ÉPITAPHE DE GERMAIN DE CHARMOY > CHANOINE D’AUXERRE
EN LA CHAPELLE DU CHARNIER DU GRAND HOPITAL (i).
« Ce gist en ce charnier avec les pauvres, vénérable et scientifique personne, maistre Germain de Charnioy, chanoine d’Auxerre et prieur commendataire de Jully le Chaflot, curé des églises paroissiales de Merry-Sec et Pourrain ; lequel en son vivant a donné pour une fois aux Grandes-Charités, la somme de 1200 livres, par iceulx être employés à la nourriture des pauvres dudit Hôtel-Dieu par gens nommés par la conclusion générale de la ville et aussi a été par icelle conclusion crée controlleur d’iceulx deniers et autres desdites charités, honorable homme Jean de Charmoy, et après lui le plus ancien de ceux du nom successivement l’un après l’autre, desquels deniers ont été acquittés : les Vannes-Faste-Saulce qui en consistent en prés portant regain, biez à faire moulin et pescheries, qui peuvent valoi par chacun an 60 livres de rente; plus une métairie assise à Migennes, laquelle est consistante tant terres et prés, chenevières et vignes assencées par chacun an 60 bichets de bled, froment et un porc de 4 livres; et le reste de ladite somme a été baillé à rente rachetable à plusieurs personnes. Et depuis son trépas ont été réédifiées par son ordonnance et dernière volonté la chapelle du charnier et aussi un grand corps de maison dans le jardin dudit Hostel-Dieu de la Magdelaine, où il y a 4 chambres et garderobes, dont l’une est garnie de tous et un chacun des meubles de la chambre où est décédé ledit défunct du cloistre. Et ont acquis les exécuteurs de sa dernière volonté une maison de bien grande étendue près l’Hostel-Dieu Saint-Vigile; laquelle a été baillée à la ville pour en faire le Grand Collège, à la charge toutes fois que les maistres et les enfans sont tenus de dire tous les jours après le salut, miserere mei Deus , à haulte voix, avec les Collectes : Deus veniœ largitor, inclina, et fidelinm. Et aussi sont tenus lesdits maistres et enfans, aller processionnellement avec deux cierges chacun de quatre livres, le quinzième your de novembre dire vigiles à neuf leçons avec chappes; et le lendemain grande messe à diacre et sous-diacre en ladite chappelle du charnier. Et aussi sont tenus les maistres montrer à trois jeunes enfans, lesquels
(1) Archives de V Hôtel-Dieu d’Auxerre . H. supplément 2484.
CLD
seront nommez par honorable homme Jean de Charmoy : Et aussi sont tenus les Fabriciens de l’église paroissiale Saint-Mamert d’Auxerre faire dire tous les dimanches de l’an par leur curé ou vicaire étant revestu de son aube à l’issue de la grande messe : miserere mei Dens avec les Collectes dessus dictes, sur le pertuis du charnier auquel le deffunt est inhumé. Et pour entretenir cette fondation a esté baillée aux dicts fabriciens la somme de quatre livres tournois de rente, comme il appert par le traité fait avec eux, signé : Guille, notaire, lequel de Charmoy décéda le 15 e jour de novembre 1535.
« Prions Jésus-Christ que l’âme dudit fondateur soit en vray repos. Amen ».
NOTE SUR LA CAPACITE CIVILE DES LEPREUX (D'après un texte des Archives de /’ Yonne).
Un acte relatif à une lépreuse nommée Jehanne, épouse de Denis Garnier, de Saint-Florentin, nous prouve que les lépreux avaient le droit de tester, puisque cette femme, « quoique atteinte de la lèpre », « licet morbo lèpre infecta », a voulu disposer de ses dernières volontés « de sua voluntate disponere ». O11 lit en effet dans ce texte : « Ne dies extrema ipsam inventât improvisant, testamenium siium condülit et de sua ultima voluntate disposait, et de rebus suis sibi a Deo collatis ordinavit in modo qui sequitur et in formam : « Legavit fabricœ ecclesiœ parrochialis de dicto Sancto Florentine decem solidos turonensium; capellano suo quinque
solidos turonensium et clericos suo très solidos turonensium Item ipsa
teslalrix legavit monaslerio beati Emondi de Pontiniaco e liant prima missa ibidem celebranda pro animœ ipsius iestatricis remedio et sainte, duos solidos turonensium ».
Ainsi cette lépreuse a légué à la fabrique paroissiale de Saint-Florentin 10 sous de Tours; à son chapelain 5 sous; à son curé 3 sous;
à la fabrique de l’église d’Auxerre, 2 sous ; au monastère de Pontigny 2 sous de Tours pour qu’on dise une première messe pour le repos de son âme, etc.
Il résulte donc de ce texte qui date du xiv e siècle (année 1373) que les lépreux avaient le droit de tester.
Table des Matières
Pages