Cavendish
Dans la lignée glorieuse des fondateurs de la chimie pneumatique, Henri Cavendish vient immédiatement après Black; mais, physicien autant que chimiste, il apporte dans ses investigations une discipline tout à fait nouvelle. Privé du fil conducteur que devait se donner Lavoisier, il suit comme lui un courant que nous dirions physico-chimique. Avec moins de hauteur de vue que le grand savant français, il s'attache par contre, plus que lui, aux détails et montre mieux tout le bénéfice que peut retirer la science des constantes physiques dans l'art d'isoler les corps et de les différencier. Cette tendance est d'autant plus intéressante que, il ne faut pas l'oublier, nos
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principaux éléments gazeux sont encore inconnus, et que, le phlogistique aidant, la notion d'élément n'est pas encore nette en ce qui les concerne.
D'ailleurs, Cavendish nous apparaît, autant dans sa vie scientifique que dans sa vie privée, un homme essentiellement original, plus qu'un esprit systématique, un homme de système , précis dans ses recherches, maniac{ue dans sa vie.
Il était né à Nice en 1731. Fils de Lord Cavendish, petit- fils par son père du dvic de Devonshire, par sa mère du duc de Kent, il vécut jusqu'à /\2 ans, comme cadet de famille, d'un très modeste patrimoine. A cette époque, grâce au testament d'un oncle, il devint riche de 3oo 000 livres sterling; mais cette fortune subite ne changea rien à ses anciennes habitudes, et l'on dit qu'il n'en continua pas moins, toute sa vie, à se faire tailler des vêtements de même coupe dans des pièces de même drap. Et si Watt lui a reproché de ne pas dépenser la centième partie de ses revenus (^), cela n'implique pas qu'il fût avare. On cite au contraire comme preuves de son désintéressement les fondations scientifiques auxquelles il consacra des sommes considérables.
Cavendish s'était d'abord orienté vers la Physique; il avait fait des recherches sur la chaleur spécifique. Il s'occupe ensuite de l'air fixé de Black, mais il n'abandonne pas sa première direction. Il étudie le gaz libre, détermine sa solubilité ; il se sert le premier du mercure pour recueillir les gaz, progrès sensible dans la technique de la chimie pneumatique; il détermine la densité de l'air fixé comme étant une fois et demie plus forte que celle de l'air commun.
l'niacelse avait peut-être constaté la formation d'un air dans Taclion de l'huile de vitriol sur un métal (-). A la vérité, cette observation n'était pas restée isolée, mais de même qu'il apparticiii ;■; l'.laek d'a\ oir donné ses titres de noblesse à l'acide carboiiitpic. de même Cavendish introduit définitivement dans la
(') l.eltreà Frij, i5 mai 178J [Jieilràge, de II. Kopp, p. -jM). (') IIoKFER, Renseignement contesté par il. Kopp, Beilrage r. Gcsch. d. ( hriii , !. II f, p. ■j\\ ; Bnniswick, 1875.