Uhlhorn, op. cit., p
* 2. M Quod cum primum locum Maji^islri fratris sacerdolis vacare contif^erit, nos loco ipsius quendam fratrem habilem et ydoneum, sacerdotem. quaniumpoterimus, qui magister dicte domus. fratrum et sororum ipsius sit. jure nostro ponemus »> (Léon Le Grand, Léproserie de Pon toise, année iSfS, statuts, p. 232). Il s'agit il est vrai d'une maladrerie, mais le registre dc5 visites, tant de fois cité, nous montre que les maîtres peuvent être transférés indifféremment d'un Hôtel-Dieu à une léproserie et vice versk.
3. Inv. Seine-et-Marne, Meaux, p. 135. L'Hôtel-Dieu Monseigneur Saint-Jacques de Melun a pour malgré en 1 508 unprétre licencié en décrets ^même inventaire, p.235).
4. Conc. Andegavense, 1365, can. XXL De religiosis domibus : « Irrefragabili statuto prohibemus. ne illiqui de consuetudine, de jure, vel fundatione, in nostra provincia eleemosynarias, leprosarias. Xenodochia. vel domos Dei habent committere, quocumque colore sibi quœsito. pecuniam vel quicquam aliud. ratione commissionis, sigilli, vel littcrœ recepiant. Quod si contrarium fecerint, et contra nostram prœsentem constitutionem aliquid receperint, excommunicationis sententiam incurrant ipso facto > (Mansi, XXVI, p. 435).
Les bulles et autres actes sont adressés généralement au maître et aux frères (parfois aussi aux sœurs) de tel ou tel établissement : « Dilectis (iliis magistro et fra tribus hospitalis (N.) salutem et apostolicam benedictionem. »
Sans entrer dans le détail des attributions du maître, ce qui trouvera sa place lors de Texamen de la vie intérieure au sein des asiles, nous pouvons constater dès maintenant qu'il a la mission de conserver les droits et biens de Thôpital : « Juraque hereditaria ipsius hospitalis in bono, decenti et convenienti statu ponet, manutenebit et dimittet. » Il ne doit rien détourner ni aliéner et est tenu de revendiquer ce qui pourrait être usurpé : « nec aliqua ex eis distrahet, alienabit seu vendet in damnum seu prejudicium dicti hospitalis, sed distracta, vendita seu alienata pro viribus recuperabit. » Il doit appliquer exactement aux pauvres les revenus de la maison : <( Christi pauperes et miserabiles personnas ad dictum hospitale affluentes misericorditer recipiet et eisdem de bonis ipsius hospitalis caritative distribuet et ministrabit juxta et secundum vires et facultates dicti hospitalis » (De Charmasse, Hâp, (TAutun^ op. cit,, p. 200).
En règle générale tous les maîtres sont tenus de rendre leurs comptes aux évoques ou aux autorités qui les nomment •'*. C'est aussi au nom du maître et des frères (en ajoutant quelquefois les sœurs) quo se passent les contrats intéressant rétablissement. La communauté a un sceau que le maître appose^ sur les pièces pour les rendre authentiques.
Si la majorité des asiles sont dirigés par des maîtres, prêtres ou simples frères, soumis à la règle dite de saint Augustin^», il y a un nombre élevé de maisons confiées à des laïques.
En premier lieu, ces petites hôtelleries destinées aux voyageurs et aux pèlerins, situées le long des anciennes voies romaines, au gué des fleuves, dans les endroits écartés et dange-
5. Ces recteurs doivent faire inventaire en prenant possession : « Item statuimus, quod priores et rectores ecclesiarum et hospitalium pauperum, et omnes alia bénéficia ecclesiatica obtinentes, faciant inventarium de omnibus bonis immobilibus et mobilibus in principio sui regiminis infra mensem u (Concilium Arelatense. 1275, can. VI, Mansi, XXIV, p. 148).
6. Nous ne parlons pas bien entendu des hôpitaux vclevant des abbayes ou des ordres nionasliques voues au soulagement des malades, tels que le Saint- Esprit, etc. Ces établissements ont à leur tète un commandeur.
l'administration des établissements hospitaliers 103
reux, sont ordinairement desservies par une seule personne (homme ou femme), que les documents du Lyonnais désignent sous le nom de : recteur ^ reclus ou recluse"^.
En dehors de cette catégorie d'asiles, d'autres établissements n'ont pas des administrateurs ecclésiastiques ou réguliers,
A Guingamp (Bretagne) l'hospice créé par Charles de Blois a pour directeur un notable de la ville que choisit la communauté des habitants.
L'hospice du pont du Rhône, à Lyon, placé sous le patronage immédiat du consulat, est gouverné tantôt par une veuve ^ tantôt par un simple laïque (Guigue, Hôtel-Dieu du Pont du Rhône, op. cit., p. 285).
En 1383, l'hôpital du Saint-Esprit d'Autun a pour admistrateurs deux époux, la femme figure dans les actes au même titre que son mari : « Vendit discreto viro Odeto Olearii et Aldini ejus uxori, rectoribus domus Dei » (De Charmasse, p. 214).
A Douai, le magistrat désigne les quatre rewards ou administrateurs de la maison des vieillards, dite les Chartriers (Brassart, Notes, op. cit., p. 7).
Les consuls de Genève chargés des asiles que fonde la famille des Versonay députent quelques-uns d'entre leurs membres comme directeurs. Dans cette même cité, nous rencontrons un fait curieux : en 1419, le recteur de l'hospice Saint- Jacques, Girardus Fabri, n'ayant plus les loisirs de remplir ses fonctions, assez absorbantes^, les confie à un ménage — Perret du Bochet et Agnessonne sa femme — aux conditions suivantes : mener une vie honnête, recevoir avec bonté les pauvres, les
7. Guigue, Les voies antiques du Lyonnais déterminées par les hôp. du Moyen Age, in-8, Lyon, 1877, p. 12. Ne pas confondre ces personnes avec les reclus elles recluses qui, pour se séquestrer du monde, s'enferment dans un étroit réduit à la porte des églises.
8. « Quod cum dictum hospitale egeat administratorc ad recipiendum, visitandum Christi pauperes, in dicto loco pro suis necessitatibus ipsorum succurrendis ut moris est et interest ibidem quod horis continuis de die in diem necessarium est circa quod ipse dominus Girardus Rector predictus certis negociis impeditus ad hoc vacare non potest » (Chaponnière, op. cit.^ p. 220 et 390).
Vital Caries, par son testament de 1390, exige qu'à la tète de Thôpital de Bordeaux soit placé un gouverneur laïque ayant la haute main sur tous les services. Des ecclésiastiques occupant les charges d'archidiacres, etc., doivent, de concert avec les condonats de la maison, élire ce dignitaire.
secourir autant que les ressources de la maison le permettent, conserver avec soin : lits, meubles et ustensiles. Recouvrer les recettes et rendre compte au recteur actuel ou à ses successeurs.
On peut signaler également, en Italie, l'intervention des pouvoirs publics dans la gestion d'administrateurs ecclésiastiques. Le duc Alexandre de Médicis, imposé par la force à la cité de Florence (1450), pense que le bien de la République exige que des établissements importants comme lo spedale di Santa Maria nuova ne restent pas indépendants de TÉtat. Il charge des nobles, des enquêteurs compétents de vérifier la comptabilité de cette maison, de s'assurer de la rentrée des revenus, de leur bonne et exacte afTectation.
C'est à Pistoie que nous voyons l'hôpital del S, Desiderio, dirigé par une confrérie, avoir à sa tête un recteur laïque^ « rettore o spedaliere » ; il doit être âgé d'au moins trente ans, célibataire, ou marié sans enfants. Ce recteur prête serment à l'issue d'ime messe célébrée à cette intention ^.
Dans cette ville, passée en 1403 sous la domination de Florence, l'hospice del Cepo, d'abord aux mains d'une confraternité, est sécularisé (1439), quatre citoyens désignés par la municipalité en deviennent les administrateurs *o.
On rencontre enfin des exemples d'administration mixte ; la partie spirituelle appartenant au clergé et la gestion temporelle aux laïques ^^
RentTv^ dans cette dernière catégorie Taumônerie Saint-Clément de Nantes. Pendant plusieurs siècles cette institution a un seul administrateur qui remplit les triples fonctions : de