Ann., cap 26, Nicholls, op. cit., I, p
23. Editto di S. M. che proibisce il mendicare nelle città di Torino. La Mendicitk sbandita..., in-4°, Torino, 1717, cap. ni, p. 24-25. Cet ouvrage est du Père Guevarre.
contre ces vagabonds sans nombre « mendiant avec insolence et scandale plustost par libertinage que par une véritable nécessité. » (( Plusieurs même, ajoute-t-il, originaires de Paris, au lieu de s’occuper à des mestiers et à des professions utiles, cherchent et trouvent leur subsistance dans une mandicité honteuse, égallement contraire au bon ordre et à la tranquillité publique »
De l’autre côté de la Manche, Georges III constate avec regret (1744) que la foule des vagabonds, paresseux, gens turbulents, augmente de jour en jour -5. Philippe V d’Espagne (1745) élève les mêmes plaintes
En 1765, dans les Flandres soumises à la domination autrichienne, le préambule de l’ordonnance du 14 décembre constate : que la mendicité s’est infiniment accrue dans ces pays, par la grande quantité de vagabonds de l’un et de l’autre sexe, qui s’y est répandue, dont le nombre augmente, malgré les précautions prises à ce sujet par les ordonnances antérieures
Ces faits appellent l'attention de Louis XVI. « Il existe, dit-il, une grande quantité de mendians qui, à toutes heures et dans les rues, places et promenades de cette ville, fauxbourgs et ban-
24. Code de Louis XV, in-12, t. V. Code de l'Hôp. général, op. cit., p. 459.
25. « The number of rogues, vagabonds, beggars, and other idle and disorderly persons daily increases, to the great scandai, loss, and annoyance of the kingdom. » (17. Georg III, cap. 5, 1744. Nicholls, II, p. 37). En ce qui concerne l'Écosse et surtout l’Irlande, dont la situation pénible résulte en grande partie de l’oppression anglaise, voir Ribton-Turner, op. cit., chapt. xv-xvi, xvii. Nous aurons du reste l’occasion, dans le tome V du présent ouvrage, de revenir sur la question Irlandaise.
26. « Déclaré vagos..., el que vigoroso, sano ô robusto en edad, y aun con lésion que noie impida ejercer algun oficio, anda de puerta en puerta pidiendo limosna.... » (Real ôrden de 30 de Abril de 1745.) F. -H. Iglesias, La beneficencia en Espana, t. I, p. 341.
27. Van der Meersch, op. cit., p. 30. Dès le mois d’avril 1524, Ferdinand 1®’’ publie en Autriche un édit ordonnant à tous les mendiants capables de travailler, de quitter le pays dans l’espace de six jours ; les contrevenants sont arrêtés et punis. Quatorze édits semblables sont promulgués du 1®" janvier 1542 à mai 1564; vingt autres paraissent dans le cours du xvii® siècle. Une ordonnance de l’Empereur Léopold I®®, du 16 janvier 1679 prescrit à tous les pauvres indigènes de porter l’emblème de la ville de Vienne et défend aux autorités des campagnes environnantes, d’envoyer leurs pauvres dans la capitale. Cette mesure n’atteignant pas son but, la mendicité est interdite par une ordonnance du 26 mars 1693 ; un nouvel établissement charitable pouvant recevoir douze cents malheureux et cent étudiants pauvres, est créé (1698-1700).
LES LOIS CONTRE LES MENDIANTS
lieue de Paris, mendient avec audace et importunité. » Son ordonnance du 27 juillet 1777 est si dure qu’elle n’est pas exécutée à la lettre {Code hôp. gén.^ op. cit.^ p. 468).
A Faurore de la Révolution, une ordonnance de police constate également qu’il se répand dans Paris, « un grand nombre de fainéans de toute espèce, de tout âge, dont la plupart se trouvent
en état de se livrer à des occupations utiles Que plusieurs se
permettent de mendier avec insolence, ou avec une importunité excessive. Qu’un des maux qui résultent de cette grande quantité de mendians est que les véritables pauvres se voient privés d’une partie des charités qui leur sont destinées ^8. »
Le 30 mai 1790, l’Assemblée nationale informée qu’une multitude de mendiants étrangers enlèvent journellement les secours affectés aux indigents « et propagent avec danger l’exemple de la mendicité, qu’elle se propose d’éteindre entièrement », ouvre des ateliers de travaux publics et édicte des peines sévères contre ceux qui ne veulent se livrer à aucune occupation (Gollect. des décrets, t. II, p. 476).
Citons enfin un acte du Gouvernement démocratique à Venise (août 1797) relatif « à l’intolérable licence des vagabonds et gens vicieux qui se livrent avec une si grande importunité au métier de quémandeurs »
Les plaintes, comme on le voit, sont unanimes ; les quelques exemples publiés ici — et il serait facile de les multiplier — permettent de constater le peu de résultats de ces centaines d’édits, d’ordonnances, d’Ac^s, rendus contre les exploiteurs éhontés de la charité
Tantôt les gouvernements, ceux du midi notamment, portent à Fexcès les idées de tolérance et en raison de leur faiblesse favorisent la paresse et l’oisiveté. Tantôt les chefs des Etats de
28. In-4, 4 p. Chez Nyon, rue Mignon Saint-André-des-Arcs, 1789 (collections de l’auteur).
29. Gouvernement démocratique 12 mai 1797 au 17 janv. 1198, Rivista délia Beneficenza pubhlica, t. I, p. 451.
30. « Depuis la peine de la hart jusqu’à celle des maisons de force, tout a été mis en œuvre; mais cette multitude de lois, la plupart excessives, cruelles même, par la féroce avidité des subalternes, n’en prouve-t-elle pas l’insuffisance. » De la Ghaize, Discours prononcé à l'Assemblée des Étals de 1785, sur la mendicité, in-8, 46p. Dijon, 1787.