LA SCULPTURE
couleur qu'à la ligne. — Le mouvement romantique ne commence en France qu'après 1830 ; il prend la forme d'une lutte entre les dessinateurs, qui ont pour chef Ingres, et les coloristes^ dont le chef est Delacroix. — Enfin vient Técole réaliste, quî déclare reproduire la réalité telle qu'elle est, sans souci de la beauté.
Les peintres du xix® siècle, comme les écrivains, ont essayé de tous les genres; on ne trouverait pas un genre qui ne soit représenté au Salon.
Le genre préféré de l'école classique et de l'école romantique était la peinture d'histoirCy qui représente des scènes du passé (les classiques prenaient leurs scènes dans l'antiquité, les romantiques dans le moyen âge, les coloristes en Orient). Comme les écrivains, les peintres s'efforçaient de donner à leurs œuvres la couleur locale en mettant à leurs personnages le costume exact du temps et du pays où était placée la scène. — Depuis un demi-siècle la peinture d'histoire a eu le même sort que le drame et le roman historiques. Comme eux elle a cédé la place aux genres qui permettent à l'artiste de ne représenter que ce qu'il a vu lui-même ; il y en a trois principaux : la peinture de genre, le paysage et le portrait. En Allemagne domine la peinture de genre, représentée par l'école de Dusseldorf et la nouvelle école de Munich. Les plus grands peintres de portraits et de paysages ont été des Français (Corot, Rousseau, Millet, Fromentin, Cabanel, Breton).
La sculpture, — La sculpture a été relevée au com* mencement du xix* siècle en Italie, par Canova (1757- 1822) ; dans le Nord, par le Danois Thorwaldsen (1770- 1844), et les Allemands Schwanthaler et Ritschl. Depuis un demi-siècle les sculpteurs de talent ne sont pas rares en Allemagne, en Italie et surtout en France. Ils tra-
vaillent pour les tombeaux et les monuments commémoratifs qu'on a pris Thabitude d'élever sur les places publiques. Mais la sculpture n'est pas aussi recherchée des amateurs que la peinture, les sculpteurs sont souvent réduits pour vivre à rechercher les commandes de TÉtat ou à faire les bustes des particuliers.
Il n*y a pas eu en sculpture d'opposition entre les romantiques et les classiques ; tous ont pris les anciens pour modèles, afin de revenir à des formes simples et sévères. Cependant depuis 1848 une partie des sculpteurs ont tourné au réalisme ; ils s'efforcent de copier plus exactement leur modèle et même cherchent à donner à leurs figures l'expression et le mouvement. A côté de la statuaire classique qui recherche les belles formes est apparue la sculpture d'expression^ qui s'efforce de rendre la physionomie des personnages.
L architecture. — On n'a jamais construit autant d'édifices publics de tout genre qu'au xix^ siècle : églises, hôtels de ville, palais de justice, théâtres, hôpitaux, casernes, écoles. Mais la plupart sont des bâtiments sans style ; les autres ne sont que des reproductions de monuments anciens.
A la fin du xvm° siècle on se dégoûta du style rococo et des imitations italiennes. On ne se contenta plus d'imiter les anciens indirectement, à travers les imitations faites par la Renaissance ; les architectes allèrent étudier les monuments antiques directement, en Italie et en Grèce. Ainsi naquit l'école classique qui s'attacha à reproduire fidèlement les formes des édifices antiques ; en France on imita surtout l'art romain, en Allemagne l'art grec. Alors furent bâtis en France la Madeleine et la Bourse, qui sont des copies de temples, l'arc de triomphe du Carrousel copié sur l'arc de Titus. Plus tard, en