CHAPITRE II
« Il est tres-vraj, écrivent en 1670, les commissaires députez pour le fait de la santé de la ville de Lyon que la peste est un fléau de Dieu pour châtier nos offenses ; et sans doute les plus souverains remèdes que l’on y puisse apporter pour en être délivré, sont de recourir à sa divine bonté pour détourner son ire, et attirer sa miséricorde par pénitences et bonnes œuvres. »
« Pource que premièrement et principalement en temps de peste, (disent les vieux statuts bordelais) et tous autres cas semblables. Ion doit avoir recours à Dieu et à sa très sacrée mère Marie vierg’e et aux benoists saincts et sainctesde Paradis, il est ordonné qu’en tout temps chacune sepmaine, et ez jours du Vendredy, lesdicts seigneurs Jurats feront dire et célébrer une messe haute à Diacre, et soub-Diacre en l’Eglise et couvent des Augustins, à l’autel Sainct Sébastien, à l’honneur de Dieu le créateur, dudict sainct, et de sainct Roch. A laquelle Messe et office doivent assister un ou deux desdicts seigneurs Jurats, pour le moins. »
Comme la prière n’est efficace que si elle est accompagnée de la pénitence et de l’amendement de ceux qui la font, les Consuls de Grenoble ne manquent jamais d’insister sur ce point. « Que toutes gens, disent-ils dans une délibération du 10 juin 1545, tant d’église que autres, s’amendent et corrigent des péchés, tant publics que autres, comme des usures, fornications, adultères, blasphèmes, jeux privés et publics, de toute paillardise et que l’on prie Messieurs de la Court, vouloir bien commander à tous juges, tant d’église que temporels, yceulx péchés vouloir corriger et l'ordre, tel que le droit porte, y vouloir mettre promptement » (Prudhomme, op. cil., p. 139).
Ces manifestations de foi consistent en processions ou services solennels ; prières adressées aux saints ; vœux tendant :
des lumières qui ne se rallumeront plus ». {Vifs applaudissements à gauche et à l'extrême gauche.) Discours du citoyen Viviani, ministre du travail et de la prévoyance sociale. Chambre des députés, séance du 8 novembre 1906. Officiel du 9, p. 2433, 2® colonne.