Martin, op. ciL,p
21. Mémoire^ 14 octobre 1790. Arch. Nat., 232. Pour éviter toute confusion, il convient de rappeler que les hospitalières desservant l’hôpital général de Rouen ne font point de vœux solennels et qu’il n’en est pas de même des Religieuses que l’on rencontre à l’Hôtel-Dieu de cette même ville.
LE PERSONNEL HOSPITALIER
Le premier soin de la Révolution Française qui, sous l’apparence hypocrite du bien public, poursuit en réalité l’anéantissement de l’idée religieuse, est de proscrire les hospitalières. Lorsque l’on n’ose pas les atteindre directement on leur impose la prestation de serments que réprouve leur conscience et on les chasse de ce chef 22.
Ces femmes fanatiques qui « peuvent tuer les malades autant que les maladies elles-mêmes, par les rêves de la superstition », se trouvent expulsées, chassées. Parfois on les tolère, revêtues d’un costume laïque, parce que les autorités ne savent comment les remplacer ^3.
(( Elles sont, écrit une protestante, entassées dans des charrettes, sans le moindre bagage, presque sans habits; on les envoyé d’un département à l’autre ; on les distribue dans les différentes prisons où elles périssent de froid, de maladies et de besoins ^4. »
En l’an 2 plusieurs hospitalières, en récompense du bien accompli, sont fusillées ou guillotinées : au champ des Martyrs d^A vrillé, à Dax, Cambrai, Laval ^5.
Mais sous la pression du sentiment populaire il faut cesser ces odieuses persécutions.
« La France respire à peine, dit Portalis, que par une sorte d’instinct, par un mouvement national et spontané, la voix publique rappelle les sœurs de charité dans la Capitale. »
Un peu plus tard le Ministre Chaptal écrit : « que parmi les hospices de la République ceux-là seuls sont administrés avec le plus de soin, d’intelligence et d’économie, qui ont rappelé dans leur sein les anciennes élèves de cette institution sublime, dont
22. Nous ne pouvons donner ici que les grandes lignes du sujet, renvoyant pour tous les détails à notre ouvrage ; La Révolution de 1789 et les pauvres^ p. 121 et suivantes.
23. Babeau, Hist.de la Révolution k Troyes, t. II, chap. xxiv, p. 481-482. Lemenestrel, Hôtel-Dieu de Dreux, in-8, p. 91-110.
24. Lettres d'un témoin de la Révolution, traduites par Taine, in-8, 1892.
25. Sœur Marie-Anne et sœur Odile, filles de la charité de l’hôp. Saint-Jean d’Angers, fusillées en haine de la foi... in-32, 1903. Goste, Une victime de la Révolution, sœur Marguerite Rutan, fille de la charité, in-8, 1908, exécutée à Dax, le 20 germinal, an II. Misermont, prêtre de la mission. Les filles de la charité d'Arras, dernières victimes de Lebon... 8 messidor, an II, Cambrai, in-8, juin 1900. Dom Piolin, L'Église du Mans durant la Révolution, Liv. VI. chap. viii, t. III, p. 39 et suivantes.
le seul but est la pratique de tous les actes d’une charité sansborne... » (Jourdan, Not. sur Vhôp, d' Avr anches^ in-8, 1904, p. 225).
Nous aimons à terminer par ces deux citations la première partie du tome quatrième de notre ouvrage.
TABLE DES MATIÈRES
AVANT-PROPOS vu
INTRODUCTION