LES ANARCHISTES
sociétés d'ouvriers. De là vient le nom de collectivistes qu a pris une branche du parli.
L'Internationale, — Pendant l'Exposition universelle de Londres, en 1862, les ouvriers étrangers réunis à Londres conçurent Tidée d'une coalition entre tous les ouvriers des différents pays; en 1866 fut fondée V Association internationale des travailleurs. Elle était dirigée par un des chefs du socialisme allemand, Karl Marx, et ne se proposait d'abord que de grouper les ouvriers de tous les pays pour leur permettre de mieux concerter les grèves. Tous les ans devait se réunir un congrès des délégués ; le premier eut lieu à Genève en 1866, il y vint soixante délégués. Comme la cotisation n'était que de 1 ou 2 francs par an, le nombre des membres s'éleva bientôt à plusieurs millions; « on s'affiliait à l'Internationale comme on prend un verre de vin ». Dès le troisième congrès (celui de Bruxelles en 1868), l'Internationale commença à parler d'une transformation de la société qui supprimerait lé salariat, « cette forme nouvelle de l'esclavage ». Le congrès de Bâle (1869) déclara que « la société a le droit d'abolir la propriété individuelle du sol et de faire entrer le sol dans la communauté ». L'Internationale sembla alors très puissante et très dangereuse, on s'imagina même qu'elle avait dirigé Tinsurrëction de la Commune, et les gouvernements commencèrent à faire des lois contre elle. En réalité, elle ne disposa jamais que de faibles ressources et ne fit guère que lancer des proclamations. En 1872, le désaccord se mit entre ses chefs ; à partir de 1874 elle s'est désorganisée.
Les anarchistes, — En face du parti socialiste de Karl Marx, qui dominait l'InternalionaVe, ç>^ ^ot^^N^\:^ V^"^
un parti nouveau qu on a appelé anarchiste; le chef était le Russe Bakounine, fondateur de V Alliance universelle, chassé de Tlnternationale par le congrès de la Haye (1872).
Les anarchistes ne proposent aucune réforme, ils veulent simplement « détruire tous les États, toutes les Eglises, avec toutes leurs institutions et leurs lois religieuses, politiques, juridiques, financières, policières, universitaires, économiques et sociales, afin que tous les pauvres millions d'êtres humains respirent désormais avec une complète liberté. » A la place de ce quils veulent détruire, ils ne proposent jien. « Tous les raisonnements sur Tavenir sont criminels parce qu'ils empêchent la destruction pure et entravent la marche de la Révolution. »
Il y a des anarchistes dans tous les pays d'Europe et quelques-uns dans les grandes villes des Etats-Unis, mais le parti n'a joué de rôle actif qu'en Russie. Là il est surtout un parti politique qui proteste contre le despotisme du tsar et de l'administration russe en cherchant à assassiner le tsar et les fonctionnaires. A ces révolutionnaires russes qui, par haine de la tyrannie, veulent tout détruire et ne rien c?'éer , le romancier Tourguenief a donné le nom de nihilistes (partisans du rien), et ce nom leur est resté en Europe; eux-mêmes s'appellent révolutionnaires.
Théories et réformes sociales. — Les économistes se partagent aujourd'hui entre deux écoles.
L'une s'intitule école libérale, parce qu'elle réclame la
liberté absolue de l'industrie. Elle part du principe que la
société livrée à elle-même s'organise naturellement de la
façon la plus avantageuse pour tous. Les rapports entre
ouvriers et patrons doi\fetvl«>^ t^^^i: ^^w:î.-tcvè.v£vç.s^ sans