IX. De l'air acide
En 1773 et avi début de 1774, Priestley revient sur les m^mes sujets, complétant ses expériences précédentes et y ajoutant des recherches sur l'air alcalin. Ces recherches forment la seconde partie du premier Volume. Le second Volume relate les travaux sur l'air acide vitriolique (acide sulfureux), sur l'air déphlogistiqué et la constitution de l'atmosphère.
Une détestable théorie risque d'égarer à chaque pas Priestley. et quant à la technique que la science pouveit, à cette époque, mettre à la disposition du chercheur, on conçoit ce qu'elle pouvait être, puisque l'air fixé et le gaz inflammable étaient à peu près les seuls représentants de la chimie pneumatique.
La propriété de s'enflammer est le caractère saillant du gaz
Cl Londres, 177.1-1777; 6 vol. Cet Ouvrage a été traduit en français par Gibelin, Paris, Nyon, 1 777-1 780; 5 vol. [-) Birmingham, Pearson, 1790.
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déjà étudié par Cavendisli: aussi Priestley confond-il le gaz obtenu par calcination du bois avec celui préparé par l'action de l'acide sulfurique sur le fer ou le zinc. Et comment éviter cette méprise, puisque les produits de la combustion des deux airs sont inconnus, et puisque le phénomène de la combustion lui-même est l'objet d'une bizarre interprétation?
L'air fixé se fait par plusieurs méthodes, et notamment par calcination, dans un canon de fusil, « de la craie ou de la pierre calcaire (^) ». Ainsi obtenu, il est à moitié absorbable par l'eau; le résidu est inflammable. Priestley n'est pas sans voir d'oîi vient la confusion. L'air fixé '< le plus pur «, obtenu par l'action de l'acide sulfurique sur la craie, ne se comporte pas de même : son résidu est, au moins en partie, de l'air commun, et il suppose que, dans ce cas, on peut faire du véritable air commun avec de l'air fixé. L'agitation prolongée avec l'eau est l'un des traitements les plus employés par le savant anglais ; il n'est pas toujours facile d'interpréter les essais qu'il relate: citons par exemple que l'air inflammable, longtemps agité avec l'eau, perd son inflaiumabilité.
Le programme des recherches- exécutées par Priestley en 1772 montre assez l'importance qu'il attache aux opérations capables de vicier l'air; mais il sera intéressant de signaler l'interprétation qu'il en donne :
« Je me suis quelquefois imaginé que la flamme dispose l'air commun à dé]>oscr l'air fixe qu'il contient; car, si on y expose de l'eau de chaux, elle se trouble sur-le-champ. Cela arrive lorsqu'on allume des bougies, des chandelles, des copeaux, de l'esprit de vin, de l'éther et toute autre substance que j'aie encore essayée, à l'exception du soufre, dans un vaisseau de verre renversé dans de l'eau de chaux. Cette précipitation de l'air fixe, si tant est qu'elle ait lieu, peut être due à quelque principe qui se dégage des corps brûlants et qui a une plus graiich' affiiiilé avec les autres parties constituantes de l'atmosjthère (^) ».
(') l'I.rjiriiini'iits im (lilj. Kind.s af /{ir, trad. Ciibelin. (-) Ililfl.. I. 1. 1». 5C).