‹ Histoire de la chimieChapitre 39 sur 137 · III. — Priestley · texte numérisé non relu

III. — Priestley

Joseph Priestley, né à Fieldhead près de Leeds en i733, était fils d'un fabricant de drap. Destiné par son père à lui succéder dans la même carrière, il ne réalisa en rien l'existence régulière et bourgeoise qui s'ouvrait devant lui. Un caractère profondément religieux, joint à la réceptivité aiguë qui devait faire de lui un observateur de génie, lui réserva dans la vocation ecclésiastique à laquelle il était appelé, toutes les traverses et toutes les amertumes que peut éprouver un penseur.

Priestley est surtout théologien et philosophe, si l'on choisit pour le classer les branches auxquelles il a consacré le plus de temps et sur lesquelles il a le plus écrit. On pourrait presque dire qu'il n'est chimiste que par accident.

Dans le cercle presbytérien de sa famille, il ne tarde pas, tout jeune, à être considéré comme un schismatique. Prédicateur dans une petite communauté du Suffolk, il ne peut y rester que trois ans; c'est toujours sa mentalité que l'on accuse.

(') Lavoisier, Œuvres, t. II, p. i4i.

CHAl'lTJU: V.

Il occupe ensuite la cure de Nantwich, dans le comté de Chester, et consacre son activité à l'enseignement; il publie des Ouvrages sur la Grammaire, l'histoire, l'art oratoire; si son attention est attirée sur la Physique et la Chimie, ce n'est qu'au point de vue didactique; on ne signale pas qu'il ait expérimenté à cette époque. Puis il devient professeur de langues à Warrington. Un vovage à Londres lui donna occasion de rencontrer Franklin qui l'engagea (1767) à publier son Histoire de V Electricité. Mais une autre circonstance détermina, comme il le rapporte lui-même, sa brillante carrière d'expérimentateur.

Il était revenu s'installer à Leeds en 1767, et là, demeurant à proximité d'une brasserie, il fut amené à faire des observations sur l'air fixé. A vrai dire, celles-ci ne sont pas eiicore particulièrement fécondes : ce gaz est parfaitement connu au point de vue de la science de cette époque. Mais Priestley nous donne tout de suite la dii'ection de sa technique ; il ne faut y chercher ni la rigueur de Cavendish, ni l'enchaînement des idées de Black; il observe simplement, peut-être a au hasard », comme il se plaît à le dire lui-même. Mais son observation, par le fait qu'elle ne connaît pas de loi, s'aventure dans des domaines inexplorés, où il doit récolter bientôt une abondante moisson de faits d'une inq)ortancc primordiale.

Priestley examine Pair fixé comme un naturaliste; il recherche ses usages, son action sur l'organisme, sur la végétation, sa solubilité dans l'eau à différentes températures, et compare ces solutions -aux eaux gazeuses naturelles. Ce qui devait surtout attirer l'attention d'un observateur de ce genre, parmi les phénomènes qui l'avaient frappé chez son voisin le brasseur, c'est que l'air fixé n'entretient ni la respiration ni la combustion. II. paraît s'établir dans l'esprit de Priestley une classification entre les airs viciés et non viciés, et c'est ce (jui va le conduire, non pas « au hasard », mais de la manière la jdus logique, à la part glorieuse cpii lui revient dans la découverte de l'oxygène.

Ell'orcons-Mous d'établir les préliminaires de ces mémorabfi's recherches. A la suite de la publication de son Histoire de C Electricité, Priestley était devenu membre de la Royal Society. Ses premières publications, datées de 177^^, figurent dans.

i.v (iiimif: de lavoisiku. i33

les Philosophical Transactions: mais comme elles pi^ennent bientôt un développement insolite, il réunit ses travaux, avec les précédents, en un Ouvrage spécial : Experiments on] différent Kinds of Air (^) qui formera six volumes. Il en a publié une seconde édition refondue et abrégée en trois volumes (-). C'est là tout son œuvre chimique.

Les recherches exécutées en 1772 portent sur les sujets suivants :

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