‹ Histoire de la chimieChapitre 46 sur 137 · II · texte numérisé non relu

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l69, CHAPirUE V.

avons faites, témoignent de sa prudence. Adversaire décidé du phloçfistique dès le début de sa carrière chimique, il n'en a pas moins subi inconsciemment l'influence. Il ne devait pas eu être autrement des anciennes conceptions sur les éléments. Déjà, à plusieurs reprises, nous avons fait allusion à la notion objective d'élément gazeux, telle que pouvaient la concevoir ceux mêmes qui avaient contribué notamment à découvrir la nature de l'air atmosphérique. Nous avons pu être surpris de la conception de Priestley, non pas seulement en ce qui concerne les éléments, mais aussi relativement à quelcjucs gaz « distincts )>, ceux que nous appelons des individus. A la vérité, les Mémoires des savants de cette époque ne discutent pas des éléments dans le sens que Boyle avait donné à ce mot : c'est déjà beaucoup de séparer les gaz et de les distinguer. Il faut recourir aux Traités et aux Ouvrages les plus généraux pour se faire une idée de la mentalité de ce temps. Parlant de l'air vital, Guyton de Morveau nous dit en 17S7 :

« Cette portion de l'air n'est pas toujours dans l'état gazeux ou aériforme ; elle se décompose dans un grand nombre d'opérations et laisse aller, du moins en partie, la lumière et le calorique qui sont des principes constituants comme air vital. »

Cette opinion sendile ])Ouvoir être considérée comme orthodoxe, puis(pi'ell(' est émise par Morveau dans un Ouvrage que Lavoisier a signé avec lui (^). Mais au moment où nous sommes arrivés, en 1777, Lavoisier pouvait-il cousidéi^er comme un élément l'azote, cette « mofette » rebelle jus({ue-là à toute manifestation chimique ? Le grand chimiste avait déjà probablement une idée claire de la nature élémentaire de l'oxygène, puisqu'il r;t\;iit \ Il se déplaçant dans les oxydations ; mais uous voyons, |iai' la cilalion de Morveau, ([ue cette notion devait encore se siniplilier ])ar la suite. Celle (|ue nous avons actuellement ne |MMi\;iil régner saus ])artage (ju'ajn'ès la dispanluui du phlogisliqiif. Lavoisier a déjà cond)attu celui-ci, mais avec une certanu" réserve, cl huMi (pi'il s'en défende, sa nolion de l'élément est encoïc hmi luipiégriée des idées de Stahl.

(') .\oiiicii(litlnrc iliiniitiiic. \t. ",:>.. l'aris, 1787.

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