‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 40 sur 197 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

A Stuttgard (1613), on ordonne de nettoyer les petites rues tous les quinze jours. La ville d’Essling (1635) se décide à faire porter hors des murs les fumiers et immondices ; il en existe une quantité considérable (Lammert, op. ciL, p. 40-191).

Lors de la peste de Milan (1630), tous les matins, deux chariots ramassent les hardes tombées des voitures emportant les cadavres, les chiffons jetés par les fenêtres. Des balayeurs viennent ensuite enlever les ordures que les habitants ont Tordre de déposer de bon matin devant leurs maisons (Papon, De la peste^ op. cit,^ I, p. 156).

La question de Teau n’est pas négligée. Recommandation de tenir les fontaines « nettes, sans ordure et vermine, d’aultant que Ton s’en serve intérieurement pour la nourriture humaine ; » de nettoyer les canaux et rivières, non pas « en temps chaud et calme, » mais « du matin et avant le soleil levé » (D^’ Gaplet, La peste à Lille au XVIPsiècle, in-8, 1898, p. 59).

Il est nécessaire, dit Tavis des médecins d’Agen, « de faire nettoyer les puits, Teau desquelz nous employons à nos uzages ordinaires, affîn de la rendre moings disposée à contracter de la corruption. » Défense de laver aucun linge (( aux fontaines et pu}^s publics » (Rouen). Il ne convient pas de laisser les fruits à Pair, surtout dans les endroits où passe le char dés morts.

«Commandement à tous les habitants qu'ils n’ayent aucunement manier et poteller aucune chair ou viande qu’ils veulent acheter aux bancs à bouchers, fors seulement qu’ils marchandent avec un petit bâton blanc » (Lièvre, Angoulème^ op. cit., p. 6).

Les boutiques de Milan (1576) sont fermées par des grilles, les acheteurs n’y peuvent entrer Les marchands de vin de Florence (1630) font couler ce liquide par un long tuyau dans la bouteille de Tacheteur ; ils reçoivent l'argent sur une petite pelle et le jettent de suite en un vase rempli de vinaigre (Papon, La peste^ op. cit., II, p. 28).

35. Li mercanti à i loro banchi stavano ritirati dentro d’esse botteghe, porvedendo 6 con sbarra, 6 con altro, che le persone non potessero entrar in esse » (Besta, op. cil., 41 v°.) L’an 1613, des gens de Vevey, où régnait la peste, vinrent chercher des préservatifs à Genève, apportant, pour les payer, leur argent dans du vinaigre (Léon Gautier, op. cil., p. 16).

LES MALADIES ÉPIDÉMIQUES

Les vêtements et objets mobiliers sont les véhicules de la peste aussi, le 25 avril i 637, fait-on appeler les gagères de Genève, pour leur défendre de vendre, de trois mois, des habits ou hardes, soit de maisons qui ayent été infectées, soit d’autres (Léon Gautier, op, cit.^ p. 15).

« L’on ne peut vendre, à Lille, n’y faire vendre ou acheter, marchandise, bien, meuble, ni autres choses quelconques venant de lieu infecté, sur peine de fustigation ou autre punition arbitraire » (D^' Caplet, Lille, op. cit., p. 57).

De grands feux, allumés dans les rues et les places, paraissent de bons préservatifs ; à Saint-Flour, on emploie, pour cela, du foin et de la paille mouillés répandant beaucoup de fumée.

Les chiens et les chats continuent à être accusés de propager le fléau ; on leur fait une guerre acharnée. Le préposé aux vivres des pestiférés de Genève reçoit une arquebuse pour tuer « les chiens qui vont de nuict autour de l’hospital. » Il est question, dans presque tous les règlements, de chasser ou d’assommer ces animaux

Guerre aussi déclarée aux pigeons et aux autres bêtes domestiques, aux porcs notamment. Il est interdit, à Lille, de nourrir chez soi, en temps d’épidémie : « chiévres, bouckz, pourcheaux, truyes, lapins, oysons et annettes (canards) » ; une amende de dix livres frappe les récalcitrants (D^’ Caplet, op. cit., p. 59. Prudhomme, op. cit., p. 137).

Des prescriptions compilées à Dijon, 1594-1597, résument la question : « Pour à quoy remédier (à la peste) il faut premièrement prier Dieu qu’il nous départe bénignement un air serein, et salubre, et monde; et il faut de notre part le rendre tel, au mieux qu’il nous sera possible.

36. La peste est apportée à Colberg (1624) par une jupe de velours achetée à Dantzig- et avec laquelle une servante se proposait de briller un jour de marché (Lammert, op. cit.., p. 65). « Lorsque la peste régnait à Londres, la contagion fut communiquée par un paquet de hardes au village très éloigné d’Eyam, près de Tideswell. » (HoAvard, op. cit.., in-4, p. 24.)

37. Grand et Boudet,|op. cit.. p. 78. Voir aussi : Guichard, Peste de Digne., op. cit., p. 43. Langlet, Reims, op. cit., p. 105.

38. A. Magen, op. cit., p. 27. Léon Gautier, Genève, p. 17. « Ghe si ammazzassero gli cani, et altri animali che si trovavano nelle case infette » (Besta, op. cit., î° 12 A). « A. Bernardin-Louis Ghambon, huit solx pour avoir enterer quantitté de chiens et chats questoient hors la ville aux lisses. » (Gompte de 1629). Guichard, Digne, op. cit., p. 43, en note.

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