B0%S AUGES
Kawirre.
poites dc ciel.
Parties do monde, asces cakdiers.
FlEOTES DC PABADIS.
Vom PRINCIPAUX.
E8PBIT9 GABDIERS.
W Le mol cabale ou Wbreo kabbal, (radere
Terre.
Ariel.
Maliaziel. Automne.
Detbel.
Occident.
Raphaël Eiiplirate.
Ouesl.
Paymon.
Eau.
Tliarsis.
Azaël.
Hiver.
Hébron.
•Orient.
Micliaêl.
Piiison.
Est.
Orient.
Air.
Séraph.
Saraaël.
Été.
Jéruflaleni.
Midi.
Uriel.
Géon.
Sud.
Ammonius.
Feu.
Ciierab.
Aza/el.
Printemps.
Mer.
Nord. Gabriel.
Tigris.
Boréas.
Égyn.
plolôt kabbale, qui signifie tradition, dérive du verbe
Le quaternaire sacré est représenté par la formule du tétragramme mn^ ( lAÛ des Abraxas), qu'il était défendu de prononcer, sous les peines les plus sévères.
Jetons maintenant un coup d'œil sur quelques combinaisons kabbalistiques, ayant un rapport plus direclavec les théories des alchimistes.
Vor est l'ornement (nn ) du règne minéral, comme Jehovah ( n^r^y ) est l'ornement du monde des esprits. La réunion des lettres du premier nom donne le nombre 192; et on obtient ce nombre en multipliant le produit du tétragramnie, qui est24, même (i X 2 X 3 X 4) par 8, ou par le cube de 2 {i).
Ainsi l'or et le nom du Roi des cieux se retrouvent dans la même combinaison mystique. C'est peut-être de là que dérive le nom de roi des métaux , que les alchimistes donnaient à l'or.
Jesod{^^D>) signifie à la fois fondement et mercure^ parce que le mercure est le fondement de Tart transmutatoire. La natare du mercure est indiquée par les noms ^n S^ {Dieu vivant), dont les lettres produisent, parleur sommation, le nombre 49, que donnent également les lettres 32"o {cocaf) étoile.
Mais quel sens faut-il attacher au mot sdid?
Écoutons la Kabbale : « Le caractère du véritable mercure consiste à se couvrir par l'action de la chaleur d'une pellicule approchant plus ou moins de la couleur de l'or; et cela peut se faire même dans l'espace d'une seule nuit. » Voilà le mystère qu'indique le mot SDiD, étoile (2).
En substituant à S{< {Dieu) le nom de ^dd (argent), on a le nom de m *]dd argent vivant (vif-argent).
Le mercure est désigné, dans la Kabbale, par plusieurs termes différents, tels que eau de rassemblement (sai »9Dn), eau d'immersion ou àe purification (^^SQ:a^ ^D), par allusion à l'usage qu'on en faisait dans l'affinage des métaux nobles. On l'appelle encore eau d'or (am ^n), parce qu'il est supposé jouer le principal rôle dans la transmutation des métaux imparfaits en or.
£nfin, tous les autres métaux se rattachent, d'après la Kabbale, à des combinaisons de nombres.
Quant à la matière en général, elle était considérée comme une condensation d'esprits, o Tout est esprit ; tout se réduit en
(1) Kabhala denudata (Sobar), 1. 1, p. 442. (Siilzbacb, 10-4**, 1677.) {%) lbid.,f.i, p.441.
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esprit. Les objets de ce monde retourneront au sein de toute lumière. Le charbon lui-môme est une condensation des rayons dusoleil; c'est dufeucondensé.» — La dernière idée rappelle la théorie du phlogistique , d'après laquelle le charbon est un des corps les plus riches en feu condensé.
£d résumé, la Kabbale se rapproche beaucoup de la philosophie de Pythagore; l'une et Tautre ont probablement la même origine. Les combinaisons mystiques , fondées sur les nombres, soot, dira-t-on, de pures rêveries de l'ancien temps. Soit. Mais à ootre époque, où l'on proclame si haut Tautorité de Texpérience, explique-t-on mieux les combinaisons des atomes, fondées sur l'arithmétique et la géométrie?
L'inconnu nous environne de toute part ; nous marchons pour ainsi dire sur des mystères. Les anciens le savaient comme nous. Mais ils. étaient aussi impuissants que nous à en pénétrer le sens intime. Ce sont au fond toujours les mêmes systèmes qui, à différentes époques , se présentent à l'esprit, revêtus seulement déformes différentes; puis, confondant la forme avec le fond, on porte sur le tout un jugement défavorable. La pierre philosophai et la transmutation des métaux, telles que les exposent la plupart des alchimistes, paraissent des idées inadmissibles ou bizarres. Mais ces idées n'agitent-elles pas, au fond, le problème de la composition des métaux, que personne n'est encore parvenu à résoudre?
Nous ne voulons pas faire ici l'apologie de la magie et de la Kabbale; mais nous devons rappeler qu'il n'y a rien de plus funeste à la science que l'orgueil du dogmatisme qui dédaigne le passé et n'admire que le présent.
§ ii.
Hermès Trinaé|riste.
Hermès Trismégîste est l'oracle des alchimistes. Us lui attribuent l'origine de leur art.
Mercure était vénéré comme l'inventeur de tous les arts, chez les peuples de races très-diverses, chez les Égyptiens aussi bien que chez les Gaulors (1). Cicéron ne compte pas moins de sept
(0 Oiodorede Sicile, i, 2. — J. Cœs., Bell, Gall., ti, U.
Mercures, qui tous recevaient un culte divin (1). Vuicain, Thoyih ou Thath, et Cadmus, passent également pour avoir inventé plusieurs arts, qu'on attribuait plus tard à Mercure ou Hermès. Vulcaia ou Phtha^ symbole du feu, était l'objet d'un culte particulier chez les prêtres de l'Egypte. Thath, dont parle Platon (2), est, selon quelques auteurs, le même que Hermès, portant le surnom de trois fois très-grand TpU \u^k<s'zw^. Quant à Oadmus, que les Grecs font venir de la Phénicie, son nom sémitique grécisé signifie du côté de l'orient (Dip). Il est à remarquer que toutes les fois quHl est question, dans les livres anciens, sacrés ou profanes, de quelque art jusqu'alors inconnu, on le fait venir des pays de l'Orient, comme de la source de toute science.
Faut-il n'y voir qu'une simple métaphore du soleil levant et du culte de cet astre, considéré comme la source de toute lumière? ou bien serait-ce l'indice d'une communication fort ancienne des nations les plus reculées vers l'orient, des Chinois ou des Indiens, avec les Assyriens, avec les Perses et les Égyptiens? Ces questions, quelque intéressantes qu'elles soient , nous paraissent à peu prés insolubles.
Hermès, en même temps dieu du cieletdieu de l'enfer, symbole de la vie et de la mort, évoquait, d'après les croyances antiques, les âmes des morts, et opérait des miracles avec son caducée. C'est pourquoi les philosophes, les magiciens et les alchimistes avaient choisi Hermès pour leur patron. Aussr l'art transmutatoire des alchimistes reçut-il le nom A^art hermétique. Qu'y a-til donc d'étonnant à ce que le métal, si utile à l'affineur et à l'orfèvre, que le mercure, que Veau-argent , ait été consacré à la divinité, dont il porte encore aujourd'hui le nom?
Une fois engagé dans cette voie, on ne pouvait pas s'arrêter à mi-chemin. Les hommes, qui avaient voué à Hermès un culte aussi exclusif, devaient lui supposer des écrits, ne fût-ce que pour donner plus d'autorité aux leurs. En effet, pendant que l'antiquité garde un silence absolu sur les prétendus écrits d'Hermès, les philosophes de l'école d'Alexandrie, les disciples de l'art sacré, parlent sans cesse des œuvres d'Hermès, comme dignes d'être consultées par tous les adeptes.
(1) Denat. Deorum, iii.
(2) Platon, ÎD Phxd. et Philebo, — 01. Borrldiius, de Orlu et prog. ChemiXi Mangel, Bibl,, t. i, p. 13.
PREMIÈRB ÉPOQUE. 251
Jaroblique nous apprend que Hermès Trismégiste a écrit, au rapport de Séleucus, vingt mille volumes sur les principes universels. « Mais selon Manéthon, c'est, dit-il, trente-six mille cinq cent vingt-cinq volumes qu'il a composés sur toutes les sciences (1). » — Puis il ajoute : « Les écrits connus sous le titre de Sentences de Mercure contiennent souvent des termes de philosophes grecs; car ils ont été traduits de la langue égyptienne par des hommes versés dans la philosophie (2). »
Oo se demande pourquoi Jamblique ne parle des livres d'Hermès que par tradition, et pourquoi il ne dit pasnn mot des livres originaux, qu'il lui aurait été si facile de se procurer, en sa qualité de grand prêtre. Ce qui prouve que ces livres n'avaient jamais été déposés dans les temples d'Egypte, c'est que Héraïscus et Asclépiade, qui avaient approfondi les systèmes cosmologiques et astronomiques des Égyptiens, ne disent pas un mol des livres d'Hermès, au rapport de Damascius, qui vivait du temps de Justinien (3).
Les écrits qui nous restent sous le nom d'Hermès, et qui pour la plupart sont étrangers à la chimie, renferment, comme l'a déjà remarqué Meiners, des emprunts faits aux livres de Moïse et de Platon (4). C'est pourquoi beaucoup d'auteurs, entre autres Teonemann, pensent que les ouvrages d'Hern^ès ont été composés au moment où la religion chrétienne allait triompher du paganisme, et que leur receuil devait être pour les paKens ce que la Bible est pour les chrétiens (5).
Au rapport des Pères de l'Église, et notamment de saint Cyrille, l'auteur des écrits d'Hermès avait mis à profit les livres de Moïse et de Platon (6). On pourra en juger par la lecture du fragment suivant :
Isis se mit à parler ainsi : « Le monde supérieur domine et couronne le monde inférieur. L'ordre 'des ^tres d'en haut est parfait et immuable; l'intelligence humaine ne peut l'atteindre ;
(1) iambiique, de Mysterlis .£gypt., viii, i.
(2) Ibid., Tiii, 2.
(3) DoiiMuctttf, «epi &PXÛV ( Wolf, AnecdoL çrxc,, t. lit).
(4) Meincre, Versueh ûber die Beligionsgeschichte der altesUn Vôlker, 1. i, p. M3.
(o) Tenoemann, Geschichle der Philosophie., t. vi, p. 477. % Ctfrillus adversus Julianum (Juliani opéra, éd. Ei. SpaDlieim, Ups., 1696), '»»» I. p. 30.
c'est là ce qui fait le malheur et le désespoir des êtres de Tordre inférieur. Le mouvement des corps célestes qui, par une sympathie mystérieuse et des effluves secrets,communiquent à la nature la fécondité el l'harmonie, est un spectacle qui excita en môme temps la méditation et la crainte. De cet état de méditation et de crainte indéfinissable naquit l'ignorance. Pour faire cesser l'ignorance, l'Être suprême communiqua une partie de sa sagesse, non pasàla race humaine, — «lie n'existait pas encore—, mais à l'âme qui prend part à tous les secrets du ciel. Cette âme est Hermès, qui comprend tout, qui voit tout, qui connaît le passé et révèle l'avenir. Il écrivit toutes ses pensées et cacha ses écrits, afin d'engager chacun à se livrer à la réflexion. Le successeur et .l'héritier des connaissances d'Hermès était Thaat; puis vint Asclépias Jacuthès, fils de Pan el^ d'Héphestobule. et tous ceux qui avaient l'amour de l'étude céleste.
a La nature, continue Iris, resta stérile, jusqu'au moment où ceux qui font tourner le ciel s'approchèrent du roi de l'univers, et lui dirent : L'univers est dans l'inaction ; songe à ce qui est. nécessaire à l'avenir. Dieu répondit en souriant : Que la nature s'anime ! Et aussitôt naquit, au son de cette voix, une femme douée de tout l'éclat de la beauté. DieuJui tendit le calice delà nature, et lui commanda d'être féconde. Il regarda ensuite en haut, et s'écria : Que le ciel, l'air et l'éther remplissent le Tout! Et cela se fit. La femme épousa le Travail, et de cette union naquit une fille, l'Invention. Pour ne pas laisser lé monde supérieur dans l'inaction, Dieu enleva une portion de son intelligence, la mêla intimement avec le feu et avec quelques autres éléments, et en opéra la combinaison à l'aide de certaines formules. Celte combinaison, parfaitement pqre et transparente, n'est visible qu'à l'œil de celui qui l'a faite (4). »
Dans un autre écrit d'Hermès (2), on trouve une prophétie, annonçant la chute du paganisme et l'avènement d'une religion nouvelle, a Les temples de l'Egypte seront, y est-il dit, convertis en tombeaux. » Les chrétiens y sont désignés sous le nom de Scythes ou d'Indiens .
L'hymne mystique d'Hermès, qui renferme des traces évidentes
( 1 ) '£piA.oO rpl; [kiyiazcnj Ix Tfj; Ispa; fiSXorj iicixaXou(iivv}c Kcpv}; xô^piou , F*' bricins, Bibl. gr.
(2) Hermelis Asclépias, dans Jamblique, de Myst. jEgypi. p. 513; Liigtl»"'* 1&52.
PftSMlÈRB ÉPOQUE. 253
de la philosophie grecque, les adeptes le récitaient ordinairement avant de procéder à leurs opérations. Voici le com* mencenient de cet hymne, qui est une magnifique invocation du dieu des panthéistes :
c Univers, sois attentif à ma prière. Terre , ouvre-toi ; que la masse des eaux s'ouvre à moi. Arbres, ne tremblez pas ; je veux louer le Seigneur de la création, le Tout et l'Un (tô wav xa\ xh Iv). Que les cieux s'ouvrent, et que les vents se taisent. Que toutes les facultés qui sont en moi célèbrent le Tout et l'Un (i). »
Eq parlant des écrits d'Hermès, nous ne devons point passer sous silence la Tameuse Table d'émeraude, si souvent citée par les alchiûiistes. Voici ce qu'on y lit :
« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour l'accomplissement des miracles d'un être unique (2). Toutes les choses proviennent de la médiation d'un seul être. Le soleil est le père, la lune la mère, el la terre est la nourrice. — Tu sépareras la terre du feu, ce qui est léger de ce qui est lodrd ; tu conduiras l'opération doucement et avec beaucoup de précaution : le produit s'élèvera de la terre vers le ciel, et liera la puissance du monde supérieur avec celle du monde inférieur. C'est là que se trouve la science et la gloire de l'univers; c'est de là que dérivent les belles harmonies delà création. Aussi m'appelle je Hermès Trismégiste, initié aux trois parties de la philosophie universelle. Voilà ce que j'ai à dire sur l'œuvre du soleil (3). »
il y avait encore au dix-huitième siècle des alchimistes qui croyaient que la Table d'émeraude d'Hermès est cachée dans la plus grande des pyramides de Gizeh (4).
C'était dans VŒuvre du soleil d'Hermès Trismégiste, que l'on cherchait le secret de faire de l'or.
Les sentences mystiques qui font allusion à la sublimation, à la calcinalion et à la fixation, se retrouvent dans Jamblique,
11; Ditinuê Pymander Bermetis Trismegisti^ cum coromentariis HaniiibilU Roescli, fol , ColoD., 1630.
(2; Khfher (Œdipus ^Egypl.t l. ii,p. ii,p. 414) rapporte qti*on a découTert une In^^ripUofl en caractères coptes, sculptée sur un rocher près de Mempbis, et n^'oD y lit res paroles de la table d'émeraude : o0pav6; &vw, o^pavi; xAtco, diorpa i^, etOTpa xrzta, etc., dont ie sens ferait allusion à la forme aphérotdale du monde %«ré symboliquement par un œuf.
^3j Alli. Ktrclier, Œdipu» jEggpiïaeu$^ t. ii, p. ii, p. 428.
i) Pdw, Recherches philosophiqueê sur les 'iiffvilenSf etc., 1. 1, p 3(0.
254 HISTOIRE DW-Lk CHIMIE.
dans Procius, et même chez des philosophes grecs beaucoup plus anciens.
Le père Kircher, qui explique avec beaucoup d'assurance, dans son Œdipe , les hiéroglyphes de tous les monuments égyptiens qu'il connaissait, s'avoue cependant presque incapable de saisir le vrai sens des paroles mystiques de la Table d'émeraude. Il affirme néanmoins que cet ouvrage ne contient autre chose que la théorie de l'élixir universel, ou de l'or potable. « Cela est, ajoule-t-il, très-certain, ceriissimum est. »
Ce qui nous parait très-certain, c'est que la Table tTémeraude ressemble singulièrement aux oracles de Delphes et de Dodone : on y trouve tout ce que l'on voudra. C'était là d'ailleurs le secret de contenter tout le monde.
Le premier qui ait fait mention de la Table cTémeraude est Albert le Grand, dans son livre De secreiis.
On attribue encore à Hermès Tfismégisle d'autres'ouvrages ( De alchimiay De iapidis physlci secreto, Testamentum) (i), qui ne sont pas cités par les philosophes alexandrins. Leur origine paraît assez récente.
En somme , les livres d'Bermès nous paraissent aussi peu authentiques que les traités d'alchimie attribués à Moïse ou au roi Salomon, et dont les véritables auteurs appartiennent au moyen âge.