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CHAPITRE XIII. — LA VALENCE

Le programme que nous avions tracé au début de ce Chapitre se trouve réalisé; on a dégagé l'atome de carbone comme élément caractéristique, on en a étudié les propriétés, et avec lui on a construit des formules. N'est-ce pas le plan de Couper lui-même ?

La Chimie organique est définitivement constituée ; il ne nous reste plus qu'à nous débarrasser de la théorie des types, de cette théorie qui, sans être fausse, est étroite, artificielle et inutile.

Mais avant d'aborder ce sujet, qui nous conduira jusqu'à la chimie contemporaine, il importe d'examiner encore une fois la Table des poids atomiques.

CONSTITUTION DÉFINITIVE Dl SYSTÈME CIILMigLE.

Xous avons étudié dans le Chapitre VIII les modifications que le système chimique avait subies en 1828. Depuis, nous avons perdu de vue ce sujet important, concentrant toute notre attention sur le développement et la constitution définitive de la Chimie organique. Il importe maintenant d'y revenir.

« Les progrès futurs de la chimie générale, avait dit Dumas en i835, seront dus à l'application des lois observées en chimie organique » {^).

La prophétie du grand chimiste s'était réalisée. « L'idée de substitution, nous dit Odling, est la base de la doctrine moderne des équivalents chimiques ». La substitution est un fait organique. Démontrer par l'histoire la proposition d'Odling, c'est établir le système chimique sur le terrain de l'expérience, en rendant superflue toute intervention d'hypothèses générales.

Pour constater ce résultat, nous étudierons comparativement notre Table des poids atomiques actuelle et celle des équivalents. Xous savons que ceux-ci prétendent baser la constante de poids des éléments sur une simple comparaison c[ue l'on veut empirique. Nous commencerons par examiner les modifications que la Table des équivalentistes a subies depuis 1828 jusqu'en 1860; puis, la confrontant avec la nôtre, il nous sera facile de voir qu'il n'existe guère entre les deux qu'une divergence relative à la constitution de l'eau. Or, les faits relatifs à la substitution ont établi celle-ci d'une manière indiscutable, non pas par l'étude de l'eau elle-même, mais par l'immense documentation réunie par cinc{uante ans de recherches sur la matière. Si l'on

{'^) Chimie appliquée aux Arts, G vol., 1. V, i835, p. 80.

j3G chapitre XIV.

vent bien alors accorder à la loi des substitutions et à celle de l'honiologie la portée c|u'elles méritent, on en arrivera à considérer le système des équivalentistes comme indéfendable.

Mais ce cjui détruit le système des équivalentistes, ce qui établit le nôtre, ce n'est nullement la loi de Dulong et Petit, pas plus cpie la loi de l'isomorphisme, pas plus c[ue l'hypothèse d'Ampère et Avogadro. Vouloir que le système chimique ait été construit sur le sable mouvant de lois invérifiables, c'est mal juger une science aussi solide. Nous n'aurons qu'à feuilleter l'histoire pour nous convaincre c[ue le rôle que l'on veut faire jouer à ces lois a été inventé par les professeurs ; que sans doute, k certains moments, elles ont pu donner quekjues vagues indications très accessoires, mais que la base de nos poids atomiques n'est pas là ; mieux que cela, ces lois pourraient disparaître sans que notre système se trouve atteint dans les points fondamentaux, et notamment ceux cpii ont été prouvés par les recherches organiques.

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