CHAPITRE I
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Que dire de nouveau en parlant du grand évêque de Marseille^^ ? « Non content de prodiguer sa vie pour le salut de ses oüailles, il se dépoüille encore de tous ses biens, afin de leur procurer des secours temporels »
Des pamphlétaires prétendent que Belzunce se renferme, à un moment donné, derrière les murs de son palais, sourd aux souffrances du peuple. De nombreux auteurs réfutent cette calomnie des jansénistes « L’évêque est tous les jours sur le pavé de tous les quartiers de la ville, il va partout visiter les malades dans les plus hauts et les plus sombres appartemens des maD sons ; dans les rues à travers les cadavres ; sur les places publiques, sur le Port, sur le Cours »
Que se passe-t-il à Genève ? L’auteur des Corporations monastiques au sein du protestantisme (p. 211) nous montre plusieurs pasteurs victimes de leur dévouement : Perrot (1568) ; Chausse (1574) ; Gauthier (1615); Antoine La Paye (1617).
Léon Gautier, dans son intéressante brochure déjà citée (p. 44)', nous parle de deux ministres, Samuel Gautier et Pierre Fontaine, remplissant officieusement les fonctions religieuses à l’égard des pestiférés de 1636. Le premier meurt, le Second lui succède, et, sur la demande de sa famille, est dispensé d’entrer auprès des malades, alors beaucoup moins nombreux ^2,
48. « Questi uomini rispettabili, animati dall’esempio del lor capo, Monsignor Belzunce, usarono al pari di esso d’un corragio veramente eroico. E difficile portare queste virtù a cotanto alto grado, corne le porto in quella terribile congiunturail sullodato Monsignore Belzunce » (Frari, op. cit., p. 542).
49. Histoire de la dernière peste de Marseille, Aix, Arles et Toulon, in-8, Paris, 1732, p. 87.
50. Voir notamment Pièces hist. sur les pestes de 1720-1721-1722, op. cit., I, 2® partie, p. 248. «< On veut tâcher de rendre les démarches de l’évêque au moins douteuses depuis la mi-août jusqu’à la mi-septembre. Voyons si pendant ce tempslà ses courses'^érilleuses et charitables ont jamais cessé. Je ne parlerai ici que de ce que j’ai vu moi-même et de ce que je sais avec certitude. Les pauvres qu'il a chaque jour été visiter et soulager chez eux, en diront plus que moi » {Notes critiques sur l'ouvrage imprimé à Cologne, in-12, Turin, 1722). « Quant à cette calomnie qu’il avait fui devant le fléau, le pieux prélat la connut à peine fut-elle propagée, et il en fit le cas que prescrit l’Évangile. Il alla même plus loin, et s’il s'en occupa, ce ne fut que pour en plaisanter. » (A. Laforet, La peste de 1720,