THÉORIES ET RÉFORMES SOCIALES
que l'État intervienne, par la seule action des lois naturelles, la libre concurrence et la loi de l'offre et de la demande. Il n*y a pas de question sociale, il n'y a que des questions économiques. Le gouvernement n'a rien de mieux à faire que de laisser les citoyens s'arranger entre eux. — On appelle quelquefois cette école V école orthodoxe, parce qu'elle est restée fidèle à la doctrine des fondateurs de l'économie politique; on l'appelle aussi V école de Manchester, parce qu'elle a eu en Angleterre son centre à Manchester à partir de 1845. Elle domine surtout parmi les économistes français.
L'autre école part de l'observation des faits et s'intitule historique ou « réaliste ». Elle soutient que la liberté absolue de l'industrie a eu pour résultat de produire la misère et de déchaîner l'égoïsme et la haine entre les classes. Le plus important, dit-elle, n'est pas de créer des richesses, il y en a assez déjà pour que personne ne souffre de la misère ; la difficulté est de bien les répartir. C'est là la question sociale. Elle ne peut être résolue que par des lois qui régleront la distribution des profits. Il faut donc que l'État intervienne pour faire ces lois. — Cette école s'est fondée surtout en Allemagne, elle a ses partisans surtout parmi les professeurs des universités. Depuis 1872 ils tiennent tous les ans un congrès de politique sociale où ils discutent des questions d'économie politique et proposent des réformes législatives. Leurs adversaires les ont surnommés les socialistes de la chaire, parce qu'ils enseignent dans les chaires de? universités une doctrine qui sur un point ressemble au socialisme.
Les agitations et les discussions sociales, qui depuis un demi-siècle tiennent une si grande place dans la vie, ont attiré l'attention sur la condition des ouvrlec^. VV^ semblé que l'agitation avait pour ea.us^^TvcvçA:^^^\^'«^"
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sère ; « la question sociale, a-t-on dit en Allemagne, est une question d'estomac » Aussi a-t-on cherché à diminuer ce qu'on appelle le paupérisme et à adoucir le sort des classes inférieures.
L^État a interdit de faire travailler les jeunes enfants dans les manufactures et d'employer les femmes h des travaux trop pénibles. (L'enquête anglaise de 1842 avait établi que dans certaines mines des femmes passaient de quatorze à seize heures par jour sous terre, attelées à des wagons chargés de charbon.) On a obligé aussi, en Angleterre, les industriels à fermer leurs ateliers un jour par semaine, pour laisser reposer les ouvriers.
L'État, les communes et les particuliers ont fondé des bureaux d'assistance publique qui distribuent des secours aux indigents, des hôpitaux où Ton soigne les malades gratuitement, des asiles où l'on recueille les vieillards et les inflrmes. On a créé des écoles primaires gratuites et des écoles professionnelles pour les enfants du peuple.
Les ouvriers ont cherché à s'associer pour se rendre la vie plus facile. Ils ont fondé des sociétés de secours mutuels, où chaque membre, moyennant une cotisation, a droit à un secours en cas de maladie, — des sociétés de consommation qui fournissent à leurs membres des denrées meilleures et à meilleur marché que dans les magasins, — des sociétés de crédit qui prêtent de l'argent à leurs membres (tellesque lesbanques Schultze-Delitsch en Allemagne), — et même des sociétés coopératives qui permettent aux ouvriers, en mettant en commun leurs épargnes, d'acquérir l'atelier dans lequel ils travaillent. La plus célèbre, celle des Equitables pionniers de Jiochedale, fondée en 1834 avec vingt membres seulement, était parvenue en 1867 à avoir 823 membres et à posséder un capital de 3,200,000 francs.
Les patrons aussi oivl îavV. à^s> t^Ko^tcva'à ^%sn& Vvialérét