont plus nombreux 2.
Deux personnages fort connus : Jacques de Beaulieu, dit Frère Jacques (f 1714), et Jean Baseilhac, dit Frère Cosme
1, A l’Hôtel-Dieu de Troyes, au commencement du xvii® siècle, le chirurgien n’apparaît plus comme barbier, « il pance les pauvres des playes et ulcères, faict les seignées et aultres choses dépandantz de son estât... » (Babeau, op. ci7, 1878, p. 74).
2. « A Ploërmel, comme partout, l’exercice de la chirurgie avait précédé celui de la médecine, et les chirurgiens l’emportaient de beaucoup en nombre et en importance ; on n’en compte pas moins de cinq dans le courant du xviii® siècle, et le Bureau de l’Hôpital général désignait tous les deux ou trois ans, celui d’entre eux quidevait, à son tour, visiter et panser les pauvres, moyennant un salaire fixe de 30 1. par an » (Rosenzweig, Arch. hosp., op. cit., Vannes, 1866, p. 111).
(*î* 1781), se font remarquer par leur habileté à opérer les personnes atteints de la pierre
Les chirurgiens contestent aux Frères de Saint-Jean-de- Dieu l’exercice de la chirurgie ; ils obtiennent gain de cause en 1724, mais la déclaration royale du 20 juin 1761 autorise ces Religieux à faire des opérations en cas de nécessité et d’absence du chirurgien en chef, de son substitut et du gagnant maîtrise (art. XIV-XV)^.
La plus renommée des Universités médicales de Hollande est celle de Leyde, créée en 1574-1575 par Guillaume P’’, prince d’Orange, pour dédommager les habitants des maux soufferts durant le siège soutenu contre les Espagnols. Le savant Boerhaave, né en 1668 et mort le 23 septembre 1738, fait la gloire de cette Université.
Aucun médecin ne peut exercer à Madrid sans examen au protomédicat, ni en Espagne sans approbation
Dans nombre de localités il n’existe pas de médecins en titre affectés aux hôpitaux. Le service est fait par les praticiens de la ville 6. A Clermont-Ferrand, c’est en 1720 seulement qu’une
3. Jourdan, Not. hist. sur l'hôp. de la Charité^ in-8, 1837, p. 17. Frère Jacques, fait des opérations en Hollande, à Genève, à Strasbourg, en Italie, etc. (Fréron,. Année littéraire, 1757, tome III, p. 314 et suivantes).
« Le Frère Jacques est réellement l’inventeur de la méthode latéralisée qui permet d’arriver dans la vessie en faisant d’avant en arrière et de dedans en dehors, une incision oblique sur la prostate et au col vésical. Il a précédé Gheselden. Frère Jacques ne doit pas être confondu avec Jean Baseilhac ou Frère Cosme... » (Laboulbène, Hist. de la charité, in-8, p. 20.)
4. Consulter notamment : Mém. pour le premier chirurgien du Roy contre les frères de la Charité, in-4. Paris, 1757, 83 p. Déclaration du Roi concernant l’exercice de la charité dans les maisons de l’Ordre de la Charité, donnée à Marly, le 20 juin 1761, Mém. à consulter par les religieux de la Charité, in-4, 63 p. Paris, 1762. Fréron, Année littéraire, 1758, I-II, p. 97 et 196.
Les Frères de la Charité sont depuis peu en Autriche ; lorsque le frère de l’Empereur Ferdinand tombe gravement malade à la suite d’une saignée mal faite, on s’adresse au vice-procureur de ces Religieux, Gabriel de Ferrare, considéré comme un des meilleurs chirurgiens de l’époque. Il parvient à guérir le malade et à lui conserver l’usage de son bras (1624). L’Empereur, en reconnaissance, agrandit la maison fondée dans ses états par cet Ordre hospitalier.
5. État de la médecine, chirurgie et pharmacie en Europe, in-12, xxx-634 p. Paris, 1777; Leyde, p. 599. Madrid, p. 595.
6. Cuzent, Les hôp. de Brest, in-8, 1889, chap. vu, p. 209; Coiffîer, op. cit.,, p. 76.
LE SERVICE MÉDICAL
délibération du Conseil établit les bases d’une organisation régulière
Les Prieurs ont le choix du personnnel médical lorsque les asiles appartiennent aux Ordres religieux
Aù Saint-Esprit de Rome la confirmation du Souverain Pontife est nécessaire Pour les autres maisons, les Recteurs et Administrateurs président aux nominations en s’entourant des garanties nécessaires 11 est spécifié à Aix que le vote est secret
Les Canons du Concile provincial d’Avignon (1725) recommandent aux Reoteurs de mettre de côté toute préoccupation humaine, toute pensée d’économie sordide^ lorsqu’il s’agit de nommer des médecins, chirurgiens, pharmaciens, et d'élire les plus dignes sous tous les rapports
En effet, comme le fait observer le règlement de la Très- Sainte Annonciation de Naples, les nâédecins et chirurgiens constituent une des parties essentielles d’un établissement hospitalier. N’ont-ils pas en main la santé et la vie de nombreux indigents? On doit donc les choisir parmi les plus habiles de la