SE LA CSBTAI.ERIE
tent plus» ou qu'elles ont été considériibfeiiient medlGées^
Le heaume ou le casque. Ce casque était assez profimd , A était de fer ou d'acier , il se rétrécissait en s' arrondissant parle haut, ayant presque la figure d'un cène; il avait une mentonnière dans laquelle entrait la yisière quand elle étiât kais«ée , et au-dessous un hausse-col en coUet de fer qui descendaii jusqu'au défaut des épaules; il était séparé du casque et s'y joignait par le moyen d'un collier de métal. Lavisik^ était feite de petites grilles; elle se baissait durant le combat f et se relevait en rentrant sous le front du casque ; on ajoutait aussi au-dessus du heaimie un cimier, ainsi nommé parce qu'il était à la cime du casque* Les rois portaient une couronne en cimier» et les çjbevaliers d'autres ornements.
Vaimnet ou bassinet. C'était un casque léger , sans visière et sans gorgerin ; le chevalier le faîfsak porter dans les batailles , et le mettait sur sa tête lorsqu'il s'était retiré de la mêlée pour se reposer et reprendre haleine. Il digérait du heaume par le poids, la forme et la vidière qui était GxQ dans le bassinet, tandis qu'elle était mobile dans le casque.
Le gaubisson. Le chevalier mettait par-dessus ses habits le gaubisson, espèce de pourpoîut long , fait de taffetas ou de cuir centre-piqué , et bourré de laine , d'étoupes ou de crin , pour rompre l'efibrt dé la tance ^ qui, biett qu'elle ne
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pénétrât pas la cuirasse , aurait meurtri le corps eu eafonçant les mailles de fer dont la cuirasse était composée.
Le hcLubert ou cuirasse. C'était une cotte de mailles d'acier» très-serrée, qui couTrait le corps depuis la gorge jusqu'aux cuisses ; on y ajouta ensuite des manches et des chausses de mailles ; une plaque d'acier doublait le haubert sur la poitrine ; un capuchon ou coiffe aussi de mailles, y tenait pour se couvrir la tête lorsque le chevalier ôtaitson heaume; ce capuchon se ren* versait par derrière lorsqu'il avait son casque, parce que ce dernier lui couvrait parfaitement la tétc, le visage et le derrière du cou; ces cottes de mailles se mettaient par-dessus le gffubisson. Dans la suite , à la place des cottes de mailles , on substitua la cuirasse , les cuissards , les brassards, et les gantelets, qui étaient totalement de fer , pour garantir entièrement le chevalier. Toutes les parties qui composaient chacune de ces pièces , étaient tellement jointes et clouées ensemble , qu'elles s'éloignaient et s'approchaient les unes des autres , en laissant au corps toute la liberté et la facilité de ses mouvements.
La cotte (Vannes. Sur la cotte de mailles ou cuirasse, se mettait la cotte d'armes; elle avait la forme d'une dalmatique sans manches, et était chargée des écussons ou armoiries du chevalier ; souvent eUe était de drap d'or ou d'ar-
DE hk C1USTAI.EBIE. 65
gent et ornée defoorrares de prix : floas la cotle d'armes y se meltait Técharpe on baudrier» ou la ceinture encnir, ornée de clous dorés, à laquelle pendait Tépée du chevalier.
Tassettes. C'étaient des lames ou bandes de fer qui, tenant à la cuirasse, partaient de la cein* ture et descendaient à moitié des cuisses.
Epaulières et genouillères. C'étaient aussi des pièces do fer, faites de manière à couyrir les épaules et les genoux» et h faciliter les mouyements du chevalier : elles étaient attachées les unes à la cuirasse, les autres aux cuissards.
L'écu ou bouclier é Ceux dont on se servait dans les combats , étaient de bois , couverts de cuir bouilli , de fer ou d'autres matières dures, capables de résister à la lance ; le mot d'écu vient du latin scutum, nom que les Romains donnaient h mie espèce de bouclier allongé, recouvert de cuir , du mot grec «neuroç, qui signifie cuir. C'était sur l'écu que se peignaient toujours les.ar* moiries , et c'est pour cela que l'on a donné ce nom aux pièces de monnaie qui représentaient l'écu de France.
Armure de Pécuyer. L'écuyer n'avait ni brassards» ni coiffe, ni chausse de mailles; il portait seulement un gaubîsson , un plastron d'acier, et un chapeau de fer ou bassinet.
Armure du cheval. Le cheval avait la tête exac* tement couverte par un chanfrein de fer , ou d'autre métal, ou de cuir bouilli ; on lui couvrait
66 KUTOlilB
aussi le poitrail de lames de fer, et le^ ftmes de ènir boiiini ; on Fentoarait ensoite d^aii caparaçon de yelonrs.on d^ime antre étoffe, sur leqnd était brodé récusso0 du eheralier. Les cheTau:£
ainsi couverts étaient appelés chevaux bardés.
r % IL Armu effm»ives»
La kmee^On employait pour ks lances le bois le ^osdrmtel le pins lé^> coiome le pin, le tilleul, le sycosftore, le tremble et autres; les meilleurea étaient de frêne ; le haot de la hnce était armé d'une pointe d'acier bien trempé , et garni d'un pennon ou banderoUe, qfui avait une queue Ion* gne et traînante*
L'écuyer n'avait point d'autre lance que ceUe de son maître ; il ne lui était permis de se battre qu'avec Fécu et Tépée. On doit observer toutefois qu^il n'est ici question que de l'écuyer à la suite de son mattre ; car qiuoul il était devenu pomrsuivant d'armes, il pouvait combattre avec la lance» être armé coaune un chevalier, à l'exception des marques distinctives de ce dernier , teb qœ les éperons dorés , etc.
Lépée. Elle devait être large > forte et d'une bonne trempe , pmr ne poinl se briser sur les casques et sur les cwassea qui oppossaient une grande résbtanec; elle n'était d'abord tranchante fue d'un côté et courte* Dans la suite la Ibnne des ^^s variai elles- lurent très-longues, larges
DE hJL CBBTAIiEBIB. €7
à prôp#r|jaii » et poiatuefi. La p<Mgiiée formait toujours la croix^
Im miséricorde» On appelait ainsi une espèce de dagoe oa poigom^d que le ckevalier posait à sa ceinture. On lui avait donné ce nom parce que, dans un combat coi^ à corps, ou jorsqu'il ne pouvait (dus faire usage de sa lance ou de son épée à cause de leur longueur, le chevalier avait recours à cette arme pour contraindre Teanemi qu'il avait terrassé et qu'il tenait renversé sous hâ à demander miséricorde.
La hache d'armes. Le manche en était mince , le fer atait deux côtés, l'un semblable à celui de» haches ordinaires, mais plus court; l'autre était une assez longue pointe de fer ou un croissant fort pointu par les deux bouts.
La masee ou massue. €ette arme fut aussi £ré* qoemment employée ; c'était un bâu>n, gros comme le bras d'un homme ordinaire, et long de deux pieds et demi; il y avait un gros anneau h Tun des bouts ; on y attachait une chaîne ou fort cordon , pour empêcher que la masse n'échappât^ la main; k l'autre bout étaient trcH3 chaînes auxquelles pendait une boule; la massue était ronde par un bout et entièrement de fer.
Le mail ou maillet, et le marteau d'armes dîffé* raient en ce que le revers du maillet était carré eu un peu arrondi par les deux bouts» et que le marteau d'armes avait un c&té carré et arrondi, et l'autre en pointe ou en tranchant.
68 HISTOIBE
Une aatre sorte d'armes, mais dtmt ks chevaliers se servaient rarement, se nommait fitu-^ chon ou fauchard: c'était une espèce de serpe tranchante des deux oètés, et à laquelle oa adaptait un long manche.
Telles étaient les armes offensives et défensives des chevaliers ; elles éprouvèrent des variations suivant les siècles , et furent totalement abandonnées quand on fit un usage général des armes à feu. Quelle devait être la 4»rce de ces guerriers pour pouvoir passer des journées entières couverts de ces armes, et supporter toutes les fatigues des voyages et des combats ! et en même temps quelle souplesse , quelle agilité , pour s'élancer à cheval ou sauter de cheval à terre sans mettre le pied à Tétrier ; enfin , quelle adresse ne fallait-il pas, au milieu de tout cet attirail si lourd et si embarrassant pour manier avec dextérité la lance, Fépée ou la hache d'armes » et savoir attaquer et se défendre avec un égal succès I On conçoit combien devait être long et pénible l'apprentissage d'un pareil mé • tier, et qu'il était nécessaire de s'y exercer dès l'enfance.
C'était , comme nous l'avons dit, sur l'écu ou bouclier que l'on représentait les signes de noblesse des chevaliers; quelques autres pièces de l'armure entraient aussi dans l'ensemble de l'écusson, et c'est probablement là l'origine du
DE LA CHEVALBllIE. 69
mot armoiries, ou simplement armes, dont on se sert pour désigner les signes héraldiques ou de blason, qpai vont faire roJ>jet du chapitre sui-* van t.
^O / BIftTOIBS
CHAPITQP V.
Des armoiries, des devises et des cris de guerre.
§ I. Origine des armoiries*
Les armoiries , consid^es comme des signes guerriers servant à reconnaître » au milieu des combats un chef distingué, une tribu , une na« tion , remontent à la plus haute antiquité. Une vanité frivole ne fut point Tunique motif de ces signes honorifiques. Souvent ils étaient les justes récompenses du mérite , ou le prestige utile qui répondait aux grands des respects du peuple.
Plus souvent encore , ils servaient de points de reconnaissance et de raUiement sans lesquels les adversaires entre eux, et les chefs avec leurs guerriers y se Aissent aisément confondus an milieu d'une lice tumultueuse ou d'un champ de bataille, à une époque où Ton n'avait pas encore imaginé les uniformes , et pu l'armure cachait même les traits du visage.
L'antiquité employait souvent ces marques distinctiveé. Les Egyptiens^ peuple mystérieux en toutes choses , couvrirent d'hiéroglyphes les temples , les palais et les tombeaux. Dans leurs
BE L4 eiISTALBUB. 7I
cauqiemeDts ai;ix hoitd^ au. Nil <et da Jourdain » les I|ébreax Teconnaissaient Icar» douze tribua è des images coDveBoes; les Assyriea^ peignaient une colombe anr les étendards , parce qœ cet oiseau , dans leur latgage, avait le nom de Sè^ nùranùs» Un aigle d*or se déployait au^essus da iMMicIier des Mèdes et des Persans ; lès Athéniens gravaient sur lenr monnaie un hibou, et les Carthaginois la tête d'un coursier.'
Dans les temps héronpes et £ibuleux, on trouve nulle exemples de ces images allégoriques. Euripide en décore le^ boucliers des sept che& 4X>mbattant devant Thèbes; Valérius les prodigue aux Argonautes; Homère a tellement multiplié les emblèmes sur les armes de ses héros« cpie, sdkm plusieurs auteurs, le blason fut inventé pendant le siège de Troie. Les Romains ont fait anssî un usage multiplié des emblèmes et des symboles. Leurs légions aiboraient divers signes» enseignes* signa. Sur les colonnes Trajane et Antonine » et sur Tare de triomphe érigé en rbonneur de Harius , près de la ville d'Orange, on voiLdes soldats dcmt les armuressont chamarrées de traits et de figures particulières.
Mais il ne faudrait pas conclure de toutes ces pratiques de l'antiquité, qu'elle ait conna les armoiries. Les marques militaires employées alors comme signanx , ou coqune simples orne* ments» n'étaient point des preuves invariables de noblesse et d'honneur, des titres
7<i HISTOIRE * '
etclasivement affectés par 'le prince k telle ou telle maison. I^es armoiries, coûsidérées sons ce point de rue moral et politique , sont une institution moderne et qui ne remonte pas au-del& des croisades (i). En effet, les cheyaliers qui revenaient de TAsie attachaient trop de prix aux hommages dont ils étaient l'objet ; ils les avaient obtenus par trop de sacrifices, pour ne pas chercher à les perpétuer.
Ils plaçaient les bannières sous lesquelles ils avaient combattu, sur les tours les plus élevées, sur les donjons, au-desfus des grandes portes de leurs châteaux, comme des témoignages de leur gloire. Les familles conservaient avec soin ces marques d'honneur, ces signes éclatants de la valeur de leurs pères ; les dames , toujours amies du courage , brodaient ces nobles et touchantes images sur leqrs meubles , sur leurs robes , sur les habits de leurs éponx ou de leurs frères*. On les sculptait sur les remparts; on les peignait sur les lambris, on les représentait sur les écus , on les plaçait sur les tombes , on les consacrait dans les sanctuaires, on en décorait les fétcs ; on les retrouvait sur les habits des écuyers, des pages» des varicts, des hommes d'armes, de tous ceux qui dépendaient de la famille du guerrier. Une sorte de langue hiéroglyphique était née des divers signes employés pour
(]] Biarchangy, Gaule poétique.
rappeler les action» les plps loémorables dit guerrier. La croix simple on double, bordée , dentelée 9 crénelée, ancrée, fleurdelisée, palée, paraissait sous difiérenles formes, et retraçait les combats livrés pour conquérir la cité sainte. Un palmier rappelait Tldumée; une arcbe, un pont attaqué ou défendu avec valeur;, une tour, un château pris de force ; un casque , une armure enlevée b un ennemi redoutable ; une étoile « une attaque de nuit; un glaive, un combat singulier; un croissant, la défaite d'un musulman terrible; un pal, une bande, une barre, un chevron , . des palissades , des barrières renversées et détruites ; un lion , un tigre, le couragei indomptable; un aigle, la bravoure sublime. Et voilà Torigine de tout le système des armoiries ( i ) . Une fois adoptées par les Ikmilles, reconnues et accordées par le prince, elles Revinrent une propriété héréditaire , à laquelle nul étranger n'avait le droit de toucher. Les hérauts d'armes furent spécialement chargés de maintenir les règles établies pour la conservation des armoiries , et les connaissances qu'ils étaient obligés d'acquérir pour accomplir cette partie de leurs fonctions constituaient Tart héraldique, appelé aussi blason, du mot allemand blase^i, qui signifie donner du cor, parce qu'en Allemagne, dans les tournois, les hérauts d'armes allaient
(1} Lacépède, Histoire de r£urope.
en avant de 1^ barrière poar reconûattre les titres 4e ceux qui se présentaient ^ et venaient ensuite les proclamer à son de trompev
Dans les armoiries peintes ordinairement sur Técu ou bouclier , on n'admettait que six couleurs et deux fourrures; savoir, le jaune» le blanc» le.blou, 1^ rouge et le noir. Ces couleurs s'appellent en général émaux, parce qu'on les émaillait sur les armes;) mais le blason leur donne des noms particuliers; ainsi le jaune s'appelle or» le blanc » argent (et ces deux couleurs se nomment aussi métaux)^ le bleu, azur, mot arabe passé dans notre langue» et qui prouvé l'influence des croisades sur les 'armoiries; le vert» sinople, le rouge » cinabre » ou riche couleur , ou gueules*; ce dernier nom vient du mot arabe gai, qui signifie rose; enfin le noir se nomme sable. Si dans les armoiries on représentait» avec les couleurs qui leur sont propres » des parties du corps hu«> main , des animaux » des plantes » des fruits » des fleurs » etc.; » ces couleurs se^ nommaient de carnation, pour la partie du corps humain représentée » et au naturel pour les autres figures. En* fin les deux fourrures étaient l'hermine et le vair ou petit-gris.
Qudques auteurs ont donné des significations è chacone de ces couleurs; selon eux» l'or fut remblème de la foi ; l'argent celui de l'innocence et de la pureté; le rouge indiquait la vaillance» l'audace» la générosité; l'axur peignait la beauté»
DE LA «GHBYAXEBIE. j5
• la curiosité » la bonne renommée; le vert signi-^ fiait amour 9 espérance, jeunesse» grâce et volupté; le noir désignait le deuil et la tristesse»
L'écu ou cadre des armoiries se divisait par*fois en plusieurs parties par des barres transver^ sales» perpendiculaires on obliques, sous les noms de pal, de bandes, de sautoirs > de che- VFODS; elles représentaient quelques pièces de Fé* quipage chevaleresque , et des fragments de la charpente qiii formait la lice; ces figures partar geaient Técusson en diverses ^sections , où se pli^ çaient les émaux et les symboles ; etles répon** daient quelquefois les unes aux^utres , et étaient ondées» cannelées, attachées, coupées ^ Uées^ entrelacéea, etc. En dehors de Técu étaient pla* cées d'autres figures qui accompagnaient les armoiries , et que Ton nommait ornements esté* rieurs. On en distinguait de trois sortes., ceux qui apparaissent au-dessus de Técu, ceux qui étaient à côté, et ceux qui l'environnaient.
Au^essus de Técu on mettait le timbre, te heaume t le cimier, et quelquefois les devises et les cris de guerre. Le timbre est ce qui couvre le haut de l'écu, comme la codronne, le casqw# le chapeau; le heaume est le casque ancien des chevaliers, dont nous avons donné la description dans le chapitre précédent ; il était placé de pofil ou de face, la visière baissée, entr'ooverlç» ou entièrement levée , avec plus ou moins de grilles à cette visière , selon la dignité ou Tan^
cienneté de la noblesse* Le cimier était la pièce • laplu» élevée des armoiries; on po avait le faire , de toutes sortes de figures, de plumes, d'ani* maux, d'arbres, de lances , etc. C'était aussi Tusage assez universel de mettre les devises et le» cris de guerre au-dessus de Fécu.
Sur les côtés, de Técu on plaçait quelquefois des figures d'anges, d'hommes, de dieux de la fable, de centaures; on les appelait tenants. Si on y mettait des lions, des léopards, des licornes, on les nommnit supports; si c'étaient des arbres ou des êtres inanimés auxquels l'écu parais-^ sait attaché , on leur donnait le nom de soutiens. Quand on voulait mettre des bannières aux côtés de l'écu, on les faisait porter aux tenants ou sup^ ports. En France, ceux-quin'avaient ni tenants , ni supports, les remplaçaient par des cartouches, des palmes et autres choses semblables.
Les pavillons, les manteaux, les "colliers des ordres, formaient lencadrement et L'entourage de l'écu. Outre ces ornements , il y en avait encore d'autres qui étaient attachés à certains emplois , et qui servaient h distinguer les dignités les fines des autres..
La première chose à faire quand on vent expliquer des armoiries , c'est d'examiner le fond sur lequel les figui^s sont gravées ou peintes , et ensuite les figures eUes-mémes. En langue de blason , le fond porte le nom de champ, et la figure celui de signe.
. DE. LA CHEVALEBIE. 77
Le champ est toujours couvert, ou d'une des tipL couleurs ou métaux que nous. avons mentionnes , ou de Tune des deux, fourrures. Vient ensuite lè signe gravé sur cet écu. Les couleurs pour les sî* gnes sont les mêmes que pour le champ» h Tex* ceptio^n de ce que nous avons dit relativement aux couleurs naturelles.
La, première de toutes les règles du blason^ c'est que si le champ est couvert d'une couleur ou d'une fourrure , le signe soit couvert d'un métal; réciproquement» si le champ est couvert d*un métal, que le signe soit couvert d^une cou* leur ou d'une fourrure; cette l^ègle se résume ainsi : il ne faut mettre ni métal sur métal , ni couleur sur couleur. Faire le contraire de cette loi, c'est violer complètement la syntaxe du bla* son, car le blason est une langue, dit un écrivain de nos jours , la plus étendue , la plus riche » la plus difficile de toutes , une langue rigoureuse et magnifique, ayant sa syntaxe, sa graipmaife , , son orthographe. L'art du blason consiste à lire et à écrire dans cet idiome. Quelques notions rapides et superficielles relativement à la lecture de la langue héraldique suffiront pour ea. donner une idée ( i ) *
Dansl'écu, la partie supérieure s'appelle cAe^ et la partie inférieure pointe^ Les pièces placée» sur un écu sont premièrement toutes les pièces d'une armure de bataille ; secondement tous les
(0 M. Granier de Cassagnac , Revue de Paris , 9 septein^ bre 1838.
^8 HI^TaiBB
objeto de la création , depaU Féléphant jnsqa'à la fourmi, diepuisle chêne jusqu'il Thumble £feur des champs; depuis les astres brillants dans la ¥oi^te des cieux, jusqu'aux pierreries enfouies dans les entrailles de la terre; enfin on y fait titrer des êtres fabuleux ou fantaétiques» tels que des licornes, des griffons, des phénix., des aigles à deux têtes, etc. En général^ les animaux sont toujours tournés de> gauche k droite. On met encore sûr les ëcus tous les signes de la religion ; la (îroix» comme nous l'ayons dit, y est surtout fréquemment etnployée. Il y a enfin quel* ques signes particuliers comme la bande^ la barre, et ta fasce, dont il convient de dire deux mots. La bande est une façon de ruban placé sur l'écu, eh diagonale de droite à gauche; placée en dia'« gonale de gauche & droite^ c'^est la barre ; placée horizontalement vers le milieu, c'est la fasce. Lire l'écriture b^aldique, cela s'appelle 6 to-' scmùer. Pour blasonner des armoiries , il faut d'à*» bord nommer le champ, et puis le sfgne'et sa couleur , en se servant de cette formule : « ïelle
maison porte de » Par exemple, la maison
de France depuis Charles YI porte d'azur à trois fleurs de lis d'or , ce qui signifie que le ehamp de l'écu est d'azur ç et que les signes indiqués sont jaunes, ou d'or; ou bien la maison de Montmorency porte d'or à la croix de gueules, çantonnées^e seize alérions d'azur (i).
(i) Granier de Gassagnac, Heu cité.
DE LA GHBTALERIB. 79
Les écussons coibplîqués ojQTrent une lecture beaucoup plus difficile* eidont rexplication nous entraînerait au-delà des bornes que nous nous sommes prescrites dans ce chapi)tre, oh nous n'avons voulu que donner une idée /de la formation et de la lecture des armoiries.
§ II. Origine de. quelques armoiries.
Pour se reconnaître dans ce dédale , les maîtres de Tart héraldique furent obligés de diviser les armes en plusieurs classes quon appela de domaine , de prétention , de concession , d'enquer^e» de patronage, d'alliance , de substitua lion» de communauté^ etc. Les armes de domaine étaient celles attachées à une principauté , à une terre» à une seigneurie; de prétention, celles d'un royaume , ou de quelque principauté qu'un seigneur ou un prince étranger s'attribuait à cause de quelque prétention qu'il avait , ou qu'il s'imaginait avoir : ainsi les rois d'Angleterre ont porté longtemps'' les armes de France , écarte lées au premier quartier , à cause de la prétention, chimérique qu'ils croyaient avoir à la souveraineté de ce royaume. Les armes de concession étnient celles que les souverains donnaient à leurs sujets, en récompense de quelque action glorieuse/ ou de leurs services; les armes de patronage , celles d'une personne qu'on ajoutait aux siennes propres , pour reconnaître quelque
80 ÉI6T0IRE
bienfait qu^on en avait rcoil ; les armes rfVnquerrcy celtes qui» étant côtnjibsées contre Jes règles du blason , donnaient lieu de s'enquérir pourquoi elles^ s éloignaient de Tusage commun; les ariiies d'alliance , ou assemblage de celles de plusieurs familles illustres avec lei^quelles on avait quelque alliance ; \cs armes ic substitution, celles que Ion se chargeait par contrat de porter sous certaines txtnditions t les armeâ de communauté, celles qui appartenaient h une société particulière, h un ordre militaire ou relideux, à ùnô villfe , etc: ; enfin les armes parlantes , celles qui retraçaient le sujet pour lequel elles avaient été créées, et qui s'interprétaient par les noms et surnoms de ceux qui, lés premiers eurent le droit de les porter. Ainsi les maisons des Stella, des Salis , des Tresséols , des Luna , des Cressentinî, dont les noms rappelaient ceux des astres, por-. taient des soleils , «des étoiles et des croissants dans leurs émaux d'azur. La maison de Leiris avait dans les siens un arc-en-çiel, dont la fable fit l'écharpe d'Iris.
Souvent dans leur double accejplion, ces noms fournissaient aux armoiries des allusions, des équivoques, des analogies, et ce qu'on appelle des calembours ; ^mais ces jeux de mots dont l'abus est devenu méprisable présentait alors quelqfie chose de naïf et dfe gracieux; car pouvait-on voir sans une sorte de plaisir la simplicité charmante deces vieux et nobles chevaliers.
D£ LA CHETALBEIE. 8l
ayant acquis par cent blessures le prinlége de porter des anqoiries, choisir» au lieu des ex-> ploits qu*y pouvait consigner leur orgueil par de pompeux simulacres; choisir» disons-nous. Finnocent rébus» la facétie oula plaisante anagram* me» trouvés en causant dans leurs paisibles foyers ? Ainsi la maison de Louvers portait dans ses armes^ des têtes ]de loup ; celle de Larcher» des flèches ; ^ celle de Yignole » un cep de vigne d'argent ; celle de la Tour de Turenne » une tour; celle de Santeuil » un argus ; celle de Hontpezat» des balances ; çeUe de TEtang » des poissons ; celle de Legeadre ». des têtes de filles aux che^^ veux d'or. Le seigneur de Vaudray » possesseur des terres de Valu » Vaux et Vaudray » avait pour devise : J'ai Falu, Vaax et Vaudray. La mai"-son de Mailly» avait pris un maillet; celle de Martel de Bagne ville» un marteau» etc. (i). Les anciens connaissaient cette espèce de symbole. Delphes avait un dauphin dans ses monnaies; Florus portait une fleur dans son cachet ; Voconius Yitulus fit graver sur le sien un veau » et César un éléphant» parce que » en langue punique f ce quadrupède s'appelait César. La ville de
<1) Loois XVIII , en élevant àr la pairie , avec le titre de comte » M. de Sèze , défenseur dé l'infortuné Louis XVI , lui donna pour armoiries les tours du Temple et seize fleurs de lis, ingénieuse et touchante allusion qui rappelle tout à la fois Je riom éat courageux défenseur » la prison et le noni de son royal client.
8ft BISTOIRB
Bhojli^ avilît une rose poor emUème^ -parce qa'eli grec cette fleur se nomme po^^ (i).
Hais les figures dlon blason araient «icore mille antres origines;- tantôt c'étaient les marqnes des dignkés et des fonctions : ainsi les magistrats portaiDOt dans leuVs armes des mortiers et des hermines ; les bannerets , des enseignes ; les échansons» des coupes d'or; les grands Veneurs et les officiers de la fauconnerie, des cors de chasse , ou des oiseaux de proie : tantôt ces figures indiquaient les gages d'une piété fervente, ou les souvenirs d'un pèlerinage on d'un vœu ; tantôt les symboleis des vertus, des talents et des plaisirs. Deuxmains l'une dans l'autre désignaient la concorde et la foi ; l'ancre et le pal stgnifiaieiit la constance inébranlable; les tourteaux (pains), ai communs dans les écussons, y représentatelrt le pain de la bieitfaisance» les gâteaux des saintes fêtes et l'exercice de l'hospitalité ; deux ailes d'or développées sur un champ d'azur, furent dans les armes de Doriole, chancelier de France, l'indice des conceptÎMis élevées : deux cygnes tenant dans leur bec un anneau ; une branche de nayrte, des palombes, un ccBur traversé d'une flèche, des bagues, une rose avec ou sans épines» un arbre quelle lierre entourer de ses rameanx flexibles , forent MÎginairemenft dans no-
(t) BiasdiaBgSr, Onde po^ttqes. — Le F. IMMitclir , Orig. des annoiiies.
tre blasoD français de doux monuments de' teadresse et d'amour (i).
' Les TÎlIes possédant des armoiries tiraient presque toujours leurs emblèmes des choi^e^ qqi les distinguaient. L'hun^ide pays de Frise portart dans son écusson des feuilles de nénuphar» et des bandes ondées comme des vagues. Bologne, dont les fleuves sont couverts de cygnes, prit un de ces oiseaux pour image. Les armes de Paris , dont la cité a la forme d'un vaisses^u» sont un navire aux voiles déployées , sous un ciel semé. de fleurs de lis. Les villes de Pont-à-Mousson et du Pont-Saint-Esprit ont des ponts dans leurs armoirie;^ ; Tours a troia tours dans les siennes.
Les factions et les croisades contribuèrent principalement à multiplier tés emblèmes dans les armoiries. »
La moderne Italie trouve Torigine d'un grand nombre de ses armoiries dans les factions des Guelphes et des Gibelins, comme dans toutes les dispensions politiques dont Florence, Lucques et Pistoye furent longtemps désolées.
La haine. d'Yorck et des Lancastre fît éclore les deux rivales , la rose blanche et la rose rouge. Combien nlmagina^-on pas en France de couleurs et de cocardes différentes , durant les trou*blés de la Jacquerie, de la Ligue et de la Fronde !
Quant aux Croisades, elles eussent suffi pour
(1) Marchangy, Gaule poj&lîqae.
84 HISTOIRS
couvrir les émaux du blason de toutes sortes de jGgûres allégoriques. Les voyages pieux des guerriers expliqueront pourquoi se voient dans un grand nombre d'armoiries des coquilles, des merlettcs, des besants d'or et des croix. Les coquilles étaient la parure des pèlerins à leur retour d*outre-nier. Les merlettes sont des oiseaux de passage; on les peignait sans bec et sans pieds pour en faire de plus fidèles emblèmes des cbevaliers» qui souvent revenaient mutilés des combats de la Terre-Sainte ; les besants d'or» monnaie d'Orient, furent , dans Tart héraldique , lé symbole de la rançon des captifs , ou du tribut qu'imposaient les chrétiens aux infidèles.
Mais la croix surtout, la croix figurée sur leurs vêtements par ceux qui allaient h Jérusalem , consacra , dans les armes de mille familles, le souvenir de ces expéditions religieuses (i). ,
§ IIL Devises et emblèmes , et cris de guerre.
Il nous reste à parler des légendes ou devises, et cris de guerre, que les armoiries admettaient, outre les figures dont elles se composaient. Monuments de valeur, de courtoisie et de magnanimité, ces devises devenaient , pour les descendants des preux , des leçons sans cesse placées sotis leurs yeux ; elles étaient pour ainsi dire Ta-
(0 Marchangy, Gaule poétique^
DE LA CHEYALERllU &5
brégé des récits rtmés qae le» troabadours et les trouvères allaient composant de château en château, accompagnés par les lyres , l^s harpes , et les antres instruments des ménestrels ; elles s'Identifient pour ainsi dire avec Tesprit de la cheyalerie(i). Souvent c'était un axiome , un proverbe 9 une expression naïve » analogue aux figures représentées dansTécusson, et conforme aux goiits et aux inclinations du chevalier. La gloire et l'amour dictaient aussi un grand nombre de ces devises. .
La maison royale de Bourbon avait pour devise ce mot, Espérqncc.
Les rois d'Angleterre ont pour devcse , Dieu et mon droit.
Celle des rois d'Ecosse était In deffensi c'està-dire pour ma défense.
Lès chevaliers de l'ordre de Saint-Michel » /mmensi tremor OceanL
Les chevaliers de l'ordre de la Toison d'or > Pretium non vile laborum.
Les chevaliers de l'ordre de la Jarretière ,
Honni soi[ qui mal y pense.
Les ducs de Savoie , et aujourd'hui les rois de Sardaigne , ces quatre lettres Fé E. R, T. y que l'on explique ainsi , Frappez , entrez , rompez tout. ^
Là inàîson de Montmorency avait deux de^
(2} Lacépède, Histoire de l'Europe.
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vues y Tipne oeirXay£#^..(piii^gnifie sans errer ni varier ; ei l'autre. Dieu aide au' premier baron chrétien* « '
Les docs de Bourgogne , de la maison de France» ont en successivement plosieiirs devises : celle de Philippe^le-Hardi était Motdt une tarde {i) ; celle de Charles-Ie-Téméraire » Ainsi Je frappe. -
^Presque toutes lés devises recevaient une nouvelle force des emblèmes auxquels elles s'appliquaient. On peignait un carquois vide , et pour* devise Hœrent in^ carde ^sagittiB, Ses traits sont dans mon cœur., Une rose en bouton : Moins elle se montre', plus elle est Mfe. L'KircmdeUe traversant les mers : Pour chercher le soleil , je quitte mon pays. Une nacre ouverte aux rayons do soleil : Sa beauté vient du ciel. Une hermine avec ^ oes mots : Malo mori quant fœdari. Plutôt mourir que de me souiller; c'était la- devise de François P', duc de Bretagne. Le tournesol en bouton : C'est, aux rayons de mtm astre que j' ouvrirai mon cœur. Une grenade ouverte : Sub diademate vulnus. Sous la pourpre on n*est pas àj'abri des blessures. Un grenadier chargé de fleurs : Tous les ans nouvelle couronne. Un lien blessé et couché soui l'arbre dn baume qui distille sur lui ses
(1) Celle de?ise est Tétymologie du- mot moutarde , parce que les vinaigriers deD^on, frès-renommés pour la préparation de cette substancoi., plaçaient sur les pots les armoiries de leur duc avec sa deYise*
D£ LA dHETALERIE. 87
gOQttes salutaires : Me lacryma sanat. Ses larmes me guhissent. Un lion enchaîné par up berger : Doux et terrible. Un aigle regardant le soleil : IL est seul digne de mon hommage (i).
Les cris de guerre devenaient aussi quelcjuefois des devises, et ils faisaient., ainsi que les noms et les armes , partie de Théritage inaliénable de l'aîné des familles. Les vassaux d'un suzerain s'excitaient , en poussant son cri de guerre , à combattre vaillao^ment; ceux qui por- •taient la bannière le faisaient entendre pour ral* tier plus facilement les hommps d'armés après la -mêlée, et les rappeler auprès de leurs chefs et de lears^'étendprids; Quelquefois ce cri n'était qi^'un seul mot; rarement il était compo^ de plus de trois. Mont-joye-Saint-Denys, était le cri de guerre des- anciens rois de France : les ducs de Bourgogne criaient Mont-joyeSaint-André ; les ducs de ^ormandie^ Diex ceye^dame, Diex (j^e, c est*h'-dire Dieunous (dde. Dieu nous aide; dam signifiait monseigneur; les doc de Montmo* rency criiiient leur devise : Dieu aide cm premier baron chrétien. Les anciens comtes de Ghampa-» gne avaient pour cri de guerre : Passavant^ pas^ savant li meillor, p' est-à-dire que le pins brate s'avasce contre nous. Les seigneurs de Salvaisg en Dâuphitfé, A SàlvaingU plus gorgias : ce mot de gorgias ,:aù]ciennement , signifiait hardi , dâibéré , on richement armé et habiUé.
(1) te P. Méneâtrier , Traité sur Part des devises. — Marchangy, Gaule poétique.
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