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IIélyot,op. cit., VII, p

30. « In frontispicio et vestibulo Hospitalis stant hydriœ et urnœ duac, quarum altéra coctam habent, altéra crizam, id est aquam ex ordeo, a quo loco universa Civitas eas aquas libère in usuro suorum languentium petit : ibi notandum est, quod diebus quibusve, pari numéro cœquato, cadi X aquas et ptisanas erogantur in populum » (Passerini, op. cit., p. 866). A Milan. 1497, sur le conseil d'un dominicain, la confrérie di S. Corona ouvre une pharmacie gratuite pour les pauvres ; cet exemple est suivi pard'autres villes lombardes fMaiçenta, op. cit., 2» parte, p. 591.

31. Principaux ouvrages consultés : Petitti di Roreto, Sngfiio snl huon governo délia mendici7à, in-8,Torino, 1837, vol. II. — Vanderstraeten, Hech. sur les communautés religieuses et lesinst. de hienf. établies h Audenarde. in-8, 169-236 p., Audenarde. 1858. — A. de Schodt, Héreaux de hienf. de la ville de Bnigef, m-H, 2is p., planches. Bruxelles, 1873-1878. — Briquet, Les élah. charitables de Niorl, X*- XV III* siècle {Mém. Société des Deux-Sèvres, 2» série, t. XX, 1882, p. 1 à 80.) — Brandt de Galametz, La (axe des pa ut) res à Abheville en foSS. Elud. sur V assistance avantcelte époque, in-8, 120 p., Abbcville 1883. — Abbé Leuridan, La table des pauvres à Roubaix, in-8, 91 p., 188». — Chavanon, Les tables des pauvres en Artois, in-8^ 7 p., Arras, 1902 ; Abbé Alliot, Visites archidiaconales de Josas^ in-8, xxxix-450 p., 1902.

les comptes municipaux quelques allocations, quelques aumônes, mais le chiffre en est peu élevé '^*^.

11 existe cependant des fondations gérées par les municipalités. Ainsi à Limoges, les aumosnes saint Ccran et les pains de xVoé7 proviennent de rentes foncières fort anciennes. Les consuls de cette ville ont de plus le droit d'avoir une caisse de charité [archam />aw/)eram) qu'alimentent des dons volontaires, des legs et même une taille levée sur les citoyens -^-^

A Niort, distributions abondantes de pain le 3 mai, jour de rinvention de la sainte Croix — charité de la Blée — œuvre ancienne mentionnée dès Tan 1304, et qu'administrent le maire et les échevins ^'*.

Nous voyons les échevins de Douai instituer, en 1317, une commune aumosne et nommer cinq personnes chargées de recevoir et de distribuer les dons affectés aux malheureux (Brassart, Notes^ op, cit., p. I).

En vertu des « Costituzioni politiche » de Gênes, 1413, on désigne, un peu avant Noël, quelques hommes probes appelés : (( officiâtes miscricordiae », auxquels incombe le soin de provoquer et de répartir les offrandes faites aux indigents ^'^

Mais pour trouver un ensemble complet d'institutions en faveur

32. « On peut s'en convaincre en voyant figurer seulement à Saint-Omer, dans le compte de 1413, sous les rubriques «• dons d'aumosnes »> et « despenspourpovres personnes » une somme totale de quatre-vingt-cinq livres, neuf sous, six deniers »• Giry, Élud. sur Les Inst. municip. de Saint-Omer, in-8, 1877, p. 269-270).

33. Luchaire, Manuel, op. cit., p. 140. — Louis Guibcrt, Livres de raison limousins, in-8, 1888, p. 24-25. «• L'usage calait établi, dès le xni* siècle, que tous les dons de quelque importance faits à ces aumônes fussent mis en rentes» (même ouvrage, p. 171).

34. « On distribua aux pauvres le 3 mai 1 488, 6.720 pains de 24 onces, 360 miches de 20 onces, et 860 fouasses d'une livre; c'est-à-dire 11.390 livres tant en pains qu'en fouasses »> (fouasses, espèce de pâtisserie grossière fort commune en Poitou) (A. Bricjuet, op. cit., p. 14 et 15). Il existait aussi une charité de même non à Vendôme (Tremault, .\ss. pub. dans la ville de Vendôme avant 1789, p. 4).

35. L'organisation définitive de cette institution, qui dura jusqu'en 1797, remonte au décret gouvernemental du 23 janvier 1419 (Petitti di Koreto, op. cit., p. 225). A Felletin. ville de la Marche, la municipalité loue à long bail des terrains communaux et utilise les rentes en provenant au service des charités. « Les consuls placent au premier rang l'obligation de donner des secours aux malheureux et n'hésitent pas à employer en distributions de pain et de seigle la partie de beaucoup la plus importante des revenus de la cité » (F. Aulorde, Les charités de la ville de Felletin [Creuse) au XV' siècle. Sotice historique^ in-8, 119 p., Paris et Guéret, 1897).

312 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. — TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE l^*"

de la classe besoigneuse, il faut arriver aux Tables des pauvres ^ si répandues dans les Flandres et les pays circonvoisins.

« Les Tables des pauvres, écrit Tabbé Leuridan (o/). ci7., p. 1 à 10), appelées aussi, suivant les lieux : Table du Saint-Esprit, Table-Dieu, Manse des pauvres, Carité des pauvres. Charité et Pauvreté, occupent en Flandre le premier rang parmi les œuvres charitables organisées dans les villes les plus importantes, comme dans les plus humbles paroisses. Elles apparaissent successivement dans chacune d'elles presque toujours dès la fondation même de la communauté.

« Aux magistrats préposés au maintien de Tordre et de la propriété dans les communautés, incombe nécessairement une partie du soin des nécessiteux ; il est donc naturel de voir remettre entre leurs mains les biens destinés à leur soulagement. Ces sortes de largesses se multipliant, les magistrats se constituent des aides et confient particulièrement à Tun de leurs membres l'administration de la charité publique.

« Dore en avant, dit une délibération de Téchevinage d'Abbeville, 1313, eskevin de l'année recheuront les chens des aumosnes ^^\ »

Ces tables sont généralement municipales, les échevins, s'ils ne les dirigent pas, en ont au moins le contrôle. Cependant elles peuvent être antérieures à la constitution des communes, leurs administrateurs se trouvent alors, à cette époque reculée, nommés par les seigneurs (Leuridan, op. cit,^ p. 41) ^7.

Les ressources des tables des pauvres proviennent de biens urbaux ou ruraux, de cens, etc. On rencontre à l'origine les dons de la charité des particuliers (Chavanon, op. cit., p. 5). Elles soulagent toutes les misères des habitants de la localité : vieillards, infirmes, veuves, femmes en couches, aliénés, orphelins, enfants trouvés.

Les distributions ont lieu plutôt en nature qu'en argent; elles

36. BrandtdcGalameiz, op. cil., p. 6 ; Brassart, Noies, op. cit.^ p. 85 ; Chavanon, op. cit., p. 7 ; Vanderstraeten, op. cit., p. 139.

37. Ces administrateurs portent le nom de : Panvriseurs, mainhourgs, ministres des pauvres, maîtres descarités, gouverneurs de la carité des pauvres^ charilables des pauvres, pourchasseurs {(luèieurs)^ receveurs^ entremetteurs des pauvres (Leuridan, op. cit.^ p. 11.

consistent en vêtements, blé, grains et autres produits alimentaires.

A Bruges, on remet aux participants des jetons ou méreaux qui rappellent les distributions alimentaires de la Rome impériale (H. de Schodt, op, cit.^ p. 172; Vanderstraeten, Audenarde^

L'assistance médicale à domicile est peu répandue faute de praticiens ^. Quant aux sages-femmes, les habitants des communes rurales doivent en choisir une. Les visites archidiaconales de Josas, dans la seconde moitié du xv® siècle, offrent de nombreuses preuves de ce fait. Le visiteur enjoint aux curés d'inviter en chaire leurs paroissiens à remplacer une sage-femme morte ou changée de résidence : « Non est obstetrix, et ob hoc unam injunximus eligi » (n° 66, Rungis). c( Injunctum fuit etiam curato, sive priori, ut dicat* in prono suo, quod mulieres ville eligant unam obstetricem, infra quindecim dies » (n° 4,Nanterre). « Non erat obstetrix ; quare injunximus matriculariis, ut diligentiam adhibeant, qua eorum mulieres necnon parrochianorum ejusdem loci, infra festum beati Johannis Baptiste, unam eligant sub pena emende » (n° 20, Bièvres).

La science de ces sages-femmes laisse encore malheureusement beaucoup à désirer.

S 4. — Le dévouement personnel des fidèles en faveur des pauvres

non hospitalisés.

Nous allons ici être exposé à des redites ; il est passé en proverbe qu'à la guerre ce sont toujours les mêmes qui se font tuer; les luttes de la charité contre la misère présentent le même spectacle. Des âmes d'élite qui portent leurs consolations aux malades des hôpitaux, qui ne craignent pas de soigner les

38. Le règlement de la communauté des chirurgiens de Paris, 1370, sous Charles V, les exempte de la charge défaire le guet parce qu'ils prennent rengagement- de soigner gratuitement les pauvres : « Attento quod dicti exponentes se sponte offerunt pro Nobis et remedio anime nostre... gratis visiluros et preparaturos pauperesqui in hospitalihusrecipi non possunt, et qui eorum visitationibus et remediis indigcbunt «> {Ordonn., t. V, p. 323).

lépreux, aiment encore à visiter les malheureux dans leurs taudis et à assurer aux solliciteurs affamés d abondantes aumônes.

La mère de saint Bernard nous offre un modèle de ce pieux cumul.

Cette vénérable femme, Aalays, entre autres bonnes œuvres, a coutume de parcourir le voisinage à la recherche des infirmes, des indigents et de leur donner le nécessaire en prenant sur son propre bien : « Circuire domos, exquirere pauperes, infirmos et egenos. » Elle a un soin tout particulier des boiteux, des malingres ; dans les services rendus elle n'a pas recours à des serviteurs, tout est fait par elle-même :« Claudorum etiam atque debilium maximam habebat curam ; non servis, non aliis utens ministris ad hœc officia peragenda, sed per semetipsam hoc agens, ad eorum habitacula veniebat. »

On la voit en outre avec une extrême • dévotion servir les malades des hôpitaux, leur préparer les aliments, nettoyer les ustensiles dont ils font usage ; accomplir en un mot, les offices les plus vils ^^.

Cet attrait vers toutes les œuvres de charité n est point rare dansTEglise,

Saint Gérard, 35* évêque de Toul, f 994, nourrit un grand nombre d'Irlandais et de Grecs que la misère des temps chasse de leur pays. Il se multiplie pendant les famines et les pestes qui, à la suite des guerres, désolent le Toulois ^^.

Saint Aderald, archevêque de Troyes, f 1004, possède une liste de tous les malades et indigents de sa ville épiscopale. Il va les visiter, accorde à chacun ce qui lui est indispensable, et accompagne ses largesses de consolantes paroles^^.

Saint Elphège, archevêque de Cantorbéry, -j- 1012, ne renvoie jamais un pauvre sans lui donner. Les ressources ordinaires faisant défaut il « ordonne de distribuer les Ihrésors de l'Eglise », enseignant ainsi « que TEglise possède ces richesses, et ces ornements sacrez, afin qu'elle en tire de l'honneur dans les temps

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