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LA CHIMIE ORGANIQUK DEPUIS 18G

bier et Grignard (^), rendent des services signalés. Les composés zineiques occupent, dans la littérature de la synthèse des alcools complexes de la série grasse, une place tout à fait prépondérante. Presque toutes ces recherches sont dues à l'école russe.

Frankland (^) avaient fait agir le zinc-éthyle sur l'éther oxalicjue ; en remplaçant une partie de l'oxygène par des radicavix éthylés, ils créaient une fonction alcool. Cette méthode, appliquée plus tard par Saytzew et Wagner (') au formiate d'éthyle, fournissait le diéthylcarbinol.

Pebal et Freund ('•), par l'action des chlorures acides sur les composés organo-zinci([ues, arrivaient à une synthèse très utile des acétones. Ce travail, venant peu après le Mémoire de Kolbe ( '), apportait une dernière confirmation à la structure de ces composés dont la réduction était étudiée bientôt par Friedel.

Mais le chimiste qui a le plus fait clans l'œuvre de synthèse des alcools de ce genre c'est Boutlerow; c'est lui en effet qui a réalisé la transformation du chaînon chlorure-acide, — CO Cl,

par alcovlation et h^■drogénation, en les chaînons C(OFI) (").

Parmi ses élèves, G. Wagner réalisait bientôt, par une réaction qui n'est pas sans analogie avec la précédente, l'alcoylationhydrogénation de certaines aldéhydes (').

Remarcjuons c[ue le travail où nous avons vu Wurtz arrêté par la constitution de l'hydrate d'amylène est de la même année que la synthèse du triméthylcarbinol de Boutlerow. Nous ne pouvons douter que celui-ci, devant le caractère tertiaire du nouvel alcool de Wurtz, n'eût été à même d'en fixer immédia-

(^) Signalons aussi les synthèses par intervention des alcoolates alcalins.

(^) JBull. Soc. chim., i863, p. 70.

(•^) Liebig's Annalen, t. CLXXV, 187,^, p. 35 1.

(^) Liebig's Annalen, t. CXV, 1860, p. 21 [Réperloire de Chimie pure, t. III, 1861, p. II).

(^) Répertoire de Chimie pure. t. II, 1860, p. 363. I où- ce Chapitre, article acide lactique.

C) Liebig's Annalen, t. CLXXXI, 1876, p. 261.

(■) Bull. Soc. chim., nouvelle série, t. II, 1864, p. 106.

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tement la structure sur le papier. Il la donne en elîet dans son Mémoire ('), sans faire allusion au produit décrit par Wurtz {-), mais en le qualifiant d'alcool tertiaire. Sa synthèse avait été réalisée par Popow (^). Wurtz avait mentionné que l'hydrate d'amylène s'oxyde comme l'amylène lui-même. Dans son dictionnaire ('*), son élève G. Salet donne à cet alcool la formule C'H'".,, O. \Vurtz avait probablement une raison de se

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méfier : l'interprétation de la formation de l'amylène par l'alcool amylique ordinan^e invoque une transposition molécidaire.

Sans prétendre cjue la synthèse conduit toujours et partout à des résultats certains, il faut donc reconnaître qu'elle est un des principaux arguments pour déterminer la constitution des composés du carbone. En choisissant l'exemple des alcools, nous avons eu en vue de citer le plus important et en même temps le plus simple. On peut voir que ce sont les méthodes de Kolbe et Frankland c[ui en font tous les frais.

Mais si la synthèse est si importante, c'est que précisément elle est un instrument mis en mouvement par la théorie. Si notre conception de la réaction synthétique pouvait être inexacte, toutes nos conclusions seraient fausses. C'est le point d'interrogation posé auprès de la synthèse qui a motivé les créations de familles organiques et l'étude collective de celles-ci. Nous étudierons dans un paragraphe ultérieur cette dernière phase du développement de la chimie du carbone.

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