LA MUSIQUE
Allemagne, le roi de Bavière Louis I" faisait construire à Munich toute une ville d'édifices grecs ; cette école néo-grecque a duré jusque vers 1848.
L'école romantique ne chercha pas à créer un nouveau style ; mais, au contraire des classiques qui imitaient Tantiquité, elle prit pour modèle les styles roman et gothique. Le chef de Técole en France, Viollet-le-Duc, a travaillé toute sa vie à restaurer ou à reproduire des monuments du moyen âge. Les architectes romantiques n'ont guère produit que des copies d'églises et d'hôtels romans ou gothiques. Mais en cela ils ont rendu un grand service : ils ont appris au public à admirer l'art roman et l'art gothique, méprisés depuis des siècles ; iis ont sauvé les chefs-d'œuvre du moyen âge qu'on laissait tomber en ruines. Notre-Dame de Paris elle-même était si délabrée que Viollet-le-Duc amis des années à la réparer; en Allemagne il a fallu reconstruire presque entièrement le château de la Wartbourg.
Dans ces derniers temps quelques architectes ont cherché à bâtir des édifices dans un style nouveau, approprié aux habitudes modernes : de ce genre est l'Opéra de Paris, œuvre de Garnier.
L'Exposition universelle de 1889 a inauguré une architecture nouvelle. Elle opère avec des matériaux plus légers, le fer et la brique émaillée, ce quilui permet de construire des édifices beaucoup plus élevés et plus élancés. Le monument le. plus haut du monde est la tour de 300 mètres (Tour Eifl*el) bâtie sur le Ghamp-de-Mars.
La musique. — Ou appelle quelquefois le xix*" siècle le siècle de la musique. La musique a pris en effet dans la vie une place parfois aussi grande que la littérature ; elle fait partie de toutes les fêtes, elle est considérée depuis 1830 comme indispensable à l'éducation des filles
de la bourgeoisie, et presque tous les pays d*Europe l'ont introduite dans l'école primaire. Presque toutes les grandes villes ont leur théâtre de musique et leurs concerts : quelques-unes ont des concerts populaires. Même la France et l'Angleterre, où la musique n'était pas dans les mœurs, ont fini par suivre l'exemple des pays où la musique était restée nationale, l'Allemagne, l'Italie, les pays slaves.
Le XIX* siècle a produit plus de grands musiciens qu'aucun autre siècle, il a produit le musicien qu'on regarde comme le plus grand de tous, Beethoven (1770-1827). Pendant la première moitié du siècle, le public s'est partagé entre deux écoles d'origine et de caractère différents, l'école italienne et l'école allemande. — La musique allemande (représentée par Beethoven, Mozart, Weber, Schubert, Mendelssohn, Schumann), consiste surtout en symphonies, en sonates, en ouvertures et en mélodies; elle est faite pour l'orchestre, le piano ou la voix. — Les Italiens (Bellini, Donizetti, Ilossini, Verdi) n'ont guère travaillé que pour le théâtre ; leurs opéras, destinés au public français, ont été composés sur des paroles françaises. — Quant à la musique française (Boïeldieu, Hérold, Auber, Halévy, Meyerbeer, Gounod), c'est surtout une musique d'opéra ou d'opéra-comique, intermédiaire entre les deux grandes écoles.
Les Italiens ont été à la mode en France pendant tout le règne de l'école romantique : le Théâtre- Italien à Paris était alors le rendez-vous de la haute société. Aujourd'hui le public préfère la musique allemande, qu'on trouve mieux orchestrée, plus profonde, plus variée que l'itahenne. Un Allemand, Richard Wagner (1812-1883), a renouvelé l'opéra en créant le drame musical (1). Il a
(1) Weber avait prépara cette révolution en introduisant dans ses opéras la mélodie populaire.