‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 16 sur 185 · germinal an IV — 16 avril · texte numérisé non relu

germinal an IV — 16 avril

t. Si le jary accordait les circonstances atténuantes, la peine serait oelte de la déportation.

58 aVILISATlON FRATÏÇAISE

presses des journaux vendus à l'Angleterre, plus sanguinaires que ne le fut jamais Marat. »

Alors eut lieu le coup d'État du 18 fructidor. On supprima cinquante-quatre journaux, dont les propriétaires et rédacteurs, au nombre de 67 personnes, furent déportés à l'île d'Oléron. Parmi eux, Laharpe et Fontanes, du Mémorial; Geoffroy, de la Quotidienne; Bertin de Vaux, de YÉclair; Fiévée, de la Gazette de France; Richer-Serisy, etc. Toutes les publications périodiques durent être soumises, pendant un an, à la surveillance de la police.

C'étaient là des mesures révolutionnaires : ce n'était pas une loi. On fit la loi de 4197 S qui imposait aux journaux un double droit de timbre. Elle ne suffît pas au gouvernement. Le 26 frimaire an VI, il supprima encore seize journaux royalistes, parmi lesquels le Bulletin de la République et les Tablettes républicaines ^ qui n'étaient autres que la Quotidienne et le Mémorial, sous d'autres noms; le 22 germinal, il supprima deux journaux jacobins, le Journal des Hommes libres et l'Ami de la Patrie; le 20 messidor, quinze autres; le 23, une nouvelle fournée; le 28, le Journal des Francs, qui n'était autre que le Journal des Hommes libres^ ressuscité sous un autre titre.

C'était de l'arbitraire et du plus violent, qui ne pouvait s'excuser que par la violence même de cette presse ; mais les Conseils, tout en autorisant la prolongation de ce régime à titre exceptionnel, refusaient obstinément de faire une loi restrictive de la presse. Vainement le Directoire proposa une surtaxe sur le papier, un nouveau droit de timbre, un droit de patente. Pour se venger, il laissait la police bâtonnër les colporteurs de journaux hostiles. Les Conseils finirent même par rapporter la loi de 1797. Le Directoire, interprétant abusivement un article de la Constitution, supprima encore, après le coup d'État de prairial, 11 journaux. Il n'y avait pas de loi sur la presse, mais la presse expirait sous l'arbitraire.

40 Sous le Consulat et l'Empire. — Bonaparte, par le décret du 47 janvier 4800, détermina nominativement les iournaux qui pourraient continuer à paraître : c'était dire

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