‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 134 sur 185 · Les rayons chimiqaes sont aussi dénommés aetini^flteê · texte numérisé non relu

Les rayons chimiqaes sont aussi dénommés aetini^flteê

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Ton fait passer à travers une ampoule de verre, dans laquelle on a obtenu le vide absolu, le courant d'une bobine RuhrakorfT, des rayons se dégageaient du pôle négatif, dit électrode négative ou cathode^ se propageant en ligne droite et produisant une phosphorescence dès qu'ils frappaient un corps solide, le verre, par exemple. Crookes, sur ces expériences, risqua une hypothèse hardie, mais qui pourrait bien se vérifier : c*est que la matière ne se présente pas seulement à nous sous les états solide, liquide, gazeux. Il en existe peut-être un quatrième état : Vétat radiant. Ces rayons furent dénommés rayons cathodiques.

HENRI ÈERTZ, de Bouu (Hve gauche du Rhin), étudiant ces rayons, constata qu'ils agissent sur une plaque photographique d'une façon identique aux rayons ultra-violets; que, comme eux, ils jouissent de la propriété de rendre phosphorescentes certaines substances; enfin qu'ils sont capables de traverser des feuilles de métal impénétrables à la lumière visible. Ph. Lenard, savant hongrois, poussa très loin aussi l'étude de ces rayons, et fut même sur la voie (1894) de la découverte qui allait être réalisée par Rœntgen.

Les rayons X. — D'autres expériences sur ces mêmes rayons furent faites par RŒNTfiEN, professeur à l'Université de Wûrtzburg, qai s'avisa (décembre 1895) d'entourer d'un papier noir Yampoule de Crookes et constata que, malgré l'interposition de cet obstacle, une plaque photographique n'en était pas moins impressionnée par les rayons émanés de Tampoule, rayons qu'il dénomma rayons X et qu'on appelle aussi rayons RcBntgen, Il parait bien qu'ils sont distincts des rayons cathodiques et qu'ils prennent naissance exactement au point où ceux-ci viennent buter sur un obstacle. Ils ne paraissent pas davantage identiques aux rayons ultra-violets. L'origine et la nature des rayons X ne seraient donc pas encore nettement établies.

Henri Poincaré appréciait ainsi (janvier 1896) cette découverte : < On est bien en présence d'un agent nouveau, aussi nouveau que l'étaient l'électricité du temps de Gilbert *, le galvanisme du temps de Vol ta ^, Toutes les fois

1. Sur le livre publié par TAnglais Gilbert en 1600, voir notre Histoire de la Civilisation française^ t. II, p. 453-45i. a. Voir ci-dessus, p. 253.

qu*une .semblable révolution vient nous surprendre, elle réveille en nous le sentiment du mystère dont nous sommes environnés, sensation troublante qui s*ét&it dissipée à mesure que s'émoussait Tadmiration pour les merveilles d'autrefois. >

Quoi qu'il en soit, les rayons étudiés par Rœntgen traversent la plupart des matières, le bois, le cuir, la chair; au contraire, ils ne traversent pas certains corps durs, tels que les métaux ou les os, qui dès lors, sur une'plaque photographique très sensible (par exemple, sujette à fluorescence), impressionnée par les rayons X, projettent leur ombre ou, si Ton veut, leur image en noir.

On peut donc, sur cette plaque photographique, les vêtements ou les chairs d*une personne ne donnant aucune ombre, projeter Tombre de son squelette et, avec une teinte plus foncée encore, Tombre d'un objet métallique, soit placé dans les poches de ses vêtements, soit logé dans ses chairs ou dans ses os. Les mêmes projections se produisent sur un simple écran. Si donc, dans une boite en bois, remplie de chiffons, de papier, de paille, on place une bourse eu cuir contenant des pièces de monnaie ou an écrin renfermant un bijou, les rayons X pénètrent le bois, les chifibns, le cuir, pour impressionner la plaque photographique ; mais, arrêtés par la garniture métallique de la bourse ou de Técrin, par les monnaies ou les bijoux qui y sont enfermés, ils projettent uniquement Tombre de cette garniture, de ces monnaies, de ces bijoux. Gomme ces ombres sont plus ou moins intenses suivant la nature des objets frappés par les rayons X, on peut, sans ouvrir une caisse, distinguer plus ou moins ce qu'elle contient : les métaux, très apparents; les autres substances, un peu moins visibles; un paquet de tabac se laisse entrevoir à travers son papier. A travers une enveloppe close, si elle n'est pas revêtue d'une substance (par exemple, de papier d'étain) qui arrête ces indiscrets rayons, on peut presque lire une lettre.

11 est facile de voir de quelles applications était susceptible une telle découverte. L'administration des douanes ne perdit pas de temps pour s'en emparer. Elle put, sans ouverture des colis, assurer ses vérifications. Au labora^

Wt ONïïUSATUM flANÇAUB .

toire maaidpal de Paris, Girard et Bordas atilisèrentles layons X ponr explorer, sans y toocher, les engins explosif ou les engins suspects aUrilMiables anx anarchistes. Dans les sciences médicales, il est infiniment ptécieoxy sans même déshabiller le patient, de yoir l'intérieur de son corps, tout an moins son squelette avec ses déformations possibles. Au chirurgien les rayons X indiquent avec précision le point où un projectile, même des grains de plotnb, sont logés dans les chairs on dans les os. Il semblerait même que les rayons X, en traversant une poitrine afEectéede maladies pulmonaires exercent sur celles^â une certaine action, dont la nature n^a pas encore été déterminée et dont on ne sait pas bien encore si ses effets sont vraiment curatifs et s'ils ne peuvent être nuisibles» Les rayons X sont susceptibles d'antres applications : par exemple, ils ne traversent pas le verre, mais ils traversent le carbone, par conséquent le diamant; donc, sans mémo ouvrir an écrin, on peut, à l'aide des rayons X, déterminer s'il contient nn diamant de pur carbone ou un cabochon de simple cristaL

On va employer les rayons X à l'imprimerie (brevet Izambard, tô99). L'Anglais Kobie les a déjà employés à copier, par cent copies à la fols, sur du papier gensibilisé.

La découverte de Rœntgen a été perfectionnée ou étudiée en France par Troost, Chappois, d'Arsonval, Londe, Radignet, par Jean Girard, de Rochas, Dariex, Chaband, Niewenglowski, Gh. Henry. En modifiuit la forme de l'ampoule, en employant des bobines plus puissantes, on est arrivé à réduire le temps exigé pour la pose, à produire des images phis nettes, des ombres plus nuancées, de manière à pouvoir distinguer dans les corps vivants non seulement les ùSy mais les chairs, les parties molles, tous les organes, tout le réseau veineux et artériel. Les perfectionnemeats intéressant la médecine sont dus surtout aux docteurs Bouchard, Lannelongue, Remy, Gontremoulins. De leurs travaux est née une branche nouvelle de la médecine : la radiopathologie. Les métaux qui, sous l'action des premiers appareils, ne donnaient qu'une ombre compacte donnent aujourd'hui des ombres plus nuancées: il est donc possible, dans une pièce métallique, de distinguer les soufflures,

pailles, défauts de foate, cause fréquente d'accidents.

Des appareils plus simples et porUtifs, sous les noms de chambre noire radioscopiquCy eryptoscope^ radio^ope explorateur, fluoroscope, lorgnette humainef ont été construits par Radiguet, Londe, Saivioni, Edison, Seguy. En janvier 1899, RouUiés démontra que, par remploi simultané de deux ajnpoules de Crookes, on pouvait^ en radiographie, voir directement le relief des corps observés.

Reeherehes dlvemes sur la lanière. — En 1849, le baron de Reichenbach avait déjà essayé de saisir sur la plaque du daguerréotype ce qu'il appelait les effluves odiques, attribuées par lui à un fluide appelé ad, qui se dégageaient des corps vivants, des aimants, des composés chimiques, etc., mais qui ne seraient perceptibles que dans une obscurité absolue et seulement sur une plaque très sensible. Il serait parvenu, assura-t-il, à obtenir des épreuves assez nettes ; mais les savants de ce temps contestèrent ses résul' tats aussi bien que l'existence de Vod ou des effluves odiques.

Près d'un demi-siècle après, en 1896, H. Becquerel, Ch. Henry, Troost, ont démontré que certaines substances, — sels d'uranium, sulfure de zinc, — après avoir été expo* sées à la lumière, conservent dans l'obscurité la propriété de produire une certaine phosphorescence, de dégager un rayonnement et même, en traversant des corps opaques, d'impressionner la plaque photographique. Elles produisent ce qu'on a appelé les rayons Becquerel,

G. Le Bon a pu donner à certains phénomènes lumineux la dénomination singulière de Lumière noire, qu'il inter-» prête par ces autres mots : Lumineseenee invisible, Radiations de grande longueur donde, Émanations métalliques, expressions qu'il serait trop long d'expliquer ici.

6. Trouvé et Foveau de Gourmelles ont poursuivi des expériences en vue dUsoler la lumière rouge, la lumière froidcy la lumière chimique, etc.

Les Américains Bell et Tainter, les Français Mercadier et Dussaud ont étudié la photophonie ou radiophonie, ou production de certains sons à l'aide de certains rayons luOittineux : d'où le photophone.

Il sera question plus loin de la photographie des couleurs.

Quant à l'étude même des couleurs^ il convient de rap-

peler ici les derniers travaux de chevreul. Dans son laboratoire des Gobelins, il réussit à déterminer et à fixer jusqu'à 14 400 nuances ou tons divers, tous procédant des trois couleurs mères : rouge, jaune, bleu.

L'électricité d'Indaetloii. — Jusque vers 1855, on ne produisait rélectricité que de deux manières. Parles machines à frottement, on dégageait un fluide doué d*ane grande tension, mais en faible quantité : c'est l'électricité statique. Par les piles, on obtenait un fluide de faible tension, mais en grande quantité : c'est l'électricité voltaîque ou dynamique, paradât découvrit alors l'électricité d'induction.

En remplaçant l'action de la pile Volta par l'action de barreaux aimantés, il produisait des courants induits. Il obtint ainsi, suivant l'expression de J.-B. Dumas, la troisième espèce d'électricité, celle dans laquelle < les qualités des deux précédentes se trouvent réunies; car, comme la première, elle lance de longues et foudroyantes étincelles; comme la seconde, elle pénètre dans l'intérieur des corps pour les échauffer, les fondre, les décomposer ».

Arago, avec de l'électricité, faisait du magnétisme : Faraday, avec des aimants, faisait de l'électricité. Il se servait de la Terre elle-même comme d'un aimant pour développer dans des fils de cuivre des courants induits.

C'est d'après les principes de Faraday que Glarke et Pixii ont construit leur machine à induction ; que Ruhmkorff, en 1851, à Paris, a fabriqué la bobine Rnîxmkorff. Celle-ci se compose d'un cylindre de carton sur lequel s'enroulent des fils métalliques communiquant avec les pôles d'une pile. Sur certaines bobines on enroule jusqu'à 30000 mètres de fil. L'électricité condensée dans cet appareil est d'une telle puissance qu'elle peut percer des lames de verre de dix centimètres d'épaisseur. Avec la machine de Ruhmkorff on a pu, en 1860, pendant la campagne de Chine, faire sauter les forts du Peï-ho. On s'en sert aujourd'hui pour envoyer l'étincelle électrique, à d'énormes distances, dans les torpilles, dans les mines chargées de poudre ou de dynamite, dans les phares que l'on veut allumer à distance. L'empereur Napoléon III avait fondé, en 1852, pour la meilleure application de la pile Volta, un prix de 50 000 francs, à

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rimitation de celai que le Premier Consul avait fondé en 1801. Ce prix fut, en 1864, décerné à Ruhmkorff.

Toutefois la production de l'électricité restait encore très coûteuse. L'application de cette force aux usages industriels, et par exemple à l'éclairage, restait presque impossible tant qu'on ne produirait l'électricité qu'avec des moyens de laboratoire. Au lieu de la produire en brûlant du zinc dans une pile, il s'agissait de la produire en brûlant simplement du cbarbon sous une chaudière. Le pro« blême fut résolu par obimiie, ingénieur d'origine belge, mais domicilié en France, qui construisit de puissantes dynamos.

Affinité des grandes forées de la nature. — Dès 1842, GBOTE, à l'Institution royale de Londres, avait essayé d'établir que < la chaleur, la lumière, l'électricité, le magnétisme, l'affinité chimique, le mouvement S sont corrélatifs ou dans une mutuelle dépendance ; que chacun d'eux peut produire tous les autres ou se convertir en eux ; que la chaleur peut, médiatement ou immédiatement, produire l'électricité ; que l'électricité peut produire la chaleur; et ainsi des autres forces, chacune disparaissant à mesure que la force qu'elle produit se développe » . fabadàt a repris la même théorie et Fa développée et confirmée par de brillantes expériences.

Le téléphone. — Si, au moyen du fil télégraphique, on a pu transmettre à toute distance, même à travers les mers, des signes et des lettres, ne pouvait-on pas transmettre également les vibrations que la parole humaine imprimerait à un appareil susceptible de vibrer *? Ne pouvait-on pas transmettre la parole humaine elle-même? En 1837, l'Américain page, au moyen de son vibrateur électrique, constata qu'une tige magnétique soumise à des aimanta* tions et désaimantations très rapides peut émettre des sons. En 1854, Charles boubseul publia son mémoire sur la transmission électrique de la parole, c On regarda cette idée, raconte Dumoncel, comme un rêve fantastique; moi-

1. Même le son. En janvier 1890, Dussaud rédigea sa première note sur la transmission du son par les rayons ultra-violets. Voir ci-dessus, p. 698.

2. Il est à remarquer que les téléphones à ficelle, ce jouet d*enfanl qui fui si populaire il y a une vingtaine d'années, mais où l'éleotricilé ne joue Aucun rôle, avaient déjà été décrits en 1667 par rAnglais Robert Hook^

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même, je dois Ta^ooer, je ne pouvais y croire ». Alors parut le téléphone de Philippe reiss (1860), qui ne transportait que des sons musicaux; puis celui deOBAïuii bell (1876), qui transporte la parole humaine. Perrectionné par Ch. Gros, Elisha Gray, Edison, PoUard et Gamier, Bréguet, Dutertre, Gouault, Varley ^ l'appareil nouveau s'est vulgarisé en Europe. D'abord on s'est servi des vibrations du téléphone pour parler d'une chambre à une autre, d^une maison à une autre, d'un quartier à l'autre d'une grande ville comme Paris. L'époque actuelle a vu réaliser cette merveille qu'un amateur, placé dans, une cabine téléphonique à Marseille, peut entendre ce qu'on chante on déclame sur la scène des théâtres de Paris. Dès janvier 1887, le président de la République française et le roi des Belges ont pu s'entretenir, par téléphone, de Paris à Bruxelles et inaugurer ainsi le service entre les deux pays.

La téléphonie est venue ainsi faire concurrence à la télégraphie; nous avons, dans presque toutes les villes de France, des stations téléphoniques. Notre réseau téléphonique, chaque jour, s'étend et se complète *. Le téléphone enregistreur permet de fixer les communications dont le destinataire n'a pu avoir l'audition.

Le phon«i;niphe. — Un correcteur d'imprimerie de Paris, Léon SGon (1856), au moyen des oscillations d'une plaque métallique vibrant à la parole humaine, obtint que cette parole s'inscrivit elle-même au mioyen de signes convenus. C'est ce qu'il appelait le pkonautograpke. Puis GB. CBOS et EDBOii (1877) inventèrent le pAono^'op^, qui, impressionné par la parole humaine, non seulement la conserve, mais peut la reproduire. Le phonographe emmagasine le chant de l'artiste ou les éclats de l'éloquence politique, et, des années après, en tournant une manivelle, on peut se donner le plaisir de les entendre encore. Au début, les sons qu'il émettait étaient nasillards et peu distincts : des incrédules prétendaient même que ceux qui exhibaient cette machine n'étaient que d'habiles ventri-

1. D*«atN» perfectioonemeatft, dos à Oaiffe, Doerét«t, Garette, se rappoptant au nlorophone, inTeaté par l'AméricaMi Hoghis, et qai permot de perceToir dea sens trèe faiblei.

S. Voir ct-detat os, p. 7d7#

loques. Après divers perfectionnements, le son est devenu presque aussi net, aussi naturel, aussi facile à reconnaître que celui que transmet le téléphone ^.

La télégraphie sans fll^. — En 1842, le physicien hbnrt avait remarqué que la décharge d'une bouteille de Leyde dans une chambre de sa maison aimantait des aiguilles dans une cave creusée à 9 mètres au-dessous. En 1885, IDISON démontra qu'il était possible de communiquer avec un train en mouvement rien qu'en utilisant Finfluence électrO'Statiqite qui s'exerce entre un circnit installé latéralement à la voie et un circuit téléphonique porté par le train. La même année W.-H. pbeegb découvrait que la zone d'influence d'un courant télégraphique ordinaire peut s'étendre à une distance de 900 mètres. Le sol même, en certains cas, sert à compléter le circuit ébauché par une ligne télégraphique. Il en va de même pour les eaux. Les courants magnétiques, électro-magnétiques, électro-statiques, d'induction, peuvent influer, même à de grandes distances, les uns sur les autres. Preece affirmait, dès 1893, qu'il serait possible de faire des communications télégraphiques sans fil même entre la France et PAngleterre, même entre des lies séparées par un détroit que bouleversent des courants violents et de fortes marées.

Nous avons déjà vu hbnri hertz (1888) établir que l'électricité se propage dans l'espace par des ondulations analogues aux ondes lumineuses : c'est la théorie des ondes hertziennes.

Le docteur Edouard branit, professeur et doyen à Tlnstitut catholique de Paris, imagina de recueillir les ondes électriques, véhicule de vibrations télégraphiques projetées par un radiateur y et de les capter dans un radioconducteur (1890).

1. Nous renvoyons pour le détail aux ouvrages spéciaux. On y trouvera aussi des notions sur divers appareils, tels qoe le microphone, les parlewrt microphoniquet^ le mierophonographe de Dussaud, le télémier phonographe oa enregistreur à diaiance de Dussaud, le téléphone haut parleur de Dussaud (décembre 189<Sj, le photophone^ etc. Nous aurons peut-être un jour, suivant le vœu de L. Azonlay, des Musées et des A.rch\yes phonographiques,

2. 11 est à noter que Uoui-bouze, pendant ie siège de Paris par les Allemands (1870-1871), avait pensé à utiliser le cours de la Seine pour remplacer les fils télégraphiques qui nous manquaient et communiquer avec le dehors. Cet expériences paraissent avoir été abandonnées quand le siège ent pris ftn.

Celui-ci se composait essentiellement d'un tube rempli de limaille métallique (fer, or, nickel, réduits en poudre). L'étincelle d'une bobine RuhmkorfT animait cette limaille, la rendait perméable au courant électrique qu'apportaient les ondes et qui aussitôt pouvait actionner une sonnerie ou un télégraphe Morse. Cherchant jusqu'à quelle distance pouvait s'étendre l'activité de l'appareil, il fît des expériences d'abord sur quelques centimètres, puis sur quelques mètres, et, augmentant sans cesse la puissance de son appareil, constata que les messages pourraient se transmettre à des kilomètres.

Le Russe Popof (1895) et l'Anglaiç Lodge s'engagèrent ensuite dans ces recherches.

Puis fi. MARCONI, partant de cette découverte, parvint à démontrer, par des expériences faites à Salisbury et Cardiff (Grande-Bretagne) et à La Spezzia (Italie), qu'il était possible de communiquer sans fil télégraphique, uniquement par les ondulations électriques, à des distances variant entre 2 et 15 kilomètres. Son appareil se composait essentiellement, au point de départ, d'un transmetteur ou radiateur; au point choisi pour l'arrivée, d'un récepteur ^ dans lequel s'intercale le radioconducteur de Branly. La distance parcourue par les ondes est en proportion de la loDgueur de l'étincelle produite par la bobine. D'autres expériences faites à New-York (1898) confirmèrent celles de Marconi en prouvant que des navires munis de récepteurs peuvent, à une distance de 20 kilomètres, recevoir la communication. En 1899, Marconi renouvela ses expériences entre Wimereux (Pas-de-Calais) et Saint-Margaret (Angleterre), localités distantes de toute la largeur du détroit (50 kilomètres) ; entre telle partie du littoral et tel navire en mer. Le principe de la télégraphie sans /i2 était trouvé ^.

D'importantes expériences faites en France furent celles de Ducrétet, qui voulait s'assurer s'il était possible de communiquer par-dessus les toits d'une grande cité aussi aisément que par-dessus un bras de mer : il fit passer

1. Le premier télégramme qae Marconi ait fait -passer à une distance de 50 kilomètres, entre la France et l'Angleterre, fat adressé par lai à Branly, aaquel il faisait ainsi Jnommage de son succès.

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des télégrammes entre le Panthéon et le Sacré-Cœur, entre le Sacré-Cœur et Sainte-Anne, entre Villejuif et la rue Claude- Bernard, à des distances variant entre 4 et 7 kilomètres; — celles du lieutenant de vaisseau C. Tissot entre la côte de Bretagne et Pile d*Ou essant, à une distance de 42 kilomètres^ Enfin, en cette même année i899, à Vienne, des télégrammes furent échangés, à une distance de 10 kilomètres, entre un ballon libre à 1600 mètres de hauteur et un ballon captif élevé de 150 mètres. En mai 1900, Joseph Vallot et les frères Lecornu établirent des communications du même genre entre le mont Blanc et un ballon libre. Donc il était possible, en temps de guerre par exemple, de communiquer sans fil avec un navire ^n pleine mer ou une ville assiégée.

Mais n'était-il pas à craindre que l'adversaire ou quelque indiscret, à l'aide d*un récepteur, n'interceptât un télégramme ainsi confié à Tair libre? Or, en 1900, M. D. Tommasi communiquait à notre Académie des Sciences un projet de dispositif « ayant pour but d'empêcher qu'un message lancé par l'appareil transmetteur puisse être déchiffré grâce à un récepteur placé en un point intermédiaire ».

Le premier emploi de la télégraphie sans fil a été fait, dans la récente guerre de Chine, par les troupes allemandes.

Et, tout de suite après le télégraphe sans fil, on a commencé à parler du téléphone sans fil! (Expériences de Ducrétet et Popof, 1900).

Antres applieallons de rélectricité. ^ L'ingénieur FRO- MENT a employé l'électricité à faire mouvoir des machines. Dans les grandes expositions de 1878 et de 1889 on avait pu voir de petits bateaux où la vapeur était remplacée par l'électricité. Dès 1879, à Berlin, siebiens etHALKE présentèrent une locomotive électrique. Presque à la même date bontemps et, plus récemment, Marcel dbpbez appliquaient à Paris la même idée. Aujourd'hui la traction électrique est maîtresse de nos rues comme de nos routes. Elle le sera bientôt sur nos cours d'eau et sur les mers.

L'électricité se révèle déjà comme un puissant moteur,

1. Le lieutenant C. Tissot inventa, en avril 1900, un système de radia» conducteur qui perfectionna la transmission*

700 g:viusation française

plus énergique et plus docile qae la vapeur, et dont Tusage sera un jour universel. Elle a déjà son rôle dans les analyses chimiques, les transformations des métaux L'analyse chimique prend ainsi, par Vélectrolyse, Vélectrochimie, Vélectro^métallurgie, une énergie nouvelle. Despretz, Louis Clerc, VioUe, Héroult, A. Minet, ont utilisé les premiers fours électriques. Avec le four électrique de la Sorbonne, les professeurs iioissAH^ et lebbaïï ont obtenu d'admirables résultats. On Fa employé aussi dans l'industrie, notamment dans les usines BuUier pour fabriquer le carbure de calcium.

L'électricité est devenue un puissant auxiliaire d e la métallurgie (aluminium, cuivre, nickel, etc.) et de la fabrication des produits chimiques (soude, chlorate de potasse, etc.)*

BERTHELOT, à SOU tour, étudia les réactions de l'étincelle et de l'effluve électriques sur les composés organiques.

L'électricité a son rôle dans les phénomènes les plus mystérieux de la vie et solvat, dans une leçon d'ourerture qu'il prononçait en 1893, à son institut de Bruxelles, a pu dire : c Les phénomènes de la vie peuvent et doivent s'expliquer par le jeu des seules forces physiques qui régissent l'univers ; et, parmi ces forces, l'électricité joue un rôle prédominant. »

En 1881, Marcel depbes avait tronvé le moyen, à l'aide d'un fU électrique, de transporter à de grandes distances la force motrice d'une chute d'eau, d'une machine à vapeur, de l'électricité elle-même. De Greil, par exemple, on a pu actionner des machines installées à la gare du Nord de Paris. On a employé ce procédé pour distribuer sur une vaste surf^nce des États-Unis la force motrice de la chute du Niagara. Dans tous nos pays de montagnes, Vosges, Jura, régions alpines et pyrénéennes, Massif du Centre, les sources et cascades sont précieusement captées, domestiquées; leur force, transformée en électricité, est transmise à distance pour les services de télégraphie, d'éclairage, de locomotion, de métallurgie.

BREGupr a utilisé l'électricité pour donner l'heure simul* tanément à de nombreuses horloges.

1. Moiflsan, en agissant sar da carbone, à des températures de 3000 de* grés, est arrivé à produire de petits cristanr. de diamant (1900).

DEPUIS 1848. — LES SCtEMGES PHYSIQUES 701

BONELU Ta utilisée pour perfectipI^ler le métier à la Jacquard et remplacer les cartons et accessoires de ranciea système. Avec la machine dite ÉUetrotypey les grands journaux américains ont commencé à se composer électriquement. Cette machine, qui s'est révélée pour nous à TExposition universelle de 1900, fait en 13 heures la besogne qui coûterait 1270 heures d'ouvriers typographes.

En 1879, à Sermaize (Marne), on a appliqué Télectricité au labourage : les frais de labour devaient être inférieurs d'un tiers à ceux du labour avec des attelages. En 1895 nous voyons le procédé employé en Allemagne (Saxe). En Amérique on laboure le sol, on fauche, on lie, on bat les récoltes à Télectricité.

En Amérique on est allé encorie plus loin : on exécute les condamnés à morts par Vélectrocutionl

Nous avons déjà vu la galvanoplastie et ses dérivés^; nous parlerons plus loin de ïéclairage électriqtie.

L'électricité, encore au xviP siècle une branche si pea importante de la physique, est devenue à elle seule toute une science. Ses applications en physique, en chimie, en physiologie, en médecine, dans Tindustrie, sont innombrables. Une des expositions internationales les plus intéressantes de ce siècle a été l'Exposition d'électricité, au Palais de rindustrie, en 1881. Les Expositions universelles de 1889 et de 1900 ont constaté le progrès rapide de cette science et le rapide développement de ses applications.

■étéorologle *. — La météorologie, cette branche de la physique qui a pour objet l'observation des phénomènes qui se passent dans notre atmosphère, est une science relativement récente. Elle est née au xviii« siècle, avec Demaison, Saussure, Dufay, Franklin, Mairan, Tabbé NoUet, Yolta. Elle a pris de grands développements en notre siècle, avec Humphjry Davy, qui étudiâtes brouillards; Ghladni, lesaérolithes; Peltier, Moureaux, Bravais, les halos et autres phénomènes électriques de l'atmosphère ; Moreau de Jonnès,

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