Voir ci-dessus, p
2. Voir la notice sur les Progrès de la météorologie me le S janvier 1901, par Georges Lemoine {Revue scientifique ^ 16 mars 1901).
les ouragans et les tremblements de terre ; Charles Sainte- Glaire Deville, les influences volcaniques; Coulvier-Gravier et Saigey, les étoiles filantes; Bérigny, Houzeau, Albert Lévy, Vozone atmosphérique; Pouillet, VioUe, Crova, les phénomènes à'actinamétrie ou de rayonnement; Belgrand, Yhydrologie, la hauteur des rivières et les phénomènes des crues; Marié-Davy, la relation entre les mouvements de l'atmosphère et ceux de la mer; Foissac et Boudin, les relations de la météorologie avec Tétat sanitaire ; Boussingault et Georges Ville, ses relations avec Tagriculture.
En 1852 s'est fondée à Paris la Société de météorologie; mais déjà de 1849 à 1852 avait paru V Annuaire météoroUygique de Charles Martins. Renou, Tun des fondateurs de la Société, donnait en 1858 ses Instructions météorologiques et ses Tables usuelles.
Puis se sont créés Y Observatoire météorologique de Montsouris, avec Marié-Davy, et le Bureau météorologique, fondé par Le Verrier, développé par mascabt. Ce bureau, en relations télégraphiques avec les établissements analogues de tout Tunivers civilisé, peut annoncer, parfois plusieurs jours à Tavance, la marche d'une dépression atmosphérique ou d'un ouragan. A son tour, il envoie partout des télégrammes, qui, affichés dans les mairies de toutes les communes et dans tous les ports de mer, rendent de grands services à l'agriculture et à la navigation. En 1896, s'est tenu à Paris, sous la présidence de Mascart, un Congrès international de météorologie, où l'on s'est occupé de dresser un € Atlas du ciel > et de classer les nuages ou phénomènes analogues d'après leur origine, leur forme et leur signifia cation météorologique *.
Depuis longtemps on avait essayé de protéger les plantes, au moyen de nuages artificiels, contre les gelées tardives. En 1896, Stieger, en Slyrie, essaya de disloquer ou éloigner les nuées chargées de grêle à l'aide d'une artillerie agricole d'un certain modèle. Ces expériences de tir au canon contre les nuages ont été continuées par Vicenti, Pacher (Italiens),
j. Ainsi on a distingué les nuages en scirrus^ cumultiSi stratus; scirrocumulus^ cumulO'Stratiis, etc.
A consulter, Tonvrage de C. Flammarion : L'Atmosphère.
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Perntet et Trabert. Elles ont donné d*excel]ents résultats en Styrie et Italie (1900).
Chimie : découverte de nonveaax corps simples par ramalyse spectrale on leur radiation. — * La plupart des corps simples découverts dans la seconde moitié du XIX® siècle Font été grâce à Vanalyse spectrale. Après qu'on les eut devinés dans le spectre, ou dtf Soleil, ou des autres corps célestes, ou des flammes de nos laboratoires, il restait à les extraire des composés qui les renfermaient. C'est ainsi qu'on a obtenu le thalliumf découvert par Grookes, isolé par Lamy ; le caesium, le rubidium, reconnus par Bunsen et Kirchhoff; le gallium, par Lecoq de Boisbaudran (1875); Vindium, par Richter (1863); le samarium, par Lecoq de Boisbaudran (1878). D'autres ont été simplement révélés par Tanalyse spectrale, ou par leur radiation (emploi des rayons X), mais n'ont pu être extraits, ou bien on n'a pu encore en déterminer exactement les propriétés. Tels sont le radium de Gurrie et Brémond (1898), Vactinium de Debierne (1900), qui n'est encore que soupçonné.
On connaît aujourd'hui, tant métalloïdes que métaux, environ 80 corps simples ou éléments. Nous sommes loin des quatre éléments, si chers aux anciens savants.
Une des découvertes les plus récentes et les plus curieuses de la chimie, c'est la production du fluor à l'état libre, grâce aux expériences dePRÉHT, puis de moissan (1886). Ce gaz, dangereux à manier, attaque toutes les substances, sauf l'or et le platine, et encore quand ils ne sont pas portés à de hautes températures. Même les récipients de verre ne peuvent le contenir. Or, en 1896, Moissan et Dewar sont parvenus, sous une température de — 185®, à liquéfier le fluor. Les propriétés de celui-ci en ont été modifiées du tout au tout.
L'aluminlnm. — HENRI SAINTE-CLAIRE DEVILLE, s'emparant de la découverte de Wœhler, montra que l'aluminium est contenu en quantités immenses dans les kaolins et les argiles. Il inventa, pour l'extraire, des procédés simples et peu coûteux (1854). A l'usine de Javel, avec debray, il parvint à le produire à raison de 2000 francs par kilogramme*.
1. A Tusiae de Salindres (Gard), ce fat d'abord à raison de 1^ fr. Parla fabrication électrique, on l'obtient aujourd'hui à moins de 4 fr.
704 aVILISATION FRARÇAISB
Ses premiers lingots figurèrent à TExposition universelle de 1855. L'industrie, remarque J.-B. Dumas, se trouva être dotée d*uQ métal < léger comme le verre, presque aussi beau que Targent, comme lui inaltérable à Tair, au feu, résistant même à la plupart des agents chimiques. Ductile, malléable, fusible, exigeant cependant pour fondre une température assez haute et ne se volatilisant jamais, c'est un métal noble de plus, prenant place à côté de Tor, du platine et de Targent, et un métal prodigué par la nature, plus répandu que le fer dans les couches superficielles du globe, formant comme une réserve pour les besoins des époques les plus civilisées >• Non seulement on en fait des bijoux, des ustensiles divers, par exemple, des clés, tous très légers, mais, pendant le siège de Paris, on a pu en fabriquer des fusils.
CklaÉto wgM^Mc» — L*art de transformer toutes matières sucrées en alcool, toutes matières alcooliques en vinaigre, suivant la nature de la fermentation à laquelle on les soumet, a été poussé très loin chez nous, gr&ce surtout aux recherches de Pasteur et Berthelot.
piSTEDA a fait une étude approfondie de Tacide tartrique et des différents tartres qui entrait dans la composition du vin. G*est lui qui, le premier, a précisé les causes et fait la théorie de la fermentation akooUque ou acétique^ pré* cisé la nature des organismes vivants, animaux ou végétaux, qui sont les agents de ces fermentations. Par là, il a rendu d'importants services à Tindustrie des bières, des vins, des alcools, des vinaigres.
Le nom de ce savant restera également attaché aux procédés, dits de pasteurisaHam^ permettant de conserver à Tabri de tout germe et de toute fermentation nuisibles (c'est-à-dire stériU$é$) le vin, la bière, le lait, etc.
BEBnDELor a pu, de toutes pièces, fabriquer de l'alcool par des procédés purement chiîniques.
Sur les éthers, il faut citer aussi les travaux de j.-b. dumas,
BESHAOLT. 8EUUBDT.
Dès lors, on a pu établir quels éthers procèdent des alcools par l'élimination, dans ces derniers, d'une certaine quantité d'eau. On a pu les diviser en éthers simples et en éthers composés. On a étudié avec plus de précision les
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phénomènes de YéthérUation^ c'est-à-dire de Faction de l*éther sur nos organes.
Bertiielot a aussi porté ses recherches sur les matières sucrées et les a distinguées en deux catégories : celles qui sont fermentescibles à la levure de bière et qu*il appelle saccharoses (comme le sucre de canne et de betterave); celles qui ne le sont pas, comme la glycérine, la mannite, la dulcite, la pinite, la quercite, etc. Il a établi Tidentité chimique des alcools et des sucres, qui ne diffèrent que par leur état moléculaire.
Berthelot, après Ghevreul, a également étudié les corps graSf dont il a montré les connexions avec certains éthers composés.
Vantipyrine a été découverte par Knorr en 1883.
Le coQutchoitc, décrit par La Gondamine dès 1751, fut analysé en 1852 par patbn ^.
Les snbstanees exploalTes. — La glycérine, découverte au xvuP siècle par Scheele, est le principe doux des huiles : on remploie en médecine pour les pansements. Cette même glycérine, traitée par un mélange d*acide sulfttrique et diacide nitrique, donne naissance k une substance huileuse, terriblement explosive, d'un maniement fort dangereux, car le moindre choc détermine l'explosion. C'est la nitroglycérine, découverte en 1847 par Sobrero»et qui se révéla en 1866 par la terrible explosion du navire l'européen dans le port d'Aspinwal. Elle a treize fois la force expansive de la poudre. Mêlée à des matières inertes, par exemple du sable fin, procédé inventé par le chimiste allemand nobel, elle prend la consistance du beurre, devient, en thèse générâle, insensible aux chocs, d'un transport et d'un maniement très sûrs tout en conservant la même puissance, et ne détonne qu'au moyen d'une capsule à fulmi-
i. Besson et Champion fabriqaaient d^à des tissus très minces en caoatchouo. De nos jours, Rattter et Gaibal, important ches nous un procédé de l'Anglais Makintosh, en ont fait des manteaux Imperméables. Gérard a per> feotionné l'art de filer cette substance que le Congo français et belge, ainsi que rAmériqae du Sud, sont appelés à produire en quantité indéfinie.
2. Une année après la découverte du fulmi-coton par Schœnbein. Depuis cette époque, le fnlmi-coton a été chez nous Tobjet des expériences du chimiste Abel, qui apporta des perfectionnements dans sa fabrication et son emploi. Voir cl-dc9sus, p. 455.
706 aVILISATIOR FRANÇAISE
Date : c^est alors la dynamite. Cependant, il y a des dynamites mal faites dont le transport est dangereux : c'est une dynamite de cette sorte, appelée mataziette^ qui, saisie sur des contrebandiers, a fait sauter le fort du Larmont, en i877.
Vacide picrique % combiné avec la potasse, donne un sel d'une puissance explosive énorme : c'est le picrate de potasse •.
On pourrait citer une vingtaine de produits analogues, tels que le lithofracteur, la dualine, la glycoxyline, la paU' topoÛite, la panclastite; la fulgurite de R. Pictet (1895); la gélatine explosive de Nobel ', d'où procèdent la ballistite, la filite^ la cordite, La mélinite, inventée, semble-t-il, par Turpin, la roburite, la lyddite sont employées par l'artillerie française, par l'artillerie allemande, par l'artillerie anglaise. Elles semblent très analogues entre elles, mais leur composition n'est, en général, point encore connue du public. La mélinite aurait une puissance décuple de celle de la dynamite et centuple de celle de la poudre.
La houille et ses prodalto. — La houille, ce résidu des forêts primitives, où unejiature plus riche et plus luxuriante avait entassé des arbres et des végétaux aux vertus puissantes, n'a pas fourni seulement le gaz d'éclairage. De la houille ou de ses résidus, par une série de réactions chimiques, on a tiré une infinité de substances aux usages les plus divers : Vammoniaque, extrait par Mallet; la benzine^ dissolvant des corps gras, découverte par Mitscherlich (1833) et purifiée par Colas ; ïaniline^ qui, traitée de façons différentes, donne une série de couleurs éclatantes, comme le rouge d'aniline ou fuchsine ^, découvert par Hofmann et fabriqué par Verguin (1859); Yindisine, qui est un admi-
1. Vacide picrique fat décoayert en 1788 par le chimiste Hausmann, qui rintitula amer indigo. Son nom actuel lui fut donné en 1809 par Chevreul (du grec picroa, qui signifie amer).
2. Rappelons que le chlorate de potasse entrait en composition dans la poudre de Berthollet fabriquée par ce chimiste, qui faillit périr dans l'explosion qu'elle provoqua dans la poudrière d'Essonnes.
3. Nobel, rinventeur de tant de produits destructeurs, a fbodé pour an million de prix destinés aux penseurs qui auraient le plus contribué à hâter l'avènement de la paix universelle (1900).
4. Ce mot viendrait du fuchsia^ dont la fleur a celte couleur, oa de Renard (en allemand Fuclis), fabricant lyonnais.
rable violet, inventé par l'Anglais Perkin (1856); des teintures variant du rouge au bleu, extraites par Girard et De Laire, notamment le bleu de Lyon et le violet impérial] Yalizarine ^ qui a été reconnue être le principe colorant de la garance, mais qu'on préfère obtenir aujourd'hui par distillation de Tanthracène, plutôt que par la culture de la garance; la diméthylaniline^ dont Lauth a extrait le violet de Paris (1861); Vacide phénique, qui est un désinfectant si énergique ; Vacide picrique, avec lequel Guinon, de Lyon, a obtenu (1847) une superbe teinture jaune; la créosote, un puissant corrosif, découverte par Reichenbach (1832), et dont Arnaudot et Persoz ont tiré une teinture orange, etc.
C^hlmie ai^ricole. — L'analyse des terres et des engrais, qui a pris de nos jours un développement remarquable, a été d'un grand profit pour l'agriculture. Parmi les savants qui se sont adonnés à la chimie agricole, il faut citer Boussingault, Payen, Peligot, Kuhlmann, Paul Thénard, Millon, Reiset, Georges Ville, Grandeau.
Philosophie de la ehimle. — La philosophie de la chimie consiste à rechercher la nature et la composition de la matière; le rôle des atomes et des molécules, les uns et les autres invisibles, et celles-ci comprenant un nombre plus ou moins grand de ceux-là; les proportions exactes dans lesquelles ils se combinent; la question du poids atomique; la théorie des équivalents, élucidée par Laurent et Gerhardt; les lois suivant lesquelles un corps peut, dans une combinaison, se substituer à un autre sans que cette combinaison change de caractère. Cette branche de la science a donné lieu aux beaux travaux de J.-B. Dumas € Leçons sur la philosophie chimique > (1836), de Wurtz (1864), de Regnault, de Berthelôt, de Grimaux.
On doit à henri sainte-claire deville la découverte de la loi (le dissociation, un phénomène qu'il ne faut pas confondre avec celui de la décomposition des corps, bien que tous deux se produisent également par la chaleur ou Télectricité'. Il
1. Ne pas confondre avec Talizarine naturelle^ qae Robfqaet et Collin avaient réussi, en 1SS6, à extraire de la garance.
2. La dissociation est une décomposition limitée et réversible, sujette à des lois déterminées.
708 CIVIUSATION FRANÇAISE
a réalisé au jagement de J.-B. Damas, « une des plus bdles ioTentions de ce siècle fécond >. Ses travaux ont été poursnivis par Troost, P. Haotefeoille, H. Debraj, Isambert, Alfred Ditte.
m. Les sciences naturelles.
Voyages de Batinrallstes. — On ne peut énnmérer tous les voyages de naturalistes accomplis de nos jours dans toutes les parties du monde. Ceux d*A. SBAHsmiB à Madagascar, qui ont eu pour résultat une précise description de cette fie au point de vue de sa faune, de sa flore, de sa géologie, marqueront parmi les plus câèbres. fin 1884 des sondages ont été entrepris, sous la direction d'Alphonse muiz-EDWABSS, par les deux navires le TaUsman et le Travailleur, On a fait descendre la sonde à des profondeurs, jusqu'alors inouïes, de neuf mille mètres; on a ramené des mollusques, des crustacés, des poissons étranges, habitués à vivre sous des pressions énMtnes, dans des ténèbres presque complètes, parfois presque dépourvus du sens de la vue.
D'autres sondages, aussi féconds en résultats, ont été entrepris par le prince Albert de Monaco qui, en 1899, a, dans sa capitale, inauguré un Muséum océanographique.
Aux collections d'animaux vivants entretenues au Muséum sont venues s'ajouter celles qu'a rassemblées au bois de Boulogne la Société (TaccUmationy fondée en 1854 par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire {Jardin cTaceHmatatifm}. Parmi les animaux à l'acclimatation desquels elle s'est appliquée, citons le lama, le yack^ la chèvre dTAngoray le eoHn, oiseau de Californie, plusieurs espèces de vers à soie.
Théories nonveUes. — Le xviii* siècle, en zoologie, s'était surtout consacré à la description et à la classification des animaux. La période révolutionnaire appliqua à cette science les principes de Vanatomie comparée et lui donna le complément de la paléontologie. Le xix* siècle est caractérisé, en premier lieu, par une division de plus en plus grande du travaiL En second lieu, la morphologiey c'està-dire l'étude des formes, s'est armée de méthodes plus rigoureuses. Il ne suffit pas seulement de comparer entre