CHAPITRE P
LES AUiMONES DES MONASTÈRES, DES ÉGLISES DES HOPITAUX ET DES PARTICULIERS.
§ l^, — Les prescriptions des conciles.
L'Eglise ne varie pas dans son enseignement. A Tépoque qui nous occupe, Faumône reste un devoir qu'il faut accomplir avec charité en vue de Dieu : « Eleemosyna est opus quo datur aliquid indigenti ex compassione propter Deum ^ »
On ne doit pas fouler aux pieds les petits : « Ne quis pauperes homines rapinis vel captionibus vexaret 2. »
Tout ce qui appartient au clergé continue à rester le patrimoine du pauvre : « Quicquid habent clerici pauperum est -^ »
Le concile de Ravenne (1286) accorde une année d'indulgence : aux évêques qui nourrissent quatre indigents chaque jour de la semaine k un repas; aux abbés s'ils en reçoivent deux, et aux autres prélats, doyens, archidiacres accomplissant la même œuvre envers au moins un de ces infortunés *.
Ces règles s'établissent partout au fur et à mesure de la propagation du christianisme. En Dalmatie, les dîmes et les oblations des fidèles sont divisées en quatre parties : l'Évêque, les Eglises, les Pauvres, les Clercs en ont chacun une. L'évêque, selon la coutume, administre la portion réservée aux indigents : « Portionem quidem pauperum Episcopus administret •''. »
t. S. Thom. Aquin, Samm. theoL, 2-2, qu estio XXXri, art. I.