SOI
continue, même de nos jours, à produire parmi les Français les résultats les plus pernicieux. Je prouverai ci-après qu'il se relie intimement à cet amour de la centralisation qui se montre dans le mécanisme de leur gouvernement, et dans l’esprit de leur littérature. C’est celle disposition qui entraîne leurs gouvernants à maintenir des restrictions qui depuis longtemps dérangent leur commerce, et à conserver les monopoles qu’un système plus libre est arrivé à détruire complètement en Angleterre. C’est elle aussi qui les amène à intervenir dans le rapport naturel entre les producteurs et les consommateurs; à forcer l’établissement de manufactures qui sans cela ne s'élèveraient jamais, et qui pour cette raison, ne sont pas nécessaires; à entraver la marche ordinaire de l’industrie, et sous prétexte de protéger leurs classes ouvrières, à diminuer le produit du travail, en le détournant des voies profitables dans lesquelles ses propres instincts le poussent toujours à s’engager.
Lorsque le principe protecteur intervient dans le commerce, ce sont là ses résultats inévitables. Lorsqu'il intervient dans la politique, il donne naissance à ce qu’on appelle un gouvernement paternel, dans lequel le pouvoir suprême est donné au souverain ou à quelques classes privilégiées. Lorsqu'il est introduit dans le domaine de la théologie, il a pour résultat de former une Église puissante et un clergé nombreux dont les membres sont considérés comme les gardiens obligés de la religion, et vis-à-vis desquels toute opposition devient une insulte à la morale publique. Ce sont là les signes auxquels on peut reconnaître la protection ; et depuis une époque très reculée, ces signes ont été bien plus évidents en France qu’en Angleterre. Sans avoir la prétention de découvrir leur origine exacte, j'essaierai