I.A CHIMIE DR LAVOISIKR. II
Lorsque, le premier parmi les chimistes étrangers, Black, malgré son âge, retrouvait encore assez de jeunesse d'esprit pour renier le phlogistique et se rallier à la nouvelle théorie de la combustion, Lavoisier lui adressa, le i 4 juillet 1790, une lettre qui suffirait à faire disparaître tous les soupçons d'animosité :
<■ J'apprends avec une joie inexprimable que vous voulez bien attacher quelque mérite aux idées que j'ai professées le premier contre la théorie du phlogistique. Plus confiant dans vos idées que dans les miennes propres, accoutumé à vous regarder comme mon maître, j'étais en défiance contre moi-même, tant que je me suis écarté sans votre aveu de la route que vous avez si glorieusement suivie. Votre approbation, monsieur, dissipe mes in(}uiétudes et me donne un nouveau courage. Je ne serai content jusqu'à ce que les circonstances me permettent de vous aller porter moi-même le témoignage de mon admiration, et de me ranger au nombre de vos disciples. La révolution qui s'opère en France devant naturellement rendre inutiles une partie de ceux attachés à l'ancienne administration, il est possible que je jouisse du plaisir de la liberté, et le premier usage que j'en ferai sera de voyager, et surtout en Angleterre et à Edimbourg, pour vous y voir, pour vous entendre et profiter de vos leçons et de vos conseils. »