PROGRÈS DE L'AGRICULTURE
L'électricité n'est appliquée que depuis un demi-siècle, et déjà elle a fait naître le télégraphe, le téléphone, l'éclairage électrique et la galvanoplastie.
Le télégraphe électrique a été inventé à la fois en France, en Allemagne, en Angleteterre, entre 1833 et 1838. Après avoir trouvé le moyen de l'organiser avec un seul fil de fer, on a perfectionné les procédés de transmission des dépêches ; on a eu d'abord l'aiguille qui marquait des lettres sur un cadran, puis l'appareil Morse qui imprime des points sur une bande de papier, enfin l'appareil qui imprime des lettres. Les télégraphes ne sont devenus d'un usage fréquent qu'après 1850. — Le télégraphe sous-marin consiste dans un fil de fer protégé par une enveloppe de gulta-percha ; le premier a été posé entre Calais et Douvres, en 1851. — Le câble transatlantique, qui traverse tout l'Océan et met en communication l'Europe et l'Amérique, avait été posé dès 1857; mais le premier essai a échoué. C'est en 1865 seulement que le service a pu être établi et il a fallu imaginer un nouvel appareil récepteur.
Le téléphone est tout récent et n'a pas achevé de se perfectionner. Il est déjà établi dans la plupart des grandes villes ; chaque maison de commerce a son téléphone qui permet de communiquer sans se déranger.
Progrès de r agriculture, — C'est surtout par la mécanique et la chimie que l'agriculture s'est perfectionnée. La mécanique a produit les machines agricoles (la faucheuse, la moissonneuse, la batteuse), qui, en remplaçant les outils à la main (la faux, la faucille, le fléau), permettent d'opérer plus vite avec moins de bras. — La chimie a fourni les engrais chimiques, plus énergiques et quelquefois moins chers que le fumier. — On a aussi tiré quelque parti de la zoologie et de la botanique. Les
grands propriétaires ont travaillé à améliorer les races d*aniinaux et à introduire des cultures nouvelles. Partout se sont fondées des Sociétés agricoles qui publient des études d'agriculture et engagent les cultivateurs par des récompenses à perfectionner leurs procédés .
Plus encore que la science, les progrès du commerce ont activé Tagriculture. Quand il n'y avait d'autre moyen de transport que le roulage, les cultivateurs n'avaient intérêt à produire qu'autant qu'il fallait pour leur consommation personnelle et pour le marché des villes voisines. Les paysans de Castille laissaient pourrir leur grain, les paysans de Russie ne pouvaient le vendre parce qu'il n'aurait pas payé le prix du transport. Depuis qu'il y a partout des chemins de fer et de bonnes routes, les cultivateurs, certains de pouvoir toujours tirer parti de leurs produits, travaillent sans cesse à les augmenter. On s'est efforcé par des engrais de faire donner davantage à la même terre ; on a renoncé presque partout à la jachère^ qui laissait reposer le sol une année sur trois ; on a cultivé en grand la betterave. C'est ce qu'on appelle remplacer la culture extensive par la culture intensive, — Surtout on a augmenté l'étendue des terres cultivées. Les terres médiocres, qu'on avait toujours laissées en friche, ont été mises en culture. Les vastes solitudes de l'Amérique ont été transformées en champs de blé. L'Europe, qui n'avait en 1850 que 150 millions d'hectares en culture, en a eu 200 millions en 1884. Les Etats-Unis n'avaient que 22 millions d'hectares en 1850 ; ils en avaient 64 millions (près du triple) en 1884. Il en a été de même pour le bétail : les grands pays d'élevage de moutons, l'Australie, le Gap, la Plata, n'importaient en 1864 que 450,000 balles de laines; en 1885, ils en ont importé 1,700,000. Le coton est monté de 2,400,000 livres en 1870, à 4 millions en 1884. L'agri-