Beauchet, op. cit., p
10. « MÔnche "warcn damais auch Acrzte » (Ratzinper, op. cit., p. 310). « Un statut du chapitre général de Citeaux nous apprend qu'il y avait des moines et des convers médecins dans les abbayes cisterciennes. Ces médecins ne se contentaient pas de soigner les religieux malades, on les voyait quelquefois faire des voyages, découcher et abandonner tous les exercices monastiques pour aller soigner les étrangers, même des séculiers » (D'Arboisde Jubain ville. Étud. surVintërieur des abbtiyes cisterciennes, in-8, 1858, chap. XII, p. 224). Dans la révolte de 1381 en Angleterre, on trouve au nombre des victimes un /ranct^cam, chirurgien du duc de Lancaslre (A. Reville, op. cit., p. xc).
religieux pour lesquels la pratique médicale et l'amour du gain remportent sur les autres obligations de leur état *^
Les conciles interviennent aussi, et interdisent aux clercs les opérations où Ton emploie le fer et le feu : « Quœ ad ustionem vel incisionem inducit. » Ils répriment également chez ces praticiens la soif du lucre : v leges] temporales et medicinam gratia lucri temporalis addiscunt **. »
Peu à peu l'enseignement de la médecine s'étend, se régularise ; les Universités se créent. Celles d'Espagne, d'Italie, de Paris, de Montpellier jettent un vif éclat. Médecins de robe longue, chirurgiens de robe courte, barbiers, engagent une lutte séculaire au sujet de leurs privilèges respectifs*^.
Il n'est donc pas surprenant que les documents ne signalent pas de praticiens attachés aux établissements hospitaliers des x*^, XI® et xïi* siècles ; ce sont les frères, les religieux, qui se chargent, avec plus ou moins de savoir, du soin des malades.
En effet, ainsi que le remarque d'Arbois de Jubainville [op, cit. y p. 224), si dans les abbayes cisterciennes le chapitre général de 1157 défend aux religieux l'exercice abusif delà médecine, il n'empêche nullement ceux d'entre eux qui possèdent des connaissances médicales de secourir les indigents, les pauvres, « pourvu que l'accomplissement des devoirs de la vie monastique ne soit pas interrompu. » Au sein des établissements hospitaliers on rencontre aussi des clercs « nourris des préceptes dé Gallien, se formant une pratique, des sœurs appliquant les secrets de l'expérience populaire ^'*. »