LES EXPLORATIONS
la métropole. Il n'existe encore, dit-on, qu'un Empire britannique, il faudrait un Parlement impérial britannique où toutes les colonies seraient représentées. Au lieu d'Etats isolés et de petites confédérations, on aurait une vaste confédération unique; ce serait non plus la Grande- Bretagne, mais la Plus Grande Bretagne (i).
Les explorations, — A la fin du xvm* siècle, après les grandes expéditions maritimes du capitaine Cook, on connaissait à peu près le contour de tous les continents et de toutes les îles du globes, excepté dans les régions polaires. Il restait encore à connaître l'intérieur de l'Afrique, de l'Australie, de l'Asie, de l'Amérique du Sud, et les alentours des deux pôles. C'est sur ces régions qu'ont porté les explorations du xix° siècle.
Ce ne sont plus des expéditions de commerce comme au XVI* siècle, mais desexpéditions de recherches, entreprises sans but intéressé, pour faire avancer la science. Les explorateurs sont, sinon des savants, du moins des agents scientifiques, d'ordinaire au service d'un gouvernement ou d'une société d'études. En 1788 s'est fondée en Angleterre la Société africaine qui a envoyé Mungo- Park explorer le Niger. En France la Société de géographie a donné des subventions et des récompenses aux explorateurs. Quelques expéditions ont été organisées à l'aide de souscriptions et c'est un journal de New- York qui a fait les frais de 4a première expédition de Stanley en Afrique.
Ces explorations dans l'intérieur des continents sont incomparablement plus dangereuses que les voyages le long des côtes : elles se font ou dans des climats brû-
(1) L'idée a été exprimée d'abord par sir Charles Dilke dans un livre intitulé Plus grande Bretagne (1868); elle est développée dans Seeley : L'expansion de V Angleterre,
lants, mortels pour les Européens, ou dans les déserts glacés des pôles. La plupart des explorateurs ont laissé leur vie dans leur entreprise. Ils ont été tués par les indigènes, comme Mungo-Park et Yogel dans le Soudan, ils sont morts des fièvres comme Glapperton et Livingstone, ou de faim comme les explorateurs de FAustralie. Franklin, parti avec deux navires pour les régions polaires en 1845, n'est plus revenu. En 1859 on découvrait les restes de son expédition ; Franklin et ses compagnons avaient passé deux hivers dans les glaces et étaient morts de misère. L'expédition de Greeley au pôle Nord, qu'on croyait perdue, a été retrouvée au bout de deux ans, au moment où les derniers survivants allaient périr de faim, après avoir mangé les cadavres de leurs compagnons. Ces sacrifices n'ont pas été inutiles. Ils ont permis de dresser presque complètement la carte du globe.