L'ARCHITECTURE HOSPITALIÈRE AU MOYEN AGE
La plupart des établissements charitables des x«, xi«, xii® siècles ne ressemblent en rien aux constructions plus récentes. Il s'agit de pauvres asiles ouverts très souvent dans la maison du fondateur. Ou bien encore d'une demeure achetée à des particuliers et affectée de suite à la réception des passants, des pèlerins, ou aulogement de quelques malheureux. Ces abris sont, selon les circonstances, fondés soit aux portes des cités de manière à recueillir les voyageurs attardés, soit dans les quartiers pauvres d'une ville. Ce fait se présente partout ^.
A Saint- Affrique (Rouergue), Thôpital de Plazane-Roumino s'élève sur remplacement de la maison du fondateur et contient sept lits garnis (1329) ; Thôpital Saint-Jacques de Grenoble (1329), que crée un banquier florentin et sa femme, occupe le rez-de-chaussée d'une modeste construction où les charitables
1. Principaux documents consultés : C. Dormois, Not. hist, sur l'hôp. de Tonnerre, in-8, 23P p.. planches, Auxerre, 1853; Verdier et Cattois, Arch. civ. et domest. au Moyen Age et à la, Renaissance, 2 vol. in-4, 1855-1857 ; Gaetano Caimi, Notisie stor., del grand' ospitale di Milano, in-8, 48 p.. Milano, 1857; F. Azzurri, / nuovi restauri delV archiospedale diS. Spirito in Saxia, in-8, 108 p., Roma, 1868 ; Paul Durand. Deux lectures sur l'ancien Hôtel-Dieu de Chartres, détruit en 1868^ in-8, 16-14 p., deux gravures, Société arch. d'Eure-et-Loire, 1866-1868 ; Viollet-le- Duc, Dict. raisonné d'archit., t. VI, 1875. au mot Hôtel-Dieu, p. 99 à 120 ; Louis Cyroi, Les bâtiments du grand Hôtel-Dieu de Beaune, not. chron., 1443-1878, in-8, 78 p., Beaune. 1882; Abbé E. B. (Bavard). VHÔtel-Dieu de Beannc, 1443- 1880, d'après les docum. recueillis par l'abbé Boudrot, in-8, 365 p.. planches, Beaune, 1881 ; Edmond Serrure, Monog. hôp. de la Biloque, in-4, 45 p., 24 planches (texte français et flamand), Bruges, 1881 : Edmond Quantin, VHÔtel- Dieu de Beaune, descrip. sommaire, in-8, 55 p., Beaune, 1900 ; Camille Enlart, Manuel d'arch. française, in-8, 1904, chap. I~ XIII, Edif. hospitaliers, p. 43 à 52.
2. (1 Las casas de piedad entonces, si bien numerosas. eran de pobre perspectiva, escasa capacitad, y moderados emolumentos, como debidas à quienes poseian mas disposicion que medios. mas fuerza de voluntad para hacer el bien, que posibilidad material para ejecutarla. mas tendencia à socorrer, que vana gloria en prestar socorros (Miranda, op. cit., p. 16).
époux hébergent des infirmes, des nécessiteux, leur distribuant les secours qu'ils vont quêter pour eux au dehors -^
L'asile Sainte-Catherine de Paris renferme 15 lits placés en deux salles basses.
A Gharlieu, près Roanne (1473), rFlôtel-Dieu se compose d'une salle entourée d'une galerie avec 12 lits, et de trois autres petites chambres; au total, 18 lits^.
Le nombre des administrés peut être de trois, quatre, sept, ce dernier chiffre est très fréquemment adopté''.
Lorsque rétablissement a une certaine importance, il possède, nous l'avons dit, une chapelle, un cimetière. La salle des malades est alors plus vaste et abrite vingt, vingt-cinq lits, comme la Maison-Dieu de Lagny, près Paris®, diverses chambres restent affectées au personnel.
La salle principale de Dracy-Saint-Loup (Bourgogne) contient six malades ; elle est séparée de la chapelle par une arcade^.
La maison de Villefranche en Beaujolais a six chambres, dont quatre affectées aux pauvres (1470)^.
L'hôpital des pestiférés de Genève comprend seulement une salle assez vaste au rez-de-chaussée et plusieurs petites pièces au premier étage ; en tout vingt-trois lits ^.
D^uno manière générale, les asiles dépendant des monastères empruntent le caractère de ces maisons monacales et se distinguent, dès ces époques reculées, de fondations dues souvent à des bienfaiteurs plus riches en bonnes intentions qu'en ressources réelles.
Mais il est évident qu'aussitôt que les circonstances le permettent, lorsque les communautés d'habitants, les corporations *^