‹ Histoire de la chevalerieChapitre 19 sur 20 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Ordres clie?atere8<pies.

.Pour compléter l'Histoire de la Cheyalerie» il nons reste à parler des ordres chevaleresques , institutions particulières , nées du sein de l'institution générale. Les bornes que nous nous sommes prescrites dans cet ouvrage ne nous permettent pas d'entrer à cet égard dans de grands détails, car l'histoire de plusieurs de ces ordres^ pourrait fournir à elle seule la matière d'un livre bien plus étendu et plus volumineux que celuici » où nous avons eu principalement pour but de présenter un tableau de la Chevalerie historique et militaire proprement dite.

Ces ordres , ou associations paurticolières de cbcnrdierB , peatent se diviser «d trois classes : la première comprend ces sociétés fabujieiises qui n'ont d'existeàce qm dans les romans , leb que les chevaliers de h Table Ronde; la secoodeles ordres sérieux , nés la plupart des croisades , ayant un but réel » et dont les principaux sont , les Templiers , l'ordre de Saînt-Jean-deJémsalem. Tendre des chevaUers Teutoniques, etc.; la

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troisième , enllo , se compose dés ordres purement honorifiqaes et qae Ton pourrait même appeler frivoles , n'ayant aucun but important , tels que Tori^re de la Jarrc^tière , celui de la Toison-d'Or» etc. Nous 'Ue parlerons pas des chevaliers ès-lettres et ès-lois , ni de la cheyalerie des dames , toutes institutions modernes , et qui annonçaient la décadence de la chevalerie primitive qui fait Tobjet de cet ouvrage.

Lacurne de Sainte-Palaye prétend que la table ronde était une espèce de réjouissance et de fête d'armes > ïi peu près comme les tournois et les joutes; c'était une sorte de combat d'honneur , ainsi nommé » parce que les chevaliers qui y avaient combattu , venaient au retour , souper chez celui qui avait donné cette fête» où ils étaient assis à une table ronde. Cette forme avait été adoptée afin qu'il n'y eût aucune distinction dans leê places qu'occupaient les convives. Matthieu Paris, historien du treizième siècle, parle d'un jeu solennel de la table ronde, qui fut célébré l'an 1252 , pendant l'octave de la fête de la Nativité de la sainte Vierge, près de l'abbaye de Waldeo« Voici comment il s'explique : < La » métàid année j des chevaliers, voulant entrete- 9 air par un exercice militaire leur adresse et leur D courage , résolurent à l'un^niiiiité d'essayer » leurs forces» non pas dans une de ces fêtes » guerrières connues sons le non^ de Tournois, » mais plutôt dans ce jeu militaire appe}é la Ta-

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» h\6 RoQdd (i). » Hais ce» jeuxœilitmresâoQt par]pat Matthieu Paris et Sainte^Palaye , n'étaient qu'une faiUe imitation dç la célèbre e( meryetUettse Table Ronde da roi Artûis, et de ses douze compagnons, les Lancelot, les Tristan , leji Gauvin , les Blioœbéris , etc. » et tous les héros de la cour de Cramalot.

Le fameux enchanteur Merlin avait employé tout son art pour fabriquer cette table. Il avait construit les sièges qpi l'entouraient au ntimbre de treize en mémoire des treize apôtres. Sbuze de ces sièges seulement pouvaient être occupés^ et même ne pouvaient l'être que par des chevaliers de la plu^ haute rénommée ; le treizième représentait celui du traître Judas; il restait toujours vide« On le nommait le siège périlleux , depuis qu'un téméraire et orgueilleux chevalin sarrasin avait osé s'y asseoir» et que la terre s'étant entr 'ouverte sous ce siège, le Sarrasin avait été abîmé dans les flammes.

Un pouvoir magique gravait sur le dos dé chaque siège le noQA du chevalier qui devait l'occuper : il fallait, pour obtenir un de ces sièges , quand il devenait vacant, que le chevalier qui s'y p^6sentait surpassât encore eii valeur et en

(1) Anno sub eodem , milites , ut eiercilio militari suam periliàm et st^eiraîtateiti exercèrent , constltuerunl unaniml» ter ut BOB in basliliidio lUo qood cOmmyoiter tomeamenlum dicilur, sed poliùs in iUo ludo militari qai mffwa roiunda dicitar, vires suas attentarent. MaWu Paris , Hi$t. ÂngU ad annum 1^2.

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hsQts fiHts Defalt auquel Q dé$inill' raocédcr; saBs cela» ce chis'vtlinr en «était Ttolemmeot re- |>on88é par une force ineauntie ; ei, au contraffe, fl remplirait loutea les condition» exigées , 8 arrirait alors qu'au moment où le roi Artus» tenant par la main le récipiendaire » le présentait à la place Tacante , une musique céleste faisait entendre des sons harmonieux , des parfums ex- ,quis remplissaient Fair , le nom inscrit jusque là sur le siège s'effaçait , et celui du noureau chevalier paraissait étincelànt de krmière. C'était la seule épreuiw , et sans doute eHe était bien suffisante, que les chevaliers de la Table R^ide faisaient subir à tous ceux qui avaient la prétention de remplacer lés compagnons dont leur ordre avait à regretter la perte (1)* Mais laissons toiis' ces contes des romanciers du douâème siècle , pour nous occuper d'institutions plus graves, et*surtout plus réelles que celle de la Table Ronde.

Au temps des croisades, à l'époque la plus brillante de la chevalerie, il se forma des ordres chevaleresques religieux qui ^rent, outite les règlements généraux, que l'usage impos»t partout à la chevalerie, des règlemeuts spéciaux. Comme les ordres monastiques, ils avaient une irègle et un chef » et, au seia de cette ojirgwisatioii plus forte , pins serrée , ib dépUrfanent avec plus d'énergie les qualités chevaleresques. Leur mo-

(1] Le comte de Tressan , dans Tristan de Léonais.

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bile était la 'générosité, la protection des faibles; car ils forent iostltnés pour protéger les pèlerins en Terre-Sainte , et pour secourir le tombeaa même chi Christ. Leur caractère monastique leur interdisait l'autre mobile de tonte chevalerie , Famour ; de leur chevalerie religieuse, austère, ils avaient banni ce sentiment terrestre et mondain qui était devenu une espèce de- culte pour les autres chevaliers ; une seule dame était pour eux l'objet d'un dévouement particulier, c'était la dame céleste, la dame de tout le monde, comme s'exprime une légende du moyen âge^ la Vierge Marie. Mais ces sentiments fondamentaux de la chevalerie; soumis à une organisation puissante qui participait de la discipliné d'un camp et de la sévérité d'une règle , donnèrent au monde le spectacle de la fortune si brillante de ces ordres qui conquirent des provinces, fondèrent des villes et même des empires. n suffit de jeter un coup d'œil sur l'histoire, à Fépoque de f institution de la chevalerie religieuse, pour reconnaître les importants services qu'elle a rendus k la société. L'ordre de Malte , en Orient , a protégé le commerce et la navigation renaissante,' et a été, pendant plus d'un siècle, le seul boulevaW qui empêchât les Turcs de se précipiter sur l'ïtaîie (i) ; dans le nord, Tordre

(1) Voir l'Histoire des Chevaliers de Malte qui fait partie de là Bibliothèque -êê tiûiJfunesseChréHenne, lomSyKkd Mame et C.ie , éditeurs.

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Teutoniquc, en subjuguant les peuples errantst sur les bords de la Baltique» a éteint le foyer de ces terribles irruptions qui ont tant de fois désolé. TEurope : il a donné le temps à la civilisation de faire des progrès et de. perfectionner ces nouvelle armes qui nous mettent pour jamais à Tabri des Alaricet des Attila (i).

En Espagne, les chevaliers de Calatrava» d'Aïcantara et de Saint-Jacques-de-rÉpée, n'ont paa rendu demoindres services à ^Europe chrétienne en combattant les Maures » et en arrêtant les conquêtes de Tlslauiisme* Les chevaliers chrétiens tinrent lieu des troupes soldées» et furent une espèce de milice régulière, qui se transportait où le danger était le plus pressant. Les rois et les barons, obligés dé licencier leurs vassaux, au bout de quelques mois de service, avaient été souvent surpris par les Barbares : ce que Texpérience et le génie du temps n'avaient pu faire» la religion lexécuta : elle associa des hommes qui jurèrent, au nom de Dieu, de verser leur sang pour la patrie : les chemins devinrent libresv les provinces furent pyrgées des brigands qui les infestaient, et les ennemis du dehors trouvèrent une digue à leurs ravagçs (2]. Rien n*est plps admirable dans son origine que ces institutions placées sous Tinflaence toute-puissante des idées religieuses. Voyons - les surtout

(1) Chateaubriand , Génie du Gbriitianbme.

(2) Chateaubriand , ibid.

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dans rOrlent» oii elle» ont à lutter tout ensemble contre ]es maladies terribles qui régnent dans cette contrée» et contre les ennemis implacables de la. religion de Jésus -Cbrist. La charité cbré* tienne réclame toutes les affections des cheya» liers ^ et leur demande un dévouement perpétuel pour la défense des pèlerins et le soin des malades. Les infidèles admiraient leurs vertus autant qu'ils redoutaient leur bravoure., Rien n'est pluB touchant que le spectacle de ces nobles guerriers qu'on voyait tour à tour sur le champ de bataille et dans l'asile des douleurs^ tantôt la terreur de l'ennemi » tantôt la consolation.de tous ceux qui souffraient. Ce que les paladins de TOcciden^t faisaient pour la beauté» les chevaliers de la Palestine le faisaient pour la pauvreté et pour le malheur. Les uns dévouaient leur vie à la dame de leurs pensées; les autres la dévouaient aux pauvres et aux infirmes. Le grand-maître de l'ordre militaire de Saint -Jean prenait le titre de Gardien des pauvres de Jésus-Christ, et. les chevaliers appelaient les malades et les pauvres noi seigneurs i Une chose plus incroyable » le grande maître de l'ordre de Saint-Lazare » institué pour la gaérison et le soulagement de la lèpre, devait être pris parmi les lépreux. Ainsi , la charité des chevaliers» pour entrer plus avant dans les misères humaines» avait ennobli en quelque sorte ce qu'il y a de plus dégoûtant dans les maladies de l'homme. Ce grand-maître de Saint-Lazare» qui

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doit «avoir Itn-même les infirmités qu'il est appelé & soulager dans les antres , n*imite-t- il pas , autant qu'on peut le faire sur la terre , l'exemple dufils de D ieu , qui revêtit une forme humaine pour délivrer Thumanité ( i ) ?

Les diflfêrentes phases de la vie des ordres religieux correspondent aux périodes successives de la vie générale de la chevalerie; ils commencent par l'enthousiasme le plus pur, le plus dédnté* ressé , par un admirable dévouement de charité; les Hospitaliers , avant d'être les glorieux chevaliers de Rhodes et de Malte , et de jouer un rffle dans l'histoire, furent, conime leur nom l'indique^ de simples hospitaliers se consacrant à servir les malades en Palestine , etc. L'ordre belliqueux des chevaliers Teutoniques, qui conquit une partie du nord de l'Europe, fiit fondé par quelques Allemands de Brème et de Munster, qui se trouvaient au siège de Saint-Jean-d'Acre» et qui , sous leurs pauvres tentes , couvertes d'une voQe de vaisseau , recueillirent les pestiférés et les blessés. Les commencements des Templiers sont aussi touchants ; mais bientôt se développent dans cet ordre l'ambition et la cupidité; la vaillance y subsiste toujours, mais les passions mondaines, les intérêts mondains y pénètrent de plus en plus ; l'histoire de Tordre et sa fin tragique sont là pour l'attester.

Après les ordres sérieux sont venus les ordres

(1) Michaad, Histoire des Croisades, tome v.

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ffiToIes; les princes €«[t voala s^emparer de la cheyaleric qui expirait, et faire d*ane puissance indépendante un instltiment de lenr propVe puis* sance. Ils ont fondé des ordres dont ils étaient le centre» dont ils traçaient enx-mêmes les règlements, les statuts, dont ils déterminaient tout le cérémonial. Quelquefois, en même temps que ces ordres nouyeanx étaient une pompe , une décoration, ils étaient un moyen politicpiè. Ainsi, la Toison-d'Or, qui fat surtout pour la cour de Bourgogne une occasion de déployer sa magnificence, contient dans ses règlements certains articles qui prescrivent à tous les chevaliers de faire connaître au duc de Bourgogne, chef né. de Tordre, tout ce qui pourrait concerner la sûreté de sa personne et la sûreté de l'état; c'était donc, sous de magnifiques semblants , un moyen de politique et de police. La même injonction a été reproduite dans les ordres français. Louis XI créa son ordre de Saint-Michel par un sentiment do rivalité à Fégard du duc de Bourgogne, qui avait créé cdni de la Toison-d'Or ; l'ordre de Saint- Michel fut réuni plus tard à Tordre du Saiiitr^ Esprit, fondé par Henri III, et tous deuxpor* tèrent le nom d'ordres da roi , nom convenable à cette chevalerie toute monarchique.

Enfin les ordres chevaleresques prirent uçe dernière forme ; s'éloîgnant toujours de plus en plus de leur ori^e , ils devinrent de simples récompenses militaires, et n'eurent plus rien

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des anciens ordres que le npm. Tel fut l'ordre de Saint-Louis, tel est celui de laLégion-d'Honneur» espèce de cbevaleriede l'égalité, à laquelle peuvent prétendre tous les rang»» toutes les classes» toutes les professions de la société» et qui, malgré son origine peu féodale sans doute, n'en est pas moins un. ordre qui a des grades ; oii se trouve le ruban, dernier vestige de l'ancienne écharpe, et où , à côté du nouveau mot de patrie , figure le vieux mot chevaleresque honneur (i).

Nous terminerons par quelques considérations sur les causes qui ont donné naissance à la chevalerie, sur les effets qu'elle a produits, et les circonstances qui ont amené sa décadence et sa chute. Ce sera en quelque sorte le résumé de cet ouvrage , et il suppléera à l'ordre chronologique qu'il était impossible de suivre , sans nuire à l'intérêt du sujet.

• La chevalerie complète, telle qu'elle s'est prodttiteen Europe au moyen âge , ne pouvait exister sans le christianisme. Ce ne pouvait être que sous rinfloence de cette religion, que les sentiments qui étaient la base de la chevalerie pon-

(1) J. J. Empére . Revue des deux Mondes , février 1838. -— Nous avons emprunté une partie des observations contenues dans ce chapitre , aux articles sur la chevalerie publiés dans ce recueil par ce savant écrivain.

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raient atteindre toute leur portée. On a tu à d'autres époques , et dans l'histoire ancienne et moderne , la générosité • le dévouement à la faiblesse , produire dès effets analogues à ceux qui se montrent dans la chevalerie » mais des effets partiels , rares , interrompus. Ces sentiments ont jetés quelques lueurs et se sont éteints ; ils ont produit quelques fruits qui avortaient rapidement ; mais quand ils ont trouvé pour appui la morale chrétienne , ils se sont développés d'ttne manière infiniment plus complète , ils ont enfanté , non pas une tentative de chevalerie, mqis la chevalerie elle-même. Cette absence de haine vcn milieu des combats, cet oubli de soi-même , cet empressement à porter secours aux opprimés, toutes ces vertus exigées du chevalier sont des vertus chrétiennes. L'honneur même , qualité qui semble purement mondaine , a aussi un coté chrétien; il y a une alliance intime, profonde, entre Thonneur sans souillure, Técu sans tache du chevalier, et la conscience sans reproche , la robe sans tache du néophyte (i).

Ces considérations nous amènent à une réflexion bien naturelle; c'est que la religion chrétienne est tellement créée pour l'homme, elle est si convenable à sa nature , si bien faite pour lui , qu'elle sait pourvoir h tous ses besoins dans tous les temps , dans tous les lieux , dans toutes lès conditions; exerçant son influence sur les

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populations ccMame sur les individas , et répaii* dant ses bieafails au milieu de toutes le» misères publiées et privées. Partout où il y a des pelles, des malheurs'» des calamités » elle arrive pour coDsoler» pour soulager» pour guérir* Sous ses auspices se forment dHnnombf akks associaticms d'hmnmes , cm de femmes qui » avec une abnégation» un dévouement sublbne» consacrent leur vie au soulagement de Thumanité» Au XI"" siècle» TEurope gémissait sous le poids de la tyrannie féodale » etétak ploagée dans les ténèbies de rigporance et de la barbarie. Tout à coup à la Yoix de la rdigion» surgit un élan sublime, qui semble jaillir des ténèbreê » comme ime lumière qui perce l'obscurité de la nuit. Les sentiments les plus purs » les plus délicats » les {dus exaltés» se manifestent dans les âmes livrées jusqu'alors aux passions violentes et brutales : par eux » se forme un système de moralité » dont la base est le dévouoBDwnt , le désintéressement , Teutbousiasme ; par eux s'établit entre les diffé* retits peuples une fraternité» une unité» qui fot une. préparation à la grande aseociation européenne vers laquelle nous marchons. Un chevalier n'était plus un Français » un Anglus , un Espagnol ou un Allemand» il était cm ehefmUer; 3 y eut là nae espèce de confrérie héroiqne qui rapprochât toutes les nations; et c'était un frit bien important è cette époque de aoreellement et de division » que cette institution qui ralUait

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les plus nobles imes dans le culte commun des plus nobles sentiments (i).

Après plusieurs siècles d'une existence brillante» la chevalerie tomba peu à peu par l'abus qu'on en fit » et surtout par une suite des changements suryoaus dans le système militaire et politique de TEurope; mais il resta encore aux sociétés quelques sentiments qu elle avait inspirés, de même qu'il reste à ceux qui oublient la religion dans laquelle ils sont nés, quelque chose de ses préceptes, et surtout des profondes im-* pressions qu'ils en reçurent dans leur enfance. Au temps de la chevalerie , le prix des bonnes actions était la gloire et l'honneur. Cette monnaie qui est si utile aux peuples, et qui ne leur coûte rien , n'a pas laissé d'avoir cours dans les siècles suivants : tel est l'effet d'un glorieux souvenir, que les marques et les distinctions de la chevalerie servent encore de nos jours à récompenser le mérite et la bravoure (2).

(1) J. J. Empère.

(2) M. Michaad , Histoire des Croisades.

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